cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

31 juillet 2009

L'ami américain (Der Amerikanische Freund)

l_ami_americainDe: Wim Wenders

Avec: Bruno Ganz, Dennis Hopper, Lisa Kreuzer, Gérard Blain, Nicholas Ray, Samuel Fuller, Peter Lilienthal, Daniel Schmid, Jean Eustache, Sandy Whitelaw, Lou Castel,...

Pays: Allemagne de l'Ouest, France

Année: 1977

Synopsis

Atteint de leucémie, Jonathan Zimmermann, propriétaire d'un atelier d'encadrement à Hambourg, se sait irrémédiablement condamné. Il rencontre un jour l'américain Tom Ripley, trafiquant de tableaux. Ce dernier présente à Jonathan l'un de ses amis, qui lui propose de tuer un inconnu contre une forme somme. Jonathan accepte, offrant ainsi une "assurance vie" et un avenir à sa famille. C'est le début d'une spirale inéluctable...

Avis

Découverte de l'univers de Wenders avec L'ami américain, film regroupant des acteurs mondialement connus comme Dennis Hopper et Bruno Ganz.
Je ne vais pas dire que je ressors mitigé de ce film car il m'a semblé plus positif que négatif mais je dirai plutôt qu'il obtient la moyenne mais sans plus. Je me pose donc la question de savoir si Wenders est un cinéaste que je pourrais aimer en général.
Commençons donc par ce film. Tout d'abord, il fat saluer l'interprétation des deux acteurs principaux (sans oublier les autres évidemment). Hopper et Ganz dominent le film même si j'ai une légère préférence pour le comédien allemand.
Côté de la mise en scène, il faut bien avouer que Wenders manie très bien la caméra. Il propose d'ailleurs des plans assez remarquables par moment, essentiellement de paysages. Parce qu'il faut bien avouer que les différentes vues de la ville d'Hambourg ne sont pas magnifiques. La photographie est vraiment laide quand il réalise des plans de la métropole allemande. Pour le reste, il n'y a pas de soucis.
Ensuite, même si je ne me suis pas ennuyé, il faut bien dire que le scénario du film n'est pas des plus originaux. Certes, le personnage de Ganz est malade, condamné à mourir. Mais il ne possède pas vraiment de rebondissement. Tout s'imbrique logiquement, le script est un peu cousu de fil blanc. Sans pour autant désintéresser le téléspectateur vu que celui-ci suivra le film, si on aime le cinéma lent bien évidemment, jusqu'au bout.
En fait, je vais m'en arrêter là car ce film ne m'a fait ni chaud ni froid. Je reconnais quelques qualités chez Wenders mais je sens aussi que je n'ai pas touché à ce qui fait le joyau de sa filmographie comme Les ailes du désir ou Paris, Texas. Je ne me sens donc pas découragé à le découvrir mais ce film ne m'a pas non plus encouragé vivement. Bref, j'ai l'impression que cette oeuvre est plutôt mineure dans tout ce que le cinéaste a pu faire.

Note: 3/5

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28 juillet 2009

L'île (Ostrov)

l_ileDe: Pavel Lounguine

Avec: Piotr Mamonov, Viktor Soukhoroukov, Dmitri Dioujev, Iouri Kuznetsov, Viktorika Issakova, Nina Oussatova, Olga Demidova, Alexei Zelenski, Gricha Stepounov, Sergei Bourounov,...

Pays: Russie

Année: 2006

Synopsis

Un monastère orthodoxe sur une île du nord de la Russie. Un moine perturbe la vie de sa congrégation par son comportement étrange. En effet, selon la rumeur, l'homme posséderait le pouvoir de guérir les malades, d'exorciser les démons et de prédire l'avenir... C'est en tout cas ce que croient les étrangers qui se rendent sur l'île. Mais le moine, qui souffre d'avoir commis une terrible faute dans sa jeunesse, se considère indigne de l'intérêt qu'il suscite...

