cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

28 février 2009

Tigerland

tigerlandDe: Joel Schumacher

Avec: Colin Farrell, Matthew Davis, Clifton Collins Jr., Tom Guiry, Shea Whigham, Russell Richardson, Nick Searcy, Afemo Omilami, James McDonald, Keith Ewell, Matt Gerald, Stephen Fulton, Tyler Cravens, Michael Edmiston,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2000

Synopsis

En 1971, à Port Folk, dans un camp d'entraînement de la Louisiane profonde, les futurs soldats s'entraînent avant leur départ au combat sur le sol vietnamien. A cet endroit, les nouvelles recrues doivent oublier leur humanité et leurs émotions pour se préparer à affronter les pires atrocités. Le deuxième classe Jim Paxton est un idéaliste qui rêve de devenir écrivain, Miter veut prouver qu'il est un homme, tandis que Wilson affiche un enthousiasme certain à l'idée de monter à l'assaut. Mais l'arrivée d'un jeune Texan se prénommant Roland Bozz va bousculer les habitudes de la Compagnie.

Avis

Je dois bien avouer que Joel Schumacher, j'ai tellement entendu de mauvais échos que j'ai finir par bien trier ses films. Au final, il n'en restait plus que deux. Il y avait Phone Game, vu et "critiqué" il y a une grosse année, que vous pouvez retrouver via l'index et Tigerland. Le premier je l'avais découvert grâce à des avis de connaissances cinéphiles. Le second grâce à un passage à la télévision il y a quelques années. L'envie de le revoir s'est faite ressentir car je me souviens avoir apprécié lors de cette vision télévisée. Le passage par le DVD était donc obligatoire et je suis content de l'avoir revu.
Pour plusieurs raisons: parce que la Guerre du Vietnam est probablement l'un des guerres qui m'intéresse le plus avec les deux guerres mondiales. Ensuite, parce que je me souviens avoir vu des acteurs franchement pas mauvais du tout. Et enfin, parce que ce film m'avait rappelé Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.
Ces trois points ont été à nouveau présent. Primo, la guerre du Vietnam n'est jamais montrée mais on en sent quand même les conséquences sur certaines recrues avant même qu'elles ne partent au front. Ensuite, je confirme que les acteurs sont à mes yeux très bons. Je pense même qu'il s'agisse du meilleur rôle de Colin Farrell (même si je ne suis pas trop fan de cet acteur et que je n'ai évidemment pas vu toute sa filmographie) avec celui qu'il tenait dans Le nouveau monde de Terrence Malick. Les seconds rôles sont pour la plupart des inconnus mais sont également bons. Et évidemment l'histoire se déroulant totalement dans le camp d'entraînement ne peut que rappeler l'oeuvre de Kubrick.
J'ajouterai également deux ou trois petites choses qui m'ont énormément plu. Il y a d'abord la photographie utilisée. Elle est magnifique et a un grain volontairement vieilli qui rappelle non pas les films d'époque mais les documentaires tournés pendant cette guerre. Franchement, je crois même que c'est la plus grosse réussite de ce film. Avec la musique... La composition est signée Nathan Larson. Elle est honnêtement sublime. Et enfin, je dirais qu'il y a ces dix dernières minutes, assez fortes en émotion où Bozz part à la guerre. La fin est réussie, laissant planer le doute. J'ai beaucoup apprécié vraiment.
Dommage qu'il manque un petit quelque chose pour faire de ce film un chef-d'oeuvre. Il comporte peut-être aussi quelques longueurs qui amenuisent sa qualité. Mais en soi, il s'agit de mon film préféré de Joel Schumacher. Ce n'est déjà pas mal...

Note: 4/5

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25 février 2009

Un duplex pour 3 (Duplex)

duplex_troisDe: Danny DeVito

Avec: Ben Stiller, Drew Barrymore, Eileen Essell, Justin Theroux, Harvey Fierstein, James Remar, Swoosie Kurtz, Wallace Shawn, Maya Rudolph, Amber Valletta,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2002

Synopsis

Jeunes mariés, Alex et Nancy trouvent enfin la maison de leur rêve: un superbe duplex en plein coeur de Brooklyn. Mais ce nouveau nid d'amour abrite, au deuxième étage, une locataire qui fait partie des meubles: l'indélogeable madame Connelly. Son âge avancé et son apparente mauvaise santé laissent espérer à Alex et Nancy que la présence gênante de cette vieille dame ne durera qu'un temps. Hélas pour eux, madame Connelly est moins accommodante et fragile qu'escompté et ses continuelles exigences finissent par leur pourrir la vie...

