30 décembre 2008
Retour vers le futur 2 (Back to the Future : Part 2)
De: Robert Zemeckis
Avec: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Elisabeth Sue, James Tolkan, Jeffrey Weissman, Billy Zane, J.J. Cohen, Casey Siemaszko, Charles Fleischer,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1989
Synopsis
Marty et Doc se sont à peine remis de leur première aventure dans le temps qu'ils se retrouvent une fois encore projetés dans le continuum espace/temps. Mais cette fois, lorsqu'ils essaient de régler l'avenir sur l'année 2015, ils atterrissent à Hill Valley en 1985, saugrenu et altéré, où le tyran Biff Tannen est riche, puissant et... le père de Marty! Maintenant, leur seule chance d'arranger le présent est de retourner une fois encore en 1955. Mais Doc et Marty pourront-ils rafistoler le passé sans déclencher un paradoxe temporel qui déchiquetterait l'univers?
Avis
Quatre ans après le premier opus, Spielberg et Zemeckis décident de remettre le couvert et de nous narrer une fois de plus un voyage dans le temps de Marty. Alors bonne ou mauvaise chose ?
Honnêtement, des trois opus, c'est celui qui m'a le moins plu. Pourquoi? Parce que j'ai eu un énorme sentiment de redite, de gags qui se sont déjà produits dans le premier et qu'on a gentiment décidé de replacer dans celui-ci en changeant quelques petits éléments. Bref, la vague impression que Zemeckis se foutait un peu de notre gueule.
Ce n'est pas cela, ça reste regardable, ça reste drôle par moments mais tant qu'à faire, revoyons le premier épisode.
Surtout que beaucoup de scènes ont été reconstruites à l'identique. A l'exception faite que deux acteurs du précédent volet sont absent. Crispin Glover qui jouait le père de Marty est remplacé par Jeffrey Weissman. Le premier joue cependant dans l'oeuvre mais à son insu puisqu'on reprend des scènes de Retour vers le futur. L'acteur portera plainte pour utilisation de son image sans sa permission. Des rumeurs ont également circulé sur sa non-participation pour ce second épisode. Cela va d'un simple refus de l'acteur jusqu'à dire qu'il était mentalement instable. L'autre acteur ou du moins actrice remplacée, c'est l'interprète de Jennifer Parker, Claudia Wells. Elizabeth Shue reprend le rôle pour les deux derniers opus. Heureusement, le duo Fox - Lloyd est toujours présent et fonctionne encore comme il se doit. On notera aussi la première apparition de Elijah Wood au cinéma.
Encore une fois des références parsèment le film, comme pour le précédent. A Steven Spielberg encore et plus particulièrement au film Les dents de la mer. On y parle même d'un Jaws 19. Rien que ça. Quelques éléments ramènent aussi à Qui veut la peau de Roger Rabbit? L'acteur jouant la voix du lapin obtient un rôle, on y voit une peluche, le tunnel de Toon Town...
Enfin, on ne m'ôtera pas de l'idée que cette suite reste assez facile, quand on reprend les gags du premier et qu'on innove assez peu. D'autant que les incohérences tant dans certaines scènes que dans l'histoire elle-même ne font qu'augmenter.
Bref, ça n'a pas empêché l'oeuvre de connaître un énorme succès. Mais qui en doutait? Le troisième opus sortira quelques mois plus tard. Avec un changement de décor total qui laisse à penser une conclusion bien meilleure que cette suite...
Note: 3/5
PS: bonne année 2009 à toutes et tous!
27 décembre 2008
Retour vers le futur (Back to the future)
De: Robert Zemeckis
Avec: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover, Thomas F. Wilson, Claudia Wells, Marc McClure, Wendie Jo Sperber, George DiCenzo, Frances Lee McCain, Jason Hervey,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1985
Synopsis
Nous sommes en 1985 mais pas pour longtemps. Car l'adolescent Marty McFly est sur le point d'être catapulté en 1955 à bord de la DeLorean, qui fonctionne au plutonium, créée par le génie excentrique Doc Emmett Brown. Mais lorsque Marty empêche accidentellement ses futurs parents de tomber amoureux, il déclenche une réaction en chaîne qui bouleverse le temps et qui risque de vaporiser son avenir - et de le piéger dans le passé! Maintenant, le dernier espoir de Marty est de changer le cours de l'histoire avant que le temps ne l'empêche lui-même de retourner vers le futur!
Avis
S'il y a bien un classique du divertissement grand public, c'est la trilogie Retour vers le futur. Pourtant, cela faisait un bout de temps que je n'avais pas revu le premier opus. D'ailleurs, je sais pertinemment bien que je n'avais jamais vu la trilogie que jusqu'à ce jour. Le problème est donc réglé à partir de maintenant.
