29 septembre 2009
Saint-Jacques... La Mecque
De: Coline Serreau
Avec: Muriel Robin, Artus de Penguern, Jean-Pierre Darroussin, Pascal Légitimus, Marie Bunel, Marie Kremer, Flore Vannier-Moreau, Aymen Saïdi, Nicolas Cazalé, Hélène Vincent,...
Pays: France
Année: 2004
Synopsis
Au décès de leur mère, deux frères et une soeur apprennent qu'ils ne toucheront leur héritage que s'ils font ensemble, à pied, la marche de Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ils se détestent autant qu'ils détestent la marche. Ils se mettent pourtant en route, mus par l'appât du gain. Ils rejoignent leur guide au Puy et découvrent qu'ils marcheront avec un groupe de six autres personnes, dont un jeune beur qui fait croire à son cousin un peu naïf qu'il l'emmène à La Mecque, alors qu'il poursuit l'amour de sa vie, une jeune pèlerine...
Avis
Ce film trainait depuis septembre de l'an passé quelque part chez moi, jusqu'à ce que je me souvienne de son existence (tout comme deux autres films que je dois encore voir). Ma mère me les avait gentiment acheter pour pallier les longues soirées en solitaire en kot sur mon campus universitaire. Mais comme, à la base, ces trois films ne m'intéressaient nullement, je les avais foutu bien loin de moi. C'est donc durant ces vacances que l'idée me revint d'en revoir au moins un. Des trois, je commence par celui qui me semble le plus sympa, à savoir une comédie avec en tête d'affiche Muriel Robin (que j'aime bien, oui oui).
Enfin, j'étais assez sceptique quand même quand je vois la tonne de comédies ratées qui sortent par année chez nos compatriotes de l'Hexagone, il y avait de quoi être inquiet. Le début n'avait pourtant rien pour me rassurer. Un montage grossier, et puis cette histoire d'amour qui me faisait craindre les pires clichés, cent mille fois déjà vu. Le seul plan que je retiens de ce début de film est celui d'ouverture, qui est vraiment splendide.
Et puis finalement, l'oeuvre s'inscrit bien plus dans une sorte de road-movie (sans voitures bien évidemment) où nos huit comparses vont devoir apprendre à se côtoyer tout en apprenant la dure loi de la marche. En fait, bien plus qu'une comédie, ce film nous montre que les relations humaines ne sont pas toujours aisées, même entre les familles. Ca m'a inconsciemment fait penser que je devais être dans le trip en ce moment, vu que j'ai vu Festen qui dénonçait de manière bien plus virulente les relations familiales. A travers tout le film, il y a vraiment des plans incroyables de cette nature mais aussi de certaines constructions. Serreau nous invite à voyager avec eux. Et comme le dit très bien le personnage de Légitimus (si je me souviens bien), de prendre le temps d'apprécier ce que la nature nous offre. Ce voyage va d'ailleurs totalement changer la mentalité de nos trois personnages. Il y a aussi des passages très surréalistes qui se produisent lors des rêves de chacun des acteurs. C'est vraiment pas mal foutu et ça change de 99,9% des productions françaises.
Mais évidemment, il y a pas mal de défauts. Heureusement, l'oeuvre évite l'histoire d'amour cliché en question. Elle est vraiment mise en arrière-plan généralement. Cependant, selon les situations, Serreau ne peut s'empêcher de tomber soit dans la mièvrerie totale, soit dans le mélodramatique qui serait presque à en vomir. Ca gâche vraiment pas mal de bonnes choses que l'on voit dans le film.
Toutefois, j'ai finalement passé un agréable moment, une fois les vingt premières minutes passées. Rempli de défauts mais également de qualités et de tentatives de se démarquer d'autres productions. C'est déjà pas mal.
