cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

30 octobre 2008

Mean Streets

Mean_20Streets_20posterDe: Martin Scorsese

Avec: Harvey Keitel, Robert de Niro, David Proval, Amy Robinson, David Carradine, Cesare Danova, Victor Argo, Richard Romanus, Lenny Scaletta, Jeannie Bell, Robert Carradine,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1973

Synopsis

En 1973, à New-York, dans la petite Italie, Johnny Boy et Charlie, des malfrats à l'affût de combines louches, côtoient les mafiosi qu'ils envient. Pour accéder au haut du pavé, une règle impérative: respecter la loi d'honneur du milieu. Charlie, lui, a ses chances, car il a un oncle mafieux. Mais le problème se pose pour Johnny, un bagarreur inconscient, criblé de dettes. Lorsque celui-ci se procure une arme à feu et commence à faire le malin, ça dérape...

Avis

Quatrième film de Scorsese mais probablement l'un de ceux dans son début de carrière qui est le plus annonciateur de ce que sera la suite de celle-ci. Mean Streets aborde la petite mafia dans le quartier de Little Italy à New-York.
Ce quartier est très cher à Marty. Il y a grandi, a vécu toute son enfance là-bas. Scorsese est un homme qui vient de la rue et qui aurait très bien pu finir voyou. Mais c'est dans l'ensemble New-York qui sera la ville fétiche du metteur en scène à travers tous ses films. Mean Streets possède une grande part d'autobiographie. Scorsese l'explique de la sorte: "C'était une tentative de faire un film sur la manière dont moi et mes amis vivions à Little Italy. Il y a une dimension anthropologique ou sociologique au coeur même du projet. Charlie se sert des autres en pensant les aider. En croyant cela, il ruine tous ses efforts aussi bien envers les autres que lui-même. Quand il se bat avec Johnny dans la rue, il essaie de donner l'impression qu'il le fait pour les autres mais ce n'est qu'une question d'orgueil, le premier peché dans la bible. Ma voix est utilisée en alternance avec celle d'Harvey Keitel pendant tout le film. C'était un moyen pour moi de trouver une paix intérieur. Il est très facile de se discipliner pour aller à la messe tous les dimanches. Ca ne prouve rien. Pour moi, la rédemption ne peut venir que de la façon dont on vit et dont on se comporte avec les autres." Scorsese aborde déjà des mouvements de caméra qui feront sa renommée par la suite. On y voit également la grande place que possède la religion. Il aborde son film comme étant une manière de rendre hommage aux films de gangsters de la Warner des années 30. Scorsese se fera évidemment connaître en utilisant souvent ce thème dans ses oeuvres. Même si sa carrière ne doit pas se résumer qu'à cela, en vue par exemple de ce que sont les films comme Taxi Driver ou Raging Bull. Le cinéaste aux origines italiennes aborde également le rêve américain. Celui d'un petit gars, voyou mais pas forcément méchant qui serait capable de tout pour s'enrichir.
Scorsese use également de cette particularité d'utiliser des acteurs issus également de New-York. De Niro a grandi à Little Italy, comme Marty. Les deux hommes se connaissaient de vue mais c'est grâce à De Palma qu'ils vont pouvoir collaborer ensemble sur Mean Streets. Harvey Keitel est, quant à lui, originaire du Bronx. New-York est réellement la ville de coeur de Martin Scorsese. Le duo composé par De Niro et Keitel fonctionne d'ailleurs très bien. L'un est plus posé, l'autre plus nerveux. L'un réfléchit, l'autre beaucoup moins. Bobby est déjà incroyable. Keitel est très bien aussi. On notera aussi les apparitions de David Carradine et Robert Carradine.
Bien évidemment, l'oeuvre n'est pas parfaite. Mean Streets comporte des longueurs. On a parfois l'impression que le film est un peu trop long ou que certains thèmes ne sont pas entièrement exploités. Mais Scorsese est encore jeune. Il a encore beaucoup de choses à prouver et son talent est déjà bien présent. Il le confirmera avec l'oeuvre suivante, un certain Taxi Driver...

Note: 3.5/5

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27 octobre 2008

La grande illusion

grande_illusionDe: Jean Renoir

Avec: Jean Gabin, Erich von Stroheim, Pierre Fresnay, Dalio, Dita Parlo, Julien Carette, Georges Péclet, Werner Florian, Jean Dasté, Sylvain Itkine, Gaston Modot,...

