30 mars 2009
American Pie
De: Paul Weitz, Chris Weitz
Avec: Jason Biggs, Seann William Scott, Chris Klein, Thomas Ian Nicholas, Eddie Kaye Thomas, Alyson Hannigan, Mena Suvari, Shannon Elizabeth, Tara Reid, Natasha Lyonne, Eugene Levy,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1999
Synopsis
Mortifié pour avoir été surpris par ses parents devant un film X, Jim, élève de terminale, fait un pacte avec sa bande de copains: devenir des hommes avant l'entrée à la fac. Il leur reste trois semaines pour putiliser toutes les techniques possibles de séduction. Tous les moyens sont bons, même les plus inattendus, car chaque jour compte. Une chose est sûre, Jim ne regardera plus jamais une tarte aux pommes de la même façon!
Avis
Je ne me rappelle plus trop si c'était celui-ci ou le second que j'avais été voir au cinéma avec mon cousin. A l'époque j'étais jeune, j'entrais tout juste dans ma phase puberté. Logique qu'on se dirige vers ce genre de films. C'était vraiment l'âge bête. Car si à l'époque j'avais vraiment aimé, on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas maintenant. Je ne hurlerai pas non plus à la grosse bouse intégrale car dans le genre comédies pour adolescents, American Pie passerait presque pour intellectuel comparé à ce qu'on fait maintenant (prenons pour exemple les Sexy Movie, Date Movie, Meet the Spartans, etc.).
Venons-en au film lui-même où je sauverai clairement deux ou trois choses dans cette œuvre. Je dois bien avouer qu'il y a deux personnages que j'apprécie énormément. Stiffler premièrement qui est le genre de types décalés que j'apprécie beaucoup au cinéma. Dommage qu'il soit parfois trop vulgaire mais dans l'ensemble j'accroche pas mal. Et puis surtout, il y a le père de Jim, joué par Eugene Levy qui est remarquable. Il est certainement le personnage le plus fort de l'histoire.
Ben voilà, c'est plus ou moins tout. Car pour le reste, j'ai trouvé les autres personnages totalement insignifiants et classiques. Je ne reviendrai pas non plus sur les stéréoptypes laissés à travers le film dont chaque personnage fait preuve. Ah, il y a quand même Sherminator qui n'est pas mal non plus. Le genre de petits gars qu'on adorerait emmerder.
Sinon, il faut être honnête, c'est le genre de film qu'on aime de moins en moins quand on avance dans l'âge. Mais il remplit parfaitement son rôle pour de jeunes adolescents qui y verront des gags, des femmes à moitié à poils et des conneries autour du cul.
Bref, à voir entre 12 et 18 ans puis après on se rend compte que ce n'est plus pour nous. Je conseille d'ailleurs un film qui se moque de toutes les œuvres sorties pour étudiants en pleine puberté et qui s'appelle Sex Academy pour le titre français et Not another teen movie pour le titre anglais. C'est le seul qui me fait encore beaucoup rire à l'heure actuelle. Je reviendrai sur les deux autres épisodes de la série qui sont sortis au ciné plus tard puisque beaucoup de suites sont sorties directement en DVD par après. American Pie a rencontré un succès que les producteurs ont épuisé jusqu'au bout.
Note: 2/5
27 mars 2009
Le jour où la Terre s'arrêta (The day the Earth stood still)
De: Robert Wise
Avec: Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Frances Bavier, Lock Martin,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1951
Synopsis
Un vaisseau spatial atterrit à Washington D.C., et attire l'attention du monde entier. Mais le pacifique émissaire extraterrestre qui en sort n'arrive pas à gagner la confiance du public. Lorsqu'une jeune femme et son fils se lient d'amitié avec lui, ils réalisent vite qu'ils seront peut-être les seuls à pouvoir sauver la race humaine de la destruction totale.
Avis
J'avais découvert il y a peu le cinéma de Wise via La maison du diable, film d'horreur ma foi très bien fait et fort intelligent. L'un des meilleurs que j'ai pu voir du genre. C'était donc fort bien parti. Et puis j'ai entendu parler du dernier film de Keanu Reeves qui n'était autre qu'un remake d'une oeuvre de Wise: Le jour où la Terre s'arrêta.
Réalisé alors que le conflit de la Guerre Froide éclatait petit à petit et que l'ennemi communiste ne faisait aucun doute, Wise a réalisé ce film. Il y introduit toute sa crainte d'une nouvelle guerre qui impliquerait surtout la bombe nucléaire.