Avis

Mon tour de découverte du cinéma russe continue avec au programme Pavel Lounguine et son dernier opus: L'île. Oeuvre étrange qui plus est où l'on suit la vie d'un moine orthodoxe coupable d'un grave pêché dans sa jeunesse.
Premièrement, il faut reconnaître le travail incroyable qui a été fait par Lounguine et son équipe pour respecter au plus près la vie des moines orthodoxes. Ce film est d'ailleurs une très belle découverte des us et coutumes de cette religion qui est au fond la religion catholique des pays de l'est. C'est donc dans un voyage empli de spiritualité que le metteur en scène nous propose. Les fans d'action, déguerpissez au plus vite, vous avez en face de vous un film "limace".
Premièrement, il faut mettre en avant la mise en scène du cinéaste russe. Elle est d'une grande précision, nous offre des plans d'une grande beauté et demeure assez épurée. Pas d'effets de style, pas d'effets spéciaux. Lounguine filme mais il le fait de manière remarquable... Il faut donc aussi mettre en avant le travail réalisé sur la photographie mais également sur la composition musicale, signée par Vladimir Martynov. Côté acteurs, le film est entièrement porté par Piotr Mamonov. Ce dernier en est à sa deuxième collaboration avec Lounguine, après Taxi Blues. Ce choix n'est pas dû au hasard. Mamonov est lui-même un fervent croyant.
Dans le film, il n'est pas trace de modernité. Nous sommes littéralement coupé du monde. Tout est fait pour que le téléspectateur se concentre également sur ce monde rempli de spiritualité.
L'oeuvre adopte également un de mes thèmes préférés au cinéma: celui de l'homme en quête de rédemption. Et c'est bien ce que nous suivons avec le personnage d'Anatoli. Il a causé quelque chose qu'il regrette et il espère pouvoir trouver le pardon dans la religion. Il attends vainement la mort. Pourtant, il tente d'aider les autres, avec ces soi-disants pouvoirs. Ces prédictions sont-elles justes? Est-il un charlatan? Nul ne le sait vraiment au début. Mais au fur et à mesure qu'on avance, le cinéaste offre clairement un oui: Anatoli possède des pouvoirs. Il le prouvera à plusieurs reprises même. La rédemption, la quête du pardon se trouve clairement dans la foi pour Lounguine, qui aborde pour la première fois la religion dans son cinéma.
Il offre une oeuvre complète, intelligente, auquelle il ne manque pas grand chose pour devenir inoubliable.

Note: 4/5

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25 juillet 2009

Le grand bleu

le_grand_bleuDe: Luc Besson

Avec: Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette, Paul Shenar, Sergio Castellito, Jean Bouise, Marc Duret, Andreas Voustinas, Valentina Vargas, Griffin Dunne,...

Pays: Etats-Unis, France

Année: 1988

Synopsis

Jacques et Enzo se connaissent depuis l'enfance. Elevés en Grèce, ils vouent tous deux une passion illimitée à la mer. A la suite du décès accidentel de son père lors d'une plongée, Jacques rentre en France. Vingt ans passent, mais la rivalité entre Jacques et Enzo existe toujours. Le championnat du monde d'apnée en Sicile est l'occasion pour les deux hommes de se retrouver et d'explorer un monde insondable.

Avis

Il y a des films dont la réputation les fait traverser tous les âges. Pourtant, lors de leur vision, on en vient à se demander pourquoi. Non pas que ceux-là soient toujours mauvais mais on découvre que leur réputation est justement très surfaite. Le Grand Bleu de Besson fait partie de ces oeuvres correctes mais qui ne méritent pas le bruit qui court sur elles.
Commençons par les reproches pour cette oeuvre. Tout d'abord, c'est quand même très long, voire trop long. Ensuite, il y a des passages très faibles voire même inutiles. Si le film avait été une grosse demi-heure plus court, il n'aurait en rien perdu de sa qualité. Ca l'aurait peut-être même servi.
Mais comme Besson n'est pas un con (si si, je vous promets), il sait que son oeuvre doit être par moments relancée pour ne pas voir le téléspectateur décrocher définitivement. Ainsi, Le Grand Bleu est étoffé par des moments d'humour qui fonctionnent dans la plupart du temps.
Mais le principal intérêt, c'est bien le contenu. Le personnage de Jacques doit choisir entre l'amour qu'il peut porter à une femme, à un être humain et l'amour qu'il a depuis toujours envers l'océan même si celui-ci s'est montré cruel envers lui (il est responsable de la mort de son père). Le film est un véritable ode à la mer, Besson semblant être un grand fan de cet élément de la nature. L'oeuvre est souvent silencieuse, calme, représentative du personnage de Jacques. En contrepartie, il y a le personnage de Enzo, joué avec brio par Jean Reno. C'est une personne plus excentrique, compétitive, qui aime la mer mais qui lui permet surtout de jouir d'une énorme réputation grâce à ses titres de champion du monde d'apnée. Les deux vont alors se confronter pour le titre. Le choix de ces deux personnages n'est pas le fruit du hasard puisqu'ils existent réellement. L'adaptation en film est évidemment très libre, ces hommes ne connaissent pas le même destin dans la vie par rapport à l'oeuvre de Besson. La fin de l'oeuvre est très belle toutefois. Mais en matière de film sur la nature, il y a beaucoup mieux, notamment chez Malick, Herzog ou encore Miyazaki.
A noter que les trois acteurs principaux sont très bons. La musique de Serra est par contre plutôt moyenne. Elle est parfois très réussie mais parfois beaucoup plus ennuyeuse. Au final, Le Grand Bleu est un bon film mais ne mérite tout simplement pas le foin qu'on en fait autour...