Pays: France

Année: 1937

Synopsis

En 1917, dans un camp en Allemagne, un groupe de prisonniers français, dont l'aristocrat Boieldieu, le contremaître Maréchal et le banquier juif Rosenthal, préparent une évasion. Au dernier moment, ils sont transférés dans une forteresse commandée par Von Rauffenstein, qui sympathise avec Boieldieu...

Avis

Jean Renoir fait figure de monstre dans l'histoire du cinéma français. Il était donc logique qu'un jour ou l'autre, je m'attarde sur ses films. Commençons donc par l'un de ses plus célèbres: La grande illusion. Renoir collaborre pour cela avec Charles Spaak, scénariste belge réputé à l'époque. Mais pour cette oeuvre, Renoir se base à la fois de ses souvenirs de la Grande Guerre (il y participa en tant qu'officier) mais également de ceux du Général Pinsard, pilote de chasse qui fut prisonnier et qui parvint à s'évader.
La grande illusion doit probablement sa renommée à plusieurs éléments. Premièrement, c'est un film de guerre sans la guerre. Pas une scène de combat ne sera montrée. Et ce ne sera pas les quelques petits coups de fusils tirés à l'intérieur d'un des camps de prisonniers ou par une patrouille allemande qui va en faire un film du genre. Ce sont juste deux petits éléments qui nous rappellent que la guerre est présente outre le fait évidemment que nous suivons des prisonniers. Ce n'est évidemment pas le seul point que nous pouvons examiner sur le fond. En deuxième partie, on constate que pour Renoir, la guerre peut permettre des rapprochements. Ainsi, l'officier allemand et français deviennent assez proches. Et c'est avec regret que l'allemand blesse mortellement le français plus tard, après une tentative d'évasion de ce dernier (il y a d'ailleurs une très jolie chose en rapport avec la plante que détient von Rauffenstein). Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que Renoir dit que ce n'est pas les nationalités qui divisent les hommes mais bel et bien les classes sociales. Le nationalisme et l'antisémitisme sont pour le metteur en scène français une profonde erreur. Renoir se qualifiera lui-même de pacifiste (d'autres le jugeront au contraire d'antimilitariste). Il évoque également la fin de l'aristocratie au travers des personnages des deux officiers. L'accueil que reçut le film sur la question juive évolua en fonction de la situation mondiale d'avant et d'après guerre. Le personnage du juif Rosenthal est apprécié lors de la sortie en 1937. Après la Seconde Guerre Mondiale, certains journalistes deviennent très virulents envers La grande illusion (alors qu'au moment de sa sortie, les critiques étaient dythirambiques). En effet, ils considèrent que le film représente uniquement ce qu'est la question juive de l'entre-deux-guerre et que la collaboration entre allemands et français annoncent le régime de Vichy. Le film sera enfin réhabilité par François Truffaut.
Mais ce n'est pas tout. L'oeuvre sera interdite en Belgique par le Premier-Ministre Paul-Henri Spaak (le frère de Charles...), en Grande-Bretagne par Churchill ou encore en France durant la Seconde Guerre mondiale. Aux USA, le président Roosevelt regarde le film le 11 novembre 1937 et s'exclamera de la sorte: "Tous les démocrates du monde devraient voir ce film". Mais le film connaîtra un bon succès aux Etats-Unis. Il sera d'ailleurs sélectionné pour les Oscar de 1939.
Deuxièmement, l'oeuvre peut s'appuyer sur des acteurs de premier choix. Jean Gabin n'est plus à présenter. Il s'agit évidemment de l'un des acteurs français les plus connus et probablement l'un des plus talentueux que le cinéma hexagonal ait pu connaître. Von Stroheim détient aussi un rôle qui lui permettra de connaître une consécration internationale en tant qu'acteur parlant.
Le tout donne au film une puissance rare. Dans le titre, on sent toutes les craintes de Renoir quant à l'approche d'une nouvelle guerre. La montée d'Hitler en Allemagne, du fascisme en Italie ou l'antisémitisme régnant en est plus que probablement la cause. La grande illusion, c'est avant tout de croire que 14-18 était la dernière guerre...

Note: 5/5

Source: Allociné

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24 octobre 2008

New-York 1997 (Escape from New York)

escape_from_New_YorkDe: John Carpenter

Avec: Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hunley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins, Charles Cyphers, Joe Unger,...

Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1981

Synopsis

En 1997, Manhattan est devenu la plus grande prison du monde, où vivent, en micro-société, près de trois millions d'individus. Une incessante surveillance électronique interdit à quiconque de s'avader: les ponts reliant Manhattan au reste de la ville ont été minés. A la suite d'un attentat, l'avion du Président des Etats-Unis se crashe dans le pénitencier. Installé dans une capsule indestructible, le Président, porteur d'une cassette importante pour l'avenir du monde, échappe à la catastrophe. Il est pris en otage par les détenus. Snake Plissken, dangereux criminel, dispose de vingt-quatre heures pour ramener le Président, en échange de quoi il sera libre. Dans le cas contraire, les modules qui lui ont été implantés dans le crâne exploseront...

Avis

Autre film culte de Carpenter que ce Escape from New York. Le metteur en scène s'attaque cette fois-ci à une oeuvre de science-fiction, teintée d'anticipation et d'un bout de thriller. Il en a écrit le scénario mais compose également la musique. Cette dernière est, avouons-le, très réussie. Bref, l'homme s'essaie à tout et il ne lui manque plus que le premier rôle pour qu'il occupe chaque poste-clé. Non, pour cela, il laisse un de ses acteurs fétiches s'en charger, à savoir Kurt Russell.
La particularité du rôle de ce dernier réside dans le fait qu'il est un anti-héros parfait. Russell ou du moins son personnage de Snake Plissken (doit-on y voir dans le prénom un précepte de ce que sera Solid Snake du jeu de Metal Gear Solid?) est un brave garçon qui doit finir sa vie dans la prison géante qu'est devenue New-York.
Mais ce serait bien trop simple que de le voir s'évader. Il faut donc ajouter un peu de mordant à tout cela. Et pourquoi ne faudrait-il pas sauver le président des USA d'un petit fêlé qui a profité du crash de son avion pour en faire son otage? C'est alors qu'un marché va être proposé à Snake: sauver le président et gagner sa liberté. Il a pour cela 24H sinon il mourra. Comme on le constate, l'oeuvre est bien ficelée. On a droit à un scénario qui ne laisse pour ainsi dire aucun temps mort. Et puis il faut bien avouer que notre ami Russell est parfait dans son rôle d'anti-héros. Il est pour cela accompagné d'un acteur que j'adore: Lee van Cleef. Dire que ce dernier m'a toujours plu dans les western de Leone est bien faible. Le voir toucher à un autre genre me ravit. Il est en plus efficace tout comme Ernest Borgnine qu'on ne doit plus présenter non plus. C'est dans l'ensembe un casting assez relevé si on prend en compte également la présence de Donald Pleasence. Certains se plaindront d'un univers un peu machiste mais il faut quand même savoir que New-York est essentiellement composé de détenus masculins.
La situation est d'ailleurs cocasse. Qui aurait pu imaginer de voir l'ensemble de Manhattan devenir une prison géante où les détenus y feraient la loi mais où les tentatives d'évasion se terminent toujours par la mort.
Honnêtement, Carpenter signe un film réussi. Excellent divertissement, celui-ci plaira à un large public qui sera séduit par sa noirceur (Chaque personnage possède un côté sombre, ne fut-ce que par leur présence dans la prison géante. De plus, l'oeuvre se déroule essentiellement la nuit). Encore une fois, Carpenter démontre qu'il possède du talent. Il faut bien lui laisser cette qualité au vu de sa filmographie plus qu'honnête...

Note: 4/5

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21 octobre 2008

Maman, j'ai raté l'avion! (Home Alone)

maman_avionDe: Chris Columbus

Avec: Macaulay Culkin, Joe Pesci, Daniel Stern, John Heard, Catherine O'Hara, Roberts Blossom, Kieran Culkin, Hope Davis, Angela Goethals, Devin Ratray, Gerry Bamman, John Candy,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1990

Synopsis

Et si ça vous arrivait? Imaginez un instant que lors d'un départ en vacances, vos parents vous oublient dans la grande maison familiale! Quand, pour couronner le tout, des cambrioleurs décident de visiter les lieux, on peut craindre le pire! Mais, Kevin, notre petit héros, n'est pas du genre à se laisser impressionner par ces deux malfrats. Les deux cambrioleurs seront sans défense contre les pièges astucieux imaginés par notre brave petit homme.

