29 octobre 2009
Redacted
De: Brian DePalma
Avec: Patrick Carroll, Rob Devaney, Izzy Diaz, Mike Figeroa, Ty Jones, Kel O'Neill, Daniel Stewart Sherman, Paul O'Brien, François Caillaud, Shata Haddad,...
Pays: Etats-Unis
Année: 2007
Synopsis
Un groupe de soldats américains est en garnison à un poste de controle en Irak. Lorsqu'une jeune irakienne de 14 ans est violée et torturée par des GI's, la confrontation des points de vue est explosive: celui des GI's sous pression, celui des journalistes et collaborateurs des médias, celui de la communauté irakienne...
Avis
On l'a crié très fort. On l'a hurlé même. Brian DePalma était de retour. Et il nous sortait un grand film avec Redacted. Critiques généralement élogieuses et recevant même un prix à Venise, l'un des derniers grands festivals encore valable, on était en droit à s'attendre à quelque chose de bien. Et chic! C'est un film de guerre, sur la sale période américaine en Irak. Ca s'annonçait vraiment prometteur. Au final, je suis assez déçu.
Bon, pas que ce soit un mauvais film, mais il y avait vraiment pas de quoi être dythirambique. Premièrement, il y a un petit point qui m'a dérangé dans la mise en scène. Le film oscille entre une réalisation traditionnelle ou bien une qui se rapproche beaucoup plus de ce qu'on a vu dans Cloverfield. La caméra a sa place très importante dans le film par moment, puis elle retourne au second plan. Je n'ai pas senti DePalma a l'aise à ce niveau-là. Pourtant, du côté de la mise en scène traditionnelle, il y a vraiment de superbes plans des soldats qui sont en train de stationner à un poste de contrôle. Ensuite, il ne tombe pas dans le voyeurisme facile et cela s'avère être une bonne chose. Cependant, l'un ou l'autre dérapage toutefois vu qu'il nous montre une décapitation mais fort heureusement, la scène du viol elle-même n'est pas montrée si ce n'est sa préparation et quand ils "préparent" la fillette. Sinon, côté action, les fans de films bourrins, passez votre tour. Il y a quasiment rien de ce côté-là, on est dans un film très lent, avec beaucoup de musique classique pour accompagner les regards de ces jeunes soldats en faction à leur poste de contrôle.
Ensuite, j'ai eu vraiment l'impression que DePalma avait envie de faire SON film sur l'Irak. Celui qui le fera revenir donc par la grande porte. Problème, ça se ressent trop à mes yeux. Bon, c'est vrai qu'il met très bien en avant les systèmes de propagandes des deux camps, qu'il met bien en avant la violence et l'atmosphère qui a été retransmise à la TV, critique énorme des journalistes mais pas de chance, pour moi, pour la plupart des cas, Jarhead de Sam Mendes est passé bien avant lui.
En gros, c'est pas ennuyant, mais c'est trop faible que pour mériter tout ce foin. Je vais pas dire que j'ai passé un agréable moment car j'en suis sorti assez sceptique sans qualifier le film de mauvais toutefois. Disons, qu'il ne restera pas dans ma mémoire. Peut-être aussi que cette guerre est beaucoup trop proche, pour nous téléspectateur et que dans dix ou quinze ans, je rejugerai d'une autre manière ce film.
Note: 3/5
26 octobre 2009
L'extase et l'agonie (The Agony and The Ecstasy)
De: Carol Reed
Avec Charlton Heston, Rex Harrison, Diane Cilento, Harry Andrews, Alberto Lupo, Adolfo Celi, Venantino Venantini, John Stacy, Fausto Tozzi, Thomas Milian, Maxine Audley,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1965
Synopsis
Rome, 1508. Michel-Ange est chargé par le pape Jules II de peindre les fresques du plafond de la Chapelle Sixtine. Cédant tour à tour à la passion fébrile et au découragement, le peintre génial supporte mal le comportement despotique du pape. L'affrontement entre les deux grands hommes est inévitable...