Note: 3/5
26 septembre 2009
L'homme de la rue (Meet John Doe)
De: Frank Capra
Avec: Gary Cooper, Barbara Stanwyck, Edward Arnold, Walter Brennan, Spring Byington, James Gleason, Gene Lockhart, Rod La Rocque, Irving Bacon, Regis Toomey, J. Farrell MacDonald, Warren Hymer,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1941
Synopsis
Fraîchement licenciée, la journaliste Ann Mitchell invente de toutes pièces un faits divers retentissant: le testament d'un dénommé John Doe, résolu à se jeter du toit de l'Hôtel de ville le soir de Noël. La lettre, qui dénonce la corruption et les injustices sociales, est si cinglante qu'elle galvanise les citoyens américains. Les notables au pouvoir prennent peur. Qui se cache derrière John Doe ?
Avis
Et hop, c'est parti pour la découverte d'un cinéaste renommé auquel je n'avais encore rien vu: Frank Capra (Enfin! penseront certains). Je décide de ne pas commencer par son plus connu (La vie est belle, ce sera le prochain) pour voir un peu ce qu'il en est. Bon, à l'autopsie, ce petit film m'est bien sympathique, je lui trouve quelques reproches à faire mais ma foi, il possède d'indéniables qualités.
Ce film fait l'apologie d'une lutte de classes, d'une prise de position clairement pour le peuple alors que les Etats-Unis se relèvent petit à petit de la crise de 1929 et ne sont pas encore en guerre à ce moment-là, mais ça ne saurait tarder. Pearl Harbor arrive en décembre 1941, pour rappel. Il y a une scène qui résume magnifiquement bien l'état des choses entre les petites gens, les ouvriers, ceux de la rue et ceux d'une classe dirigeante et plus aisée, c'est celle où le chef du journal cherche un gars qui puisse être le John Doe. Ca discute sur la manière dont ils vont se faire du pognon, tandis que le personnage interprété par Gary Cooper regarde simplement un repas parce qu'il a le ventre vide. Différentes priorités, différentes choses mises en avant, un fossé d'écart entre plus riches et plus pauvres. Sublime scène vraiment. Et c'est cette position que Frank Capra va tenir tout au long de son oeuvre. Il espère évidemment un monde meilleur et même si John Doe a été inventé de toute pièce par une journaliste, Capra espère que la vague d'espoir qu'il engendre puisse créer un monde meilleur. Bref, c'est bien gentil, c'est bien beau mais c'est un peu ce que je lui reproche, c'est d'être un peu trop utopiste à mes yeux. Et d'être rempli d'un peu trop de bons sentiments, ce qui a vraiment le don de m'enuyer un peu. Mais bon, c'est pas mal d'offrir du rêve et de l'espoir aux gens à travers les films mais c'est ce que je recherche moins dans une oeuvre de fiction.
Autre petit défaut à mon sens, mais c'est aussi purement subjectif, c'est que ça parle un tout petit peu de trop pour moi. Je pense que vous le savez maintenant, je préfère des instants de contemplation et de silence à beaucoup de blas-blas.
Ad contrario, les deux acteurs sont vraiment excellents. Gary Cooper a la classe et un charisme incroyable tandis que Barbara Stanwyck a la classe aussi (héhé) et est, ma foi, non dépourvue de charme. Bref, j'ai passé un bon moment devant L'homme de la rue et j'espère que ça continuera avec La vie est belle.
Note: 3.5/5
23 septembre 2009
La ballade de Bruno (Stroszek)
De: Werner Herzog
Avec: Bruno S., Eva Mattes, Clemens Scheitz, Wilhelm von Humburg, Burkhard Driest, Claytor Szlapinski, Ely Rodriguez,...
Pays: Allemagne 
Année: 1977
Synopsis
Bruno Stroszek vient de sortir de prison. Il recueille Eva, une prostituée, et s'attire des ennuis. Afin d'échapper à ses ennemis, il décide de partir en Amérique avec jeune femme et Clemens, son voisin...
Avis
A la question, est-ce que Benoît pourra un jour ne pas aimer un film de Werner Herzog, la réponse est oui. Le grand vainqueur: La ballade de Bruno ou Stroszek dans sa langue originale.