Qu'y-a-t-il d'intéressant dans ce film, qui lui a permis d'atteindre ce statut de culte?
Tout d'abord, il faut bien avouer que le duo de comédiens, Michael J. Fox et Christopher Lloyd marche à merveille. Le premier parce qu'il joue un ado bien sympathique, normal et dont les aventures vont le propulser d'être absolument normal en un affreux veinard. Le second, quant à lui, joue le rôle du professeur totalement déjanté. Bref, le mélange des deux personnages est rempli à merveille car, bien que différents, ils sont complémentaires. Personnellement, quand je vois Fox dans des films, je ne peux oublier ce qu'il est devenu maintenant. L'acteur souffre de la maladie de Parkinson. Je me rappelle l'avoir vu il y a deux ans environ sur CNN et souffrir de cette pathologie, ce n'est vraiment pas de la rigolade...
Dans ce premier opus, l'humour est très présent. Il faut bien avouer qu'on sourit souvent et que quelques fois le rire nous prend. Les quipropos, les situations et les moments drôles sont présents. On retiendra le nom de Marty McFly en 1955 qui passe à celui de Calvin Klein à cause de ses sous-vêtements (à l'époque, la marque n'était pas très connue, dans la version française, il se prénomme Pierre Cardin)... Vous l'avez compris, on a droit à ce genre de situations assez souvent et pour notre plus grand plaisir.
Retour vers le futur multiplie énormément de références. Le début de l'oeuvre est un hommage à La machine à explorer le temps de Georges Pal, film réalisé en 1960 et qui commence de la même manière. Des références à Spielberg sont également présentes. Le metteur en scène de E.T. est le producteur de la saga. Sur le cinéma de la ville, on retrouve le titre de travail de E.T. qui est A boy's life et le titre original de Rencontres du troisième type, Watch the skies... Autre hasard, Marty est le nom d'un film de Delbert Mann réalisé en... 1955. Cette oeuvre remportera quatre Oscars l'année suivante. Le chanteur Huey Lewis interprète le rôle d'un juge lors d'un concours de musique auquel Marty McFly prend part. La chanson jouée par le personnage de Fox est un des tubes de Lewis. Ce dernier trouvera la musique... assourdissante. Encore un petit pour la route? Lorsque Doc se retrouve accroché aux aiguilles de l'horloge de la ville, Zemeckis et sa bande nous renvoient au film muet Monte là-dessus avec Harold Loyd où ce dernier se retrouve dans la même position... Une photo de cette même oeuvre se retrouve dans le générique final de Retour vers le futur. Et il y en a encore tant d'autres comme par exemple les destins qui se retrouvent modifiés après le passage de Marty en 1955...
Ce premier opus de la saga est une franche réussite. Certes, il est composé de quelques défauts et notamment des problèmes dans le script. Mais honnêtement, ce n'est rien en comparaison des grosses incohérences qui se situeront dans le second Retour vers le futur. Mais pour le premier, fous rires et bons moments sont garantis...
Note: 4/5
24 décembre 2008
Un frisson dans la nuit (Play Misty for me)
De: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Jessica Walter, Donna Mills, John Larch, Don Siegel, Jack Ging, Irene Hervey, James McEachin, Clarice Taylor, Duke Everts, Jack Kosslyn,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1971
Synopsis
Dave Garver est animateur radio. Chaque soir, une auditrice lui demande de diffuser son disque préféré: Misty.
Quand Evelyn Draper organise un rendez-vous avec Dave dans un de ses lieux nocturnes favoris, ils entament une relation torride. Mais, le jour où David décide de mettre fin à leur relation, l'obsession d'Evelyn tourne à la violence. Rapidement, toute la vie de Dave devient la cible de sa folie meutrière.
Avis
Clint Eastwood, dans les années 70, est essentiellement connu pour ses rôles dans les western de Leone. Son visage à la fois angélique et mystérieux couplé à son talent l'ont propulsé au rang de star. Il faut dire aussi que Eastwood a surtout touché à ce genre. Au début des années 70, il se lance à la réalisation de son premier long-métrage. Petite surprise, celui-ci semble être un hommage à Hitchcock. On est donc bien loin des plaines désertiques et des colts à six coups...
Bref, on retrouve Clint derrière et devant la caméra. Question de la mise en scène, ça demeure bon dans l'ensemble. Pas de coup de génie mais on sent que le garçon a du talent. Il a dû aussi apprendre avec des gens comme Leone. Bref, on retiendra tout de même des plans larges très réussis et l'un ou l'autre plan très beau.