Ce que j'ai apprécié, c'est que tout est dit de manière très subtile. Jamais les Communistes ne sont explicitement cités. Il n'y a pas non plus de réelle diabolisation même si forcément, le point de vue des Américains n'est pas des plus glorieux envers l'URSS. Et puis, il y a clairement cette volonté avec l'homme venu de l'espace de nous offrir un avertissement comme quoi l'humanité toute entière est en danger avec cette escalade de violence. Certes, certains verront beaucoup de bons sentiments et de naïveté chez Wise pour cette œuvre. A titre personnel, j'y ai vu un véritable film personnel avec une volonté d'exprimer ses craintes. Wise avait la chance de faire un métier qui lui permettait de faire passer des messages comme il le souhaitait. Si les producteurs ne l'empêchaient pas évidemment. Je ne serais d'ailleurs par surpris qu'il ait connu quelques problèmes après ce film et que l'on ait taxé ses opinions politiques portées vers une gauche communiste par une partie de la population ou du monde politique américain.
Bref, c'est une toute autre histoire. J'aime beaucoup aussi ce film pour l'excellent passage où le robot sort du vaisseau et fait disparaître toutes les armes. Il y a un côté tellement utopiste dans ce film que c'en est presque trop beau de voir encore quelqu'un penser comme cela.
Juste un mot sur les acteurs. Il n'y en a aucun de connu. Pourtant, je les trouve très corrects. Ce film a également très bien passé le lourd poids des années puisque les effets spéciaux ou encore le vaisseau demeurent réalistes.
Ca ne m'étonne donc pas de voir que cette oeuvre constitue un classique du cinéma américain des années 50. Je crois aussi que ce film peut partager pas mal de monde. J'ai quant à moi clairement choisi mon camp et j'apprécie énormément cette oeuvre, que je considère comme meilleure (mais là, c'est purement subjectif) que La maison du diable. Ah oui, j'oubliais de signaler que la musique est signée Bernard Hermann et est totalement réussie. Mais cela, on s'en doutait...
Note: 5/5
24 mars 2009
Le voyage fantastique (Fantastic voyage)
De: Richard Fleischer
Avec: Stephen Boyd, Raquel Welch, Edmond O'Brien, Donald Pleasence, Arthur O'Connell, William Redfield, Arthur Kennedy, Jean Del Val, James Brolin,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1966
Synopsis
L'histoire retrace l'incroyable odyssée sous-marine d'une équipe de médecins à travers le corps humain. Leur objectif est d'atteindre le cerveau pour y réaliser une opération extrêmement délicate. Après avoir été réduits à la taille de microbes, les médecins devront lutter contre les éléments du corps du patient et combattre un saboteur au sein de leur équipe afin de pouvoir mener à bien leur mission fantastique!
Avis
Les vikings de Fleischer restait pour moi un excellent souvenir cinématographique. Un cinéaste capable d'offrir du divertissement intelligent sans temps mort. D'autant que même si c'était parfois loin de la vérité et que les clichés ne manquaient pas, un film ayant les vikings comme héros principaux n'étaient pas pour me déplaire, en grand fan d'histoire que je suis. Alors quand il s'attaque au genre fantastique et science-fiction, je ne pouvais qu'être heureux, vu qu'il s'agit d'un de mes genres préférés.
Pourtant, je suis assez déçu. J'en attendais peut-être trop de Fleischer mais toujours est-il que j'ai une assez bonne raison pour justifier cela. En fait, que ce soit dans le synopsis qui l'annonce ou dans le film, où dès le début, il semble qu'il y ait des médecins qui soient opposés à d'autres, on comprend rapidement qu'il y aura dans ce voyage un saboteur. D'ailleurs, Fleischer le montre directement, puisque c'est annoncé par certains personnages. Le problème, c'est que le metteur en scène va le faire de manière assez grossière. Il va tellement vouloir discréditer le saboteur et nous faire croire que c'est un autre que l'on ne rentre pas dans le jeu. Du moins, ça a été mon cas. Il est dès lors très difficile de se prendre au jeu que le metteur en scène veut qu'on adhère. A cause de cela, j'ai vécu certaines séquences avec un ennui assez profond. Tiens, ça me fait penser que le début n'est pas des plus réussis, du moins, le passage de la miniaturisation des personnes et du vaisseau. Trop lent et trop long à mes yeux, ce n'est pas vraiment passionnant. Bien qu'il faut admettre que les effets spéciaux sont réussis pour l'époque.
