27 juin 2007
Infernal Affairs (Wu jian do)
De: Andrew Lau et Alan Mak
Avec: Andy Lau, Tony Leung, Anthony Wong Chau-Sang, Eric Tsang, Kelly Chen, Edison Chen, Sammi Cheng, Shawn Yue, Chapman To,...
Pays: Hong-Kong ![]()
Année: 2003
Synopsis
Ming est une taupe dans la police de Hong-Kong, implantée par les bons soins du patron de la triade. Yan est un policier infiltré dans la triade depuis dix ans. Son casier judiciaire bien alourdi par les années est là pour témoigner de sa réussite. Parfaite symétrie des situations et des hommes: Ming et Yan sont également fatigués des rôles que leur font jouer, dans l'ombre, leurs patrons respectifs. Ming rêve de devenir un vrai policier. Yan est las de tuer au nom de la justice et voudrait pouvoir se retirer enfin.
Critique
Le film de Andrew Lau et Alan Mak a été portée aux nues par une partie de cinéphiles en hurlant au chef-d'oeuvre et au meilleur film policier depuis pas mal d'années. Il était donc logique qu'un jour où l'autre, je m'y attarde. Mais au final, on peut être un peu déçu du résultat.
Commençons donc par les points positifs car malgré tout il y en a et non des moindres. La réalisation avant tout est très bien maîtrisée et rares sont les moments un peu moins bons. En effet, le seul point négatif qui se dégage de la mise en scène, c'est probablement le manque de tension flagrant dans le duel entre les deux taupes. On pourra aussi dire que l'oeuvre ressemble plus à un gros standard américain qu'à une oeuvre purement asiatique.
Ensuite, les acteurs sont un énorme points positifs dans ce film. Andy Lau est un acteur confirmé mais une nouvelle fois, la palme de la meilleure interprétation revient à Tony Leung qui est à chaque fois impressionnant dans les films auxquels il joue. Bref, il n'y a pas de quoi s'en faire, le talent des acteurs est bel et bien présent et ils apportent énormément à ce Infernal Affairs.
Passons maintenant aux défauts qui subsistent tout le long du film. Cela commence par la musique d'introduction qui ressemble bien plus à celle que l'on fait pour des oeuvres d'aventures que pour des polars ou des thrillers. Bref, comme ambiance d'entrée, c'est un peu raté...
Ensuite, il y a bel et bien la présence de deux personnages qui sont totalement inutiles. La psychologue, d'une part, qui à mon sens n'apporte presque rien à l'histoire puisqu'on sait juste que Yan s'y rend et qu'il ne fait que dormir la plupart du temps et ensuite, une ex-petite amie sortie de nul part et mère d'un enfant dont on se doute que Yan est le père et qui vont accentuer un certain élément dramatique plus tard. Par après, il faut bien avouer que le film est bien trop court. La psychologie des personnages est, à mon sens, pas assez fouillée. L'oeuvre aurait pu faire 20 minutes de plus à ce niveau-là que ça n'aurait pas été de trop. On se serait réellement beaucoup mieux attaché aux persos de l'histoire. Enfin, on peut dire que le scénario est déjà vu puisque quelques années plutôt, Heat et Michael Mann avait déjà fait parlé de lui avec des taupes qui opéraient pour les criminels et les policiers.
En bref, Infernal Affairs n'est pas le chef-d'oeuvre annoncé. Doté d'un excellent casting et réalisé de très belle manière, des incohérences dans le scénario rendent l'oeuvre assez inégale. Cependant, il reste un bon polar à voir...
Note: ***
21 juin 2007
Ciné 2007
Et voici qu'arrive le Top ciné 2007 ! Il était temps, nous sommes déjà en février... Pas eu le temps avant mais je compte quand même bien me rattraper les mois qui arrivent ! Ce classement est à prendre avec des réserves. Je mets généralement mon avis à chaud et lors d'une nouvelle vision en DVD, il se peut que celui-ci change!
1.