Avis

S'il y a bien une comédie familiale qui m'a toujours fait rire, de mon plus jeune âge à aujourd'hui c'est Maman, j'ai raté l'avion!.
Il faut dire que le metteur en scène, Chris Columbus est un habitué des films familiaux. Scénariste sur Les Gremlins ou encore Les Goonies, il connaît véritablement le succès à la mise en scène avec cette oeuvre. La réussite lui sourira encore avec Madame Doubtfire ou de connaître l'honneur de mettre sur pellicule deux histoires d'Harry Potter.
Une fois n'est pas coutume, commençons par les défauts. En fait, dans ce cas-ci, ils tournent autour d'un même point: les bonnes valeurs américaines. Ou comment subtilement, on retrouve tout ce qui fait l'american way of life et la version de ce que doit être un parfait petit garçon. Kevin est tout d'abord un enfant turbulent, pas trop sage et aimant se faire remarquer. Si certains de ses frères et soeurs ne sont pas mieux, on va essentiellement se concentrer sur Kevin vu que c'est lui qui va se retrouver seul chez lui. Ou comment l'enfant incapable d'être sage, de se débrouiller seul va devenir le petit bambin parfait. Entendons par là qu'il va vite regretter l'absence de ses parents (à son âge c'est toutefois normal). Qu'il va réussir à se débrouiller seul mais ce qui va probablement le distinguer, ce sont les deux (petits) éléments suivants: tout d'abord, il va tomber sur une revue porno de son frère. Sa réaction sera: berk c'est dégueu! Ensuite, on va le voir prier à table ou se rendre à l'église. Ces deux élements démontrent que le puritanisme ou la foi américaine est bien présente. Columbus sait que ce film sera vu par les enfants. Est-ce un moyen de les éduquer d'une certaine manière, de leur montrer la bonne voie à suivre? Ou alors sait-il que son film sera vu par des famille qui ont fait de la foi ou du puritanisme leur manière de vivre, et qu'il souhaite alors plaire à tout le monde et par la même occasion toucher un plus large public? J'ai envie de répondre qu'il y a un peu des deux.
Par ailleurs, c'est bien le seul reproche que je puisse faire à Maman, j'ai raté l'avion!. Car pour le reste, on peut dire que Columbus utilise bien certains "fantasmes" enfantins. Quel enfant n'a jamais rêvé de se retrouver seul à la maison, sans les parents pour pouvoir y faire tout ce qu'il veut? Et puis, dans l'ensemble, les gags sont très bien imaginés. Que dire de ce parallèle entre les coups de feux à la télévision et de ce que Kevin veut faire subir au livreur de pizza. Ensuite, il y a bel et bien l'intrusion des deux malfrats qui va valoir un enchaînement de gags qui me font toujours autant marrer qu'avant. Bref, c'est à mon sens un excellent moment que Culkin, Columbus et les autres nous font vivre.
Ensuite, les acteurs sont quand même assez géniaux. Culkin deviendra une star grâce à ce film (à noter que son petit frère joue un des petits cousins de Kevin). Ensuite, on ne m'ôtera pas de l'idée que pour Joe Pesci, il s'agit d'un rôle plus autoparodique. Habitué de jouer de sales mafieux dans des films de Scorsese par exemple, il me semble qu'il s'agit là d'un bon moyen de se moquer de tous les personnages qu'il a pu jouer auparavant. Et puis, il fait ça à merveille. On ajoutera que son comparse n'est pas mal non plus. Le duo Stern - Pesci fonctionne très bien. J'aimerais dire un mot sur Roberts Blossom (le vieux personnage à la pelle), acteur de seconde zone mais qui m'a toujours touché dans ce film.
En bref, Maman j'ai raté l'avion! constitue toujours pour moi la comédie familiale réussie, presque parfaite. Certes, on ne peut s'empêcher de constater des défauts mais dans l'ensemble, les gags et l'humour sont présents. C'est sûr aussi que c'est le genre de comédie qui ne plaira pas à tout le monde. Mais qu'importe, chaque année, ce film est rediffusé à la TV à la période de Noël. Si c'est pas une preuve de l'aspect culte que possède l'oeuvre de Columbus...

Note: 4/5 

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18 octobre 2008

La chose (The thing)

thingDe: John Carpenter

Avec: Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley, David Clennon, Keith David, Richard Dysart, Charles Hallahan, Richard Masur, Donald Moffat,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1982

Synopsis

L'action se déroule en hiver dans une station de recherche en Antarctique. Une équipe de douze chercheurs decouvre un être extraordinaire qui, tombé du ciel, est resté 100.000 ans enterré sous la neige. Bientôt décongelé et lâché dans la nature, "Le chose" provoque des catastrophes et sème la panique en changeant de forme et en s'intégrant à l'équipe des chercheurs.

