28 juin 2009
L'ennemi intime
De: Florent-Emilio Siri
Avec: Benoît Magimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing, Marc Barbé, Vincent Rottiers, Lounès Tazairt, Mohamed Fellag, Abdelhafid Metalsi, Guillaume Gouix, Eric Savin,...
Pays: France, Maroc
Année: 2006
Synopsis
Algérie, 1959. Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la réalité vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemis qu'eux-mêmes.
Avis
Comparé à Platoon de Oliver Stone, L'ennemi intime de Florent-Emilio Siri demeure toutefois assez loin de l'oeuvre américaine. Beaucoup de différences émaillent les deux films. Siri n'a jamais fait la guerre d'Algérie. Stone a fait celle du Vietnam. Si l'oeuvre de ce dernier est parfois parfois proche du documentaire (réalisme des scènes, soldats plongés dans une vraie guerre, Stone ayant même créé un camp d'entraînement pour ses acteurs,...), l'oeuvre de Siri en est un peu plus loin, mettant en avant l'émotion des soldats et réalisant un film servant bien plus à la mémoire et visant à parler d'une guerre que la France a très longtemps voulu ignorer.
Ainsi, Siri revient sur un conflit qui n'en a pas vraiment été un. Le mot guerre n'était pas utilisé par les soldats français. Il était intéressant de constater que des Algériens servaient pour la France et par conséquent, combattaient des compatriotes. Il s'agissait aussi de soldats qui avaient endossé l'uniforme lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Revenons-en au film. Siri dépeint les atrocités d'une guerre. Il n'a pas peur de montrer, toutefois avec retenue, les horreurs commises. Massacres, exécutions sommaires, tortures,... La guerre d'Algérie a été une guerre affreuse, comme toutes les autres. Siri n'accuse pas seulement les gens du FLN mais également les soldats de la nation française qui étaient loin d'être des anges.
Pourtant, Siri tient à démontrer que la plupart de ces soldats restaient des hommes avant tout. Et par conséquent, ils possédaient des sentiments comme les autres. La perte de copains, les atrocités vues voire commises usaient le moral des hommes. Le metteur en scène français le rend très bien. Il y a cette fameuse scènes "des bidons" que les soldats ne veulent pas que l'on utilise. Il s'agit en fait de napalm largué par un avion. La mort de l'ennemi est donc affreuse, vu qu'ils sont brûlés vifs. La séquence est d'ailleurs très bien faite. L'appel est lancé. La caméra passe alors dans une sorte de vue aérienne. Nous sommes l'avion qui va larguer sa bombe. La musique d'Alexandre Desplat est très réussie lors de ce moment. Comme l'ensemble de sa composition, très calme, qui n'attaque pas les tympans. Tout est mélodieux. La réussite est au rendez-vous à ce moment-là.
Siri apporte également de la distanciation à certaines scènes de massacres. Les tortures sont montrées mais c'est très rare de nous retrouver choquer. Les cris, entendus de loin, résument la situation.
La construction des deux personnages principaux est assez classique. D'un côté on a un idéaliste en la personne de Terrien et de l'autre, il y a le personnage de Dougnac, qui est nettement plus réaliste et qui sait quels sacrifices doivent être faits. Pourtant, Siri parvient à insérer une sorte de flux intéressant. Dans le personnage de Terrien, il y a toujours une sorte de rêve où l'on voit des jambes d'hommes courir. Chez Dougnac, la guerre semble faire des ravages importants. Dans les deux cas, les deux hommes vont perdre quelque chose de très important. Terrien va perdre ses rêves et son idéalisme. Attention spoiler: il va alors aller au rendez-vous avec la mort. Tandis que Dougnac, fidèle soldat, va déserter pour échapper à cette mort (FIN du spoiler).
En gros, il manque pas grand chose dans le film de Siri pour en faire un immanquable. Peut-être la faute d'une réalisation parfois trop classique bien que cela ne dérange nullement. Ou peut-être aussi parce qu'il manque un vrai personnage fort dans ce film même si Dupontel et Magimel se débrouillent parfaitement. Peut-être que l'aspect politique, totalement délaissé dans l'oeuvre, manque totalement, bien qu'on a évidemment compris de quoi voulait parler Siri (et il le fait admirablement bien, créant même une scène très émouvante sur la fin de l'oeuvre). Sur le sujet, il s'agit probablement d'un des meilleurs films avec La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo.
Note: 4/5
Commentaires
Vilain !
Il me tente pas ce film. Tu t'en douteras, vu le thème.
Bonne soirée méchant belge, et bon visionnage de Coraline si tu le vois prochainement, ça vaut le coup d'œil.
"avec La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo".
Je l'ai enregistré donc je le verrai. Par contre, celui de ton article, pas vu.
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