Note: 3.5/5

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22 juillet 2009

Côte 465 (Men in War)

men_in_warDe: Anthony Mann

Avec: Robert Ryan, Aldo Ray, Robert Keith, Vic Morrow, Phillip Pine, Nehemiah Persoff, James Edwards, L.Q. Jones,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1957

Synopsis

En pleine guerre de Corée, 17 soldats isolés doivent traverser la Côte 465 pour rejoindre leur unité. Ils sont commandés par le lieutenant Benson, calme et lucide, et par le sergent Montana, instinctif et violent. Les deux hommes vont s'affronter pour la conquête du pouvoir... et de la Cote 465.

Avis

En grand fanatique de films de guerre et en faisant en plus partie de la prestigieuse collection "Les introuvables", Men in War, appelé par son très mauvais titre français Côte 465 dans nos régions, il se devait donc de passer un jour par mon lecteur DVD.
Au final, l'oeuvre me laisse un goût amer de déception, peut-être en attendais-je trop de ce film signé Anthony Mann. Mais il n'en est pas pour autant mauvais.
Premièrement, le cinéaste utilise énormément de grands plans, filme le soldat au plus près, nous fait vivre le quotidien d'un soldat américain lors de la guerre de Corée, sujet très rarement utilisé au cinéma. Rien que pour cela, on peut être ravi de voir ce film. Le fait de serrer ainsi si près des personnages développe un sentiment d'oppression assez important. Le sentiment de ne jamais être seul, d'être constamment épié par un ennemi invisible...
Sur le fond, le film divise. Dans les bonnes choses, c'est que Mann, en moins d'une heure trente,il va nous faire découvrir tous les dangers qui guettent un soldat américain en guerre. Embuscades, blessures, mines, tireurs isolés, combats rapprochés. On comprend alors que c'est un monde sans pitié et qu'il ne faut en aucun cas baisser sa garde. Le soldat qui dort meurt. Le soldat qui se met à rêver meurt. Cela nous mène à parler de la confrontation entre les deux hommes forts du groupe. Le lieutenant Benson et le sergent Montana. Le premier est un humaniste, épris encore de rêves de revoir un jour sa famille. Le second est un véritable animal sanguinaire. C'est un guerrier. Et il sait comment faire une guerre. Mann propose une lutte importante entre les deux mais c'est surtout le second qui va l'emporter. L'humaniste reconnaissant que dans la guerre, seuls les guerriers survivent. Il faut revenir à des bases ancestrales. Se montrer sans pitié. Redevenir un animal. Le casting est bien servi par Aldo Ray et Robert Ryan. La fin est toute symbolique avec les croix de décoration que l'on jette au sol, destinées aux cadavres parsemant le champ de bataille.
Quel est donc le grand problème du film de Mann? Question mise en scène, s'il filme souvent de près donc, pour le reste ça demeure trop classique à mes yeux. Mais c'est surtout dans l'enchaînement des événements qu'il y clairement un gros souci. Mann annonce trop la couleur, la suite. Le spectateur devine aisément ce qui va se produire et tout le film perd son charme de la sorte. Le soldat rêveur, avant même que l'on ne voit l'ennemi, on comprend qu'il va mourir. Et il y a plein de plans de la sorte. Bref, c'est dommage, et cela nuit considérablement en la qualité du film.
Au final, de ce qui aurait pu être une grande oeuvre, on obtient un film correct, possédant un fond très intéressant, deux acteurs talentueux et une mise en scène parfois très réussie parfois plus banale.