Avis

Le hasard a voulu qu'après les films d'Anders Thomas Jensen, je me plonge sur un oeuvre assez récente de Danny DeVito et pourtant relativement méconnue. Il faut dire que Un duplex pour trois n'a pas eu un buzz énorme et les critiques ont loin d'avoir été dythirambiques pour ce film. Pourtant, l'oeuvre se laisse regarder et fait d'ailleurs penser à un film bien plus célèbre de DeVito: La guerre des Rose. Pourtant, comparé au dernier cité, j'ai préféré celui-ci. Oh il est inutile de chercher trop loin les raisons de cette préférence. Premièrement, dans la guerre des Rose, il y a un acteur que je déteste par dessus tout: Michael Douglas. Allez savoir pourquoi, c'est viscéral. Il n'y a que dans un seul film où il ne m'a pas insupporté, c'est Basic Instinct (mais il y avait probablement d'autres raisons comme Sharon Stone par exemple et le fait que ce soit Verhoeven derrière la caméra. Cinéaste dont je recommande vivement la période hollandaise, vu que Basic Instinct est tiré d'un de ses films hollandais: Le quatrième homme). Ensuite, j'aime assez bien Ben Stiller. Comique ou comédien que j'apprécie, ce qui est rare chez les Américains où seul Jim Carrey parvient à me faire rire (et encore quand il n'exagère pas de trop sur la grimace et, de plus, je le préfère dans des rôles sérieux et émouvant où il démontre l'étendue de son talent). Par ailleurs, je me souviens plus facilement des gags ou des situations cocasses de ce film plutôt que de celui mettant en scène Douglas. Je retiens aisément le moment où la petite grand-mère se met à danser sur Riverdance ou qu'elle se mette à claper des mains pour faire aller la TV (voir la scène en entier pour vraiment comprendre à quoi je fais allusion).
On est toujours dans un registre de comédie assez noire. Il y a ce couple qui n'en peut plus de cette vieille qui fait tout pour les rendre dingue. Ils décident de vouloir un moment donné la tuer. Et puis il y a cette chute réussie bien qu'elle ne soit pas totalement imprévisible. J'ai beaucoup aimé le duo formé par Stiller et Barrymore. Même s'ils ne figurent pas comme étant mes acteurs favoris. Je les trouve tout simplement assez bons que pour jouer dans des films, mais ici, il y a une sorte de charme et de complicité qui fonctionne plutôt bien à l'écran.
Bref, sans être un chef-d'oeuvre de comédie, ce film est bon. Je l'ai depuis quelques années en DVD et je dois l'avoir regardé trois ou quatre fois. Preuve qu'il résiste assez bien au temps, pour moi du moins. Ceux qui n'aiment pas Stiller peuvent passer leur chemin, bien que cette comédie soit d'un tout autre type que de lui ce qu'il fait. Les autres peuvent tenter l'expérience.

Note: 3.5/5

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22 février 2009

Adam's Apples (Adams aebler)

adam_s_applesDe: Anders Thomas Jensen

Avec: Ulrich Thomsen, Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Ole Thestrup, Ali Kazim, Paprika Steen, Nicolas Bro, Tomas Villum Jensen, Gird Lofqvist, Lars Ranthe, Peter Reichhardt,...

Pays: Allemagne, Danemark

Année: 2004

Synopsis

Avec ses rangers, son crâne rasé et sa croix celtique tatouée sur le biceps, Adam affiche clairement ses sympathies. De son côté, Ivan, visage ouvert, chaussettes dans les sandales et col blanc de rigueur, accueille Adam dans sa paroisse. Convaincu de la bonté fondamentale de l'homme, ce pasteur se voue tout entier et tout sourire à sa mission: accueillir d'anciens taulards et oeuvrer à leur réhabilitation.

Avis

Dernier long-métrage (du moins à l'heure actuelle) du cinéaste danois, Anders Thomas Jensen. J'espère vite le revoir d'ailleurs et ne pas à avoir à attendre trop longtemps avant de voir mon premier long de ce cinéaste en salles.
Encore une fois, Jensen nous revient avec des personnages totalement décalés, des histoires totalement bizarre et une nouvelle fois, le tout est fait en finesse avec un scénario aussi profond que les deux précédentes oeuvres. Cette fois-ci on a un nazi qui débarque chez un prêtre dans le but d'une réhabilitation du premier par le second et comme pour réaliser une sorte de travaux d'intérêt général. Cependant, les personnalités totalement différentes des deux personnes vont nous permettre d'avoir affaire à des situations plus que cocasses. D'ailleurs, si j'aime le décalé et l'humour noir, j'avoue que même pour moi, Jensen est allé un peu trop loin. Surtout au niveau du personnage du prêtre. En gros, c'est le gars à qui toutes les pires crasses du monde lui sont arrivées: mort de la mère lors de l'accouchement, père qui le viole, enfant trisomique, femme qui se suicide,... Sans oublier que le prêtre est atteint d'une tumeur au cerveau jugée irrécupérable. Cependant, il voit et vit la vie comme étant un cadeau fait par Dieu. Cette personne est d'un optimisme incroyable. Le but du nazi: tuer sa bonté, sa bonne foi, son bonheur pour tout simplement faire en sorte que le gars meurt. Le fil conducteur du film est lancé. Et puis, évidemment, il y a encore une fin totalement décalée. C'est là que ça m'a un peu dérangé parce que je trouve cela un peu trop gros. Je n'ai plus fonctionné mais uniquement lors d'une séquence de deux minutes. Oh attention, cela ne transforme pas ce film en une bouse indéfinissable. Bien au contraire, ça reste toujours un très grand film.
Je dois bien avouer que l'avantage avec Jensen, c'est qu'il s'entoure des mêmes acteurs. On a l'impression de voir une sorte de famille. Chacun des acteurs et des membres de l'équipe qui ont l'habitude de tourner ensemble savent comment fonctionne Jensen. Il y a d'ailleurs une interview dans un des films, pour Les bouchers verts il me semble, où on dit que les petits nouveaux se demandent vraiment où ils ont débarqué... L'origine du titre de ce film vient du fait que lors de son arrivée, le prêtre interroge le nazi sur son but ou sur ce qu'il voudrait bien faire ici. Adam lui répond qu'il aimerait faire une tarte au pomme... C'est ainsi que Ivan va lui confier la mission de surveiller le pommier du jardin... On y voit et pour la première fois, de fortes connotations religieuses dans l'oeuvre de Jensen. C'est un peu normal vu le sujet me direz-vous mais c'est clairement la place de la religion qui est intégrée ici par le cinéaste danois. Ca lui permet ainsi de faire du neuf sur le fond là où il se sert toujours de la même forme.
Jensen est à coup sûr un grand cinéaste.