Devant la caméra, Eastwood sort du lot par rapport à ses comparses. Aussi froid que pour ses westerns, sont personnage est un peu un anti-héros. Malgré le fait que Dave Garver est un animateur de radio, il ne demeure pas moins un coureur de jupons et ne s'est pas gêné pour tromper plusieurs fois la femme avec qui il était en couple. Il serait néanmoins dommage de sous-estimer les interprétations féminines pour ce film. Il faut bie admettre que Jessica Walter est parfaite dans son rôle de la fêlée. Oui, on peut l'appeler comme ça. Son obsession pour l'animateur radio en est maladif. Elle est prête à tout pour l'obtenir.
Du côté du scénario, et au risque de me répêter, Eastwood signe une oeuvre hitchcockienne. C'est aussi la preuve que "le blondin" peut s'essayer à d'autres genres que le western. Petit à petit et de manière classique pour ce genre, Eastwood fait monter la tension. La terreur monte de plus en plus tout comme la violence au fur et à mesure des minutes qui s'égrènent. Et si le jeune metteur en scène ne chamboule en rien le genre, il faut bien avouer que tout se laisse suivre de très belle manière. En gros, on peut dire qu'il s'agit d'un sous-hitchcock mais... de qualité.
En gros, Un frisson dans la nuit n'est certainement pas le meilleur film de Clint Eastwood en tant que cinéaste. Mais cette oeuvre démontre à quel point le jeune homme est talentueux et que cela peut donner de très bons espoirs pour la suite de sa carrière. Trente-cinq ans plus tard, le public ne s'est pas trompé. Eastwood est devenu un grand cinéaste. Un incontournable. Des chefs-d'oeuvre ont émaillé sa carrière... En 1971, une légende était en marche.
Note: 3.5/5
PS: je vous souhaite à toutes et tous un très Joyeux Noël!
21 décembre 2008
Annie Hall
De: Woody Allen
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Tony Roberts, Carol Kane, Paul Simon, Janet Margolin, Shelley Duvall, Christopher Walken, Colleen Dewhurst, Donald Symington, Beverly D'Angelo, Jeff Goldblum,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1977
Synopsis
A l'aube de ses quarante ans, Alvy Singer fait le bilan de la situation. Une introspection sur sa dernière rencontre, Annie Hall, qui vient de le quitter, et un hommage à la ville qu'il aime, New-York.
Avis
Cela faisait longtemps qu'on me "bassinait" les oreilles pour que je regarde enfin un Woody Allen. On m'en disait tellement de bien que c'en était honteux que je ne franchisse pas le pas. J'ai enfin décidé de me lancer. Je n'avais pas trop envie non plus de commencer avec ses films récents. J'ai choisi Annie Hall. Parce qu'il paraît que c'est un de ses chef-d'oeuvre. Et que c'est un film "allenien" par excellence. Verdict ? Une certaine déception...
Commençons par les points positifs. L'humour d'Allen me plait. Il est assez drôle. Il est fait d'humour avec des phrases bien trouvées ou des situations innovantes. Ainsi, l'un des aspects techniques qui est remarquable avec Annie Hall, c'est bel et bien sa mise en scène. Allen trouve le moyen d'inviter clairement le spectateur dans l'oeuvre. Il en fait presque un acteur à part entière. Il s'adresse directement à la caméra, comme s'il nous regardait et nous parle. On peut le dire que c'est innovant tout simplement et très intéressant. Dans l'ensemble, les quinze à trente premières minutes sont remarquables. Honnêtement, on pouvait penser qu'on se dirigeait vers un chef-d'oeuvre grandiose. Surtout qu'avec Annie Hall, Woody Allen se confie totalement. Il y parle de ses peurs et notamment l'une des plus importante qui est celle de la mort. Bref, l'oeuvre sonne comme une sorte d'autobiographie, de psychologie ou le patient c'est Woody Allen, et le psychologue serait le spectateur. Autre preuve d'une oeuvre très personnelle: le metteur en scène new-yorkais a eu une liaison avec l'actrice Diane Keaton. Voilà pour les points positifs...
Mais quels sont les négatifs? Ciblons-en un à mes yeux et qui est exaspérant au plus haut point. Vu que l'oeuvre est un peu une séance chez un psy, Woody Allen parle et parle et parle encore... A un tel point que c'est très agaçant. On a même des fois envie de mettre en pause ou de couper tout simplement le film tellement c'est énervant. Parfois, ça semble être un calvaire de l'écouter parler, stresser, gesticuler dans tous les sens. Bref, à défaut de m'amuser, Allen m'énerve par moments.