Avis
Nouvelle découverte d'un cinéaste en la personne de Carol Reed, américain ayant réalisé des films sur quelques décennies sans avoir une trop longue liste à son palmarès. Il parait qu'il a signé un grand film avec Le troisième homme. Après la vision de L'extase et l'agonie, je pense pouvoir affirmer que Reed est un homme très talentueux même si cette oeuvre n'est pas parfaite.
C'est marrant aussi de constater que tout le monde connaît Michel-Ange pour sa grande fresque qu'il a peinte dans la Chapelle Sixtine. Or, l'artiste était avant tout un grand sculpteur. Un génie même. Durant les douze ou treize premières minutes, le film retrace les grandes sculptures de Michel-Ange. Un véritable cours d'histoire offert par Reed. Mais bon, sachant que le film dure plus de deux heures, j'ai assez rapidement craint que tout le film se montre aussi bavard que ce premier quart-d'heure. Fort heureusement, il n'en est rien, le film commence après son générique de début, qui intervient donc assez tardivement.
Première chose, il faut bien avouer que l'époque est assez bien retranscrite, avec un pape en guerre contre les rois des plus grandes nations. C'était des temps troublés. Bien joué de ce côté-là même si ça manque un peu de profondeur. C'est un peu trop hollywoodien à mes yeux, dans la façon de filmer, de voir les choses et de les transmettre au téléspectateur. Mais attention, c'est quand même super bien mis en scène, c'est trop hollywoodien que pour y voir un chef-d'oeuvre mais ça reste un très bon divertissement dont les 2h15 passent très vite.
En fait, la véritable force de ce film réside essentiellement dans sa confrontation entre deux grands acteurs. Rex Harrison joue le Pape tandis que Charlton Heston incarne Michel-Ange. Ces deux personnes semblent être de véritables ennemis, le Pape semble être le méchant, mais au fond, il partage la même passion et la même envie que Michel-Ange. L'art est au centre de la vie des deux hommes. Quelques répliques sont d'ailleurs d'un très haut niveau. Bref, gros duel d'acteurs qui sert un fond assez intelligent quand on sait ce que fait Hollywood comme divertissement maintenant.
Agréable moment donc que cette oeuvre. Elle donne surtout envie d'en découvrir plus sur ce cinéaste.
Note: 3.5/5
23 octobre 2009
Impitoyable (Unforgiven)
De: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris, Jaimz Woolvett, Saul Rubinek, Frances Fisher, Anna Thomson, David Mucci, Rob Campbell, Anthony James, Tara Frederick,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1992
Synopsis
William Munny a tiré une croix sur son passé de criminel et de hors-la-loi. Seuls comptent maintenant ses enfants et la ferme qu'il exploite avec peine. Mais la perspective d'une prime pour abattre les auteurs d'un crime odieux ramène Munny au coeur de la violence. Et le paisible fermier redevient un tueur impitoyable...
Avis
Ca faisait quelques années maintenant que j'avais acheté ce DVD. Pourtant, durant tout ce temps, je ne m'étais jamais décidé à vouloir le regarder. Pourquoi? Je ne sais pas. Peut-être parce que le western, même s'il ne m'a jamais déçu, ne figure pas parmi mon genre préféré. Surtout quand il n'est pas fait par Leone. Les western demeurent souvent assez classique, Leone ou encore Andrew Dominik avec son Jesse James étaient parvenu à faire un western que je qualifierais de différent à celui d'un Ford ou d'un Peckinpah.
Pourtant, j'aurais pu foncer plus tôt. Car, quand on y songe, Eastwood, c'était quand même le Monsieur western de Leone. Ca aurait dû me tenter. Et puis, parce que le Clint de ces dernières années, il a fait de sacrés films. Pour moi, ils sont tous de très haut niveau (du moins, sur ceux que j'ai vu.). Mais non, j'ai préféré attendre... Je me demande toujours pourquoi... Mais en contrepartie, la découverte si tardive de Impitoyable a été un énorme plaisir. Peut-être même que d'avoir attendu si longtemps, m'a permis de mieux apprécier le film, d'avoir attendu d'acquérir une forme de maturité cinématographique que je n'avais pas encore lors de l'achat de cette oeuvre.