Pourtant, je l'annonce assez tôt, je vais mettre la moyenne au film. Grâce aux effets spéciaux justement qui vont permettre la formidable aventure. Je dois dire que j'ai été vraiment pris par les quelques séquences se déroulant dans le corps humain. Pour ce faire, l'équipe du film a été cherché énormément de conseils auprès de scientifiques et de médecins pour tenter de coller au plus près de la réalité. Ce film m'a rappelé 2001: l'odyssée de l'espace, lorsque le vaisseau au tout début passer à travers les différents globules et où l'on voit différentes couleurs. Ensuite, je ne sais pas si certains d'entre vous connaissent, mais ça m'a rappelé le dessin animé éducatif Il était une fois... la vie. Au passage, j'adorais ce dessin animé qui a été décliné en plusieurs genre comme les découvreurs, l'histoire, l'Amérique, etc. J'aimerais bien les revoir tiens.
Bref, d'un côté j'ai été totalement scotché grâce à l'énorme travail rendu pour ce voyage à l'intérieur du corps humain et de l'autre, je me suis plutôt ennuyé sur le côté de l'histoire où l'on doit dénicher le saboteur. Je le répète, Fleischer commet à mon goût une erreur de débutant. Sinon, c'est pas trop mal, ça n'a pas mal vieilli et les acteurs sont corrects. C'est le genre de films qui se regardent tranquillement un dimanche soir. Toutefois, si vous possédez Les vikings, privilégiez celui-ci...
Note: 3/5
21 mars 2009
Space cowboys
De: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Tommy Lee Jones, Donald Sutherland, James Garner, Marcia Gay Harden, William Devane, Loren Dean, Courtney B. Vance, James Cromwell, Rade Serbedzija, Barbara Babcock,...
Pays: Australie, Etats-Unis

Année: 2000
Synopsis
En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O'Neill et Tank Sullivan se préparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la NASA leur préfère un singe. 42 ans plus tard, le satellite russe Ikon menace de s'écraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maîtriser l'antique système de guidage, calqué sur celui qu'il avait conçu quelques années plus tôt sur Skylab. Il accepte la mission à condition que ses trois compagnons partent avec lui...
Avis
Il faut bien avouer que quand on a l'occasion de se regarder un bon Clint Eastwood, ça ne se refuse pas (je tiens au passage à préciser que j'ai vu Gran Torino et que ce film est absolument remarquable, il faudra vraiment que je vous tienne au courant de mon Top 2009). Revenons toutefois à Space Cowboys, film de l'an 2000, au casting on ne peut plus impressionnant. Ne fut-ce que le quatuor vaut la vedette, dominé évidemment par le duo Eastwood -Jones. Grand grand duo qui se couple très bien avec les deux autres acteurs, un peu plus en retrait mais qui apportent un plus indéniable à l'oeuvre.
Car il faut bien avouer qu'avec un éventail d'acteurs différents, il fallait se douter que chacun des personnages aurait son caractère propre. Grâce à cela, on obtient des situations humoristiques réussies, notamment cette formidable scène où les quatre compères sont entièrement nus pour une visite médicale, le médecin rentre, c'est une femme, tous ont la réaction de cacher leurs attributs sauf un qui semble les exhiber fièrement. Pas mal du tout.
Et on va dire que cet humour était totalement nécessaire à ce film compte tenu du sujet. Je trouve que si le traitement d'un conflit américano-russe avait été traité de manière tout à fait normale, comme les standards hollywoodiens peuvent si bien le faire. Parce qu'alors, je pense qu'on se serait retrouvé face à un film totalement banal, qui irait de la mise en place du récit avec la découverte de certaines erreurs d'américains jusqu'à la découverte de ce qu'était vraiment ce satellite russe, placé en orbite lors de la fameuse guerre froide.
Dans l'ensemble je trouve l'oeuvre très réussie. Jusqu'à la partie dans l'espace en fait. Je la trouve un peu plus faible avec de très bons passages et parfois des moins bons. Je trouve aussi qu'Eastwood a mis trente ou quarante secondes de trop dans son film. C'est lorsqu'on voit l'un des personnages sur la lune. Je trouvais ce passage inutile et les interrogations quelques secondes avant de Corvin (Eastwood) avec sa femme totalement réussies et suffisantes. Hormis cela, je n'ai rien à dire, on retrouve un Clint revanchard dans le film, tout comme ses comparses. On retrouve des hommes aux caractères fort, ayant fait des bêtises ou qui se retrouvent confrontés à des choix qu'ils devront assumer ou tout simplement à des éléments qui font qu'on a l'impression que le sort s'acharne.
Pour moi un très bon film du maître Clint même si ce n'est pas un chef-d'oeuvre.