Note: 4/5

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19 février 2009

Les bouchers verts (De Gronne slagtere)

les_bouchers_vertsDe: Anders Thomas Jensen

Avec: Nikolaj Lie Kaas, Mads Mikkelsen, Line Kruse, Ole Thestrup, Bodil Jorgensen, Nicolas Bro, Aksel Erhardtsen, Lily Weiding,...

Pays: Danemark

Année: 2003

Synopsis

Deux amis, l'ambitieux Svend et Bjarne le rêveur, décident de monter leur propre boucherie afin d'échapper à un patron étouffant. La clientèle se fait rare jusqu'à ce que leur ancien employeur les mette à l'épreuve en leur offrant d'organiser le dîner du Rotary Club. La chance tourne à la suite d'un malencontreux accident qui permettra à Svend d'offrir, une recette "sauce maison", une viande à la saveur très originale mais à l'approvisionnement plus que délicat...

Avis

Ayant beaucoup aimé le premier film de Jensen comme vous avez pu le constater précédemment, je me réjouissais de voir le second opus du metteur en scène danois.
Vous avez constaté comme la viande chez les petits bouchers de quartier semblait toujours meilleure que celle qu'on vous sert sympathiquement dans les grandes surfaces quand elles ne sont pas dans une majorité écrasante des cas pré-emballées et que vous n'avez plus à vous servir?
Il y a sûrement un petit quelque chose qui fait toute la différence. Oh dans le cas de nos amis Svend et Bjarne, ce n'est certainement pas le talent. Ils sont même traités de bon à rien par leur ancien patron, quand ils travaillaient comme apprentis. Ce n'est pas non plus le fait de choisir une viande chez un producteur de qualité. Disons que cette viande est spéciale. Une saveur particulière. On peut le dire, Svend a trouvé le filon rare en servant cet électricien à ses clients après l'avoir enfermé par mégarde dans le frigo. Disons qu'un accident arrive, on veut éviter les ennuis de la police et on pense être débarrassé du problème. Le hic, parce qu'il y en a toujours un, c'est que les clients en redemandent. Pas question pour Bjarne de rentrer dans le jeu. Mais Svend lui est un peu plus faible. Il craque et tue cette fois-ci volontairement des gens.
Encore une fois, avec Jensen on est en plein dans de l'humour noir avec des personnages extrêmement décalés. Mais encore une fois, le cinéaste parvient à les rendre extrêmement touchants. Surtout Bjarne, joué par Nikolaj Lie Kaas. C'est récurrent chez Jensen, il y a toujours quelque chose dans l'histoire des personnages qui les rendent à part. J'avoue que j'ai beaucoup été touché par le rôle de Kaas. De tous les rôles créés par Jensen, c'est celui dans lequel je me reconnais le plus. Non pas que j'ai vécu un événement aussi douloureux que Kaas mais son côté rêveur, renfermé sur lui-même me correspond assez. De plus, Jensen parvient à me toucher grâce à l'humour noir, lui aussi récurrent. Je l'ai déjà dit, c'est un humour que je pratique beaucoup tout donc forcément, ça ne peut pas rester sans effet avec moi. D'autant plus que la mise en scène est également très assurée. Je le confirme, il y a de très beaux plans. Notamment le plan final qui est à l'image même du personnage de Bjarne, je trouve.
Et puis, il y a aussi une chute finale totalement remarquable. Elle vient tellement en douceur et elle se fait d'une manière presque naturelle, qu'on finit par ne pas s'en rendre compte. Ca rend le film encore plus décalé quand on y repense d'ailleurs.
J'aime beaucoup Jensen et je pense qu'on peut en faire le chef de file de la nouvelle génération du cinéma danois. Il y a derrière chacun de ses films des grands thèmes qu'il explore de manière intelligente. Et souvent de manière décalée pour ne pas rendre le propos lourd. A tous ceux qui n'ont pas encore découvert le cinéaste, je leur prie de s'y intéresser. Au moins à celui-ci, qui est à mes yeux le plus grand film de Jensen, un réalisateur qui me tient désormais à coeur...