Je ne vais pas m'épancher de trop sur ce film, pas envie de faire une salade alors que ça ne vaut vraiment rien. Que dire? Si ce n'est qu'Herzog nous fait une sorte de cinéma social, presque à la frères Dardenne sauf quand même que ce n'est pas filmé aussi lentement ou avec une caméra portée en permanence à l'épaule.
Qu'a à dire Herzog tout le long d'une heure quarante? Et bien pas grand chose... Disons que son idée de base, de voir des Européens tenter leur chance aux USA avec les rêves en tête et le fait qu'il ne se réalisent pas est là pour détruire le mythe du rêve américain. Voilà pour l'idée de départ mais le traitement est assez lourd. Enfin, il est même très lourd. Tout est fait pour s'apitoie sur le sort de Bruno. Il ne lui arrive que des malheurs à ce pauvre hère. Il n'a pas de sous, son ami est arrêté, sa pute l'abandonne pour un chauffeur routier... Bref, du mélo en plein et continuellement. C'est très mais alors très fatigant. C'est du pathétique en plein plutôt, si je veux être honnête.
Bon, il y a toutefois deux ou trois choses qui sont correctes. Les acteurs font ce qu'ils peuvent même si j'ai pas trop apprécié Bruno S. Eva Mattes est par contre assez douée et j'avais un peu de sympathie pour le vieux Clemens Scheitz. Herzog offre aussi deux ou trois jolis plans de la ville de New-York. Mais c'est tout. Pour le reste, je me suis donc intégralement ennuyé.
Je peux toutefois remercier le metteur en scène allemand, grâce à lui, je n'ai eu aucun mal à m'endormir après.
Note: 1/5
20 septembre 2009
Aniki, mon frère (Brother)
De: Takeshi Kitano
Avec: Takeshi Kitano, Omar Epps, Kuroudo Maki, Makoto Otake, Rino Katase, Tetsuya Watari, Wanda-Lee Evans, Joseph Ragno, Paul Feddersen, Dan Gunther,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon

Année: 2000
Synopsis
Aniki, un yakuza, refuse de se soumettre au clan adverse qui a fait tuer son chef. Sa tête étant mise à prix, il est obligé de quitter le Japon pour les Etats-Unis, dans le but de rejoindre son demi-frère, Ken.
Avis
Film un peu plus traditionnel de la part de Kitano avec ce Aniki, mon frère. Toutefois, il n'abandonne pas le pessimisme qui entoure l'ensemble de ses oeuvres ou presque. Même si la fin s'annonce enfin un peu plus positive que d'habitude pour l'un des protagonistes.
Brother (son titre en anglais) est également la première expérience en tant que metteur en scène pour Kitano aux USA. Une très grande partie de son film se déroule à Los Angeles. Pas question de voir le strass et les paillettes, ni le joli côté de la ville, c'est bien dans la noirceur de celle-ci avec ses sales quartiers et ses bas-fonds que Kitano nous emmène.
Après un début de film qui nous explique pourquoi Aniki doit quitter le Japon, nous arrivons donc aux USA. Et là, c'est l'ascension de l'ancien yakuza aux States qui nous est montré. Avec l'aide de son frère et de trois autres petites frappes, ils vont prendre possession des différents quartiers environnants leur repère. Tout semble se dérouler pour le mieux, d'autant qu'Aniki est rejoint par un ancien allié venu tout droit du Japon. Grosse montée en puissance, l'accession à une forme de gloire pour nos héros. Les Mexicains n'ont pas fait long feu face à la force de notre gang. Un événement important va faire basculer le destin de nos héros, celui de l'association à la triade japonaise.
Le début du film est assez réussi car on a une belle confrontation entre le vieux yakuza et son jeune frère. Un choc de génération assez drôle, surtout que Aniki est plutôt doué dans l'art de tuer le monde. Ce qui a le don d'épater ses plus jeunes comparses. Quelques moments à gauche et à droite font passer la pillule comme pour rien. La suite, après l'association est somme toute assez classique. Car si combattre les Mexicains était assez facile, même si on s'allie à la triade, attaquer la mafia italienne n'est pas chose aisée. D'ailleurs, c'est à partir de ce moment-là que l'on retrouve l'incroyable dose de pessimisme chez Kitano, via son personnage: "Nous sommes tous morts", dit avec un grand sourire. Ce film est également une belle histoire d'amitié entre Aniki, et le personnage noir de l'histoire, qui va devenir son ami, son frère.