Avis

A moins d'avoir été plongé dans un coma profond pendant plus de trente ans, si vous vous intéressez un minimum au cinéma, vous avez déjà entendu au moins une fois le nom de John Carpenter. Cinéaste sympathique, ayant fait du film d'horreur son genre de prédilection, il y écrira toutes ses lettres de noblesses, signant quelques oeuvres cultes. Hors, The thing fait partie de celles-là.
Pour rappel, c'est l'histoire de douze types qui vont se trouver nez à nez face à une créature venues d'ailleurs, capable de prendre possession de certains corps et qui n'a qu'une envie, c'est de vous faire rejoindre vos aïeuls dans de joyeuses souffrances.
L'avantage avec Carpenter, c'est que même avec un budget peu conséquent, il est capable de vous réaliser des films de très haut niveau. Ici, on se retrouve dans une sorte de film à la Alien, mais sur Terre. On est également dans un endroit assez réduit (une base en Antarctique), le monstre se cache bien, on a un groupe de héros, le monstre vient d'une autre planète, etc. Quelques similitudes donc mais Carpenter y ajoutte sa patte personnelle of course. Ainsi, le personnage principal se voit accusé d'être possédé par la chose et d'être au fond lui-même traqué par ses compagnons. De plus, Carpenter est en mesure de nous offrir des moments cultes. Qui ne se souvient pas de ce passage du type en flammes ? Que dire encore de la scène avec les chiens au début qui est assez prenante. Sans oublier le début de cette oeuvre où deux types qui semblent être devenus fous tendent d'abattre désespérément un chien (pas n'importe lequel bien sûr). Par ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, Carpenter, c'est loin d'être un incompétent. Il est capable de vous foutre la pétoche avec peu de moyens ou de tout simplement faire monter la pression avec des petites choses. C'est quand même une des spécialités du monsieur, le film d'horreur même s'il s'est essayé à des genres comme la science-fiction.
Et puis, il faut quand même bien avouer que Kurt Russell dans ce genre, ça a quand même de la gueule. Si on ne le voit pas du tout jouer dans une comédie romantique, il faut bien avouer que cet acteur assure pour ce type de films. Il a une sacrée gueule, un charisme indéniable et il porte en partie le film sur ses épaules. Car il faut reconnaître qu'il est bien secondé par des acteurs inconnus en majeur partie. On signalera aussi que la musique a été signée par Ennio Morricone. S'il ne s'agit pas de la meilleure composition de l'artiste, il n'en demeure pas moins assez inspiré.
A titre personnel, La chose apparaît pour moi comme étant un bon film. Ce n'est pas le meilleur du genre mais il est assez bon que pour passer à travers les âges sans problèmes. De plus, il possède d'indéniables qualités qui lui ont permis de devenir culte. Et puis un bon petit film d'horreur, ça n'a jamais tué personne...

Note: 3.5/5      

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14 octobre 2008

Adaptation

adaptationDe: Spike Jonze

Avec: Nicolas Cage, Meryl Streep, Chris Cooper, Jane Adams, Jim Beaver, Brian Cox, John Cusack, Gary Farmer, Judy Greer, Cara Seymour, Curtis Hanson, Maggie Gyllenhaal,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2002

Synopsis

Charlie Kaufman écrit comme il vit: avec peine et difficulté. Son frère jumeau vit comme il écrit: avec décontraction. La vie de John attend d'être adaptée au cinéma. Susan écrit à propos de la vie mais est incapable de vivre la sienne.