Note: 4/5
18 mars 2009
Pat Garrett et Billy le Kid (Pat Garrett and Billy the Kid)
De: Sam Peckinpah
Avec: James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Jason Robards, Richard Jaeckel, Katy Jurado, Chris Wills, R.G. Armstrong, Harry Dean Stanton, Sam Peckinpah, Luke Askew, John Beck, Richard Bright,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1973
Synopsis
En 1881, au Nouveau-Mexique, dans le repaire de Fort Sumner, Pat Garrett retrouve Billy, son ancien compagnon de route, et lui annonce qu'il est devenu shérif. Pat lui recommande alors de quitter les environs, sinon il sera dans l'obligation de l'éliminer. Billy ignore son conseil. Commence alors une poursuite impitoyable entre le policier et le jeune hors-la-loi.
Avis
La nature humaine est vraiment étrange. Alors que cela fait quelques années que ce blog est en route, il a fallu que je découvre un film sur Jesse James pour que je m'attaque à deux autres célèbres personnages du Far West. Billy the Kid et Pat Garrett. Pourtant, l'oeuvre de Peckinpah trainaît depuis quelques très longs mois sur la pile de DVD à voir qui reste très longue chez moi. Est-ce parce que L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford m'a énormément plu que je me suis enfin décidé à m'y attaquer, je ne sais pas.
Toujours est-il que je suis très très déçu par cette oeuvre de Peckinpah. D'ailleurs, vous allez constater que j'ai vraiment du mal à parler des films que je n'aime pas. Ou du moins qui m'ont ennuyé. Car c'est vraiment le cas pour celui-ci. Pourquoi?
Et bien premièrement, je me suis vraiment ennuyé. De très longs moments que j'ai trouvé inutile. Des séquences qui étaient totalement évitables. L'oeuvre veut également jouer sur un côté psychologique et philosophique mais je l'ai trouvé assez raté. Je ne ressens pas une intensité comme j'ai pu la trouver chez des cinéastes comme Tarkovski, Herzog, Malick ou encore Dominik. On ne peut pas être doué partout Monsieur Peckinpah, on ne vous reprochera pas d'avoir tenté.
Mais là où je trouve vraiment que Pat Garret et Billy le Kid foire, c'est d'avoir confié le rôle du gangster Billy à... Kris Kristofferson! Alors, honnêtement, je crois que c'est l'acteur qui m'a le plus insupporté sur tous les films que j'ai vu. Pourtant, j'en ai déjà croisé des mauvais mais celui-là mérite vraiment une palme. D'abord, il n'y peut rien c'est vrai, mais il a une tête pour être leader d'un boy's band et non un bon vieux gangster de l'Amérique profonde du Far West. Il n'a, en plus de cela, absolument pas les épaules, la carrure, le charisme ou encore la stature pour jouer le personnage de Billy The Kid. Non honnêtement, grosse erreur de casting sur ce coup-là. Il ne possède, à mon sens évidemment, aucun talent. J'aurais d'ailleurs nettement préféré voir Bob Dylan jouer ce rôle.
D'ailleurs, Dylan est à classer du côté des points positifs du film. Que ce soit devant la caméra comme à la musique qui est sublime. Tout n'est pas mauvais non plus dans la mise en scène de Peckinpah ou dans la construction de son récit. On a droit à quelques très beaux moments et à de magnifiques plans. Malheureusement, ils sont trop rares... On retiendra aussi l'excellent James Coburn, même si je le préfère cez un Leone plutôt que chez Peckinpah.
Je suis donc au final assez déçu par cette oeuvre que je qualifierai de très moyenne. Dans le même genre, d'autres films sont nettement plus réussi...
Note: 2/5
15 mars 2009
Le salon de musique (Jalsaghar)
De: Satyajit Ray
Avec: Chabbi Biswas, Ganda Pada Basu, Kali Sarkar, Tulsi Lahari,...
Pays: Inde ![]()
Année: 1958
Synopsis
Le déclin par étapes d'un mécène, aristocrate de la caste des Zamindars, propriétaire terrien oisif, protecteur des arts mais imbu de la noblesse de sa caste, de ses droits et de ses vertus. A sa passion pour la musique et la danse, illustrée par les réceptions toujours plus ruineuses données dans le salon de musique, il sacrifiera sa fortune et, indirectement, sa famille...
Avis
L'Inde est un formidable pays de films. Depuis des décennies, Bollywood fournit de nombreuses oeuvres à ce pays et plus accessoirement à ce continent. Pourtant, en Occident, c'est un cinéma assez confidentiel, qui trouve un public mais qui ne jouit pas d'une popularité excessive. Vous ne trouverez jamais ou presque un film indien dans un complexe ciné belge par exemple.
