cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

21 mai 2009

The Wicker Man

Wicker_Man_The_02De: Robin Hardy

Avec: Edward Woodward, Britt Ekland, Diane Cilento, Ingrid Pitt, Christopher Lee, Lindsay Kemp, Russell Waters, Aubrey Morris, Irene Sunters, Walter Carr, Ian Campbell,...

Pays: Grande-Bretagne

Année: 1973

Synopsis

Le sergent Howie de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l'Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée d'une jeune fille. Ce qui commence comme une enquête de routine tourne rapidement à la confrontation entre le policier dévot et les étranges coutumes et rituels ayants cours à Summerisle.

Avis

Avec la sale manie qu'a pour le moment Hollywood de faire des remakes à-tout-va de films, on a tout de même un gros point positif à dégager. Ca fait parler des films originaux. Ainsi, je n'avais jamais entendu parler de The Wicker Man avant la sortie du remake avec Nicolas Cage.
Pour une fois donc, je remercie un remake. Parce que j'ai découvert avec la version de Robin Hardy une oeuvre totalement remarquable.
Premièrement, j'ai trouvé l'ambiance créée par le metteur en scène comme étant incroyable. Il règne sur cette île une étrange façon de voir la vie. Il semble que le temps se soit arrêté, que la civilisation n'a jamais atteint ce bout du monde.
C'est aussi le choc entre deux cultures. Celle d'un policier croyant, toujours vierge et attendant le mariage pour sauter le pas. Il considère les autres religions comme étant fausses, qualifiant les pratiquants de païens. Une façon de vivre comme à l'aube de l'antiquité, où les druides étaient rois et leur conseils précieux. Des rites et fêtes comme à l'époque sont d'ailleurs célébrées. Inconcevable pour le policier. Cette différence ne s'arrête pas là. La religion catholique qui empêche toute forme de plaisir par des voeux de toute sorte se voit confrontée à une liberté des moeurs qui est tout bonnement abjecte pour notre détective. Il se retrouve en face d'une population qui a placé le sexe et la façon dont les enfants sont procréés au centre de l'éducation. Tout est débaûche. Scènes d'amour dans l'herbe entre plusieurs couples, une vilaine tentatrice qui va tenter de faire plonger notre ami dans le mal  (magnifique et envoutante Britt Ekland. Probablement la scène la plus remarquable du film) ou encore ce professeur chantant avec ses élèves une chanson des plus équivoques... Bref, c'est deux mondes totalement différents qui s'affrontent. Une oeuvre qui dénote bien de ce qui se passe dans les années 70 avec une libération totale de l'être humain, l'époque des hippies, des jeunes qui profitent du monde, etc avec en face les gens opposés à cela.
Bien plus que cela, on sentirait presque dans le discours de Hardy que cette jeunesse a bien raison de profiter, que l'éducation religieuse cache bien trop des choses et qu'elle est totalement dépassée face à la modernité. Ca se montre peut-être via les rites d'une ancienne religion, elle aussi qualifiée de mal.
Certes, il n'en faut pas non plus arriver comme au final. Les fêtes païennes étant ce qu'elles sont, il faut toujours un petit sacrifice. Mais cette oeuvre est oppressante comme il le faut. On a envie de voir le policier s'en sortir, en dépit du fait que même s'il est le "bon" personnage dans son histoire, certains éléments de sa personnalité semblent être dénoncées et la fin ne fait qu'appuyer cette vision vu que le catholicisme périt dans les flammes face à la liberté des moeurs de cette population...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:48 - Années 1970 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2009

Procès de Jeanne d'Arc

proces_de_jeanne_d_arcDe: Robert Bresson

Avec: Florence Carrez-Delay, Jean-Claude Fourneau, Roger Honorat, Marc Jacquier, Michel Herubel, Jean Gillibert, André Régnier, Arthur Le Bau, Marcel Darbaud, Philippe Dreux, Paul-Robert Mimet, Gérard Zingg,...

Pays: France

Année: 1962

Synopsis

Du début des audiences au supplice final, le film suit au plus près les minutes authentiques du procès.