Note: 5/5

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16 février 2009

Flickering Lights (Blinkende lygter)

flickering_lightsDe: Anders Thomas Jensen

Avec: Soren Pilmark, Ulrich Thomsen, Ibene Hjeile, Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Sofie Grabol, Frits Helmuth, Ole Thestrup, Peter Andersson, Niels Anders Thorn,...

Pays: Danemark

Année: 2000

Synopsis

Quatre copains, escrocs minables, se mettent en tête d'ouvrir une auberge. Seul problème: aucun ne sait cuisiner...

Avis

Je dois bien avouer que le cinéma danois et moi, on n'était pas très copains. Il faut dire que je n'avais vu que du von Trier. Et pas forcément les meilleurs: Les idiots qui doit être l'une des pires choses que j'ai vu dans l'histoire du cinéma et puis il y avait Dancer in the dark, film possédant quelques qualités mais qui m'avait royalement fait ch...
Et puis il y a eu l'illumination. Celle d'un petit gars, jeune espoir du cinéma nordique. J'ai nommé Anders Thomas Jensen.
J'aime beaucoup le cinéma de Tarantino. Vous allez me dire c'est bien mais pourquoi nous parler de lui quand on a affaire à un cinéaste danois? Oh tout simplement parce que son premier film est comparé à ce que fait Tarantino. Bon, là, je vous dis tout de même que c'est pas mal exagéré. Il y a quelques points de ressemblance mais bon, c'est tout. Jensen se démarque totalement de quelconques influences.
L'avantage avec ce cinéaste, c'est que j'aime beaucoup les films qui détendent mais qui sont intelligents. Avec Flickering lights, on est en plein dedans.
Premièrement, je dois avouer que je suis fan d'humour noir. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je le pratique pas mal et que je suis même assez trash par moment. Je pars du principe qu'on peut rire de tout ou presque. Mais pas avec tout le monde. Merci Monsieur Desproges. Ici, c'est le cas, il y a des situations que je trouve vraiment tordantes. Il y a le fêlé avec ses armes à feu qui butent sans raisons des vaches ou un écureuil. Ou encore le chef de la petite bande qui met un sacré coup de poing à la nana d'un de ses compagnons parce qu'elle l'emmerdait. Bref, tous des petits trucs qui me font rire mais qui ne toucheront évidemment pas tout le monde.
Ici, on est clairement dans du divertissement. Tout est décalé. Les personnages possèdent chacun des caractéristiques qui les mettent un peu en marge de la société. Il y a le chef de la bande qui rêve de posséder un truc à lui. Pour lui tout seul. C'est ainsi qu'avec l'argent volé il décide d'acheter une auberge délabrée pour la retaper. Il y a ensuite ce gars fan d'armes à feu et qui ne se balade qu'avec ça. Puis il y l'autre homme qui est accro à la drogue et à l'alcool. Enfin, terminons par celui qui ne peut s'empêcher de manger. Imaginez donc tout ce petit monde réuni, ce que ça peut faire comme dégâts ou comme drôles de situations. Honnêtement, ce film est très bon, uniquement pour cela. Ensuite, Jensen ne se contente pas de montrer comment ils sont mais via des petits flash-backs, assez amusants ou émouvants, il montre le pourquoi. Et là on se rend compte que le bonhomme vient à critiquer l'univers familial tel qu'il est et peu importe les milieux sociaux. Tout connaissent des problèmes avec leur famille et peu importe la richesse ou l'éducation de la personne. La famille parfaite n'existe pas. Comme nous, nous connaissons tous nos petites tracasseries.
Il manque toutefois un petit quelque chose pour signer d'entrée un chef-d'oeuvre à Jensen. Qu'importe l'oeuvre est réussie et sur tous les genres. Jensen m'a réconcilié avec le cinéma danois, j'espère qu'il le confirmera. Réponse lors du prochain article...

Note: 4/5


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13 février 2009

La haine

la_haineDe: Mathieu Kassovitz

Avec: Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Karim Belkhadra, François Levantal, Edouard Montoute, Benoît Magimel, Vincent Lindon, Karin Viard, Julie Mauduech, Christophe Rossignon, Peter Kassovitz, Mathieu Kassovitz, Marc Duret, Philippe Nahon,...