Dommage, car je viens de constater à ma très grande surprise que le septième art est incroyablement bien représenté là-bas. Et ce depuis pas mal d'années aussi.
Satyajit Ray fait partie de ceux-là. Cinéma grandiose vraiment, composé d'une musique remarquable. Une mise en scène épurée, classique dans un certain sens mais néanmoins remarquable. De superbes plans parcourent le film du début à la fin, avec un moment fantastique qui est la danse de la jeune fille. Evidemment, que serait Bollywood sans ces longs passages remplis de musique. La part belle est d'ailleurs laissée à la composition et au son plutôt qu'à la danse. Hormis, la séquence avec la jeune demoiselle, il n'y a pas d'autres moments comme celui-là.
Sur la forme, l'oeuvre de Ray s'inscrit déjà comme un succès. Et pas n'importe lequel pour moi puisque j'ai vraiment du mal au cinéma, avec les films faisant la part belle à la musique. Vous ne trouverez d'ailleurs pas ou peu de comédies musicales sur ce blog. Oh, pourtant il doit bien y en avoir l'une ou l'autre qui traine dans ma DVDthèque. Je me souviens être procuré Cabaret avec Lisa Minelli. Il faudra bien que je m'y lance un jour ou l'autre.
Mais que serait un film si le fond n'était pas présent? Ça tombe bien, c'est le cas chez notre ami Ray. Très clairement critique envers notre ami qui fait partie de la classe dominante. Toutefois, il demeure chez le cinéaste indien une volonté de donner une certaine sympathie à son personnage. C'est clair que c'est homme est vénal, pense énormément à lui-même et gaspille son argent. Mais sa femme et son fils, plus particulièrement ce dernier sont sa vraie raison de vivre. De plus, c'est un véritable adorateur d'art et plus précisément de la musique. Bref, on ne peut qu'être triste lorsque le malheur s'abat sur cet homme et qu'il va se laisser peu à peu dépérir. Il n'ouvrira plus qu'une seule fois son salon de musique après le drame. Les chants et les bruits de pas de danse résonnent une dernière fois.
J'ai très clairement adoré, je n'ai pas peur de le dire cette oeuvre. Elle figure d'ores et déjà dans mon Top 100 (il faudra d'ailleurs que je pense à le remettre à jour sur ce blog, tout comme mon Top cinéma 2009, j'ai déjà eu l'occasion de voir huit films au moment où j'écris ces lignes). Ray m'a donné envie de découvrir sa filmographie. Le prochain pas sera la trilogie d'Apu.
Note: 5/5
12 mars 2009
La vie est un miracle (Zivot je cudo)
De: Emir Kusturica
Avec: Slavko Stimac, Vesna Trivalic, Natasa Solak, Vuk Kostic, Aleksandar Bercek, Stribor Kusturica, Mirjana Karanovic, Nikola Kojo, Davor Janjic,...
Pays: France, Serbie
![]()
Année: 2002
Synopsis
Que pourrait-il y avoir de mieux pour le village qu'une ligne de chemin de fer touristique? Et que pourrait-il y avoir de pire pour le tourisme que la guerre?
Luka construit sa voie ferrée et ferme les yeux sur la guerre, davantage préoccupé par un âne qui bloque les rails. Mais sa femme, Jadranka, le quitte pour un musicien qui promet de relancer sa carrière de chanteuse d'opéra, et son fils, Milos, est appelé à l'armée.
La vie de Luka devient une zone de guerre jusqu'au jour où il rencontre Sabaha...
Avis
Je me souviens du premier film de Kusturica que j'ai vu. Underground avait été à l'époque une belle claque cinématographique pour moi. La musique, la mise en scène, l'histoire, le fait que la guerre était vue avec humour était un concept totalement nouveau chez moi. Je n'avais pas encore non plus découvert Le dictateur de Charlie Chaplin. Il a fallu pourtant deux ou trois ans pour que je décide enfin de revoir un film de Emir Kusturica. Non, ce n'était pas par peur d'être déçu, de craindre qu'après l'immense claque, le retour sur Terre soit quelque peu brutal. Le problème était surtout le manque de temps, pouvoir le trouver pour regarder un film qui dure généralement plus de deux heures chez ce metteur en scène.
J'ai donc enfin trouvé le temps dernièrement et finalement je ressors assez déçu de cette œuvre de Kusturica. Dans La vie est un miracle, on retrouve tous les ingrédients de ce qui a fait le chef-d'œuvre Underground. Humour, guerre, poésie, amour, tristesse,... Tout est présent. Pourtant, ça ne fonctionne pas de la même façon. En fait, je reproche essentiellement au film pas mal de longueurs. Je me suis pas mal ennuyé. La sauce ne prend pas toujours. L'histoire m'a peut-être semblée moins intéressante.