Je dirais que Kitano nous signe un film en-dessous de d'habitude, n'explorant pas à fond ses thèmes habituels mais qui nous livre une oeuvre de yakuza très correcte, avec des acteurs doués en la personne de Omar Epps et de Kitano lui-même. Personnellement, ce fut un agréable moment.
Note: 3.5/5
17 septembre 2009
USS Alabama (Crimson Tide)
De: Tony Scott
Avec: Denzel Washington, Gene Hackman, George Dzundza, Viggo Mortensen, James Gandolfini, Matt Craven, Ryan Philippe, Rocky Carroll, Jaime Gomez, Steve Zahn, Michael Milhoan,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1995
Synopsis
En plein coeur d'une crise mondiale, l'USS Alabama reçoit des ordres non confirmés pour lancer ses missiles nucléaires, déclenchant la Troisième Guerre mondiale. La tension monte en flèche lorsque le commandant très respecté du sous-marin et son sous-officier brillant s'opposent sur la validité de leurs ordres, et se confrontent pour le contrôle du sous-marin.
Avis
Je continue un peu le petit tour des films de sous-marins qui me plaisent tant. Montons à bord de l'USS Alabama, film de Tony Scott, metteur en scène du génial True Romance, oeuvre qu'il aurait pu élever vers les sommets s'il n'avait pas gâché la fin. Alors qu'en est-il pour ce thriller sous les profondeurs?
Et bien c'est plutôt bien réussi, Scott réussissant son coup de nous offrir un divertissement de qualité mais qui n'est pas exempt de tout reproche. D'ailleurs, les événements de la fin du film me rappellent que j'avais vu celui-ci étant plus jeune. Preuve qu'il m'avait laissé quelques souvenirs dans ma mémoire.
Commençons par l'énorme point positif qui est cette formidable confrontation entre deux acteurs monstrueux que sont Gene Hackman et Denzel Washington. Le premier est un fin commandant expérimenté, privilégiant avant tout la manière forte à l'hésitation et à la discussion. Le second est tout l'opposé. Jeune second, sorti il n'y a pas très longtemps de l'université d'Harvard pour y apprendre des éléments de politique, il privilégie la négociation à la force. Et quand une guerre nucléaire est proche, il s'agit de savoir réagir promptement et surtout sans se tromper. C'est donc sous un climat international sous tension que nos deux hommes vont se confronter et tour à tour prendre le commandement du sous-marin. La tension, justement, est plutôt bien rendue mais toutefois, elle n'est pas suffisante à mes yeux que pour me faire suer, ou être totalement accroché à l'écran de la TV. En plus, de rebondissement en rebondissement, de prise de pouvoir à une autre, ça tue un peu trop le tout. C'est pas emmerdant, mais ça aurait mérité plus de psychologie par moment. De plus, on sent quand même une mise en scène un peu trop hollywoodienne. On sait parfaitement bien qu'en dépit du compte à rebours ou quoi que ce soit, ça va bien se terminer. Ce film aurait été un sacré chef-d'oeuvre si la guerre nucléaire éclatait et que finalement le commandant au pouvoir se trompe. Mais bon, comme j'ai dit, c'est vraiment la confrontation entre les deux hommes qui fait tout le film et qui à mon sens, le rend vraiment très bon.Parce que pour rester honnête, même si ce n'est pas parfait, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Outre les deux rôles cités ici, les autres acteurs se débrouillent pour rendre le tout crédible (on constatera que Viggo Mortensen n'est pas mauvais du tout), que quelques scènes sont vraiment bien foutues et que le thème musical signé Hans Zimmer est grandiose.
Le film se conclut sur une note qui dit qu'à partir de 1996, c'était le président des USA et seulement lui qui aurait le droit de tirer un missile nucléaire. On se dit alors qu'on a de la chance que Bush n'ait pas eu à se poser la question de l'utiliser ou non... Ceci dit, bon petit film que ce USS Alabama.