Pays: France 

Année: 1995

Synopsis

Après une bavure policière, une nuit d'émeutes éclate entre les jeunes de la cité des Muguets et la police. Parmi ces jeunes aveuglés par la haine, 3 amis vont vivre la journée la plus importante de leur vie. Aujourd'hui, ils ne sont plus 3... Ils sont 4 avec le Smith & Wesson 44 chromé qu'un des policiers a égaré pendant les émeutes.

Avis

"C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de cinquante étages. Le mec au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer: jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien... Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage." Cette petite phrase, je dois l'avoir entendu des dizaines de fois dans ma vie. Symbole aussi d'une génération de jeunes, La haine de Matthieu Kassovitz est devenu le film culte de beaucoup de jeunes. L'oeuvre a également divisé énormément les cinéphiles.
A titre personnel, j'ai adoré ce film. Premièrement, j'ai aimé le côté assez théâtral de l'oeuvre. On a une unité de temps qui est de 24h, on suit trois personnages uniquement de manière quasiment égale (avec peut-être un avantage pour Vinz vu que c'est lui qui récupère l'arme). De plus, on a une unité de lieu qui est la cité des Muguets et Paris d'une manière beaucoup plus générale. Bref, sur la forme je trouve l'idée pas mal réalisée. D'autant que le fond suit. Pour moi, on est vraiment dans la banlieue, avec des personnages parfois caricaturaux mais qui permettent d'apporter un certain humour au film. Je trouve Saïd ainsi très marrant par rapport à certaines de ses expressions ou de sa gestuelle. Il y a aussi ce moment où Vinz rêve et où on le voit danser. Il y a aussi cette scène culte de Vinz imitant Robert De Niro devant son miroir. Renvoi direct d'un jeune imitant un homme tout aussi perdu que lui. Les gars des cités n'ont pas d'avenir.
Il y a également une critique d'une société qui a tendance à exclure ces gens. Une critique aussi envers les préjugés que l'on possède. Il y a par exemple cette journaliste qui vient interroger les trois amis, qui n'ose pas descendre de la voiture et qui les associe directement aux émeutiers (hors il n'y a que Vinz qui y a participé). D'ailleurs, Vinz est vivement critiqué par Saïd et Hubert. Saïd lui joue le casseur mais n'en est pas un. Son plus grand crime est de s'inventer des histoires et de fumer de temps en temps. Hubert rêve d'une autre vie, de pouvoir quitter la cité. Des trois, il est le plus posé. Vinz quant à lui rêve de venger Abdel, le gamin victime de la bavure policière.
Si bien sûr, on suit le quotidien presque misérable des trois gars, on y constate aussi tout ce qui fait le côté négatif comme tous les petits trafics qu'il y a l'intérieur des cités. Certes, il y a cette volonté de nous montrer que dans la cité, ce sont des gens qui sont obligés de vivre comme ils peuvent mais Kassovitz a le bon goût de ne pas montrer que le bon côté. Il montre la cité telle qu'elle est et telle qu'elle doit exister à l'heure actuelle. J'ai trouvé cela fort louable surtout qu'il évite de tomber dans des préjugés ou dans le patho. Il y a un regard distancié que j'ai trouvé présent grâce aux personnages qui sont volontairement caricaturaux par moment ou à certaines situations (le coup de la vache dans la cité). Allez savoir pourquoi, j'ai l'impression d'avoir reconnu certaines de mes connaissances dans les personnages ou dans leur façon de vivre.
Je ne sais pas non plus comment l'expliquer mais j'ai trouvé ce film par moment doté d'une certaine poésie. Peut-être à cause de certaines scènes. Je me rappelle de ce black en train de danser du breakdance sur de la musique. Une sirène de police arrive, tout le monde se barre et on voit juste ce gars en train de danser sur la tête avec en arrière-fond le bruit de la sirène. Métaphore probable du gyrophare.
Et puis il y a cette fin tragique, qui me rappelle encore plus le domaine du théâtre. Cette nouvelle bavure policière qui vient rajouter une couche. Cette fin au fond pessimiste puisque Hubert, Saïd et les autres ne sortiront probablement jamais de la vie qui est la leur au moment où Vinz avait choisit le chemin de la rédemption. "C'est l'histoire d'une société qui tombe et qui au fur et à mesure de sa chute se répête sans cesse: jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien. L'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage..."

Note: 5/5

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10 février 2009

Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan)

saving_private_ryanDe: Steven Spielberg

Avec: Tom Hanks, Edward Burns, Matt Damon, Tom Sizemore, Barry Pepper, Adam Goldberg, Vin Diesel, Giovani Ribisi, Jeremy Davies, Ted Danson, Paul Giamatti, Dennis Farina,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1998

Synopsis

Après le débarquement à Omaha Beach, le capitaine John Miller doit emmener une poignée d'hommes derrière les lignes ennemies afin de sauver le soldat James Ryan, dont les trois frères ont été tués au combat.