Avis

Le premier film de Bresson que j'avais vu ne m'avait que moyennement plu. Je le trouvais assez ennuyeux et me demandait pas mal où le metteur en scène français voulait en venir. D'autant que les comédiens n'étaient pas du tout remarquables. Malgré tout, Pickpocket m'avait laissé entrevoir pas mal de qualités chez Bresson, notamment dans la mise en scène.
Je m'étais donc promis de revoir une oeuvre du cinéaste français. Procès de Jeanne d'Arc m'intéressait depuis longtemps, étant donné que je suis un grand fanatique d'histoire et que la légende entourant "la pucelle". C'est donc logiquement que je me suis tourné vers ce film, d'autant qu'il traite du procès de Jeanne d'Arc, en se basant des écrits du réel procès. Pourtant, un sentiment assez étrange s'est vite dégagé lors de la vision de cette oeuvre. Je me suis rendu compte que c'était un film qui pouvait être vu sans être vu... Je m'explique: 80% des séquences sont celles du procès, rejouées par les acteurs. Le tout est dit dans une ambiance très calme. Le jeu des acteurs est assez plat, me donnant parfois l'impression de reciter leur texte appris par coeur. Ca manque de présence et ça oublie d'injecter du vivant à ce que ça dit. Ensuite, on peut très bien se passer des images du film pendant toute cette période étant donné qu'on enchaîne calmement entre des plans sur Jeanne d'Arc et des plans sur ses juges. Ce ne sont que des plans fixes, sans réelle recherche pour la plupart. Ce qui veut dire que quand on assiste au déroulement du procès, on peut chipoter à autre chose tant que le son est assez fort pour qu'on comprenne ce qu'ils se disent. C'est un peu comme à la radio...
Fort heureusement, Robert Bresson est assez malin. Entre des séquences du procès on retrouve Jeanne dans sa cellule avec des éléments assez importants. Il varie ainsi le rythme qui aurait pu être très monotone.
Toutefois, les dix ou quinze dernières minutes du film sont certainement les meilleures. C'est bel et bien quand Jeanne est conduite au bûcher et lorsqu'elle est brûlée. Le plan final est assez remarquable et semble clairement démontrer que l'oeuvre de Bresson est bel et bien un pamphlet contre le monde ecclésiastique.
Au final, je ne me suis pas ennuyé, j'ai trouvé le film assez intéressant mais certaines personnes seront loin d'avoir cette impression. Les acteurs sont moyens et les séquences de procès alourdissent davantage l'oeuvre qu'elles ne la servent.
Pour conclure, je me demande toujours pourquoi Bresson est rentré dans l'histoire du cinéma français. J'ai trouvé par exemple le film du presque homonyme Luc Besson bien plus intéressant sur le sujet de Jeanne d'Arc. Même si celui-ci est bon...

Note: 3.5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1960 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2009

Dobermann

dobermannDe: Jan Kounen

Avec: Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Antoine Basler, Dominique Bettenfeld, Romain Duris, François Levantal, Stéphane Metzger, Chick Ortéga, Pascal Demolon, Marc Duret, Ivan Mérat-Barboff, Patrick Rocca, Florence Thomassin, Jean Lescot, Roland Amstutz,...

Pays: France

Année: 1997

Synopsis

D'un côté, le Dobermann, toujours suivi de Moustique, l'Abbé, Pitbull, Léo, Manu et Nat son égérie sourde et muette. Leur truc, c'est les banques, les braquages, la vie à fond la caisse, l'adrénaline jusqu'à l'overdose. Et puis il y a Christini La Hyène, un flic pourri, le boucher de l'antigang, le prince de la bavure. Avec lui tous ces bouffons seraient déjà morts. Ces deux bêtes vont s'entretuer, sans règles. Bienvenue dans le chaos !