De David Silverman avec les voix de Dan Castellaneta, Julie Kavner, Nancy Cartwright,... Etats-Unis
, 2006
On pouvait craindre que le passage du format télévisuel à celui du grand écran ne soit fatal aux Simpson... Que nenni ! On n'est pas du tout déçu, l'esprit de la série est conservé, ça enchaîne gag sur gag, on ne s'ennuie pas une seule seconde. De plus, le film transmet un véritable message écologique (normal, la série l'a toujours fait), il y a toujours les parodies d'autres oeuvres,... Bref, certains crieront que le scénario est assez convenu mais peu importe, il est juste là pour permettres à l'humour de s'imposer... Ce n'est pas tout ça mais j'y retourne moi...
Note: *****
2.

De Mel Gibson avec Rudy Youngblood, Dalia Hernandez, Gerardo Taracena,... Etats-Unis
, 2006
Troisième long-métrage de Mel Gibson, et personnellement, il était très attendu. Pas de déception au bout du compte. Je ressors à peine du cinéma et les idées ne sont pas encore claires mais quel film! Réalisation incroyable, histoire vraiment prenante (et non, ce n'est pas l'oeuvre la plus violente de toute l'histoire du cinéma... d'un point de vue psychologique, Irréversible l'est bien plus par exemple...), décors superbes et musiques magnifique! 2007 commence en beauté...
Note: *****
3. De David Fincher avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards,... Etats-Unis Le retour de Fincher était attendu avec impatience par les fans... Traitant de l'histoire du tueur en série Zodiac, le film est une franche réussite. En effet, le scénario est en béton armé et est assez passionnant (pour ceux qui ne rechignent pas de voir un film sans action), les acteurs sont parfait et la réalisation bien que dans l'ensemble classique, contient quelques passages très intéressants. Certains regretteront une oeuvre un peu trop longue et peut être vue comme étant le seul défaut du film. 4. De Satoshi Kon avec les voix de Megumi Hayashibara, Toru Emori, Katsunosuke Hori,... Japon Voir mon avis écrit vers fin juillet - début août 2007. De Bruno Dumont avec Adélaïde Leroux, Samuel Boidin, Henri Cretel,... France Voir mon avis écrit en juillet 2007. 6. De Zack Snyder avec Gerard Butler, Rodrigo Santoro, Lena Heady,... Etats-Unis En quelques mots, Snyder réussit un film grand public avec maestro. Excellente réalisation, rendu graphique incroyable, musique exceptionnelle, des acteurs ahurissants (quasi tous inconnus),... Seul petit défaut, un scénario parfois convenu, surtout au début. Par après, le scénario gagne un peu en suspens. 300 aurait pu rimer avec décevant, il est plutôt excellent... 7. De Danny Boyle avec Chris Evans, Cillian Murphy, Rose Byrne,... Grande-Bretagne Je l'attendais avec une énorme impatience. Et je suis loin d'être déçu. Réalisation que j'ai trouvé à la hauteur, Boyle apporte une dimension spirituelle à son film ce qui lui permet de se démarquer de d'autres films de science-fiction. On retrouve un casting international avec en tête un Cillian Murphy qui constitue l'une des plus belles promesses du cinéma britannique. A mon goût le meilleur film de Boyle depuis Trainspotting. 8. De Michael Bay avec Shia LeBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel,... Etats-Unis Plutôt réussi. Ca reste un blockbuster sympa mais c'est pas une bombe. Le scénario se défend bien comparé à ses autres films (pas difficile), la réalisation est nickel et la musique est vraiment emballante. Sans oublier que les jeunes premiers sont pas mauvais sans être pour autant excellents. Quelques regrets sur le scénario qui aurait pu être plus sombre et enfin sur les scènes de combat finales qui sont trop longues et qui peut pas mal désorienter le téléspectateur. Cependant, on peut dire que dans l'ensemble, c'est une bonne note pour Bay puisqu'il signe un bon blockbuster d'été. 9. De Steve Bendelack avec Rowan Atkinson, Willem Dafoe, Max Baldry, Karel Roden,... Grande-Bretagne Il y a des jours où vous allez au cinéma et il n'y a rien qui vous attire. On prend le film qui pourrait nous plaire le plus et on espère... Et je choisis Bean en espérant que ce ne soit pas trop mauvais. Mais au final, c'est un chouette petit film. Il se laisse regarder, certains gags sont plutôt drôles mais on sourit sur l'ensemble de l'oeuvre. Quelques blagues sont lourdes mais l'heure trente passe rapidement et en sortant, je n'ai pas eu de regrets d'avoir été voir Les vacances de Mr. Bean. 10. De Edward Zwick avec Leonardo Di Caprio, Jennifer Connelly, Djimon Hounsou,... Etats-Unis Très (trop?) attendu, le dernier long de Zwick s'avère être un bon film mais sans plus. Dans la lignée d'un Syriana ou d'un Lord of war, l'oeuvre critique cette fois l'ensemble du monde capitaliste à travers l'exploitation des diamants. Porté par un casting efficace, le film prêche par quelques manquements (des moments "bateaux" par exemple) ou tout simplement par sa longueur! 