onibaba_tueusesDe: Kaneto Shindo

Avec: Kei Sato, Nobuko Otuwa, Jitsuko Yoshimura,...

Pays: Japon

Année: 1964

Synopsis

Une vieille femme et sa bru survivent en assassinant et dépouillant les soldats qui s'aventurent dans les marais environnants.

Avis

Il existe des réalisateurs, au fil du temps, que le grand public finit par oublier. Leurs noms évoquent seulement quelque chose que pour un public de cinéphile, quelque peu averti. Kaneto Shindo est de ceux-là. En plus de quarante ans de carrière, le monsieur n'a réalisé que quatre films. Une filmographie très courte et pourtant le cinéaste nippon parvient à laisser une trace. L'île nue, son premier long-métrage, est un réel succès sur le plan cinématographique et abordant des thèmes forts. Quelques années plus tard, arrive cet Onibaba.
Un peu comme pour son premier opus, on retrouve un homme en plein milieu de la nature. Une immense nature. Celle-ci est omniprésente, elle est magnifique et sert parfois l'homme dans des desseins plus sombres. Il existe une kyrielle de plans qui s'attardent sur la majestuosité des roseaux. Il est impossible aussi de ne pas penser à Terrence Malick dans le cas présent. Une volonté de la part de ces deux cinéastes de démontrer à quelle point la nature est plus belle que l'homme et bien plus puissante...
Nous sommes également situé en plein Japon médiéval. Les luttes entre clans, entre empereurs sont légions. Shindo dépeint un portrait peu reluisant de l'être humain. Celui-ci est bestial, cruel, avide de chair, égoïste,... Cependant, on ne peut pas ressentir une forme totale de pessimisme de la part du cinéaste. Il est également difficile de cerner le fait que l'homme, naturellement bon, deviendrait totalement mauvais avec la guerre ou est-ce parce que l'homme est naturellement mauvais qu'il crée la guerre et par conséquent produirait des actes insensés.
Un autre élément majeur de l'oeuvre reste bel et bien le plaisir de la chair. Frôlant par moment l'oeuvre érotique, Onibaba raconte cette histoire d'un homme, revenant au pays, et qui marque directement son attirance pour la jeune fille. D'ailleurs, ce même personnage accompagnait le mari de cette femme. On ne sait d'ailleurs pas si c'est lui qui l'a tué ou bien un samouraï comme il le raconte. Très vite, les deux amants vont se retrouver et se laisser aller au plaisir charnel. La vieille femme ne voyant pas tout cela d'un bon oeil va tout faire pour garder sa bru auprès d'elle. Mais, la première est également attirée par le désir de la chair et tentera également de séduire l'homme.
On aborde également une notion quelque peu mythologique puisque la femme se déguisera par la fin en démon, laissant penser ainsi que la bru est pourchassée par les Dieux pour avoir commis quelque chose de mal.
Quoi qu'il en soit, Shindo signe une oeuvre presque parfaite, excellente et qui donne réellement envie de s'intéresser totalement à la carrière de ce cinéaste.

Note: 4.5/5