Avis

S'il y a bien une oeuvre culte que le cinéma français a offert au cours de ces vingt dernières années, c'est Dobermann de Jan Kounen. C'est pourtant le premier long-métrage de ce cinéaste originaire des Pays-Bas. Pas de quoi s'inquiéter niveau de la mise en scène vu que le metteur en scène a su se faire la main sur divers courts-métrages. Elle est électrique, rapide par moments plus posée pour d'autres. Mais c'est surtout une oeuvre déjantée. La violence est ultra présente. Il y a de très grands instants comme le passage où le motard de la police se voit mettre une grenade en plein dans son casque. Les moments de casse sont bien réalisés. La débauche atteint son paroxysme lors des scènes finales lorsque le Dobermann venge tous ses amis morts de la plus "belle" des manières pour lui sur La Hyène.
Fort heureusement, pour atténuer cet excès de violence qui en dégoûterait pas mal, il y a une forte présence d'humour et d'éléments à prendre au second degré si pas plus... Le nombre de répliques cultes est assez affolant. J'apprécie essentiellement celles du prêtre. A noter que La Hyène en lâche quelques-unes. J'ai adoré aussi le moment où l'on voit le personnage de Romain Duris se servir d'un exemplaire des Cahiers du cinéma comme papier toilette. Le foin que cette affaire a fait. Je me souviens avoir encore lu quelques lignes à propos de cette histoire il n'y a pas si longtemps de cela. Sinon, cela prouve bien aussi que pas mal de journalistes manquent d'auto-dérision. Bref, je suppose qu'ils n'ont pas voulu prendre cette scène comme l'ensemble de l'oeuvre. J'aime particulièrement la fin. Kounen suppose un hélicoptère qui poursuit la voiture de nos héros. Et si le crime ne payait pas ? Le doute est permis.
Un mot rapide sur la musique que j'ai trouvée très réussie et bien en phase avec le genre. Sans oublier le casting absolument génial. Il réunit trois acteurs que j'adore: Vincent Cassel, Monica Bellucci et à mon sens le sous-utilisé Tcheky Karyo. Très bon trio même si le rôle de Bellucci dans le film est nettement plus en retrait. Enfin, tous les seconds rôles sont excellents.
Kounen réussissait clairement son entrée dans le cinéma avec Dobermann...

Note: 4/5

Posté par batman1985 à 00:20 - Années 1990 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2009

Faust

Faust_5De: Friedrich Wilhelm Murnau

Avec: Gösta Ekman, Emil Jannings, Camilla Horne, William Dieterle, Yvette Guilbert, Frieda Richard, Eric Barclay, Hans Brausewetter, Hanna Ralph, Werner Fuetterer,...

Pays: Allemagne

Année: 1926

Synopsis

Le docteur Faust s'évertue à mener une vie juste guidée par le Bien. Méphisto s'efforce de soumettre Faust au Mal en répandant la mort autour de lui. Accablé, impuissant et désespéré, Faust accepte de vendre son âme pour retrouver sa jeunesse.