Avis

Après un premier long-métrage très remarqué (Dans la peau de John Malkovich), il était normal que Spike Jonze soit attendu au tournant.
Si son premier film avait pour sujet central John Malkovich et par conséquent le septième art, il en est de même pour Adaptation, où le metteur en scène collabore à nouveau avec Charlie Kaufman, ce dernier devenant incontournable à Hollywood.
Issu du milieu de la publicité (Nike, Coca-Cola, Sprite, Nissan et d'autres encore ont fait appel à lui) et du clip musical (il a collaboré avec Björk, Fatboy Slim, REM, Daft Punk,...), il fait partie de ces metteurs en scène qui se sont fait les mains via le petit écran et qui décident de rejoindre le grand (Michel Gondry ou Ridley Scott sont également issus de la publicité).
Alors Adaptation, c'est quoi au fond? C'est le récit de quatre personnes qui sont de près ou de loin liées au cinéma. Chacune de ces personnes possédent leurs petits problèmes. Charlie et John Kaufman sont scénaristes pour le cinéma. John doit voir sa vie adaptée au cinéma. Et Susan doit voir le roman qu'elle a écrit (et qui tient pour vedette John) porté sur grand écran. Bref, le septième art est toujours présent. Le scénariste Charlie Kaufman (le vrai) possède un égo assez démesuré que pour porter sa vie sur grand écran. Ou du moins voir son nom, prénom et métier figurer au cinéma. Il va même jusqu'à pousser le vice à créer un autre scénariste pour ce films et qui serait également son jumeau. La vie se mêle au cinéma. Et l'inverse est vrai. C'est encore une fois une critique assez drôle que nous sert Kaufman et par conséquent Jonze. Charlie Kaufman (le personnage cette fois) est un scénariste certes génial et doué mais qui ne parvient pas à écrire facilement. Sa vie ne l'est pas. Encore une fois mais dans le film lui-même, le cinéma se mêle à la réalité. Kaufman va même jusqu'à aller à un séminaire pour apprendre à écrire un scénario parfait. Doit-on y voir une satire? De la moquerie? Toujours est-il que Kaufman demeure génial. Impossible aussi de ne pas oublier les producteurs ou ces gens qui pressent les scénaristes pour avoir au plus vite leurs écrits. Si ceux-ci n'apparaissent pas comme étant des bourreaux asoiffés d'argent, ils demeurent toutefois des gens qui n'oublient pas que rentabiliser leur boîte est le plus important.
Il faut bien avouer aussi que la mise en scène de Jonze est réussie. La scène de l'accident est particulièrement réussie. Le reste du temps, elle reste parfaite, avec parfois de longs plans. On aurait pu craindre un montage clipesque, étant donné les origines du monsieur, mais il n'en est (heureusement) rien. Certes, le film de Jonze est réussi sur la forme, mais il l'est tout autant sur le fond et on le doit essentiellement à Kaufman. On réussit à s'attacher aux personnages, on constate leurs problèmes et on est touché par ceux-ci. Pour cela, le travail des acteurs est également incroyable. On notera juste comme défaut, des petites lenteurs et des baisses de rythme sur la fin. Dommage car on aurait pu atteindre le chef-d'oeuvre sans cela.
Revenons aux acteurs. Meryl Streep est une fois de plus parfaite. Chris Cooper est totalement déjanté et ça lui réussit bien. Je voulais cependant porter un peu plus mon attention sur Nicolas Cage qui tient une double casquette et qui remplit sa mission à merveille. On l'avait presque oublié mais Cage peut être un très bon acteur, capable de faire des choix de films réussis (il suffit aussi de se rappeler ses prestations dans Rusty James ou encore dans Lord of War). Ici, ce n'est pas du tout facile car il doit composer entre deux personnages aux mentalités et à la psychologie qui sont totalement différentes. Bref, je trouvais que le travail qu'il avait effectué méritait à lui seul le coup d'oeil. Pour l'anecdote, on retiendra aussi un passage (un peu plus dévoilé) de Maggie Gyllenhaal. Et comme l'oeuvre parle du septième, on retrouve quelques guest stars qui font un bref passage à l'écran et qui jouent leur propre rôle. John Cusack fait partie de ceux-là.
Au final, on constate que Spike Jonze est un metteur en scène plein de talent. Il l'avait annoncé avec Dans la peau de John Malkovich et il semble le confirmer avec Adaptation. Si, certes, ce n'est pas parfait, le jeune réalisateur s'inscrit pleinement dans la liste de ces cinéastes qu'il faut suivre de près...

Note: 4/5

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11 octobre 2008

Persona

PersonaDe: Ingmar Bergman

Avec: Bibi Andersson, Liv Ullmann, Margaretha Krook, Gunnar Björnstrand,...

Pays: Suède

Année: 1966

Synopsis

Elisabeth, une actrice devenue muette en pleine représentation d'Electre, part au bord de la mer avec Alma, son infirmière. Cette convalescence donnera lieu à un affrontement entre la parole et le silence, affrontement qui va évoluer vers l'échange conduisant à la guérison.