Note: 3.5/5
14 septembre 2009
Re-cycle (Gwai wik)
De: Danny et Oxide Pang
Avec: Lee Sinje, Siu Ming Lau, Qi Qi Zeng, Lawrence Chow, Ekin Cheng, Rain Li, Jetrin Wattanasin, Yagi Zeng,...
Pays: Hong-Kong ![]()
Année: 2004
Synopsis
Jeune auteur de romans à succès, Ting-Yin essaye d'oublier ses soucis personnels en se réfugiant corps et âme dans le travail. Au fur et à mesure que sont prochain ouvrage, Re-cycle, prend forme, elle est victime de phénomènes de plus en plus étranges et inquiétants. La situation atteint son paroxysme lorsque, au détour d'une ruelle, elle se retrouve prisonnière dans un monde onirique et violent, peuplé d'êtres inquiétants...
Avis
Moi qui voue un certain petit culte à Ab-Normal Beauty de Oxide Pang, j'étais assez excité à l'idée de le revoir un film, même s'il le faisait ici avec son frère Danny. D'autant que visuellement parlant, l'oeuvre s'annonçait être une véritable claque visuelle. Et pour cela, elle l'a été. Dommage que le fond n'ait pas suivi...
En fait, ça commence hyper lentement. On suit le destin d'une jeune nana romancière qui raconte s'inspirer de son vécu pour écrire ses livres. C'est intéressant. Faut avouer. D'autant que d'un de ses livres, les frères Pang ont été jusqu'à pousser le vice de créer une fausse bande-annonce. Au fur et à mesure que le film avance, on nous conte l'histoire de ces gens que l'on oublie, des ces personnes que l'on abandonne (parfois à contre-coeur), des ces objets que l'on délaisse également. Bref, voilà l'idée de départ. Sauf que ça a énormément de mal pour convaincre étant donné qu'il faut bien 45 minutes pour que le film se lance pour de bon. Avant, on a de temps en temps des sortes d'apparitions de spectres mais qui ne feront peur à personne et qui, après coup, donnent surtout l'impression de meubler.
Par contre, une fois qu'on arrive dans le monde parallèle, Re-cycle confirme que c'est une énorme claque visuelle. C'est franchement superbe même si par moment on ressent un peu trop les effets spéciaux, en particulier sur une scène. Mais vraiment de situation en situation, d'environnement à un autre, le film épate et vaut vraiment le coup.
Cependant, scénaristiquement, ça ne s'améliore pas non plus de trop. Sauf que c'est à partir de l'entrée dans ce monde que le fond se dévoile. Donc en gros, les 45 premières minutes sont assez inutiles. Si ce n'est qu'on à le temps de s'attacher au personnage, de découvrir qu'elle sort d'une drôle de relation (et ça a son importance pour la suite) mais c'est tout. Alors par moment, on varie vraiment le très bon dans certaines scènes, mais c'est rare, comme on peut avoir droit à des scènes vraiment pathétiques (heureusement rare aussi).
En fait, c'est un superbe film visuellement, avec une idée sympathique à la base mais qui n'a pas été du tout approfondie à mes yeux. Ou tout du moins, les Pang n'ont pas réussi le coup de Ab-Normal Beauty. J'ai pas non plus envie d'être trop sévère avec eux car je pense qu'il y a une forme de sincérité dans leurs films, à vouloir toujours faire le maximum pour épater le spectateur mais malheureusement, les deux frères ne devaient pas être au mieux de leur forme.
Note: 2/5
11 septembre 2009
Kids return (Kidzu ritan)
De: Takeshi Kitano
Avec: Masanobu Ando, Ken Kaneko, Leo Morimoto, Hatsuo Yamaya, Mitsuko Oka, Ryo Ishibashi, Koichi Shigehisa, Michisuke Kashiwaya, Yûko Daike, Atsuki Ueda, Ren Osugi,...