Avis

La lutte entre le bien et le mal a toujours fait sujet à des oeuvres que ce soit au cinéma, dans la littérature ou dans les arts. Cette même lutte est également l'un des fondements principal de l'homme. Que ce soit une lutte intérieure tout comme une lutte sociale.
De Faust, je connaissais une image de cette oeuvre que j'avais vue dans un documentaire. Celle de l'apparence du diable recouvrant toute une ville avec son manteau. Son regard est sombre. Il sème le mal à travers toute la ville. Comme la peste qui vient à frapper les villageois.
C'est alors qu'arrive une sorte de chose assez étrange. Un des villageois, savant qui plus est, ne supporte plus de voir tous les malheurs du monde frapper les habitants. Il souhaite alors régler ce problème en essayant de trouver des solutions. L'une de celle-là est de redevenir jeune pour dans un premier temps faire le bien. C'est alors que Méphisto le tente pour réaliser des choses qu'il n'a jamais pu faire auparavant. Et c'est alors que Méphisto (envoyé par le diable) va réaliser ses voeux les plus chers. On est alors en droit de se poser la question suivante: et si le mal était capable de nous fournir le bien? Mais c'est également dans l'égoïsme de l'homme a vouloir tout le temps trouver le bien, pour satisfaire ses plaisirs que le mal peut être fait à autrui. Bref, l'oeuvre pose une sorte de débat existentiel. Tout au long du film de Murnau, des indices sont posés. Premièrement, il y a le moment où Faust prend au lit l'une des plus belles femmes d'Italie alors que son amant est tué par Méphisto. Ensuite, il vient à s'éprendre d'une jeune villageoise. Le frère de celui-ci meurt suite à un combat entre Faust et le jeune homme. Mais Méphisto n'est pas mal intervenu non plus. En faisant savoir au frère d'abord que la femme était loin d'être aussi innocente qu'elle ne l'était mais également en tuant le rival de Faust. Enfin, la demoiselle sera mise au pilori. Puis, son enfant mourra de faim. Elle sera accusée de l'avoir tué et finira au bûcher. Faust, voyant tout cela, décide de rompre son contrat. Mais trop tard pour la jeune femme... Pourtant, l'oeuvre de Murnau demeure assez optimiste. Ainsi, même si on ne voit pas souvent la face opposée au diable, à savoir l'ange, elle se trouve présente au début et à la fin de l'oeuvre. Elle n'intervient jamais car l'homme est capable de rédemption et surtout... d'aimer. Bref, c'est totalement le genre de films que j'apprécie beaucoup. Du pessimisme mais une volonté de rester optimiste et de ne pas toujours vouloir se cantonner à l'homme est un loup pour l'homme. Mais faire le bien entraînera malheureusement toujours des sacrifices néfastes pour d'autres personnes.
Point de vue technique, l'oeuvre de Murnau est remarquable. Utilisation formidable du noir et blanc avec un rendu gothique on ne peut plus intéressant. Les effets spéciaus sont aussi remarquables pour l'époque. Ce qui me laisse fortement penser que la période allemande de l'avant-guerre était formidable. Il suffit de repenser aux oeuvres de Fritz Lang pour s'en convaincre.
Enfin, pas question de m'être ennuyé ici. Je trouve l'oeuvre remarquable et sa réputation n'est pas du tout usurpée...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 02:27 - Années 1920 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2009

Zoolander

zoolanderDe: Ben Stiller

 

Avec: Ben Stiller, Owen Wilson, Will Ferrell, Christine Taylor, Milla Jovovich, Jerry Stiller, Jon Voight, David Duchovny, Judah Friedlander, Nathan Lee Graham, Alexandre Manning, Asio Highsmith,...

 

Pays: Etats-Unis

 

Année: 2001

 

Synopsis

 

Le célèbre mannequin Derek Zoolander a toutes les chances de recevoir pour la quatrième année consécutive le trophée "Top-Model de l'année". Mais rien ne se passe comme prévu et Zoolander, effondré, voit son prix lui échapper au profit d'un jeune "hippie", Hansel. Le styliste déjanté et diabolique Mugatu profite de la faiblesse passagère de Derek pour tenter de faire de lui une véritable machine à tuer. Derek se retrouve au centre d'une "fashion" conspiration et ce n'est qu'avec l'aide d'Hansel et de accessoires bien choisis comme Mathilda, qu'il pourra sauver tous les top-models de l'univers.

 

Avis

 