Heureusement, et comme mentionné plus haut, l'oeuvre possède pas mal de qualités. C'est d'ailleurs grâce à elle qu'on tient facilement le coup et qu'au final, on se retrouve en face d'un film de bonne qualité. Sans plus. Annie Hall est bien sympathique mais n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on hurle partout ou presque...
Note: 3.5/5
18 décembre 2008
Donnie Brasco
De: Mike Newell
Avec: Johnny Depp, Al Pacino, Zeljko Ivanek, James Russo, Michael Madsen, Anne Heche, Bruno Kirby, Gretchen Mol, Tim Blake Nelson, Paul Giamatti,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1997
Synopsis
En 1978 à New-York, l'agent spécial Joe Pistone est désigné par le FBI pour infiltrer le clan Bonanno, une des familles les plus puissantes de la cote Est. Il contacte un modeste porte-flingue de l'organisation, Lefty Ruggiero, auprès duquel il se fait passer pour un spécialiste en joaillerie du nom de Donnie Brasco. Coupé de son milieu, Donnie va peu à peu s'identifier à ceux qu'il doit détruire.
Avis
Les oeuvres ayant pour thème la mafia sont nombreuses. Il suffit de regarder les grands classiques de Scorsese ou de Coppola sur le genre pour s'en rendre compte. Difficile de faire mieux que la saga Le parrain ou Les affranchis. Mike Newell s'essaie pourtant au genre. Avec réussite puisque d'entrée, il se démarque. Comment? En abordant la mafia via un flic infiltré. Une idée qui a du chien...
Il m'est impossible de commencer à parler vraiment du film sans aborder les deux acteurs principaux qui forment un duo remarquable. Il y a premièrement Al Pacino, habitué à ces rôles de mafieux. Il suffit de se rappeler Le parrain justement. Il est donc totalement crédible. Là où les craintes pouvaient exister, c'était bel et bien chez Johnny Depp. Mais elles sont vite effacées tant l'acteur marié à Vanessa Paradis est remarquable. L'oeuvre possède aussi des seconds couteaux efficaces avec un Michael Madsen en tête dont la carrure et la prestance étonnent toujours.
Ensuite, la psychologie de Joe Pistone (Johnny Depp) se trouve pas mal affectée par l'expérience qu'il vit. C'est aussi l'un des côtés les plus intéressants de ce film. Pistone au fur et à mesure qu'il est dans la mafia, qu'il est sensé être un mafieux, et bien il finit par le devenir. Au point même que ses collègues s'en inquiètent. L'oeuvre se base sur une histoire vraie. Le vrai agent de police vit d'ailleurs dans un lieu tenu secret, avec fausse identité vu que la mafia a un petit compte à régler.
Bref, Donnie Brasco a le mérite d'être assez intelligent. A vrai dire, on s'intéresse énormément à la vie de chacun des personnages, à la manière dont on monte "en grade" dans la grande famille qu'est celle de la mafia. Très peu de scènes d'action parsèment le film et quand elles sont présentes, le metteur en scène les réalise très bien. Newell met tout simplement bien en boîte le tout.
Donnie Brasco, le nom de Pistone pour la mafia, est un excellent film au final. Pas un chef-d'oeuvre mais il faut reconnaître qu'il possède toutes les qualités pour vous faire passer un très bon moment: un casting incroyable, une mise en scène adéquate et un scénario en béton. Il manque toutefois un petit quelque chose pour en faire une oeuvre inoubliable. Qu'importe, Newell a réussi son film, pour notre plus grand plaisir. Infiltrez donc le milieu sans remords...
Note: 4/5
15 décembre 2008
La croisière du Navigator (The Navigator)
De: Donald Crisp et Buster Keaton
Avec: Buster Keaton, Kathryn McGuire, Frederick Vroom,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1924
Synopsis
Rollo Treadway, un milliardaire oisif éconduit par sa fiancée, décide de partir en croisière. La jeune fille s'embarque sur le même paquebot, le Navigator, mais un groupe de conspirateurs détache les amarres et le laisse partir à la dérive. Les deux jeunes gens, se retrouvant seuls, devront affronter des situations auxquelles rien ne les a préparés.
Avis
De Buster Keaton, les gens retiennent facilement son chef-d'oeuvre qu'était Le mécano de la General. Néanmoins, arrêter Keaton à cela serait bien dommage. Le comique et concurrent de Chaplin à l'époque du muet a réalisé (souvent en duo) d'autres longs qui valent la peine d'être découvert.
Parmi ceux-ci, il y a La croisière du Navigator.