Pays: Japon 
Année: 1996
Synopsis
Itinéraire de deux copains d'école qui tentent de s'en sortir par l'intermédiaire de la boxe.
Avis
Ca faisait un petit temps que je n'avais plus vu un film de Kitano. Pourtant, les deux premières oeuvres que j'avais vue de lui ne m'avait pas déplu. Pour rappel, Sonatine fait partie de mes cent films préférés tandis que Getting any ? proposait une oeuvre de comédie déjantée, à la japonaise, et tout simplement débile mais assez sympathique.
Je me demande vraiment pourquoi car au vue de ce Kids Return, Kitano est un cinéaste taillé sur mesure pour moi. L'histoire va bien plus loin que l'itinéraire de la boxe. L'un des deux jeunes garçons possède un réel talent tandis que l'autre est plutôt mauvais et va vite s'y détourner pour intégrer le monde des yakuzas. Dans ce dernier cas, Kitano adore parler de cet univers car il lui rappelle son enfance. Il faut dire que Kitano a grandi dans un quartier qui regroupait soit des hommes d'affaires, soit des yakuzas. Voilà pour la petite parenthèse qui nous explique pourquoi le metteur en scène nippon aime tant parler de ce milieu.
Bref, ça parle de personnes qui sont au ban de la société. Ils sont différents et ne vouent pas leur vie aux études. Kitano, malgré les apparences, fait un film sur la jeunesse au Japon. Et sur les choix qui se présentent à eux. Soit on travaille et on est voué à une grande carrière, soit on fait comme nos deux jeunes héros et on est voué à l'échec selon les profs. On se lance alors soit dans le sport pour s'en sortir, soit on finit dans le milieu du crime. Mais ce n'est pas tout, il y a ces jeunes qui finissent par devenir des 'racailles' ou bien qui tentent de faire comme leurs modèles. Des jeunes en quête d'identification. Le tout est souvent montré de manière anodine. Avec une certaine forme de respect. Ou tout du moins, ne pas être trop lourd dans le propos ou être exagéré. Il y a même de l'humour (comme souvent chez Kitano), essentiellement chez les deux ou trois jeunes qui tentent de faire comme leur ami.
Mais chez le cinéaste nippon, et c'est un peu une marque de fabrique, ses oeuvres sont empreintes de pessimisme. Ici, il n'est pas question de les voir s'en sortir autrement que par le système scolaire et donc le système de la société japonaise. Et ce n'est pas leur innocence qui nous fera dire le contraire.
Kitano signe une oeuvre magnifique, émouvante, dont l'histoire reste longtemps dans nos mémoires. Un très grand film. Plus encore...
Note: 5/5
08 septembre 2009
Festen
De: Thomas Vinterberg
Avec: Ulrich Thomsen, Henning Moritzen, Thomas Bo Larsen, Paprika Steen, Birthe Neumann, Trine Dyrholm,...
Pays: Danemark, Suède
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Année: 1998
Synopsis
Dans un manoir danois, famille et amis sont réunis à l'occasion du dîner d'anniversaire d'Helge, patriarche qui célèbre ses 60 ans. Parmis les invités, Christian, Michael et Hélène, les trois enfants d'Helge, un peu déboussolés depuis la mort de leur soeur Linda un an auparavant. Au fil de la soirée, ce qui devait être une agréable cérémonie se transforme en règlement de comptes...
Avis
Ma foi, une agréable surprise que Festen, film majoritairement danois, faisant partie du "Dogme95", et qui fut récompensé à Cannes en 1998. Il y a du bon, du moins bon mais au final, c'est une oeuvre assez forte que pour marquer les esprits.
Le "Dogme95, c'est quoi, me direz-vous? Et bien c'est une charte qui a été créée par Thomas Vinterberg, justement, et Lars von Trier dans laquelle ils doivent se soumettre à certaines règles sur la manière de filmer les choses et sur certains éléments de l'histoire. Quelques exemples? Tout traitement optique ou filtre est interdit, le film doit être en couleur, interdiction d'utiliser de la musique sauf si elle est jouée pendant qu'on tourne ou encore une obligation de voir la caméra portée à l'épaule ou tout du moins, ne devant jamais quitter la main. Il en existe encore d'autres mais vous pourrez trouver de plus amples informations sur le site wikipédia.