Je vais probablement me faire des ennemis, mais peut-être aussi des amis, j'aime bien Ben Stiller derrière la caméra. J'ai vu récemment son Tonnerre sous les Tropiques qui n'était pas mal mais je dois bien avouer que j'ai une petite préférence pour ce Zoolander. Enfin, je devrais revoir le premier un jour ou l'autre pour confirmer ou non cette opinion.
Bref, revenons à nos moutons. L'univers de la mode ne m'a jamais attiré. Je trouve ce surplus de strass et de paillettes tellement superficiel que je n'en ai jamais vu l'intérêt. Certes, il y a de belles femmes mais vraiment, tout est d'une fausseté dans ce milieu... Bref, je ne vais pas m'avancer davantage .Donc, voir Stiller s'attaquer de manière plus ou moins corrosive sur le milieu ne pouvait que me plaire. Il faut dire que c'est réussi car les modèles apparaissent comme étant des êtres sans cerveaux. Ben Stiller possède également une auto-dérision non-négligeable vu que son personnage est probablement le plus idiot de tous. Notez que son inséparable ami Owen Wilson vaut le détour aussi. Le film propose aussi un univers de la mode qui n'est pas représenté de la plus belle des manières. Entre mannequins que l'on jette une fois qu'on est démodé ou jeu de pouvoir entre grands créateur, ce milieu ne semble guère glorieux. Pourtant, on peut également y voir une sorte de critique du monde du cinéma. On y voit déjà un pastiche de la remise des Oscars transformé ici en une sorte du meilleur mannequin de l'année que Ben Stiller a gagné plusieurs fois jusqu'à ce que cette année, arrive son rival joué par Owen Wilson... Un Stiller qui semble rêver de remporter un jour un Oscar puisque ce pastiche va être repris dans Tonnerre sous les Tropiques.
Comme d'habitude chez Stiller, il y a des choses que je n'aime pas. Son humour ne fonctionne pas toujours avec moi car je le trouve lourdingue. Du moins, c'est beaucoup plus rare dans ce cas-ci que les choses que j'aime.
Voici quelques exemples de choses appréciées: le défi défilé, le nombre incroyable de stars qui viennent faire une apparition dans le film et qui démontre bel et bien le côté strass superficiel qui peut exister, la scène parodiant 2001: l'odyssée de l'espace ou quelques blagues du genre:
Mathilda: "Je suis boulimique."
Derek: "Tu peux lire dans le cerveau des gens..."
Comme ça peut beaucoup moins bien fonctionner, lorsque Derek dit: "je n'étais pas une sirène mais un siroi." Bref, ça ne vole pas toujours très haut.
D'un point de vue de la mise en scène, je trouve que c'est pas mal du tout avec un montage parfois plus audacieux. Notamment lorsqu'il use la technique du split-screen qui reste une de mes favorites au cinéma et qui est superbement maîtrisée par De Palma par exemple.
Pour conclure, j'ai vraiment passé un agréable moment.

Note: 3.5/5 

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 2000 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2009

Respiro

respiroDe: Emanuele Crialese

Avec: Valeria Golino, Vincenzo Amato, Veronica D'Agostino, Filippo Pucillo, Emma Loffredo, Elio Germano, Avy Marciano, Muzzi Loffredo, Vincenzo Barreca,...

Pays: France, Italie

Année: 2002

Synopsis

Lampedusa est une île perdue au Sud de la Sicile, belle et aride, avec sa mer d'un bleu parfait, sa communauté de pêcheurs, ses bandes d'enfants bagarreurs, ses familles solidaires mais jalouses. La vie y est immuable: aussi rassurante qu'étouffante, aussi charmante que cruelle. Grazia est la jeune mère de deux adolescents et d'un jeune garçon. Fantasque, affectueuse et éprise de liberté, sa personnalité s'accommode mal des conventions villageoises...