Note: 3.5/5

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19 juillet 2009

The King of New-York (King Of New York)

king_yorkDe: Abel Ferrara

Avec: Christopher Walken, David Caruso, Laurence Fishburne, Victor Argo, Wesley Snipes, Steve Buscemi, Janet Julian, Joey Chin, Giancarlo Esposito, Paul Calderon, Theresa Randle, Frank Adonis,...

Pays: Grande-Bretagne, Etats-Unis, Italie    

Année: 1990

Synopsis

Un homme sort de prison. Pas n'importe quel homme. C'est Frank White, le plus grand des seigneurs du crime de New-York. Mais l'impitoyable Frank White nourrit aussi le rêve de construire un hôpital pour les plus démunis. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde, y compris de flics prêts à tous les coups bas pour détruire son empire.

Avis

Ahlalalala, les films sur des mafieux, ils se comptent par milliers. Dur dur dès lors de se démarquer, surtout que bon nombre de très grandes œuvres ont déjà été réalisées dans le genre. Pourtant, Abel Ferrara y parvient fort bien et réalise un film qui sort aisément du lot.
Premièrement, Ferrara s'avère être un metteur en scène très minutieux. Il attache énormément aux détails de la vie quotidienne de Frank White. Il s'arrête sur des bouteilles de champagne, de manière très longue, sur le luxe qu'il l'entoure. Ca permet évidemment de s'attacher énormément au personnage, de voir sa vie, et de s'y projeter. Les rêves de puissance et de décadence ont un jour ou l'autre traversé les hommes. Mais c'est aussi un excellent moyen d'observer le personnage lui-même. Que derrière cette vie, il y a une volonté, un projet. On voit l'envie d'un homme de faire quelque chose de bien, comme il dit. C'est une personne en quête de rédemption. Il se fixe donc l'objectif de construire un hôpital pour les laissez pour compte de la ville.
C'est alors que l'on découvre toute la richesse du scénario. Ferrara pose habilement la question suivante: est-ce que l'argent gagné de manière malhonnête peut-il être utilisé à bon escient? Est-ce seulement les gens de bonne volonté qui peuvent faire le bien autour d'eux. Pourquoi un baron de la drogue ne pourrait-il pas lui aussi aider les autres, en dépit des crimes qu'il commet pour les aider. Ferrara inscrit un peu son personnage comme étant un Robin des Bois des temps modernes. Hypothèse appuyée par le fait que ce qui représente l'ordre et la justice cherche à empêcher notre héros d'accomplir ses actes. La police se lance alors aux trousses de Frank White et tous les moyens sont bons pour l'arrêter. Les policiers se transforment alors en véritables criminels prêts à tout. Les frontières entre le bien et le mal deviennent de plus en plus floues et c'est une remise en question sur cette notion qui est faite. L'oeuvre ne souffre d'ailleurs que d'une narration que je juge parfois brouillonne. Mais c'est une autre histoire. La fin est particulièrement émouvante dans le sens où elle est empreinte de pessimisme.
Côté des acteurs, il faut aussi avouer que Christopher Walken est absolument immense. J'ai adoré, c'est un peu paradoxal, le moment où il se met à danser. Ca m'a rappeler qu'il avait été pris dans un clip absolument génial du groupe Fatboy Slim. Pour le reste, même les seconds couteaux, ce sont des poids lourds avec des personnes comme Caruso, Buscemi, Fishburne et même Snipes que j'ai trouvé très correct.
Je n'avais jamais rien vu de Ferrara mais c'est une très belle découverte.

Note: 4/5

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16 juillet 2009

Le dernier combat

dernier_combatDe: Luc Besson

Avec: Pierre Jolivet, Jean Bouise, Fritz Wepper, Jean Reno,...

Pays: France

Année: 1983

Synopsis

Quatre hommes ayant échappé à l'apocalypse luttent sauvagement pour leur existence et celle d'une femme qui est cachée quelque part...