Annonçons-le directement, il est impossible de voir Keaton faire mieux que Le mécano de la General. Cette oeuvre-ci est tout simplement sympathique, qui à défaut de faire toujours rire, nous fera souvent sourire.
Deux gros points faibles sont à mettre en avant. Premièrement, La croisière du Navigator souffre plutôt pas mal des ravages du temps. Il a assez vieilli et les gags me semblent nettement moins réussi par rapport à l'autre film de Keaton que j'ai vu ou tout simplement par rapport à ce que Chaplin pouvait faire. Néanmoins, le comique assure toujours autant. Ses expressions demeurent remarquables. Ce qu'il y a aussi d'incroyable avec le burlesque c'est que les situations drôles s'enchaînent mais que derrière celles-ci se cachent souvent une vérité bien plus sombre, bien plus triste. Pendant soixante minutes (un peu plus même), les gags vont et viennent sans s'interrompre. Mais assez bizarrement, c'est ici qu'arrive le second défaut. A partir du moment où les cannibales arrivent, on a la fâcheuse impression que le film tire en longueur. Ce qui reste un comble pour une oeuvre qui dure à peine le tour d'une horloge.
Evidemment, le fait que le film ait mal vieilli n'impute pas vraiment Buster Keaton. Les ravages du temps sont bien pires pour d'autres oeuvres. D'autant que ses qualités sont encore fort présentes. Outre le jeu de Keaton, l'actrice qui l'accompagne excelle dans son second rôle. Des situations drôles le sont encore aujourd'hui. La scène du scaphandrier ou celle de la course-poursuite sont celles qui reviennent le plus facilement à l'esprit. Une chose bien drôle, c'est quand Rollo Treadway décide sur un coup de tête qu'il se marierait bien et qu'il achète directement les billets du voyage de noces avant même d'avoir prévenu sa compagne et de lui avoir fait sa demande. Normal dès lors de le voir extrêmement déçu lorsque celle-ci refuse.
Au final, on obtient un sympathique petit film. Dommage pour ses deux défauts car dans l'ensemble, Keaton réussit merveilleusement bien son job. De toute façon, on n'aura pas le sentiment d'avoir perdu une heure de sa vie. On appréciera... mais pas autant que Le mécano de la General.
Note: 3.5/5
12 décembre 2008
La règle du jeu
De: Jean Renoir
Avec: Marcel Dalio, Nora Gregor, Jean Renoir, Mila Parely, Julien Carette, Roland Toutain, Paulette Dubost, Gaston Modot, Richard Francoeur, Claire Gerard, Odette Talazac, Pierre Nay,...
Pays: France 
Année: 1939
Synopsis
Autour d'une chasse en Sologne organisée par Robert de la Chesnaye, sa femme Christine découvre sa liaison avec une de leurs amies. Abusée, elle se laisse courtiser par deux invités. Les masques vont tomber au cours d'un bal costumé.
Avis
Dur dur d'évoquer le cinéma français sans parler de Renoir. Quelques grands films ont marqué l'ensemble d'un cinéma hexagonal et mondial. Ses deux plus célèbres constituent La grande illusion et La règle du jeu.
Dans ce dernier, le film oscille clairement entre la démonstration de la vie d'une certaine bourgeoisie et le drame qu'elle peut engendrer. L'oeuvre de Renoir est par ailleurs prodigieuse. Chaque personne passe dans l'objectif de la caméra. Un bout de leur vie ou de leur personnalité est passée au peigne fin. Entre le pilote qui voue un amour sans fin pour Christine. Cette même Christine a épousé un baron où elle va découvrir qu'il possède une maîtresse. Sans oublier la relation ambigüe et étroite entre Christine (encore et toujours) et Octave. Ce dernier étant considéré comme une frère ou presque par la demoiselle.
L'ensemble de l'oeuvre stagne dans une sorte de tragi-comédie. On ne peut oublier ce garde-chasse dont l'épouse possède le béguin pour le dernier valet arriver. Chaque personnage possède un bon et un mauvais côté. Ils peuvent très bien nous émouvoir comme nous repousser. Pour Renoir, tout le monde peut être bon, tout le monde peut être mauvais. Tout dépend de la situation. Il n'y a pas de manichéisme pour ce film. Il en est totalement absent et personne ne s'en plaindra.
Le drame final apparaît comme un accident absurde. Celle d'une soirée où tout dégénère. Rien ne laissait présager cela quand on constate le début de cette petite fête. Les convives s'amusent, boivent, rient, etc.