Avis

Ca faisait longtemps que Chris (voir mes liens et si vous le souhaitez vous pouvez vous rendre sur son forum) me cassait les oreilles avec le cinéma de Crialese et plus particulièrement avec Respiro. Et bon sang, qu'est-ce qu'il a bien fait! Je me suis certainement pris l'une des plus belles claques cinématographiques depuis longtemps. Ce film est remarquable.
Comme d'habitude, je vais vite passer sur le côté formel de la chose. Premièrement la musique est fantastique. L'air de la chanson principale est en parfaite concordance par rapport aux images du film mais également aux différentes thématiques proposées. La mise en scène de Crialese se montre sobre mais précise. Elle met surtout en avant de formidables images de la mer et de la côte sicilienne. Cette mer Méditerranée qui joue un rôle d'ailleurs très important dans le récit. Cette œuvre met également en avant la vie comme elle se passe dans un petit village sicilien, presque coupé du monde et dont les avancées technologiques, scientifiques d'une vie moderne n'ont encore jamais atteint les habitants.
Difficile comme cela de dire à quelle décennie l'oeuvre se situe, étant donné qu'il y a peu d'indices sur le monde extérieur. Toujours est-il que Crialese défend ardemment l'émancipation de la femme dans ce film. Mais ce n'est pas le seul thème abordé. Premièrement, le metteur en scène italien nous propose une société encore totalement gouvernée par les hommes, avec les us et coutumes que ça comporte. Les garçons se battent et chassent. Les femmes travaillent ensemble avec les plus jeunes enfants, occupés à faire leur éducation et travaillant souvent dans des usines. Tout est organisé comme un clan. Bref, pas de doutes, l'homme occupe une place de dominant et la femme est dominée. Ensuite, il y a une formidable scène où l'on voit les enfants (garçons évidemment) enguirlander leur mère parce qu'elle nage à moitié nue dans la mer. Grand moment.
J'en arrive alors à parler de l'importance de la mer pour Grazia. Cette femme n'en peut plus de la situation qui l'entoure. Cette vie de clan n'est pas pour elle. Elle veut évoluer. L'eau va alors être le symbole de plusieurs éléments, souvent proches. Le principal reste que la mer évoque une liberté. Cette liberté elle pourrait la trouver en mourrant (le faux suicide, incroyable) ou par bateau, lorsqu'elle veut partir avec des pêcheurs. Elle symbolise également un élément très protecteur. On la voit en position de la croix, comme le Christ, et l'eau évoque la protection. Mais cette position n'est pas anodine et jouera un rôle trè!s important plus tard Elle peut également être associée au bien-être que ressent un bébé dans le ventre de sa mère. La mer est, pour les hommes, un simple terrain de chasse (les garçons y chassent des oursins ou pêchent le poisson). La liberté que souhaite énormément Grazia va alors se transférer vers ses chiens qui sont prisonniers dans un bâtiment non loin du village. Elle les libère mais son rêve se transforme vite au fiasco. Les bêtes sont abattues par les hommes. Grazia va alors quitter précipitamment le village. Tout le monde la recherche. Son fils va l'aider à se cacher. Le complexe d'Oedipe est évoqué. Plusieurs fois l'enfant va se retrouver dans le lit conjugal. Lui venir en aide et la cacher de son père est la meilleure façon de lui montrer son amour. Il va même faire croire que sa mère s'est noyée. La mer va devenir un symbole de mort. Les hommes vont alors marcher dans l'eau, ils y avancent que très péniblement. De bien drôles d'animaux dont on sent que l'évolution stagne.
Plus tard, le mari va plonger en mer. Il va y introduire une Vierge Marie. Le village voit maintenant Grazia comme une Sainte alors que plus tôt, elle était presque prise pour folle en raison de son désir d'émancipation et de liberté. La dimension religieuse prend alors toute son importance. Grazia est sur sa croix dans l'eau, plus tôt dans le film, portée au pilori par un village entier. Ensuite, elle est élevée au rang de Sainte. La Vierge Marie dans l'eau va alors accoucher du plus formidable des enfants. Lors d'une fête traditionnelle, le mari de Grazia la voit nager au loin dans l'eau. Tout le village plonge alors. La femme est retrouvée. L'ensemble du village nage facilement alors que l'eau semblait être un endroit pénible pour les hommes. Une évolution vient d'être marquée. La mentalité peut-elle alors évoluer?
Respiro ou comment parler de l'évolution et de la religion de manière remarquable dans un même film...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 2000 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2009

Akira

akiraDe: Katsuhiro Ôtomo

Avec les voix de: Mitsuo Iwata, Nozomu Sasaki, Mami Koyama, Tesshô Genda, Hiroshi Ôtake,...

Pays: Japon  

Année: 1988

Synopsis

Tetsuo, un adolescent ayant vécu une enfance difficile, est la victime d'expériences visant à développer les capacités psychiques qui dorment en chacun de nous. Ainsi doté d'une puissance que lui-même ne peut imaginer, Tetsuo décide de partir en guerre contre le monde qui l'a opprimé. Dès lors, il se retrouve au coeur d'une légende populaire qui annonce le retour prochain d'Akira, un enfant aux pouvoirs extraordinaires sensé délivrer Tokyo du chaos...