Oh mais attention, je ne cherche pas non plus à tuer ce film puisqu'il y a encore de sublimes passages, de grands moments de cinéma qui rendent finalement l'œuvre plus que regardable. Pas question non plus de parler de calvaire cinématographique. Parmi les très bons moments, citons la fin du film, le passage où les deux personnages principaux volent sur un tapis ou encore ce brave chat qui aime s'en prendre aux oiseaux.
Et puis, le fond reste très agréable et n'est absolument pas creux. Critique encore acerbe envers l'armée et ses soldats. Et puis, il y a cette histoire d'amour entre notre héros principal et cette demoiselle qui fait partie du camp ennemi. Les différences et les frontières n'empêchent pas l'amour même s'il faut avouer que pour Luka, Sabaha est premièrement une otage comme l'est son fils Milos.
Non mais le gros problème, c'est qu'on s'ennuie une bonne moitié du film. Est-ce plus faible qu'Underground? Sans aucun doute. Je crois aussi que dans ce style-là avec en toile de fond la guerre civile, Kusturica ne pouvait pas faire mieux. Il est pourtant inutile de comparer deux films mais on retrouve tout de même certaines similitudes. Si La vie est un miracle était sorti avant Underground, je pense que j'aurais vu ce film de manière totalement différente. Même si ça n'aura jamais été un chef-d'oeuvre pour moi. Tout est subjectivité évidemment.
Au final, on se trouve en face d'un film inégal alternant l'excellent et les moments ennuyants. Je lui donne la moyenne car il y a une vraie volonté artistique chez ce cinéaste et que le tout mis ensemble, ça reste regardable.
Note: 3/5
09 mars 2009
Alexandra (Aleksandra)
De: Alexandre Sokourov
Avec: Galina Vishnevskaya, Vasili Shevtsov, Raïsa Gichaeva, Evgeni Tkachuk, Andrei Bogdanov, Rustam Shakhgireyev, Alexei Neimyshev, Alexander Aleshkin, Alexander Peretkov, Maxim Fomin,...
Pays: Russie ![]()
Année: 2007
Synopsis
République de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna vient rendre visite à son petit-fils, l'un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe ici quelques jours et découvre un autre monde où il n'y a ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse. Les sentiments ne s'y expriment pas. Ici, chaque jour, à chaque minute, se résolvent des questions de vie ou de mort. Ce monde néanmoins est peuplé d'humains.
Avis
Le cinéma russe à travers les époques m'a toujours intéressé. Allez savoir pourquoi. D'Eisenstein en passant par le génie Tarkovski ou l'incroyable Klimov, je m'attaque désormais à un contemporain de ce cinéma.
D'autant que Sokourov parvient à mélanger des genres que j'adore. Il situe son récit en plein conflit tchétchène. Moi qui suit fan de films de guerre, je ne pouvais qu'apprécier. Ensuite, son oeuvre n'est pas moins dénuée de réflexion, de pensée parfois plus philosophique. Et puis il y a cette vieille femme qui chercher à comprendre l'autre qui est en face d'elle. La volonté d'en savoir plus sur l'autre être humain en dépit de ses différences et même si celui-ci peut se trouver dans le camp de l'ennemi. Malgré aussi les préjugés qu'elle peut se faire.
Une des particularité de ce film est de parler de la guerre sans jamais la montrer. Certes, il y a des soldats, des armes, la vie quotidienne de ces hommes durant une guerre. Des soldats qui semblent totalement coupés du monde, d'une vie totalement monotone et qui semble s'être arrêtée. C'est aussi une vie qui est en décalage complet par rapport à celle des civils russes, représentés ici par cette fameuse Alexandra, grand-mère d'un des officiers du camp. C'est aussi le choc entre deux générations, entre deux façons de penser, entre deux personnes qui viennent du même pays mais qui sont d'un monde différent. C'est ce qui adviendra aussi lorsque Alexandra s'entretiendra avec la population locale. Des femmes tchétchènes, âgées comme elle. Elle remarquera alors à quel point elles sont courageuses. Elle vivent dans des amas de ruines,presque sans rien et où le seul revenu qu'elles gagnent, c'est de faire du commerce avec l'ennemi russe. Drôle de guerre pourrait-on dire. Les vingt premières minutes de l'oeuvre sont pour moi les plus réussies. Sokourov est remarquable, la présentation des personnages aussi et les différences entre le monde civil et le monde militaire est incroyablement mis à jour de manière très simple et avec presque aucune parole. La musique est magnifique aussi. Par après, dire que c'est plus faible est un peu exagéré mais j'ai parfois eu cette impression que certains points de l'oeuvre n'étaient pas traité de manière approfondie. Sans oublier que le film est d'une austérité incroyable. La froideur dans un film ne me dérange pas, loin de là. C'est même un genre que je préfère mais je possède moi-même mes limites. Pour le reste, c'est une oeuvre à découvrir sans problème. Mais je pense aussi que ce n'est pas par ce film qu'il faut commencer la filmographie de Sokourov (D&D me l'avait conseillé mais malheureusement, c'est Alexandra qui m'est tombé dessus en premier et pour pas cher en plus). Néanmoins, j'ai toujours envie d'en savoir plus sur ce cinéaste et cette oeuvre est d'un bon niveau.