Puis, tout le monde règle ses comptes. Cela va de la "simple" dispute, à un combat entre hommes à la loyale et au pire jusqu'à l'envie d'un meurtre. L'homme est bel et bien capable du meilleur comme du pire. Et on a beau être issu de la bourgeoisie, les problèmes existent et semblent parfois bien plus terribles que chez l'homme du peuple. Et même si, l'accident mortel qui se produit provient du fusil du garde-chasse, la situation ne se serait jamais dégradée si le novueau valet avait été engagé par le riche bourgeois.
Si Renoir est probablement l'un des meilleurs metteurs en scène de tout le cinéma français, il n'en demeure pas moins un très bon acteur. Son rôle ressort du lot. Son personnage est de loin le plus attachant. Les autres rôles sont tous aussi bons. Mais je me suis fait la réflexion en regardant La règle du jeu que Renoir possédait un côté de grand-père attachant. Celui d'une personne avec qui il était agréable de travailler. Allez savoir pourquoi...
Toujours est-il que la renommée de cette oeuvre est totalement justifiée. Elle ne vieillit absolument pas avec le temps. Jean Renoir signe bel et bien un grand film. La règle du jeu est parfaitement respectée, à savoir de nous offrir un chef-d'oeuvre...
Note: 5/5
08 décembre 2008
Le journal d'une femme de chambre
De: Luis Bunuel
Avec: Jeanne Moreau, Georges Géret, Daniel Ivernel, Françoise Lugagne, Muni, Jean Dezenne, Michel Piccoli, Claude Jaeger, Françoise Bertin, Andrée Tainsy, Jean-Claude Carrière,...
Pays: France, Italie

Année: 1964
Synopsis
Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun.
Avis
Luis Bunuel est un cinéaste totalement inconnu pour moi. Je découvre ainsi ce metteur en scène avec Le journal d'une femme de chambre, grâce à l'action du quotidien Le Soir en partenariat avec Les cahiers du cinéma, de proposer un livre avec un DVD du cinéaste évoqué. Bilan final pour Bunuel: avis mitigé...
Commençons par les points positifs. Tout d'abord, la mise en scène du réalisateur espagnol est tout bonnement remarquable. Tout est précis, bien cadré. Honnêtement, la première scène qui est un travelling horizontal à partir d'un train me laissait à penser du meilleur. Malheureusement, l'oeuvre ne suit pas de la même manière sur tous les plans. J'y reviendrai. Mais d'un point de vue de la mise en scène, c'est du très haut niveau. Pour cela, la réputation de Bunuel n'est pas du tout usurpée.
Ensuite, je dirais que les acteurs sont très bons aussi. Jeanne Moreau en tête évidemment. Bien qu'au début, je pensais qu'elle allait m'agacer à force de répéter "Bien Madame". Elle le disait d'une manière tellement arrogante que ça pouvait en devenir insupportable. Les seconds rôles sont très bons aussi. Voilà les gros points positifs qui font en sorte que je ne descends pas ce film.
Parce qu'autant les acteurs sont bons et jouent très bien leur rôle, autant je ne parviens pas à accrocher à un seul des personnages. Ils possèdent tous des problèmes qui les rendent, à mes yeux, totalement antipathiques. Le vieux de la maison possède des lubies totalement étranges. Il décède rapidement dans le film, ce qui est dommage car cétait peut-être le seul qui parvenait à me faire sourire. Célestine (Jeanne Moreau) est arrogante. L'homme à tout faire est un pédophile et un extrémiste. La fille du vieillard est chrétienne au point d'en devenir presque sectaire. Le mari de la fille est un coureur de jupons et va finir violeur. Le voisin est relativement sympathique mais possède aussi quelques défauts. Bref, Bunuel critique clairement le monde de la bourgeoisie. Mais il semble aussi avoir un avis négatif sur le monde qui entoure celui de cette bourgeoisie. Si j'étais membre de cette classe et que je voyais ce film, je crois qu'il me viendrait à l'esprit des envies de meurtre de Bunuel. Si, certes, ils ne sont pas tous corrects, je doute quand même qu'ils soient tous comme le metteur en scène espagnol le décrit. Pour moi, ce sont deux gros problèmes qui rendent le film très médiocre. Un problème évident dans le message que délivre Bunuel à travers son scénario. Et un autre pour s'attacher aux personnages. Les deux ensemble provoque un ennui et une antipathie qui n'est pas négligeable.
Bref, ce film est passable. Il est sûr aussi que certains apprécieront. Bunuel démontre par ailleurs des qualités techniques impressionnantes. Ce qui me donne envie de découvrir autre chose de ce metteur en scène. Toutefois, j'espère que ses autres films ne délivrent pas ce même genre de message. Sinon, je risque bien d'être définitivement déçu de la réputation donnée à Bunuel et à son cinéma...