Avis

Je vais pas me cacher derrière de futiles mensonges ou tout simplement tenter d'esquiver quoi que ce soit mais Steven Spielberg fait partie de mes cinéastes favoris. Oh bien sûr, sa carrière est entachée de films moyens voire tout simplement ratés. Mais comment ne pas prendre en compte le travail de ce faiseur de rêves. Qui n'a jamais ressenti de l'émotion devant l'une de ses oeuvres? Comment oublier le premier véritable blockbuster qu'était Les dents de la mer? Comment oublier son parc à dinosaures, Jurassic Park? Comment oublier l'émotion ressentie devant des films comme E.T. l'extraterrestre, où j'avoue toujours verser une larme sur la fin, ou pour La liste de Schindler?
Je ne vais pas m'étendre de trop sur Il faut sauver le soldat Ryan. Parce que je crois que j'aurai énormément de mal à être subjectif. Je me souviens encore de la première fois que je l'ai vu. Je devais avoir douze ou treize ans. Je me rappellerai toujours la façon dont le film m'a pris aux tripes. Cette violence qui vous prends à la gorge. Jeunes comme vieux. Je me souviens avoir vu cette oeuvre grâce à mes grands-parents qui m'avaient refilé à l'époque leur bonne vieille VHS. La scène du débarquement est probablement l'une de celles qui m'a le plus marqué dans toute l'histoire du cinéma. On est bien loin de ces soldats qui tombent de manière académique et héroïque dans Le jour le plus long. Non, l'horreur de la guerre rattrape le specateur. Dont moi, alors jeune ado... Encore aujourd'hui, cette même scène me prend toujours aux tripes. Je revois souvent ces soldats vomissant dans les barges de débarquement, ce gars dont les viscères pendouillent et qui hurle après sa mère, de ces quelques bougres prenant feu ou de ce type cherchant après son bras. A Omaha, environ 2500 américains meurent. C'est le jour le plus sanglant de l'histoire de l'Amérique depuis une bataille de la guerre de Sécession.
Ce qui me fait enrager, c'est qu'on reproche à Spielberg de faire un film patriotique. J'ai envie de répondre à ces gens que c'est totalement faux. Le metteur en scène ne montre que les Américains alors que des Canadiens ou des Britanniques ont débarqué me direz-vous. Je vous répondrai vrai, mais ils ont connu une si faible résistance que je ne vois pas comment on pourrait les montrer dans le film. Hormis peut-être les Canadiens qui perdront un homme sur dix. Mais on ne parle pas non plus des Américains à Utah. Oui, Spielberg débute et termine presque avec ce drapeau américain flottant dans le cimetière. Mais qui ne s'est jamais senti l'âme d'un patriote au moins une fois? Il y a le patriotisme que l'on montre et dont on ne nous oblige pas à adhérer et puis il y a celui qui parle d'une Amérique sauvant le monde. Et puis aux Etats-Unis, on est éduqué à devenir des patriotes. Avec les quelques indices laissés par Spielberg, je me permets de dire qu'il s'agit du premier cas. Au fond, il y a ce soldat sur la plage qui hurle de ne pas tirer sur des Allemands en train de cramer. Il y a aussi ceux qui veulent exécuter froidement un boche après la mort de leur médecin. Et puis il y a ce petit interprète qui, avec la guerre, perd ses valeurs et décide de tuer le même boche beaucoup plus tard. Foutue guerre...
Et puis je trouve tout de même que le film de Spielberg n'est pas vide de sens. Certes, ce n'est pas aussi fouillé qu'un Apocalypse Now ou encore que La ligne rouge. Mais tout de même: il y a ces interrogations de soldats quant au sens de la guerre. Risquer sa vie pour un homme à qui on lui promet de vivre. La guerre est remplie de paradoxes. Et puis au fur et à mesure de leur mission, ces hommes, à force de voir leurs amis tomber souhaitent eux-mêmes leur retour. On retrouve aussi de manière déguisée le thème de Spielberg (et là je m'avance beaucoup). L'enfance est souvent présente. Il y a cette fille que le soldat joué par Vin Diesel veut sauver. Il y a le capitaine Miller qui hurle à un de ses compagnons que c'est lui sa mère. Et puis il y a ces hommes face à la mort. Mourants. Ils redeviennent un peu des enfants qui ne souhaitent que revoir leur maman ou retourner dans un foyer qu'ils ne reverront pourtant jamais.
Et pour conclure, il y a cette phrase de Miller à Ryan, le premier est agonisant et le second le regarde. Miller lui dit: "Mérite-ça". Mérite le sacrifice de tous ces hommes. Mérite ta vie. C'est le message délivré à Ryan. S'il est pris dans un contexte intime ici, il est très facile de l'élargir. Que toutes ces vies sacrifiées permettent à d'autres de réussir la leur. De ne pas répêter les erreurs du passé. Ryan aura une vie des plus normales et se pose lui-même encore la question de savoir si c'était ça que Miller voulait, lorsqu'il regarde la tombe du capitaine.
Et puis il y a ce cimetière, avec toutes ses tombes, qui n'a rien de fictionnel. Spielberg invente une histoire mais n'oublie pas derrière le côté véridique. On notera que le cinéaste et ses collaborateurs ont réalisé un travail énorme quant au respect historique.
Bien sûr, je ne suis pas objectif. La guerre m'a toujours passionné. Ce film m'a pris aux tripes étant beaucoup plus jeune. Mais n'est-ce pas là l'apanage des grands films que de toujours convaincre dix, vingt ans ou bien plus tard encore? Il faut sauver le soldat Ryan fait partie de ceux-là.