Note: 3.5/5
06 mars 2009
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford)
De: Andrew Dominik
Avec: Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Shepard, Mary-Louise Parker, Paul Schneider, Jeremy Renner, Zooey Deschanel, Sam Rockwell, Garrett Dillahunt, Kailin See, Jesse Frechette, Pat Healy,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
Tout le monde dans l'Amérique des années 80 du dix-neuvième siècle connaît Jesse James. C'est le criminel le plus célèbre du pays, recherché dans dix états par le bras fort de la loi. Mais c'est aussi le plus grand héros du pays, considéré comme la population comme un véritable Robin des Bois. Et Robert Ford? Personne ne le connaît, pas même un peu. Mais cet ambitieux jeune homme de 19 ans entend bien changer la donne. Il s'efforce d'obtenir les grâces de Jesse et se rallie à la bande. Et si cela n'apporte aucune célébrité à Ford, il empruntera une voie encore plus mortelle.
Avis
Depuis tout petit, j'ai toujours eu une certaine affinité pour les Etats-Unis et son histoire. J'ai toujours aimé les westerns, la conquête de l'Ouest, entendre parler de la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales, le Vietnam ou encore l'assassinat de Kennedy. Je crois d'ailleurs mieux connaître l'histoire américaine que celle de mon plat pays. Et que serait l'histoire américaine sans ses célèbres "outlaws". Les frères James en font partie. Anciens soldats de l'armée sudiste, ils commencent leurs braquages après la fin de la guerre de Sécession. Il faut dire que l'homme a des raisons d'en vouloir à son pays. Sa famille est exclue du Missouri pour vivre au Nebraska où elle va s'endetter auprès des banques pour pouvoir survivre. C'est au fond avec très peu de choix qu'ils décident de commettre leurs méfaits. Le film commence au moment où le gang opère pour la dernière fois. Du moins, du gang d'origine seuls les frères James sont les seuls survivants. Les autres sont morts ou en prison. C'est avec une bande de petits minables qu'ils décident de s'attaquer à un train. On y retrouve les frères Ford. Après l'attaque du train, les frères James se séparent. Jesse va se lier d'amitié avec Robert Ford. Ou du moins, il va tenter de comprendre le personnage.
C'est grâce à cela que Dominik va rendre son film totalement utile. Car il est vrai que point de vue suspense, on sait comment tout cela va se terminer. D'ailleurs même si on connaît rien de Jesse James, il suffit de lire le titre pour comprendre comment il va finir sa petite vie. Si on s'intéresse au gangster, on se retrouve devant un personnage assez torturé, qui ne regrette pas les crimes qu'il a commis mais qui se met à pleurer après avoir battu un gamin pour tenter de lui soutirer une information. C'est un homme qui sombre dans une certaine folie et dans la peur de se faire dénoncer. Il y a aussi cette habileté chez Dominik de nous montrer à la fois un personnage qui nous apparaît comme très proche mais à la fois comme très lointain. Une très large description est faite aussi sur le personnage de Ford. Il apparaît clairement comme un fan de James. On pourrait le comparer à un groupie pour notre époque. Ce garçon manque très nettement de personnalité et s'identifie uniquement à son héros. Il ne vit pas en tant que Ford, il vit se prenant pour James, croyant être capable d'atteindre le statut de Jesse James. Je pense aussi que c'est le désintérêt, le manque de confiance qu'ont les autres envers Ford qui vont le pousser à trahir son idole. Le meurtre (car c'est bien de cela qu'il s'agit) qu'il commet est vraiment d'une lâcheté sans vergogne. D'ailleurs, le film pourrait se terminer au moment de l'assassinat, mais il dure bien encore trente voire quarante minutes où on nous explique de ce qui se fait avec le corps de James et ce que devient Ford. Ce dernier va également avoir l'esprit totalement tourmenté.