Note: 2.5/5
05 décembre 2008
Eyes wide shut
De: Stanley Kubrick
Avec: Tom Cruise, Nicole Kidman, Sidney Pollack, Marie Richardson, Rade Sherbedgia, Todd Field, Vinessa Shaw, Leelee Sobieski, Sky Dumont, Alan Cumming, Thomas Gibson,...
Pays: Grande-Bretagne 
Année: 1998
Synopsis
William Harford et sa femme Alice mènent la vie banale d'un jeune couple new-yorkais... Aussi, lorsque Alice révèle à son mari ses fantasmes adultères, William, dévoré par cette troublante confession, cède à la jalousie et au jeu de la tentation. Il entame alors un périple nocturne où ses obsessions le mènent en des lieux étranges et mystérieux...
Avis
Dernier film du grand maître qu'était Stanley Kubrick. Malheureusement pour lui, il ne verra jamais la sortie en salles de son oeuvre. Il décèdera après avoir réalisé le premier montage.
Eyes wide shut est donc posthume.
Néanmoins, le dernier film de Kubrick est remarquable. Comme l'ensemble de sa carrière d'ailleurs. En s'intéressant ainsi à la vie du couple, à l'adultère, à la passion, au sexe, le metteur en scène britannique dépeint de manière sulfureuse la vie de ce qui pourraît être un relation conjugale comme les autres. Néanmoins, la tentation se fait très forte pour les deux parties.
Il faut bien reconnaître que la première moitié du film voire même les deux tiers sont incroyables. La réaction qui nous vient directement à l'esprit est de celle qu'on va réassister à un nouveau chef-d'oeuvre de la part de ce réalisateur. Pourtant, la déception est présente lors du générique final. Non pas à cause de la fin qui est elle-même remarquable. Mais elle se manifeste à partir du moment où William (Tom Cruise) enquête pour savoir ce qu'est devenu cette femme ou ce qui se cache derrière la secte. On regrette de tomber dans une certaine banalité. L'ennui pointe parfois le bout de son nez. Ah ben zut, pourquoi avoir fait cela Stanley? Etait-ce bien nécessaire de consacrer entre trente et quarante-cinq minutes de ce film à une enquête qui mènera à rien ou presque? N'aurait-il pas pu la raccourcir?
Néanmoins, n'allez pas croire qu'il s'agit d'un mauvais film. Loin de là d'ailleurs. Tout commence avec une danse à une fête. Alice (Nicole Kidman) se fait courtisée. Dès le début, la relation qu'elle établit avec son partenaire qui n'est pas son mari demeure ambigüe. Hésitante au début, elle finit par refuser. C'est dès le départ aussi que Kubrick instaure un univers très particulier. Le sexe n'est jamais loin. Il est présent partout et toujours d'une manière qui n'est pas celle à laquelle on réfléchirait pour un couple. Il est présent sous des formes bien différentes. Adultère, maîtresses, prostitution, sexe avec mineures, tout y passe... Le summum est atteint lors de l'orgie sexuelle. L'atmosphère générale est aussi étrange. Encore une fois, il faut y voir la grande méthodique qu'use Kubrick à travers sa mise en scène, la musique mais aussi des jeux de couleur. Le pourpre est souvent présent. Cette couleur n'est autre que celle associée au sexe. Le tournage fut d'ailleurs long. Il a duré 19 mois. Sa sortie en salles fut longtemps repoussée puisqu'elle était à la base prévue pour 1997. Autre précision, l'oeuvre est issue d'un livre de Schnitzler.
Une chose qui est étonnante, c'est bel et bien le couple Kidman - Cruise. A l'époque, ils étaient encore ensemble dans la vie. Leur complicité dans la vie de tous les jours transparaît ici à l'écran. Jamais un couple ne nous avait paru de cette manière aussi vrai. On retrouve aussi Sidney Pollack. Un habitué des plateaux de cinéma mais plus connu pour être derrière une caméra (du moins à mes yeux).
Ca ne fait aucun doute, Eyes wide shut est un grand film. Pas un chef-d'oeuvre mais un grand film. Une révérence réussie pour ce cinéaste qui au long de quatre décennies a réussi à faire passer de l'émotion, à évoquer des thèmes de manière intelligente et qui a surtout fait de nombreux adeptes au cinéma... Merci Monsieur.
Note: 4/5
02 décembre 2008
Le miroir (Zerkalo)
De: Andreï Tarkovski
Avec: Margarita Térékohva, Anatoli Solonitsyne, Nikolaï Grinko, Oleg Yankovsky, Alla Demidova, I. Daniltsev, Larisa Tarkovskaia,...