2h22, c'est bien trop! Cependant, la réalisation ou la musique rehaussent le niveau. A voir une fois! 11. De Marc Lawrence avec Hugh Grant, Drew Barrymore, Kristen Johnston,... Australie, Etats-Unis Déception que ce Music and Lyrics de Marc Lawrence. On retiendra un générique amusant et quelques touches d'humour réussies. Le film vaut également son détour pour Hugh Grant qui est excellent mais qui ne parvient pas à sauver entièrement cette oeuvre. En effet, c'est trop long au point même qu'on s'ennuie pas mal de temps. Drew Barrymore n'est pas en reste non plus mais c'est également insuffisant... Pas pleinement raté mais pas forcément réussi... 12. De Neil Burger avec Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel,... Etats-Unis, République Tchèque Quelques bonnes idées, des bonnes intentions au départ mais au final une petite déception. Casting intéressant (Giamatti pour ne pas le citer) excepté peut-être Jessica Biel (dont la voix française est affreuse!), des moments intéressants (certains passages de magie sont bien fait) mais dans l'ensemble c'est bien trop conventionnel et assez prévisible. Enfin, la fin semble assez incohérente...
, 2007
Note: *****
, 2005
Note: *****
, 2006
Note: *****
, 2006
Note: ****
, 2007
Note: **** 
, 2007
Note: *** 
, 2007
Note: ***
, 2006
Note: **
, 2006
Note: **
, 2006
Note: *
Deadwood: saison 1 (Deadwood: 1st season)
Créée par: David Milch
Réalisée par: Walter Hill, Davis Guggheneim, Alan Taylor, Ed Bianchi, Michael Engler, Daniel Minahan et Steve Shill
Avec: Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker, Jim Beaver, Brad Dourif, John Hawkes, Paula Malcomson, Leon Rippy, William Sanderson, Robin Weigert, W. Earl Brown, Dayton Callie, Powers Boothe, Keith Carradine,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2004
Synopsis
1876. Dans les montagnes noires du Dakota du Sud, proches du territoire indien, deux semaines après le "Custer's last stand", nous voici à la naissance d'une ville minière, en pleine conquête de l'ouest américain, où règne la dure loi du colt entre les pionniers en tout genre, bons et mauvais. A une époque où le pillage et l'avidité font rage, la plus grande ruée vers l'or de l'histoire américaine attire toute la lie du pays en un endroit sans foi ni loi où tout à un prix, y compris la vie humaine.
Critique
Une série sur mon blog, c'est plutôt rare... Mais quand celle-ci traite de Deadwood, ville minière créée en pleine conquête de l'Ouest, on se dit que Docteur Quinn, femme médecin et Les quatre filles du Docteur March n'ont qu'à bien se tenir...
Tout d'abord, le film est signé par HBO... Ce qui n'est pas rien puisque la boîte est véritablement un synonyme du mot qualité: Frères d'armes, Rome, Six Feet Under... On peut dire que ce n'est que du lourd...
Et bien que dire sur cette série traitant de l'univers impitoyable du 19ème siècle et en pleine conquête des Etats-Unis? Que tout d'abord, les deux autres séries citées ci-dessus peuvent retourner à leurs chères études... On est loin de l'ambiance bon enfant et niaiseuse qui règne dans ces deux autres séries. Ici, meurtres en tout genre (enfants abattus), cadavres finissant dans le mangeoire des cochons, maladies, prostituées, drogue, règlement de comptes, arnaques,... Bref, on est très vite mis dans une ambiance pas très nette et on a quand même une opinion nettement plus réaliste de ce que devait être l'époque que pour les deux autres séries traitant du même genre. Ensuite, il faut dire que c'est véritablement prenant et même si on doit pas s'attendre à une réalisation extraordinaire, elle est classique pour une série, elle reste néanmoins excellente. Pas question donc de s'attendre à des gros plans sur les yeux comme le faisait Sergio Leone...