Avis

Je n'ai pas été au fond très logique en découvrant les animés d'Ôtomo puisque j'ai commencé par l'une de ses dernières oeuvres, Steamboy. En fait il s'agit même du dernier mais il semble que deux autres longs animés soient en préparation.
Mais Akira, je le connaissais évidemment de réputation. Cela faisait des mois voire des années que je me disais qu'il fallait que je le vois un jour. Cependant, son prix en magasin m'avait toujours freiné. J'ai encore une fois fait une affaire sur Internet.
Venons-en à l'oeuvre. Il n'est pas simple de parler de cet animé tant il est riche et foisonnant de qualités. Je devrais premièrement parler des dessins qui demeurent sublimes. Malgré ses vingt et un ans bien tapés, Akira 
reste un animé incroyable par la virtuosité des mouvements et par le nombre de détails qui peuvent surgir à l'écran. De plus quelques séquences demeurent incroyables comme l'explosion atomique ou encore les différents passages à la fin lorsque Tetsuo se transforme. Sans oublier un moment qui n'est pas sans rappeler le génial 2001: l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Si je devais rester sur le point de vue formel, il faut absolument que je touche un mot sur la B.O. qui est un mélange de musiques japonaises traditionnelles et de musique électronique. Le rendement final est formidable et donne probablement l'une des plus belles compositions que j'ai entendu dans le cinéma asiatique. Véritablement l'une des plus incroyables avec ce que j'ai pu entendre de Kenji Kawai.
Sur le fond, on est loin d'être dans un animé accessible à tous. Akira fut considéré comme l'un des premiers mangas adultes à être sorti au cinéma. Et pour cause: il existe une certaine violence qui n'est pas à montrer au plus jeune. Beaucoup de bagarres, de morts, la drogue, les gangs ou encore une tentative de viol sont montrées. Mais il faut aussi avouer que comme on est devant un animé, cela nous permet d'avoir pas mal de recul.
L'oeuvre dépeint aussi une société totalement détruite, qui suite à la guerre tente très difficilement de se reconstruire. Ôtomo y dévoile déjà l'un de ses thèmes de prédilection qui est la science et les dangers que celle-ci peut représenter si elle tombe en de mauvaises mains. Des gens s'en servent alors pour acquérir du pouvoir. Mais au fond qui est Akira? Akira est une forme d'être très intelligent et possédant des pouvoirs. Il n'est pas réellement humain car il s'agit de ses restes qui ont été conservés dans une sorte de bunker. Akira a le pouvoir de libérer Tokyo du chaos qui règne. Tetsuo est un ami de Kaneda qui a été attrapé par des scientfiques et sur qui on réalise des expériences. Ses pouvoirs psychiques vont alors se décupler. Il va devenir un danger pour les autres lorsqu'il va se montrer avide de vengeance face à une société ou a des personnes qui l'ont longtemps sous-estimé ou opprimé. C'est alors que rentre en jeu Kaneda qui va tenter d'empêcher Tetsuo de réaliser un massacre. Sans oublier qu'il y a ses trousses l'armée qui pourrait tuer Tetsuo ou le récupérer pour l'utiliser. Kaneda est aidé dans sa tâche, bien malgré lui ou eux, par des sortes de terroristes qui veulent à tout prix voir les expériences cesser et par trois enfants qui ont eux-mêmes été victimes de manipulations et qui ont développé des pouvoirs. La fin de l'oeuvre s'inscrit alors assez logiquement. Tetsuo, tellement avide de vengeance, ne contrôle plus ses pouvoirs. Lors de ses mutations, les trois enfants combattent à leur manière le jeune garçon. Tetsuo grandit de plus en plus. Il a réussit avant sa transformation à libérer Akira. Une explosion nucléaire survient, Tokyo est dévastée. Est-ce l'explosion de 1989 ou une nouvelle, en 2019? Des effets robostropiques comme pour l'oeuvre de Kubrick apparaisse. On y voit Kaneda entendant des voix. Le jeune homme survit. Le film s'achève par un commentaire final où l'on entend Tetsuo dire: "Je suis Tetsuo". Si le garçon ne possède plus d'enveloppe physique, tout porte à croire qu'il est encore vivant spirituellement. Après tous ces événements, l'humanité peut avoir un nouveau départ.
Akira est donc un film très riche et qui mérite très amplement les éloges et le statut d'oeuvre culte.
 

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1980 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1