Pays: Ex-URSS ![]()
Année: 1974
Synopsis
Arrivé à la moitié de sa vie, un homme malade se penche sur son passé. C'est son enfance tout d'abord qui lui revient avec la vision de sa mère attendant le retour improbable de son mari, puis le souvenir de sa femme dont il s'est séparé le hante. Passé et présent se mélangent dans l'esprit d'un homme qui cherchait seulement à être heureux.
Avis
Le Miroir est probablement le film le plus personnel d'Andreï Tarkovski puisqu'il revient sur sa relation avec son père, son enfance et sur ses oeuvres précédentes. Ce film n'est autre qu'une autobiographie.
Il demeure néanmoins assez difficile d'accès. Le metteur en scène russe multiplie certaines références. Il parle de son passé. On va vite signaler que le cinéaste se complaît quelque peu dans la suffisance. Après tout, beaucoup de grands metteurs en scène possèdent un égo démesuré. On retrouve dans Le miroir, l'affiche de Andreï Roublev. Il faut aussi signaler l'incroyable plan-séquence dans lequel apparaît cette référence au second film de Tarkovski. La caméra se ballade dans une maison et y explore les différentes pièces. Ou d'une certaine manière, Tarkovski qui se remémore ses souvenirs. On entre de plein pied dans l'âme humaine. A noter aussi que la maison est celle de l'enfance de Tarkovski. Elle fut reconstruite exprès pour ce film. Les rêves d'enfance ou tout simplement les enfants chez le metteur en scène russe me rappelle, allez savoir pourquoi, son premier long-métrage qu'était L'enfance d'Ivan.
Le récit est construit de manière décomposée. Quand se déroule le présent, le passé ou le futur? On suit un homme, qui se rappelle sur son lit de mort ses souvenirs. La dernière chose qui le rattache à la vie avec ce moineau qu'il tient en main et qu'il ne lâchera qu'une fois mort. Doit-on y voir le symbole d'une âme emprisonnée dans un corps et qui s'élève ainsi vers le ciel une fois passé de vie à trépas? L'âme qui possèderait alors d'une totale liberté sans être attachée par une enveloppe charnelle.
Le téléspectateur est encore une fois plongé avec ce metteur en scène dans un monde onirique. Difficile de percevoir la réalité, l'instant présent du rêve. Toujours est-il que ce personnage, qu'on ne voit presque jamais est l'élément central du film. On le voit enfant. On voit ensuite son fils. On voit sa mère. On voit par après sa femme. L'absence du père se remarque dans les deux cas. Le complexe d'Oedipe semble aussi assez proche. Dans la plupart des relations on est confronté à celle d'une femme avec un enfant masculin. Il suffit aussi de se rappeler la scène du début. Un poste de télévision qui s'allume et un garçon qui souffre d'un problème de bégaiement. Une femme médecin va discuter avec lui. Elle va lui parler de ses souvenirs et l'enfant va réussir à parler beaucoup mieux. Une autre fenêtre sur l'âme du metteur en scène russe. Cette oeuvre, il s'en sert comme exutoire de tous ces moments critiques, difficiles peut-être tragique qu'il a pu connaître.
On revient un moment sur l'absence du père. Elle fut très forte chez Tarkovski. Son paternel n'est autre qu'un grand poète russe. Il possède ici un rôle même s'il n'apparaît pas une seule fois à l'écran. Les poèmes du film sont lus par Arsène Tarkovski. Ils sont également de sa composition.
L'un des grands atout de cette oeuvre, c'est que le téléspectateur peut s'immerger dans l'histoire. Les personnages, même s'ils possèdent une place importante dans le coeur de Tarkovski peuvent plus facilement être remplacé par des gens de nos propres visions. On peut s'identifier, me semble-t-il, à certains souvenirs. Le miroir nous le regardons. Et c'est nous que nous voyons dans celui-ci. Pas mal de personnages dans le film se regardent d'ailleurs dans un miroir.
Tarkovski signe un chef-d'oeuvre remarquable entre virtuosité technique (variation entre longs plans-séquences et plans fixes) et un voyage complet dans les profondeurs de l'âme. Certes, sa lenteur peut vite se transformer en ennui chez certains voire beaucoup. Mais tout de même, quand on apprécie, on reste muet tant c'est remarquable. Il semble aussi que le metteur en scène russe soit visionnaire puisque cet homme sur ce lit de mort, c'est lui. Il a une voix qui n'est pas celle d'un vieux en fin de vie naturelle. Tarkovski décèdera assez jeune d'un cancer des poumons...
Qu'importe, ses oeuvres ont marqué le cinéma...
Note: 5/5