Bon venons-en tout de même à Festen, qui respecte évidemment la charte. Cette caméra portée à l'épaule, assez nerveuse (on n'est pas chez les Dardenne non plus), m'a un peu décontenancé au début. Je vais même dire que je n'appréciais pas de trop sur le coup mais ça se tasse finalement au fur et à mesure que le film avance. Mais je recherche toujours l'utilité et le but de cette règle dans la charte. Mais qu'importe, ils avaient certainement voulu faire leur petite secte à eux sur le moment (rires).
Bon, j'aime aussi quand un film se la joue taiseux mais ici, en dépit du fait que ça parle pas mal, ça va toujours à l'essentiel, c'est toujours justifié et l'oeuvre avance essentiellement à cause de cela. Ce sont pour moi deux défauts (que certains jugeront comme des qualités).
Mais là où Vinterberg est très fort c'est pour installer une ambiance très malsaine au fur et à mesure de la soirée. Là où tout semblait bien commencer durant la fête, le couperet de terribles révélations va tomber. Toutefois, je peux vous annoncer que le sujet principal est assez lourd. Et qu'il a évidemment une énorme importance dans certains événements du passé. Bref, l'ambiance est vite plombée et sur la fin on n'a plus du tout le coeur à la fête.
Côté acteurs, j'apprécie de plus en plus Ulrich Thomsen que je considère vraiment comme étant un acteur intéressant. Les seconds rôles sont parfaits. Et Vinterberg, de manière osée et virulente, met très bien en avant l'hypocrisie qu'il peut régner dans certaines familles. Un bon film tout simplement.
Note: 3.5/5
05 septembre 2009
No man's land
De: Danis Tanovic
Avec: Branko Djuric, Rene Bitorajac, Filip Sovagovic, Georges Siatidis, Serge-Henri Valcke, Simon Callow, Katrin Cartlidge, Sacha Kremer, Alain Eloy, Mustafa Nadarevic,...
Pays: Belgique, Bosnie & Herzégovine, France, Grande-Bretagne, Italie, Slovénie
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Année: 2001
Synopsis
Deux soldats ennemis sont piégés dans un no man's land, entre les lignes de front. L'un est serbe. L'autre est bosniaque. Un troisième homme, blessé, est allongé sur une mine. Les médias vont transformer ce fait divers en véritable show international.
Avis
Voilà un film que j'avais vu il y a bien cinq ou six ans, et dont j'avais gardé un excellent souvenir. Toutefois, je n'avais pas encore cette culture ciné que j'ai aujourd'hui. Ou du moins, je n'avais pas la même vision des choses. Ca explique peut-être en partie la déception que j'ai eu en le revoyant, le trouvant sur le coup, plutôt mauvais, en dépit des quelques bonnes idées.
Une pluie de récompenses s'était abattue sur ce film, gagnant même l'Oscar du meilleur film étranger. Je me demande encore pourquoi car si les idées de départ sont vraiment intéressantes, le traitement est vraiment raté.
Parmi les bonnes idées, pointons le fait que l'on nous montre cette guerre quasiment sans aucun combat. La volonté de s'intéresser uniquement à deux soldats plutôt qu'à toute une armée, de s'intéresser à l'histoire avec un petit h plutôt que celle avec un grand. Ensuite, cette confrontation entre les deux soldats, dans la tranchée est vraiment intéressante. Quelques situations drôles, un traitement qui n'est pas (encore) lourd. Une énorme critique de l'ONU, via les soldats français, une critique également du traitement journalistique, voilà pour le fond.