Avis

Quand on regarde une carrière d'un réalisateur, on est parfois très surpris de certaines oeuvres qu'il a pu réaliser, bien avant d'être connu. Prenons le cas de Luc Besson, par exemple. Devenu l'un des français les mieux cotés aux Etats-Unis, il a servi quelques blockbusters américains intéressants et a produit énormément de daubes françaises.
Prenons le tout premier film du metteur en scène et qu'y constatons-nous?
Que tout d'abord, le petit Besson ne manquait pas d'audace à l'époque. Un film en noir et blanc et entièrement muet ! Bigre, c'est que ça se démarque déjà pas mal de ce qui pouvait se faire au début des années 80. Ensuite, c'est lent, très lent. Pour peu, on se croirait chez du Tarkovski (non faut quand même pas déconner, mais ça vous donne un ordre d'idée). Pas un gramme d'action ou presque. Nous sommes loin, très loin des productions actuelles. Ce n'est pas pour autant plus mauvais. Oui, parce que vous pourrez le constater à travers les pages, si l'envie vous en dit, que ce que fait Luc, j'aime bien.
Ici, l'oeuvre possède un bien triste message. L'apocalypse est survenue et l'homme semble revenir à l'époque de l'âge de pierre. Plus personne n'est capable de parler. L'être humain est amené à communiquer par signes ou par l'art. Contrairement aux hommes des cavernes, l'homme possède une technologie nettement plus avancée qu'il est encore capable d'utiliser. Mais c'est avant tout le retour à une société totalement archaïque, où l'homme lutte terriblement pour le pouvoir (enfin, ça n'a pas changé de nos jours cela) d'une manière très primaire. Pas de quartier. On opère seul ou alors on forme un clan dont on devient le maître. La femme, ou plutôt femelle dans ce cas-ci, est réduite à sa plus simple expression. On l'enferme pour la préserver des autres. On a tous les droits sur elle. Elle représente la subsistance et donc l'avenir de l'humanité. Pas question de la partager.Mais c'est également dans l'amour que subsiste l'espoir. Et à ce niveau, la fin est trop rapidement expédiée. Comme si Besson voulait en finir au plus vite. Dans la narration, il est parfois brouillon mais peut-on lui en vouloir pour un premier film? Surtout qu'il démontre ici de nombreuses qualités, outre le fond du propos, comme une bonne direction d'acteurs et surtout une mise en scène précise avec une utilisation très jolie du noir et blanc. Revenons aux comédiens justement où l'on découvre un Jean Reno au début de sa carrière. Déjà bon, à mes yeux. Le reste du casting est vraiment parfait, en osmose avec le film, où chacun joue un personnage bien spécifique et marqué (le scientifique, le guerrier, le chef,...). Note sur la musique d'Eric Serra qui est réussie dans l'ensemble même si j'ai trouvé que le thème principal n'était pas du tout en osmose par rapport au film en lui-même. Le dernier combat, ou quand Besson nous faisait du cinéma d'auteur...

Note: 3.5/5

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13 juillet 2009

Les bourreaux meurent aussi (Hangmen also die)

BOURREAUXAFDe: Fritz Lang

Avec: Brian Donlevy, Walter Brenman, Anna Lee, Hans von Twardowski, Gene Lockhart, Nana Bryant, Billy Roy, Margaret Wycherly, Dennis O'Keefe,...

Pays: Etats-Unis  

Année: 1942

Synopsis

Dans Prague occupée par les Nazis. Le 27 mai 1942, le Reich Protektor Heydrich est grièvement blessé par une bombe (il meurt une semaine plus tard). L'auteur de l'attentat, le professeur Svoboda, se réfugie par hasard chez le professeur Novotny. Celui-ci est arrêté comme otage par la Gestapo. Marcia, la fille du professeur se rend à la Gestapo. Elle a l'intention de dénoncer Svoboda pour faire libérer son père. Mais Svoboda, devenu héros national, est aidé par les résistants tchèques. Elle se tait mais attire l'attention des S.S. qui la font suivre par l'inspecteur Grüber.