Venons-en toutefois au film même. Premièrement, c'est sacrément bien foutu. La mise en scène d'Eastwood est précise, nous offre des plans merveilleux. Bref, de ce côté-là, rien à redire. Ensuite, j'ai eu cette impression qu'Eastwood nous donnait un western qui serait une forme d'adieu au genre. Une volonté de tourner la page avec ce personnage qu'il a incarné et qu'il retrouve encore une fois aujourd'hui. C'est d'abord un fermier que l'on découvre, qui ne veut plus entendre son passé mais qui accepte une dernière mission, en dépit de toutes les promesses qu'il a pu se faire. Ainsi, il confronte son personnage à un jeune bandit qui voit en Munny un héros. Toutefois, Munny lui-même n'accepte pas d'être pris de la sorte. Il n'est pour lui qu'une vulgaire canaille responsable de la mort d'hommes, de femmes et d'enfants. Une désacralisation totale du personnage mais également de celui qu'il a pu être chez Leone.
Et pourtant, malgré un casting d'enfer aussi (mention spéciale à Gene Hackman), il me manquait un petit quelque chose pour élever ce film au rang des chefs-d'oeuvres du genre. Une forme de scène démentielle, extraordinaire et qui resterait gravée dans nos mémoires. Eastwood nous la donne tout à la fin, avec cette fusillade finale. Tension incroyable, duel inégal, des fripouilles qui mériteraient de passer de vie à trépas sans que notre sale bandit ne subisse le même sort. Suspense à son paroxysme, la fusillade débute, elle sera Impitoyable...
Note: 5/5
20 octobre 2009
Le secret derrière la porte (Secret beyond the door)
De: Fritz Lang
Avec: Joan Bennett, Michael Redgrave, Anne Revere, Barbara O'Neil, Natalie Schafer, Anabel Shaw, Rosa Rey, James Seay, Mark Dennis, Paul Cavanagh,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1948
Synopsis
A la mort de son frère, son seul parent, une riche et jeune oisive new-yorkaise, Célia, part au Mexique, et épouse un architecte rencontré lors d'une rixe. Instantanément, elle est fascinée par son regard, lui par son mystère... Mais aujourd'hui, jour des noces, Célia se rend compte qu'elle ne connaît rien de l'homme qu'elle a épousé, ni de son passé, ni de sa famille, ni même de ses habitude... Or, celui-ci a une bien étrange manie: il reconstitue chez lui, avec leur mobilier original, des pièces où un crime a eu lieu, et les fait visiter à ses invités...
Avis
Encore un thriller que Lang signa sous sa période américain après avoir décidé de quitter l'Allemagne à cause de la montée du nazisme. C'est assez marrant car j'ai ressenti une très forte influence hitchcockienne dans ce film, alors que le maître du suspense n'a pas encore sorti ses plus grands chefs-d'oeuvres.
Pourtant, je dois bien avouer que dans le genre, chez Lang, j'ai beaucoup plus pris mon pied dans plutôt que dans House by the river que dans celui-ci.
Pourquoi me demandez-vous ? C'est simple: du début du film jusqu'à l'arrivée de Célia à la maison de son mari, ça parle énormément et il ne se passe rien ou presque. On découvre quel personnage est essentiellement la jeune femme, qui en vient à se poser des questions sur son union dont elle se rend compte qu'elle est vraiment précipitée. Elle parle, elle parle, elle s'inquiète, il y a l'utilisation d'une voix-off qui m'ennuie au plus haut point dans ce cas-ci. Vraiment, un début de film très ennuyant pour moi.
Et puis, une fois à la maison, le mari commence à dévoiler sa véritable identité, ses passions, etc. Et dont la plus étrange est de reconstituer des pièces où un meurtre s'est produit. Petite touche morbide en plus, il utilise tous les objets d'origine.