Note: 5/5

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07 février 2009

Trois courts-métrages de Martin Scorsese

What's a nice girl like you doing in a place like this ?scorsese

De: Martin Scorsese

Avec: Zeph Michelis, Sarah Braveman, Mimi Stark,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1963

Synopsis

Suivant les conseils de ses amis, l'écrivain Harry emménage dans un quartier modeste de New York. Au hasard d'une librairie, il tombe sous le charme d'une photo représentant un homme sur une barque. Tandis qu'il cherche l'inspiration, le cliché l'obsède de plus en plus jusqu'à l'empêcher d'écrire, de manger et de dormir...

Avis

Je dois bien avouer que j'ai toujours aimé le bizarre. Ca tombe bien, le premier court-métrage de Scorsese l'est totalement. L'histoire d'un homme obnubilé par une photo et qui finit par en perdre la tête, à ne voir que cette photo justement. L'histoire est relativement prenante, même si certains éléments m'ont pas mal dérangé. En fait, le bizarre l'est par moment beaucoup trop à mes yeux. Il y a la fin qui est par contre très bonne. La mise en scène de Scorsese est déjà appliquée.

Note: 3.5/5

It's not just you, Murray!

it_s_not_just_you__murray_De: Martin Scorsese

Avec: Ira Rubin, San de Fazio, Andrea Martin,...

Pays: Etats-Unis 

Année: 1964

Synopsis

Gangster new-yorkais d'origine italienne, Murray raconte son parcours de 1922 à 1965, du trafic d'alcool à la production de spectacles de music-hall.

Avis

J'aime bien les films de mafia, l'univers qui tourne autour. Ca tombe bien, Scorsese offrira pas mal d'oeuvres sur ce genre. Et dès le départ, il va réaliser un court-métrage sur le monde la pègre. Il faut bien avouer aussi que c'est un milieu qui fait rêver. Qui n'a jamais voulu être à la tête d'une organisation criminelle et de vivre en marge de la loi? Ici, c'est fait avec humour. On peut dire que ça fonctionne bien. A titre personnel, je préfère ce court-métrage au précédent. Il faut dire que le milieu est tourné à la dérision. Assez drôle quand on sait que Scorsese fera de la mafia l'un de ses genres de prédilection.

Note: 3.5/5

The big shave

big_shaveDe: Martin Scorsese

Avec: Peter Bernuth

Pays: Etats-Unis 

Année: 1967

Synopsis

Une salle de bain d'un blanc immaculé. Arrive un homme torse nu qui commence à se raser. Première coupure. Plus l'homme se rase, plus il se coupe, plus l'hémoglobine se répand.

Avis

Voilà probablement l'un des plus grands court-métrage de tous les temps! Une oeuvre formidable de quelques minutes qui dénonce, sans jamais qu'on ne la voit, la guerre du Vietnam. Pas une seule parole dans ce film mais une musique de jazz qui sort du transistor. Le jazz est un genre plutôt joyeux, entraînant. Tout l'opposé de ce qui va nous être montré à l'écran. Cet homme se rase encore et encore et encore jusqu'au sang. Reflet d'une génération d'américains perdue. La mort semble être au bout. Seul un carton dans le générique de fin nous confirme qu'il s'agit bien du Vietnam qui est le thème central du court-métrage. La mise en scène de Scorsese est remarquable. Un classique parmi les courts. A noter que la guerre du Vietnam est probablement celle qui a le plus montré la souffrance des soldats américains. Il y avait une forte présence de journalistes et ils n'étaient pas contrôlé par l'armée. Le Pentagone retiendra les leçons du Vietnam avec la Guerre du Golfe où les journalistes seront totalement manipulés. The Big Shave est aussi la preuve que l'on peut parler du Vietnam et des souffrances qui vont en découler sans montrer une seule image de combats. Remarquable vraiment.

Note: 4.5/5

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02 février 2009

The War

the_warDe: Ken Burns et Lynn Novick

Avec: /

Pays: Etats-Unis

Année: 2006

Synopsis

La Seconde Guerre mondiale vue à travers quatres villes américaines et de ses habitants. Ces derniers ont connu la guerre de près ou de loin.