Avis

Lang se base d'une histoire vraie pour réaliser ce film. Librement adapté d'un événement qui s'est déroulé le 27 mai 1942, l'oeuvre ne respecte nullement le déroulement historique qui est le suivant: Heydrich est victime d'un attentat opéré par trois résistants tchèques. Le S.S. allemand n'est pas tué sur le coup mais est gravement blessé. Il décède le 4 juin 1942 d'une septicémie. S'ensuit alors une énorme campagne de répression de la part des Allemands, avec de nombreux massacres de villageois, dont l'un des plus marquants est celui de Lidice, peu de temps après l'attentat.
Lang ne s'intéresse donc qu'aux heures qui suivent l'attaque contre Heydrich. Tout est librement adapté. Nous pouvons également affirmer que l'oeuvre est divisée en deux parties bien distinctes.
La première est une chasse à l'homme particulièrement prenante. L'effervescence gagne Prague. Svoboda est un héros mais les S.S. capturent bon nombre d'habitants. Si aucune information n'est donnée sur l'identité de l'auteur, les Allemands exécuteront tous les jours un certain nombre d'otages. Cette partie s'intéresse également très fort au personnage de Marcia. Tiraillée entre l'envie de revoir son père, de le sauver des griffes nazies, et entre le devoir patriotique, clairement mis en valeur par Lang. Tout est bon pour résister contre l'oppresseur allemand. Au fond, le cinéaste allemand exilé aux USA nous délivre une oeuvre presque propagandiste, évoquant la résistance du peuple contre le nazisme. Il ne faut pas oublier que Lang est fermement opposé au régime d'Hitler.
La seconde partie de l'oeuvre demeure plus une enquête de type policière. A cet effet, l'oeuvre s'intéresse essentiellement à un trio de personnages composés de Marcia, Svoboda et de l'inspecteur allemand Grüber. Au fil des minutes, le suspense devient de plus haletant. Le final est remarquable par son écriture scénaristique, et par le plan qui est conçu par Svoboda. Il faut dire qu'on retrouver au script un certain Bertolt Brecht, lui aussi fermement opposé au régime nazi.
Côté déceptions, il y a peut-être la mise en scène de Lang qui est somme toute fort classique pendant les trois quarts du film. Il nous avait habitué à plus d'audace et de plans incroyables. Bien que la dernière partie possède quelques scènes sublimes. Il y a également quelques longueurs qui m'ont semblé inutiles. Enfin, côté acteurs, il me semble que ce n'est pas forcément ce qu'il y avait de mieux. Peut-être ai-je été trompé par la version française. En effet, le DVD dont je dispose ne possède pas la version originale. Dommage donc.
Avec Les bourreaux meurent aussi, Lang nous sert une oeuvre somme toute plus classique, imparfaite (à resituer toutefois dans le contexte de l'époque) mais qui ne fait nullement tâche dans sa filmographie.

Note: 3.5/5

 

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10 juillet 2009

Ivan le Terrible, partie 1 (Ivan Grozny)

ivan_the_terrible_part_1De: Sergei M. Eistenstein

Avec: Nicolaï Tcherkassov, Ludmila Tzelikovskaia, Seraphina Birman, Mikhail Nazvanov, Mikhaïl Zarov, Pavel Kadotchnikov,...

Pays: Ex-URSS

Année: 1944

Synopsis

En 1547, Ivan IV, jeune prince moscovite, se fait couronner Tsar et Grand Prince de toutes les Russies. Dans un climat de trahison et de complots, il décrète que les pouvoirs des boyards, nobles de haut rang qui s'opposent à son règne, seront dorénavant soumis à sa seule autorité. Afin d'asseoir sa légitimité et d'assouvir ses rêves de grandeur, le tsar se lance alors à la reconquête des terres russes dominées par des cours étrangères. Sentant le pouvoir lui échapper, la tante du tsar, prend la tête des boyards et fait empoisonner la tsarine Anastasia. Fou de douleur, Ivan IV jure sur la tombe de sa défunte épouse d'écraser toute résistance aristocratique.

Avis

Eisenstein, c'était un sacré cinéaste tout de même. Ses films résistent généralement très bien à l'usure du temps grâce à un montage audacieux et inventif pour l'époque et une mise en scène remarquable. Pourtant, l'ensemble de ses oeuvres ou presque souffrent d'un message propagandiste communiste exacerbé. Il faut dire que ses films étaient commandés par les leaders soviétiques de l'époque.
Pourtant, il avait la force de rendre ses films totalement intéressants et nous faisait presque oublier totalement le message qui était derrière. Le cuirassé Potemkine et Octobre sont, à mon sens, deux chefs-d'oeuvre du cinéma muet.
Ici, avec l'histoire d'Ivan le Terrible, on a un film en deux parties. La première relate plutôt la trahison des Boyards et de l'entourage de celui qui s'est proclamé Tsar de toutes les Russies. Bref, il y avait de quoi faire et pourtant, au final, c'est un film très moyen.
Premièrement, on sent Eisenstein nettement moins à l'aise avec le parlant qu'avec le muet. Un peu comme l'ensemble des cinéastes de l'époque d'ailleurs. Les films de Chaplin, par exemple, connaissent les mêmes déboires (même si je pardonne ce long discours à la fin du Dictateur, que j'avais aimé à l'époque, nettement moins maintenant). Bref, c'est pas folichon. D'ailleurs, ce n'est pas pour dire mais le film manque de tout. Il manque le souffle épique que l'on retrouvait dans Alexandre Nevski. Il manque une mise en scène aussi audacieuse que dans Le cuirassé Potemkine, même si, il ne faut pas tout jeter dans ce cas-ci. Il y a encore des grands moments de mis en scène. Je songe particulièrement au passage où Eisenstein joue sur les ombres des personnages. C'est tout simplement grandiose. Il manque enfin une histoire équilibrée. Il y a des séquences où l'on ne peut s'empêcher de s'ennuyer d'autres qui sont très correctes, ne nous faisant pas craquer et ne nous donnant donc pas l'envie d'appuyer sur la touche "Stop" du lecteur DVD.
Malheureusement pour Eisenstein, cette première partie ne pas donner trop envie de découvrir l'autre. Oh pourtant, je le ferai, le DVD traîne sur la pile de ceux à voir. Mais je ne sais pas quand je me mettrai à l'ouvrage. En résumé, on pourra dire qu'Ivan n'était pas si terrible...