Au fur et à mesure, le suspense s'installe, la femme commence à se poser des questions et arrive, sur la fin, l'inexplicable, le rebondissement qui rend le film intéressant. D'ailleurs, c'est toute sa seconde moitié qui est vraiment plus prenante (pas difficile de faire pire toutefois que le début) même si pour moi, Lang ne signe pas du tout un film inoubliable. Toutefois, il y a quelque chose dans le fond vu que le film révèle qu'en chacun de nous, il y a un assassin qui s'y cache. Une conception des choses qui n'est pas tout à fait fausse car au fond, qui n'a jamais pensé à tuer ?
Note: 3/5
17 octobre 2009
La vie est belle (It's a wonderful life)
De: Frank Capra
Avec: James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore, Thomas Mitchell, Henry Travers, Beulah Bondi, Frank Faylen, Ward Bond, Gloria Grahame, H.B. Warner, Frank Albertson,...
Pays:Etats-Unis 
Année: 1946
Synopsis
Le décès de son père oblige un homme à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l'homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8000 dollars qu'il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide. C'est alors que le ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe, qui pour gagner ses ailes devra l'aider à sortir de cette mauvaise passe...
Avis
Un film qui a une réputation incroyable, jugé comme étant un grand chef-d'oeuvre de l'histoire du cinéma. Il était temps que je m'y attarde enfin. Surtout que ça me permet de continuer à découvrir Capra.
Verdict? Totalement charmé. J'ai adoré.
Premièrement, le couple formé par James Stewart et Donna Reed est formidable et totalement magique, comme l'ensemble du film d'ailleurs. Stewart est classe, talentueux, Reed apporte son charme et possède également pas mal de talent. Cette femme qui aurait pu épouser un homme riche préfère celle d'un homme dont la richesse est celle de son coeur.
Car il faut bien avouer que pour apprécier pleinement ce film, on doit directement comprendre qu'il s'agit d'un conte de Noël et que ce que l'on va voir, est totalement impossible dans la vie réelle. Ainsi, George Bailey a passé toute sa vie à se dévouer pour les autres et à faire passer outre ses priorités pour pouvoir faire en sorte que les autres vivent une vie incroyable. Ce genre de personnage ne rencontre jamais dans la vie courante. Il est totalement impossible de laisser outre ses propres priorités.
Au final, Capra nous décerne un message vraiment beau. Les principales choses de la vie ne devraient pas se trouver dans la superficialité, dans les plaisirs matériels. L'amitié est une des meilleures raisons qui pousserait l'homme à vivre. L'amour aussi. Le message final, de l'ange gardien est vraiment très émouvant et m'a presque donné quelques larmes aux yeux. Du moins, très grosse émotion. Moi qui n'aime pas trop, à la base, les films dévoilant des bons sentiments (comme L'homme de la rue de Capra justement, auquel j'ai reproché ce sentimentalisme), je trouve qu'ici, il prend pleinement tout son sens étant donné qu'on est dans un conte.
Capra joue sur la corde sensible et nous fait réellement passer pas toutes les émotions. La joie, le rire, les larmes,... Tout y passe en plus de deux heures. Bref, j'ai été vraiment très très très agréablement surpris. Une oeuvre dans laquelle on ne s'ennuie jamais. Un pur chef-d'oeuvre, qui rentre aisément dans mon Top 50 des films vus. A ne louper sous aucun prétexte.
Note: 5/5
14 octobre 2009
Memento mori
De: Kim Tae-yong, Min Kyu-dong
Avec: Kim Min-sun, Park Yeh-jin, Lee Young-jin, Kim Min-hee, Gong Hyo-jin, Paik Jong-hak,...