Ensuite, le casting est quand même très bon pour une série. Outre le luxe de se payer Keith Carradine et Brad Dourif (et ouais ! Pas mal quand même!), il y a une kyrielle d'acteurs qui nous semblent inconnus mais dès qu'on cherche bien; on se rend compte qu'ils possédaient parfois des rôles dans des tous grands films ou des productions hollywoodiennes : Timothy Olyphant va être vu dans Die Hard 4 et Hitman; Ian McShane avait un rôle dans La bataille d'Angleterre; William Sanderson a joué dans Blade Runner de Ridley Scott,... Sans oublier tous ceux qui voient leurs carrières décoller petit à petit... Bref, de ce côté-là, on est loin d'être déçu du résultat.
On regrettera cependant, et c'est probablement le seul point faible, que douze épisodes, c'est assez peu pour faire le tour de l'ensemble des personnages et d'avoir une réelle introspection psychologique de ceux-ci. Cependant, la mise en bouche est parfaitement réussie et on s'oriente donc sans problème vers une seconde saison qui, espérons-le, répondra à nos attentes...
Note: ****
16 juin 2007
Naissance d'une nation (The birth of a nation)
De: D.W. Griffith
Avec: Lilian Gish, Mae Marsh, Henry B. Walthall, Miriam Cooper, Mary Alden, Ralph Lewis, Donald Crisp, Howard Gaye,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1915
Synopsis
A travers le destin de deux familles divisées par la guerre, le film chronique la guerre civile américaine et ses conséquences, de l'assassinat de Lincoln à la naissance du Ku Klux Klan.
Critique
Remontons les décennies pour aboutir en 1915 et la sortie d'un grand film signé par D.W. Griffith.
Naissance d'une nation fut très controversé dès sa sortie. En effet, on reprocha à Griffith de faire l'apologie du Ku Klux Klan et d'être donc raciste. Mais bien avant de parler de son scénario, parlons du reste et notamment de la réalisation et du montage qui démontre totalement que Griffith est un pur génie et qu'il est bien un des pionniers du cinéma avec des gens comme Eisenstein ou encore Chaplin. En effet, on retrouve ici certaines caractéristiques du cinéma actuel. Il suffit de s'attarder sur deux ou trois plans en mouvement qu'effectue le réalisateur pour être bluffé. Si à notre époque, ces plans semblent banals, il ne faut pas oublier qu'ils ont été réalisés en 1915 avec des moyens tout autres... Et il y a également cet assaut de la cavalerie du KKK sous la musique de Wagner (la même utilisée que pour l'attaque des hélicos dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola) qui est malgré tout incoyable. Dommage que ce soit le KKK qui soit mis en avant de cette manière mais d'un point de vue cinématographique et technique, le film est une claque pour l'époque.
Ensuite, le scénario: si on retire le côté raciste, on a un film de trois heures qui nous tient parfaitement en haleine et qui ne nous fait pas décrocher. Deux familles, une nordiste (gentille) et une sudiste (très gentille) se retrouve déchirée par la guerre. On retrouve tout ce qui fait un drame de guerre parfait: la perte de certains membres de la famille, un amour impossible par la guerre entre deux individus, des faits historiques graves (incroyable reconstitution de l'assassinat de Lincoln),... Bref, le scénario presque parfait puisque le film met le temps à démarrer (trente premières minutes très lentes et qui nous font craindre le pire...) avant de constater que c'est bel et bien le côté raciste qui diminue nettement la qualité de l'oeuvre... En effet, Griffith fait l'apologie du KKK et c'est bien dommage. Maitenant, on peut dire qu'à l'époque la plupart des gens étaient encore racistes. De plus, Griffith est né au 19ème siècle et la mentalité devait encore être totalement différente. Ensuite, on peut dire aussi que le réalisateur fait passer pour un Saint le président Lincoln alors que ce dernier était loin d'être un enfant de choeur... En effet, la guerre de Sécession n'a pas été déclarée pour libérer les Noirs de l'esclavage comme on le prétend officiellement mais tout simplement parce que les richesses du Sud intéressaient les gens du Nord... Cependant, Griffith se rachètera en réalisant Intolérance...