Point de vue mise en scène, on est proche de tout ce que j'aime dans un film. Côté quelque peu métaphysique, longs plans sur la nature, le ciel, symbole du temps qui passe, etc. Et puis, il y a des plans totalement merveilleux, vraiment sublimes. Surtout lors de l'attaque du train où l'on a droit à une mise en scène parfaite. D'un point de vue personnel, c'est ce que j'avais vu de mieux depuis très longtemps. On a d'excellents comédiens également. Je conseille par contre de voir le film en V.O. car la voix française de Ford est totalement insupportable. Rassure-vous, je l'ai vu en V.O. mais j'ai revu l'oeuvre avec des amis en V.F., ça passe nettement moins bien. Enfin, je conclus pour vous dire que la musique de Nick Cave et Warren Ellis est merveilleuse. Pour moi, un immanquable de cette fin de décennie!
Note: 5/5
03 mars 2009
Tesis
De: Alejandro Amenabar
Avec: Ana Torrent, Fele Martinez, Eduardo Noriega, Miguel Picazo, Javier Elorriaga, Nieves Herranz, Rosa Campillo, Rosa Avila, Francisco Hernandez, José Luis Cuerda,...
Pays: Espagne 
Année: 1996
Synopsis
Angela est étudiante en communication de l'image et prépare une thèse sur la violence audiovisuelle. Son professeur l'aide à chercher des films extrêmement violents à la vidéothèque de la faculté. Le lendemain, il est trouvé mort dans une salle de projection. Avec Chema, un camarade de classe, elle décide de visionner la cassette qui se trouvait dans le magnétoscope: c'est un snuff movie, l'enregistrement d'un meurtre réel! Une femme y est torturée à mort... Terrifiée et intriguée à la fois, elle décide avec l'aide de Chema, d'en savoir plus... Angela glisse sur un terrain dangereux qui lui vaudra peut-être de devenir la "vedette" du prochain snuff...
Avis
D'Amenabar, je dois bien avouer avoir seulement vu Les autres mettant en scène Nicole Kidman. Pourtant, je connaissais de nom son premier film, Tesis. On m'avait énormément dit du bien de cette œuvre dans mon entourage. Ai-je fondé trop d'espoir par rapport à tous les propos entendus et aux récompenses multiples reçues par Amenabar pour son premier long, mais je sors pas mal déçu.
Oh, pas que tout soit mauvais, loin de là. Mais il y a des carences significatives et qui ne louperont pas de marquer certains téléspectateurs comme moi. Premièrement, la première moitié du film est assez faible. Il y a beaucoup de longueurs et cela a du mal à démarrer. Ensuite, le sujet m'attirait pas mal. Pour une simple raison que mes études tournent autour de la communication et que je touche aussi à tout ce qui est l'image. La violence montrée à l'écran, dans des JT ou dans d'autres types d'émission peut s'avérer être un sujet très intéressant à traiter au cinéma. Si on le fait bien. D'autant qu'ici il est question de snuff movies, films soi-disant réels, d'une extrême violence et que l'on peut parfois voir sur Internet.
L'avantage c'est qu'Alejandro Amenabar ne cède pas à la monstration de violence. Elle est assez réduite et tout au plus on voit la femme se faire frapper et crier. Pour les scènes les plus violentes, on a droit à une description par un des personnages ou on se contente tout simplement des cris de la femme avec la vision d'Angela.
Pourtant, j'ai eu l'impression qu'Amenabar se perdait par moments, ne maîtrisant pas totalement toutes les facettes d'un scénario surfant entre le thriller et le film d'horreur. Si dans le premier cas, ça se passe assez bien, dans le second on ne peut pas en dire autant. Car il faut bien avouer que le metteur en scène essaie d'instaurer une tension mais qui ne prends que trop rarement. Le plus souvent des cas, ça ne fonctionne même pas du tout. Il faut dire que Amenabar fait une erreur de débutant. Il donne beaucoup trop vite la solution de son script. Il essaie de brouiller les cartes mais il le fait beaucoup trop tard. Le spectateur ne rentre plus dans le jeu. Ou dans tous les cas moi aussi. Mais bon, j'ai constaté tout de même que sur certains forums, j'étais en phase avec d'autres personnes.
Pour le reste, la mise en scène n'est pas trop mal, la musique ne casse pas des briques et les acteurs sont dans l'ensemble sympathiques.
Pour le reste, je ne comprends pas comment ce film a été considéré comme le meilleur film espagnol en ayant reçu le Goya. Ni l'avalanche de prix qu'il a reçu. Dans mon cas, c'est vu et je pense que je l'oublierai assez rapidement.
Note: 3/5