Note: 2.5/5

PS: ce blog fête aujourd'hui ses 4 ans. J'espère qu'il sera toujours en service quelques années encore. La volonté de l'arrêter comme d'autres s'est déjà faite ressentir. Nous verrons donc pour la suite. Si des gens on d'ailleurs des idées ou des choses qu'ils considèrent à améliorer ici, ils peuvent le dire sans aucun problème. ;-)

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07 juillet 2009

Collateral

Collateral_2003_3De: Michael Mann

Avec Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Mark Ruffalo, Peter Berg, Bruce McGill, Irma P. Hall, Barry Shabala Henley, Richard T. Jones, Klea Scott, Javier Bardem,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2004

Synopsis

Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d'amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l'arrière de son véhicule. Quelques minutes plus tard, c'est au tour d'un homme prénommé Vincent de monter dans le taxi. Un businessman, selon toute apparence, avec un emploi du temps chargé: pas moins de cinq rendez-vous à tenir dans la nuit. Max accepte de lui louer ses services jusqu'au petit matin, en échange de 600 dollars.

Avis

J'aime beaucoup les films de Mann sur ce que j'ai vu. Le dernier des Mohicans et Heat font parties de mes oeuvres favorites.
J'avais donc commencé Collateral, un jour. Etais-je en mauvaise condition ou non, toujours est-il que j'ai stoppé le film au bout de la moitié. Je le rangeais alors au placard. Ce n'est que deux ou trois ans plus tard que j'ai décidé de le ressortir.
Bon, comme pour la première fois, je trouve la mise en place du film assez lente. C'est plat, non pas la mise en scène mais vraiment l'histoire. J'accroche assez moyennement. Pourtant, ça ressemble à du Mann tout craché. La vie de nuit, présentation d'un Los Angeles comme on le connait très rarement. L'image est parfois sale. D'ailleurs, la mise en scène de Mann est comme d'habitude réussie. On reconnaît de toute façon la touche du cinéaste, avec cette vision de la ville de nuit, ce qui lui donne un caractère plutôt malsain et peu rassurant. C'est assez sombre donc.
Dans l'histoire, il joue également sur des aprioris qui vont confondre le téléspectateur. Il joue sur les clichés que l'on peut se créer des personnages. Tom Cruise ne ressemble en rien à un criminel. Il ressemble à un brave businessman, qui vient signer ses contrats et qui reprendrait l'avion comme si de rien n'était. Un des flics ne ressemble en rien à l'image que l'on se fait de la police. De type hispanique, basané, cheveux noirs avec la queue, c'est plutôt la vision que l'on a d'un homme qui est dans le trafic de drogues. Surprenante façon de casser les images toutes faites, permettant au film de se démarquer de la sorte.
Par après, on s'attache très facilement aux personnages jouée par Cruise et Foxx. Les deux acteurs sont d'ailleurs à la hauteur. L'ensemble du casting aussi.
Au final, on se retrouve captiver par la relation qui va exister entre les deux hommes. Il y a également cette forme de course-poursuite entre les policiers et les deux gars qui va monter petit à petit en puissance. Le scénario aussi même si quelques moments inégaux et quelques situations improbables vont venir par moment gâcher le film.
Au final, on obtient un bon polar, que j'ai trouvé prenant, en dépit des quelques défauts que j'ai pu lui trouver. La fin est très réussie, servie d'une manière exemplaire par James Newton Howard à la composition musicale. Un bon moment en perspective et ravi d'avoir changé d'avis sur ce coup-là, rapport à ma première vision.