Dommage ce scénario raciste car le reste du film est une bombe totale. Griffith est bel et bien l'un de ces grands pionniers du cinéma et il est normal de respecter à sa juste valeur le cinéaste qu'il était...
Note: ****
13 juin 2007
2046'
De: Wong Kar-Wai
Avec: Tony Leung, Gong Li, Faye Wong, Zhang Ziyi, Carina Lau, Ka Ling, Chang Chen, Dong Jie, Maggie Cheung, Byrd Thongchai McIntyre,...
Pays: Chine, France, Hong-Kong, Italie

Année: 2004
Synopsis
Dans sa petite chambre d'hôtel, Chow Mo Wan, écrivain en mal d'inspiration, tente de finir un livre de science-fiction situé en 2046. Dans son roman, un mystérieux train part de temps en temps pour 2046. Tous ceux qui vont là-bas sont mus par le même intention... retrouver leurs sentiments perdus. A travers l'écriture, Chow se souvient des femmes qui ont traversé son existence solitaire. Passionnées, cérébrales ou romantiques, elles ont chacune laissé une trace indélébile dans sa mémoire et nourri son imaginaire.
Critique
Ce qu'il y a de formidable avec Wong Kar-Wai, c'est l'univers particulier qui se dégage de ses films. Une nouvelle fois, on retrouve ce même état d'esprit, cette même façon de filmer les personnages, cette façon de se référencer à ses précédentes oeuvres en reprenant ainsi les mêmes personnes, les mêmes lieux et parfois les mêmes histoires. 2046' ressemble ainsi à une suite inavouée de In the mood for love.
Ainsi, dans le dernier cité, on pouvait déjà voir l'importance du chiffre 2046. En effet, le réalisateur s'arrêtant sur ce nombre, symbolisant une chambre d'hôtel dans laquelle les deux héros du film se voyaient pour ne pas devenir le centre des conversations de la part de leurs voisins de palier.
Avec cette oeuvre-ci, on a droit à deux histoires en une. Celle qui est racontée par Chow à travers son bouquin; un roman d'amour et de science-fiction, proche de l'autobiographie, et ce qu'il vit au moment où il écrit ces lignes.
Monsieur Chow loge dans un hôtel. Il y écrit son livre. Au départ, il souhaitait la chambre 2046 qui rappelait en lui des souvenirs énormes mais optera finalement pour la 2047. Cependant, la 2046 conserve toute son importance. En effet, c'est là qu'il va faire la connaissance d'une charmante jeune femme (merveilleuse Zhang Ziyi, à tout point de vue). Lui ne souhaite plus rien de sérieux. Elle est amoureuse. Hélas pour elle, il est tombé amoureux autrefois et ne veut plus aimer. Ainsi, une relation tumultueuse, différente de coutume se crée entre les deux protagonistes jusqu'à se terminer comme tout le monde le devinerait. Monsieur Chow a aimé autrefois d'un amour qui ne semblait pas réciproque. Cela se traduit dans le bouquin par le fait que le héros principal est amoureux d'un androïde à émotions différées... Bref, les femmes de la vie de l'écrivain se ressentent dans son ouvrage intitulé 2046'. C'est un lieu dans lequel les gens vont pour trouver les réponses à leurs questions. Et ceux qui quittent cet endroit ne veulent pas (ou en sont incapables) dire pourquoi. Il est important de signaler qu'il faut avoir vu les oeuvres précédentes de Wong Kar-Wai (mais essentiellement In the mood for love) pour en apprécier toutes les subtilités.
Du côté de la réalisation de Kar-Wai, on a encore droit à quelques de très esthétique. des effets au ralenti, une photographie soignée et travaillée mais ce qui change par rapport à se précédente oeuvre, c'est que le cinéaste semble avoir gagné en maturité.
A mon sens, 2046' est une oeuvre riche, d'un cinéaste qui a un côté à privilégier un esthétisme qui semble important à ses yeux mais il se réfère également à ses précédents films. Cela peut en repousser plus d'un. De plus, si le scénario suit dans ce cas-ci (on pourrait dire qu'il s'agit d'une suite inavouée de In the mood for love), il faudra voir pour dans d'autres films. Cependant, ne boudons pas notre plaisir, cette oeuvre est probablement la meilleure du cinéaste à l'heure actuelle...