Avis

Comme de coutume, je quitte de temps en temps le monde du cinéma pour m'intéresser à des séries ou à des documentaires. Je dois bien avouer que The War de Ken Burns et Lynn Novick prends une place assez importante dans ma DVDthèque ou tout simplement dans ma vie en général.
Depuis que je suis jeune, j'ai baigné dans des histoires racontant la Seconde Guerre mondiale. Mes grands-parents ont connu cette guerre, ils ont connus les affres de celle-ci, la souffrance, la privation, et ce malgré leur jeune âge. Différentes histoires m'ont été racontées par mon grand-père paternel, qui est né au début des années vingt et qui avait donc l'âge pour se souvenir de l'époque. Au fur et à mesure des histoires, des livres ou des cassettes vidéos qu'il me prêtait quelques années plus tôt (mon autre grand-père l'a fait également mais il était très jeune au moment du conflit, vu qu'il est né en 1940), j'ai appris à m'intéresser à l'histoire mais plus particulièrement à la Seconde Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier qu'a connu cette Terre. Lors de mes secondaires, j'étais en option histoire lors des deux dernières années. J'ai dû pour ma 5ème et ma 6ème réaliser deux travaux de fin d'années. Le premier a porté sur la bataille des Ardennes et plus particulièrement sur ce qui s'était passé à Bastogne. Le second avait pour sujet la bataille de Stalingrad. C'est évidemment à cause de tout cela que le genre du film de guerre constitue l'un de mes favoris. 
Mais c'est lors du premier travail que j'ai probablement vécu une des expériences les plus fortes et à la fois les plus troublantes. J'ai été faire quelques photos dans la région de Bastogne. Outre le mémorial consacré à la bataille, on y retrouve quelques cimetières militaires dans les environs. Il y a le cimetière allemand de Recogne, qui regroupe 6807 soldats de la Wermacht âgés entre 17 et 52 ans. C'était déjà assez émouvant à ce moment-là, il y a le nom de six soldats par stèle. Ensuite, je me suis rendu au cimetière américain de Henri-Chapelle. 7992 militaires y sont enterrés. Je me souviens encore que trois frères y sont enterrés. Chaque soldat possède sa propre tombe, dont les soldats inconnus. Je crois que ce fut à ce moment-là un des instants les plus émouvants que j'ai connu. J'ai comme l'impression d'avoir enfin vu ce que les ravages de la guerre avaient causé. La plupart des hommes enterrés étaient à peine plus âgés que moi lors de leur mort.
Si je vous parle de tout cela, c'est parce que The War, c'est un peu cela. Un documentaire incroyable qui reprend l'avis des gens, d'actuels vieillards qui ont connu la guerre de près ou de loin. Soit ils étaient soldats, soit un frère ou un époux y étaient. Ce qu'il y a de remarquable dans le documentaire de Burns et Novick, c'est que si on s'intéresse aux faits et aux grands événements, c'est bien l'intime et le détail qui ressortent avant tout. On prends des cas par cas, on décide de suivre un soldat. Peut-être que celui-ci mourra plus tard. On apprend par exemple que l'espérance de vie d'un sous-officier sur le front ne dépasse pas les deux semaines. Toujours est-il que l'horreur nous y est décrite ou parfois montrée. Un ancien soldat américain raconte ce qu'il a vu, ce que l'ennemi a pu commettre comme atrocités quand ce n'était pas des compagnons d'armes. On y voit des images du débarquement de Normandie, à Omaha Beach surtout. Lors de l'opération Market Garden, des parachutistes polonais furent largués en pleines lignes ennemies. Du pain béni pour les Allemands que l'on voit alors tirer comme dans une foire sur ces hommes. La plupart qui touchaient le sol étaient mort bien avant, dans les airs... Et puis il y a aussi la Bombe et ses ravages qui durent encore maintenant ou les terribles images des camps de concentration. Le documentaire commence évidemment au moment de l'entrée en guerre des USA avec l'attaque de Pearl Harbor et se termine lors de la reddition du Japon. Mais sans pour autant prendre un parti pris. Les atrocités ont été commises par tous les camps, sans exceptions.
On notera d'un point de vue plus technique, l'énorme travail réalisé sur le son. Il y a bien sûr les éléments sonores que l'on entend directement à partir des images d'archives mais il y a parfois des sons qui ont été rajoutés par l'équipe. On appréciera également la magnifique composition musicale qui traverse tout le documentaire, sur quatorze épisodes. Le montage de tout cela est également très propre. On vit presque cette guerre au jour le jour. Les sept premiers épisodes sont très bien faits mais on entre dans une autre dimension à partir du débarquement. On a l'impression que le documentaire monte en intensité en même temps que le conflit s'accélère pour les Américains à partir de juin 1944. Je crois et je pense même pouvoir affirmer que Burns et Novick ont réussi avec The War à faire le documentaire le plus émouvant sur la Seconde Guerre mondiale tout en étant aussi bourré d'informations. On y apprend énormément de choses. Sans aucun doute le meilleur documentaire sur ce conflit. Dans ce documentaire, je retrouve tout ce qu'on m'a raconté auparavant. On s'intéresse vraiment au vécu. Une oeuvre remarquable, je ne le répêterai jamais assez...

Note: 5/5
      

Posté par batman1985 à 03:48 - Documentaires - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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