Note: 3.5/5

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04 juillet 2009

Le sacrifice (Offret)

sacrificeDe: Andreï Tarkovski

Avec: Erland Josephson, Susan Fleetwood, Valérie Mairesse, Allan Edwall, Gudrün S. Gisladottir, Sven Wollter,...

Pays: France, Grande-Bretagne, Suède


Année: 1986

Synopsis

Aidé par son jeune fils, Alexandre plante un arbre sur une île. Il fait ensuite la connaissance d'un facteur philosophe. Mais il y  aussi Maria, la servante aux pouvoirs étranges, et la télévision, qui annonce une catastrophe. Alexandre prie Dieu, puis met le feu à sa maison. On vient le chercher en ambulance. A la fin, son fils se couche au pied de l'arbre.

Avis

Comme vous commencez à le savoir, Tarkovski j'adore. Il n'y a rien de ce que j'ai vu que je n'aime pas. Ce qui m'attire chez lui? C'est que ses oeuvres sont de véritables questionnements métaphysiques, de la poésie, de magnifiques images mais aussi, un peu comme David Lynch, une nécessité de revoir plusieurs fois ses films pour en apprécier toutes les facettes. Et encore ce n'est pas toujours suffisant. Mais pour moi, Tarkovski n'est pas un simple cinéaste mais bien un artiste.
Dans ce film, pas trop compliqué d'accès, à hauteur de Stalker, le metteur en scène nous plonge en pleine introspection spirituelle, sur le sens de la vie et sur la place de la religion chez l'être humain. Ici, nous avons affaire à un homme extrêmement croyant qui va demander à Dieu qu'il accepterait de tout perdre si tout redevenait comme avant. Avant la terrible catastrophe. Mais quelle est l'origine, la cause de ce qui provoque ainsi ce sentiment d'apocalypse. Le bruit d'un avion militaire se fait attendre avant que tous les médias n'annoncent que l'impensable est arrivé. Le message d'un président qui conseille à tous ses citoyens de rester cloîtrés chez eux. Toujours est-il que l'on peut prédire une grande catastrophe nucléaire. L'artiste était-il visionnaire? Un an plus tard, Tchernobyl éclate.
Le plaisir matériel humain est clairement dénoncé. Le personnage central est prêt à y renoncer comme je l'ai dit un peu plus haut. L'incendie de la maison est probablement le moment le plus fort du film. Tarkovski devait être extrêmement croyant puisqu'il croit à une puissance suprême. Ce qui se passe dans l'oeuvre semble aisément le montrer. Ce film est un appel vers la nature. Un appel à aimer les choses simples de la vie et d'aimer ce que la nature nous offre de plus beau. Le personnage déteste le jardin quand il est retouché par l'homme. Cette nature que Dieu a créé est déjà un chef-d'oeuvre, nul homme ne doit la saccager avec ses mains. Cet arbre planté est également un signe de renouveau. Une sorte de passage à témoin. Le père plante l'arbre avec son fils. A la fin, seul le fils est près de l'arbre. Il représente l'avenir. L'arbre est encore jeune. L'espérance pour Tarkovski de voir des jours meilleurs. Son film est d'ailleurs dédié à son fils.
Comme d'habitude chez le cinéaste russe, une mise en scène très lente, composée de très longues séquences ou de plans-séquences. Il bénéficie aussi de l'aide de techniciens qui ont travaillé pour Ingmar Bergman. Ce dernier a d'ailleurs offfert son île pour permettre à Tarkovski de le réaliser. La plupart des comédiens sont également suédois. Il parait aussi que l'oeuvre est un hommage à Bergman. Je ne connais pas encore assez ce cinéaste mais il semble également que Tarkovski et lui aimaient avoir des personnages torturés. Leurs films sont très souvent psychologiques (aucun doute pour le russe à ce niveau-là).
Le sacrifice est malheureusement le dernier film du cinéaste. Il décédera moins d'un an après l'avoir réalisé. Si je me souviens bien, il ne verra même pas sa sortie en salles. Toutjours est-il qu'il réalise comme oeuvre-testament, un véritable chef-d'oeuvre, posant encore une fois des questions sur les rapports qui existent entre l'homme et la nature, sur ce que fait l'homme de son intelligence et des avancées technologiques qu'il opère et appelle celui-ci à ne pas oublier d'où il vient.

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1980 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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