Note: *****
10 juin 2007
Bonnie and Clyde
De: Arthur Penn
Avec: Warren Beatty, Faye Dunaway, Gene Hackman, Michael J. Pollard, Estelle Parsons, Denver Pyle, Dub Taylor, Evans Evans, Gene Wilder et Mabel Cavitt,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1967
Synopsis
En plein coeur de l'Amérique des années 30, victime de la Grande Dépression, l'odyssée sanglante de Bonnie Parker et de Clyde Barrow défraya la chronique par leurs braquages audacieux et leurs meurtres sordides. La fuite effrénée de ce couple légendaire poursuivi par toutes les forces de police du pays se terminera dans le sang.
Critique
L'histoire américaine est remplie de personnages incroyables. Bons ou mauvais, il en existe pour tous les goûts. Dans les années 30, un couple de hors-la-loi défrayent les chroniques de journaux... Ce sont des voleurs de banque et ils n'hésitent pas à tuer ceux qui se mettent au travers de leur chemin. Leurs noms: Bonnie Parker et Clyde Barrow.
Clyde possédait d'ailleurs un frère, qui fera partie de la bande en compagnie de sa femme. La bande Barrow écumera ainsi certaines régions des Etats-Unis. Buck Barrow sera tué en 1933 lors d'une fusillade avec la police et sa femme sera arrêtée. Bonnie et Clyde seront tués par la police le 23 mai 1934. De plus, à cette période, les Etats-Unis subissent toujours les conséquences du krach boursier de 1939. La partie historique étant introduite, il est temps désormais de s'intéresser au film même d'Arthur Penn. Pour faciliter la tâche de son scénario, Bonnie et Clyde se rencontrent pour la première fois alors que le second sort de prison... En réalité, il sort de prison mais, bien avant de commencer à terroriser les banquiers, il refera de la prison, reverra Bonnie,...
Le plus intéressant également dans le scénario du film de Penn, c'est qu'on retrouve de tout. Outre une sublimation des deux gangsters, l'oeuvre possède un côté glamour, mais également un humour noir qui ne laisse personne insensible, suivant la relation amoureuse entre les deux protagonistes. Un amour qui est presque platonique... Ensuite, l'oeuvre parle d'une certaine émancipation de la jeunesse et cette dernière s'identifiera parfois aux deux héros de l'oeuvre puisque ceux-ci vivent leurs rêves. Ils quittent également un emploi qui ne leur plait pas et qui permet d'intégrer une société qui n'est pas en rapport avec leurs rêves. Bonnie & Clyde sera d'ailleurs critiqué pour cela.
Par ailleurs, on notera que le casting est porté par deux acteurs vraiment remarquables: Warren Beatty et Faye Dunaway... L'un comme l'autre démontrent l'étendue de leur jeu, de leur talent et semblent être eux-mêmes hantés par les fantômes de Bonnie et Clyde. De plus, les seconds couteaux sont également très intéressants: Gene Hackman, dans un premier temps, qui n'est pas à présenter non plus et Estelle Parsons qui si elle est nettement plus inconnue aux yeux du grand public, elle remportera néanmoins l'oscar du second rôle pour son interprétation. Le film repartira avec une autre statuette, celle de la meilleure photographie. L'oeuvre a été nominée dix fois et ne remportera donc que deux oscars.
Cependant, Arthur Penn fait désormais partie de ces cinéastes sur lesquels il faudra compter car si sa réalisation reste classique elle demeure néanmoins très efficace. Il confirmera par la suite avec Little Big Man. On terminera enfin que le réalisateur nous montre une scène finale incroyable...
Si d'autres ont déjà porté ce couple célèbre au cinéma, dont Fritz Lang, c'est probablement l'oeuvre de Penn qui demeure la plus célèbre et qui constitue une réussite importante... Arthur Penn est aussi un de ces cinéastes qu'on oublie de citer mais qui a réalisé des films tout bonnement incroyables...
Note: *****
06 juin 2007
Twin Peaks - fire walk with me
De: David Lynch
Avec: Sheryl Lee, Ray Wise, Moira Kelly, Harry Dean Stanton, David Bowie, Chris Isaak, David Lynch, Heather Graham, Kiefer Sutherland, Kyle MacLachlan, Jürgen Prochnow...