Avis

Un film typiquement bergmanien que ce Persona. Oeuvre remarquable que le cinéaste suédois aurait commencé à imaginé lorsqu'il était sur son lit d'hôpital, en raison d'une pneumonie. Bergman va, avec cette oeuvre, nous plonger dans les tréfonds de l'âme, nous parler de l'être humain à travers deux femmes, de la jalousie qu'il va pouvoir naître. Plongeons joyeusement dans le psychisme humain à travers ce Persona.
L'oeuvre s'ouvre de manière assez étrange. Une introduction assez remarquable. Une lampe s'allume, le spectateur est plongé dans un projecteur. Des images défilent: une mygale, une main clouée, un mouton égorgé,... Différentes images jusqu'à ce qu'on arrive sur le personnage d'Elisabeth. Invitation faite par Bergman de nous projeter dans l'histoire? Le fait de nous placer dans le projecteur ne nous laisserait-il pas penser qu'on va nous-même être un pion important de l'oeuvre? Un acteur à part entière? Persona s'adresse à nous via cette manière.
Pour Bergman, il semble également clair que l'être humain possède deux types de personnalité. Celle qu'on montre et celle qu'on est réellement. Chaque homme ou femme possède ainsi un masque (tiens tiens, une des significations de Persona) qu'il montre lorsqu'il est en société mais qui tombe une fois qu'on retombe dans un domaine plus privé. Bergman fait clairement référence à Jung. Ce dernier évoquait également les masques sociaux que possèdent l'être humain.
L'oeuvre, c'est aussi la relation entre deux personnages: Elizabeth et Alma. Elizabeth s'arrête brusquement de parler lors d'une représentation théâtrale. Son masque tombe (Persona signifie aussi un masque d'acteur). Elizabeth semble être devenue totalement insensible. Elle ne semble avoir des sensations que lorsqu'elle regarde la télé, fenêtre ouverte sur la réalité. Elle y voit la souffrance du monde (un homme qui s'immole, un enfant juif menacé par des Allemands en armes). Quelles sont les raisons de son silence? Pourquoi? C'est ce que Alma va tenter de découvrir. Elle va accompagner la guérison de l'actrice dans une maison reculée, au bord de la mer. Mais les choses vont se corser. Qui est réellement malade? Qui a besoin d'aide? Elizabeth va restée murée dans son silence. Alma va se dévoiler. L'infirmière va devenir la soignante. Elle va se confier. Les rôles s'en trouvent inversés. Le masque d'Alma tombe. Alma aime Elizabeth. Un amour platonique certes mais il est bien présent. Avec Persona, on se trouve également souvent à la frontière entre réalité et fiction (on peut rappeler alors la séquence de la télévision où l'image de la TV prend tout l'écran). Entre la réalité et le rêve aussi. Cela nous rappelle Lynch. L'oeuvre de Bergman est complexe et nécessite plusieurs visions pour en comprendre tous les détails. C'est un film riche, sans aucun doute.
Si sur le fond, l'oeuvre est remarquable, la forme n'en est pas moins aussi éblouissante. Persona est d'un noir et blanc somptueux. Bergman fait également preuve d'un incroyable talent pour la mise en scène, repoussant les limites de ce que le septième art a déjà pu faire. Il utilise pour cela de faux raccords et des zooms, réalise des expérimentations sonores ou encore visuelles. La bande son est incroyable et participe également à ce que le spectateur soit perdu.
Bergman réalise ici un chef-d'oeuvre. Il s'agira également d'une renaissance pour le cinéaste qui n'était pas au mieux artistiquement parlant à l'époque. Persona est une oeuvre inoubliable et fantastique.

Note: 5/5

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07 octobre 2008

Cloverfield

cloverfieldDe: Matt Reeves

Avec: Lizzy Caplan, Jessica Lucas, T.J. Miller, Michael Stahl-David, Mike Vogel, Odette Yustman, Anjul Nigam, Margot Farley, Theo Rossi, Brian Klugman, Kelvin Yu, Liza Lapira,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2007

Synopsis

New-York - Une quarantaine de ses amis et relation ont organisé chez Rob une fête en honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La fête bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble.