Et puis, malheureusement, Tanovic part dans un film qui va s'avérer être une propagande bosniaque. Le propos devient très lourd. Le metteur en scène s'acharne alors sur tout ce qui bouge. Les journalistes, les USA, l'ONU, tout le monde en prend plein le gueule. Certes, c'est parfois de manière logique, quand on connaît la façon dont les journalistes peuvent traiter certains sujets, quand on sait aussi le rôle de l'ONU par rapport à ce conflit. C'est lourd, vraiment très lourd et parfois sans subtilité. Vraiment une très grosse moitié du film m'a déplu. Je retiendrai toutefois que la seule musique utilisée est vraiment jolie. Les acteurs sont pas trop mauvais mais ça reste pour moi un trop mauvais film que pour l'apprécier. D'autres y trouveront cependant facilement leur compte.
Note: 1.5/5
02 septembre 2009
Highlander
De: Russel Mulcahy
Avec: Christophe Lambert, Roxanne Hart, Clancy Brown, Sean Connery, Beatie Edney, Alan North, Jon Polito, Sheila Gish, Hugh Quarshie, Christopher Malcolm, Peter Diamond, James Cosmo,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1986
Synopsis
1536, deux clans écossais s'affrontent dans une guerre sanglante. Au cours des combats, Connor MacLeod est mortellement blessé par le cruel Kurgan mais il survit. Effrayés, les membres de son clan chassent le miraculé. Commence alors une errance infinie pendant laquelle il rencontre Juan Sanchez Ramirez, un aristocrate espagnol, âgé de plus de vingt-quatre siècles. C'est ainsi que le guerrier écossais comprend qu'il fait partie lui-aussi de la race des immortels et que seule la décapitation peut le tuer. Il lui faut alors résister et traverser les siècles jusqu'au jour du rassemblement final, où l'un d'eux pourra conquérir le "prix", un pouvoir dont personne ne sait rien. C'est dans le New-York de 1986 que Malcolm prépare le combat ultime qui fera de lui le dernier des immortels.
Avis
Il ne peut en rester qu'un! Si vous avez vu le film Highlander, vous devez alors avoir la signification et l'importance qu'à cette phrase culte. L'oeuvre l'est tout autant. Un univers médiaval, le temps qui passe, des séquences urbaines, voilà le terrain de jeu de ce film d'héroïc-fantasy. Etant donné que c'est un genre que j'apprécie énormément et vu le statut de Highlander, j'en attendais donc beaucoup.
Peut-être un peu trop vu que j'ai été directement déçu. Ou tout du moins, j'ai eu énormément de mal à rentrer dedans. Les séquences urbaines m'ont pas mal ennuyées, surtout sans Kurgan. Une fois que le méchant arrive, je prends nettement plus mon pied.
Mais dans l'ensemble, c'est bel et bien par les différentes séquences qui se déroulent ailleurs qu'en 1986 qui m'ont semblées les plus réussies. Celles en Ecosse surtout même si Mulcahy a le don de jouer avec l'immortalité de son personnage. Ainsi, il y a ce formidable duel lors de l'époque du 18ème ou 19ème siècle, avec une photographie et un château rappelant Barry Lyndon, où MacLeod ne meurt jamais et où on voit son adversaire s'esquinter et essayer à tout prix à lui porter le coup de grâce. Mais ce n'est certainement pas avec un fleuret que l'on décapite quelqu'un.
Mais comme je dis, le film gagne vraiment en intensité avec l'arrivée de Kurgan. Il est bête, il est impressionnant et il est surtout très méchant. Il n'a aucune pitié et c'est tant mieux. C'est alors une forme de chasse à l'homme par meurtre d'immortels qui est faite entre Kurgan et MacLeod jusqu'à l'affrontement final qui est vraiment bien foutu. D'ailleurs, la mise en scène est vraiment bien foutue, tout comme le montage qui alterne différents enchaînements, différents fondus, etc. Ca donne du souffle et c'est vraiment tant mieux.
Quid de la musique de Queen maintenant? Et bien dans l'ensemble, j'ai assez apprécié sauf peut-être le générique de début. Quant aux acteurs, on regrettera peut-être de ne voir que trop peu Sean Connery. Et si Christophe Lambert n'est pas le meilleur comédien du monde, il assure bien dans son rôle. Highlander est vraiment un bon divertissement.
Note: 3.5/5