Pays: Etats-Unis, France

Année: 1991
Synopsis
La mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Twin Peaks va donner bien du fil à retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire.
Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière.
Critique
C'est parfois (pardon, souvent) très difficile de parler d'un film de David Lynch. Pour Twin Peaks, c'est le cas. Que dire sur cette oeuvre? Qu'avant d'être un film de cinéma, il s'agissait d'une série créée par le maître. Que cette adaptation cinématographique constitue un préquelle à la série. On y explique les sept derniers jours de la vie de Laura Palmer. Au début, il faut bien le dire, on est quelque peu décontenancé. On ne reconnaît pas une oeuvre de Lynch pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les vingt premières minutes ne ressemblent pas du tout à un film du génial américain. L'enquête se poursuit comme si de rien n'était, et hormis des gens et des gestes un peu plus spéciaux, l'univers de Lynch n'est pas présent. Mais heureusement, la disparition d'un des protagonistes de l'oeuvre va nous permettre de rentrer totalement dans ce qu'on attendait: le monde merveilleux de David Lynch. A partir de ce moment-là, le film n'est plus qu'un délire total du côté psychique. Par après, libre à vous de vous forger l'opinion que vous désirer sur ces délires visuels.
Le scénario tient beaucoup d'une enquête policière. On cherche à élucider un premier meurtre. Puis des mois passent sans qu'on ne sache qui l'a réalisé et on se concentre dès lors sur la vie de Laura Palmer, qui derrière ses traits angéliques, ne cache pas moins une personne quittant le sentier d'une vie tranquille. La fille se drogue, couche avec les premiers venus,... On peut également constater que, dès le départ, elle a une relation très spéciale avec son père. Ce dernier jouera un rôle fondamental dans l'avenir de Laura Palmer. Sans vouloir trop dévoiler le film, on constate petit à petit et au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire que la jeune femme poursuit sa descente en enfer. Et si l'oeuvre se termine une nouvelle fois par un côté plus psychédélique et sur une image d'un ange qui vole, on ne peut y voir qu'une représentation de Laura Palmer qui a quitté le monde des vivants, l'enfer, pour rejoindre celui du paradis...
On constate une fois encore dans le casting que Lynch aime s'entourer des mêmes comédiens. Pour notre plus grand bonheur. De plus, le maître s'est octroyé un petit rôle. Ainsi, on retrouve pas mal d'acteurs que Lynch a déjà dirigé ou redirigera par la suite. A noter que le casting est impeccable et que l'oeuvre musicale de Badalementi est une nouvelle fois réussie même si, d'un point de vue personnel, je lui ai préféré ses compositions dans Blue velvet.
Lynch signe une fois de plus un chef-d'oeuvre même si ce film fut largement critiqué et boudé par le public américain ou européen, Twin Peaks- fire walk with me a trouvé son public au Japon et parmi les cinéphiles du monde entier. Et c'est bien là l'essentiel...
Note: *****
05 juin 2007
The Big Lebowski
De: Joel Coen
Avec: Jeff Bridges, John Goodman, Steve Buscemi, David Huddleston, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffmann, Tarei Reid, John Turturro, Peter Stormare,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1997
Synopsis
Jeff Lebowski, prénommé le Dude, est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu'un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d'argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n'est pas marié. C'est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Dude part alors en quête d'un dédommagement auprès de son richissime homonyme...
Critique
Il faut bien le dire, les frères Coen sont considérés comme des génies contemporains du septième art. Les années 90 sont celles qui firent découvrirent tout leur talent à la face du monde: Miller's crossing, Barton Fink, Fargo et bien entendu ce film, The Big Lebowski.