Avis

Grâce à une campagne marketing audacieuse et réussie, il était impossible de ne pas avoir entendu ne fut-ce qu'une fois parler de ce fameux Cloverfield. Rares sont les bandes-annonces à susciter tant de passion chez les cinéphiles. D'abord intitulé 06-02-08, de nombreuses personnes se sont longtemps demandées ce qui pouvait bien attaquer New-York, de nuit. Impossible aussi de ne pas y voir une quelconque comparaison avec le 11 septembre 2001, blessure qui n'est toujours pas refermée chez de nombreux américains. Mais le film vaut-il tout le bruit qu'il y en a eu autour? Cette campagne marketing n'était-elle pas aussi réussie que pour masquer un véritable camouflet? Alors foutage de gueule du public ou non?
Et bien non... Là où Cloverfield n'aurait pu être qu'un banal film de monstres servi magnifiquement par une grandiloquente promo, on obtient une oeuvre qui dépoussière totalement le genre (du moins aux USA car The Host, oeuvre coréenne de Bong Joon-ho apportait un énorme plus dernièrement aux films de monstre).
Alors quoi de neuf apporté par Reeves mais également par J.J. Abrams, véritable parrain du projet. La cause de la création de Cloverfield s'explique assez facilement. Abrams a toujours été fasciné par l'engouement que suscite encore aujourd'hui Godzilla au Japon. Le producteur US regrettait de ne pas voir un tel monstre exister au pays de l'Oncle Sam.
C'est désormais chose faite. Et de très belle manière qui plus est. Plusieurs éléments sont à prendre en compte dans la qualité de l'oeuvre de Reeves. Primo, la mise en scène est particulièrement astucieuse. Pour apporter un certain réalisme, tout le film est mis en scène à la manière d'un Projet Blair Witch. Mais en mieux fait. Ca bouge certes dans tous les sens, c'est filmé par un des protagonistes mais ça reste absolument regardable. Pas question de nausée ici comme certaines caméras à l'épaule peuvent l'être. De plus, tous les acteurs sont des inconnus. Cela ajoute aussi une certaine pointe de réalisme, le spectateur s'identifiant plus facilement et rentrant également plus aisément dans l'histoire.
Deuxio, c'est aussi un film de monstre qui est assez intelligent. L'équipe du film a très bien compris l'importance que l'image possède à l'heure actuelle. Ainsi, Rob demande à son ami Hud la raison pour laquelle il continue à filmer. Ce dernier répond qu'il faut que les gens sachent. "Tu seras là pour leur raconter" répond Rob. Hud aura le mot de la fin en disant que ce ne sera pas suffisant. De plus, les avancées technologiques sont bien prises en compte. C'est filmé avec une petite caméra mais on voit également beaucoup de personnes prendre leur GSM et commencer à filmer les dégâts causés par l'envahisseur. Ensuite, il est assez facile de constater que l'oeuvre fait une référence directe au 11 septembre. New-York est attaquée et il y a également cette scène saisissante où la poussière envahit les rues après l'effondrement d'un building. Sorte d'exutoire pour Reeves et ses comparses? Leur manière à eux de faire le deuil de ce tragique événement?
Enfin, on va parler du monstre lui-même. D'où vient-il? Comment un monstre aussi gros a-t-il pu passer inaperçu autant de temps? Là aussi, le traitement réalisé par Abrams et Reeves est assez réussi. Là où on aurait pu penser qu'ils délaissaient totalement ce point, on constate qu'en fait, ils nous laissent des indices très discrets mais présents. Il faut également rattacher ces indices à la promo du film. En effet, la promo semble avoir mis en avant le fait que le monstre venait de l'eau et s'en était prise à une base pétrolière japonaise. Or cette firme japonaise est celle où Robert Hawkins part travailler. Le nom de l'entreprise apparaît à un moment dans le film. Or, lorsque New-York subit pour la première fois les attaques, cela vient de Manhattan. Un pétrolier coule. La Statue de la Liberté est totalement détruite. Et il y a également ce pont détruit où le monstre jaillit de l'eau. Cette thèse de l'eau est également supposée par Hud où l'on a retrouvé un vieux poisson fossile vivant à Madagascar. Ce poisson provient d'une espèce (le coelacanthe) qu'on croyait éteinte depuis des millions d'années. Mais tout de même, comment une bête de cette taille, résistant aux bombes n'a-t-il jamais été aperçu plus tôt? Il faut alors se rendre directement à la fin de l'oeuvre, à des moments plus tendres entre deux protagonistes du film. La caméra filme la mer. On voit alors rapidement tomber quelque chose dans l'eau. On se situe quelques semaines avant l'attaque sur New-York. Le monstre viendrait alors de l'espace? Il faut être très attentif pour le voir tomber mais on le remarque. Passez-le en vitesse lente, il se voit plus aisément. Le gros monstre est également accompagné par des sortes d'arachnides (leur forme m'a un peu rappelé Starship Troopers, d'où la raison du nom que je leur donne), plus petites et qui semblent posséder un certain intérêt en la chair humaine. Elles semblent également être à la solde du plus gros. Un peu comme une reine qui posséderait ses ouvrières.
Bref, Cloverfield, en un peu moins de nonante minutes, remplit parfaitement son rôle et mieux encore. Nouveau souffle dans le genre, plus intelligent qu'il n'y parait, campagne marketing parfaitement élaborée qui a permis au film de connaître un énorme succès, et bien d'autres choses encore (notamment la musique du générique final, seul moment musical d'ailleurs, signée Michael Giacchino)... Cloverfield n'est n'y plus ni moins que le meilleur film de monstre depuis Aliens, le retour...

Note: 5/5   

Posté par batman1985 à 19:33 - Années 2000 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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