Le succès de cette oeuvre provient en très grande partie de son scénario et de ses dialogues. Le premier a, non content de contenir une énorme part d'humour, la faculté de nous intéresser de bout en bout à travers cette enquête qui tient la route. Mais c'est évidemment dans ses dialogues remarquables que le film parvient à nous enthousiasmer au plus au points. Il faut également retenir certaines situations vécues par les protagonistes comme étant assez drôles (notamment lorsque Walter répand les cendres, rien que d'y penser me redonne directement le sourire aux lèvres...). Ensuite, c'est bel et bien la galerie des personnages présentée qui est réellement remarquable: le Dude, Walter, Jésus (le joueur de bowling), le millionnaire sont toutes des personnes qui laissent une petite empreinte dans le cerveau tellement ils sont remarquables. En bref, pour les fanatiques d'un scénario lourd, pompeux et ultra-intelligent (en fait, le scénario de The Big Lebowski l'est si on constate que celui-ci nous tient en haleine et par les dialogues réussis)... On a décidé de ne pas se prendre la tête pour ce film chez les Coen. Ainsi, on obtient également une réalisation de Joel Coen tout en sobriété même si des moments plus délurés interviennent, essentiellement dans les rêves du Dude.
Pour ce film, les frères possèdent un casting très réussi: Bridges, Goodman, Buscemi, Seymour Hoffmann, Moore, Turturro ou encore Stormare. Avouez qu'on peut connaître nettement pire... Chacun possédant un personnage avec une personnalité très spéciale. Et ça fonctionne, chacun étant extraordinaire dans leur propre rôle.
Bref, cette oeuvre est une véritable réussite et constitue l'une des plus grandes comédies qu'il ne m'ait été donné de voir. Une grande réussite qui vous fera passer près de deux heures de bonheur... A ne manquer sous aucun prétexte...
Note: *****
03 juin 2007
11 : 14 onze heures quatorze (11 : 14)
De: Greg Marcks
Avec: Hilary Swank, Colin Hanks, Patrick Swayze, Barbara Hershey, Rachael Leigh Cook, Henry Thomas, Clark Gregg,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2003
Synopsis
A Middleton, plusieurs incidents apparemment sans aucun lien les uns envers les autres se recoupent tous vers un accident de voiture qui s'est produit une nuit à onze heures quatorze.
Critique
Autant rentrer directement dans le film, et parce que je n'ai pas trop envie de m'attarder sur cette oeuvre, je vais tenter de parler de 11 : 14 comme il se doit car celui-ci souffre de quelques défauts relativement importants.
Premièrement, on ressent une énorme influence du film Requiem for a dream de Darren Aronofsky. En effet, l'oeuvre est produite par le producteur de ce dernier et on retrouve le même compositeur, à savoir Clint Mansell. Il est vrai qu'on aurait pu trouver pire comme influence mais en contre-partie, l'oeuvre ne possède quasiment plus de personnalité. Par ailleurs, sans être mauvaises, les musiques de Manselle sont moins réussies que de coutume. Ensuite, la réalisation de Greg Marcks n'est pas mauvaise du tout mais une nouvelle fois, on ressent une influence importante du film de Darren Aronofsky. Enfin, venons-en à parler du montage. Celui-ci n'est pas monté chronologiquement et nous ramène directement à penser au film de Christropher Nolan, Memento. Cependant, cet aspect du film parvient à pallier un tout petit peu le plus gros défaut du film, à savoir son scénario.
En effet, ce dernier est assez basique: plusieurs accidents qui se recoupent et qui nous font constater que les mouvements et les gestes des principaux personnages sont liés. Et c'est ce que le film nous montre. Comment les accidents sont liés. On commence avec une personne qui est victime d'un de ces incidents et on en termine par une autre qui connaît pareille situation. Mais à la fin du film, un gros doute nous submerge: c'est quoi la fin? One ne sait pas ce qui va arriver à certaines personnes, qu'est-ce que certains vont devenir parce qu'emprisonnés ou blessés,... Si ce n'était que pour un ou deux rôles ca irait mais là, ça vaut pour l'ensemble des personnages...
Enfin, l'autre point fort du film vient de son casting qui n'est pas mal du tout. Les acteurs se débrouillent dans l'ensemble plutôt bien et hormis un ou deux, il n'y a aucun reproche à faire même si on regrettera de voir Hilary Swank avec un appareil dentaire qui déforme totalement son visage... Mais c'est nettement plus anecdotique...
Le film n'est pas mauvais, il souffre d'un manque de personnalité et d'un scénario assez léger. Cependant, on ne peut pas dire qu'on s'ennuie tout le temps devant et il est même plutôt sympa à regarder si on fait abstraction des défauts. Ce n'est qu'à la fin du film qu'on a l'impression que quelque chose manque... Très moyen dirons-nous...
Note: **