Pays: Corée du Sud ![]()
Année: 1999
Synopsis
Dans la cour de son lycée de jeunes filles, Min-ah trouve le journal intime de Hyo-shin et Shi-eun, mémoire de leur amitié profonde et ambigüe. Au fil des pages, elle entre dans le monde des amantes et découvre leur intimité et leur secret. Le suicide de Hyo-shin provoque l'émoi dans l'établissement. Passé et présent se confondent tandis que le journal déploie de plus en plus sa fascination morbide. Les couloirs du lycée chuchotent la présence d'une âme vengeresse, la panique s'installe...
Avis
Il est quand même difficile de faire un film de fantômes, en sachant déjà tout ce qui a déjà pu être fait dans le genre. Oh chance, l'oeuvre des deux metteurs en scène coréens ont décidé d'ajouter un fond plutôt particulier dans ce genre: l'acceptation des différences sexuelles chez les jeunes et dans un sens plus global, s'accepter en tant qu'adolescent.
L'histoire se déroule dans un lycée de filles. Ca aura le don d'ennuyer quelques-uns puisque l'on a quand même droit à quelques réactions d'adolescentes surexcitées. Mais dans l'ensemble ça se passe plutôt bien.
Les rapports homosexuels entre deux femmes, dans un lycée de filles, ça a le don de susciter de sacrés commentaires, très souvent désobligeants, dans une société coréenne probablement pas aussi ouverte, encore, que chez nous. L'avantage, c'est que ça ne tombe pour ainsi dire jamais dans le cliché. Et c'est vraiment une très bonne chose. Les metteurs en scène préfèrent plancher pour une réalisation qui préfèrent la suggestion à la monstration. On verra à peine un baiser entre les deux filles (et encore, l'une n'était pas trop d'accord pour qu'il se passe de la sorte) et on ne verra pas non plus la scène du suicide. Ou tout du moins on ne la voit jamais sauter. Par contre, la cohue que provoque la mort de la jeune fille dans les secondes qui suivent est incroyablement bien rendue. A noter que le cadavre est lui-même montré, ce qui était peut-être évitable.
Et puis, à partir de cela, l'histoire tombe dans un film de fantômes, certes non banal mais dont on cherche quand même la raison. Soit. Peut-être parce que le journal intime des deux filles a été "emprunté" par une des autres écolières. En tout cas, sans forcément faire peur l'oeuvre crée une tension non-négligeable.
Perfectible, en effet. Bon moment, certainement. N'hésitez-pas si vous pouvez le découvrir.
Note: 3.5/5
11 octobre 2009
L'énigme de Kaspar Hauser (Jeder für sich und gott gegen alle)
De: Werner Herzog
Avec: Bruno S., Walter Ladengast, Brigitte Mira, Hans Munsaus, Willy Semmelrogge, Michael Kroecher, Reinhard Hauff,...
Pays: Allemagne de l'Ouest 
Année: 1974
Synopsis
26 mai 1828. Sur la grand-place de Nuremberg apparaît un étrange jeune homme, sale, illettré, marchant et parlant avec beaucoup de difficultés. Il peut à peine écrire son nom: Kaspar Hauser. Chacun s'interroge sur sa véritable identité.
Avis
Werner Herzog, en mode mauvais film: épisode 2. Je déteste quand des films se la jouent dès le départ, présomptueux. Ca te sort trois quatres phrases philosophiques, sur des petits sous-titres sans grosses raisons apparentes. Des trucs pseudos-philosophiques Ca m'a un peu fait penser à du Godard, qui te parle de trucs qui n'ont jamais grand chose avoir avec le sujet principal du film.
C'est d'ailleurs pareil quand ça parle. Et une fois que ça commence, ça ne s'arrête pas. C'est d'un ennui assez mortel, Kaspar Hauser pose des questions sur tout et n'importe quoi. Tentative aussi de remise en cause de la religion, mais aussi de certaines idées établies. Le monstre effraie les gens mais il est bien plus humain que la plupart des personnes jugées normales.
Enfin, et heureusement, tout n'est pas aussi mauvais que dans La ballade de Bruno. Herzog réalise par moment des choses que j'adore avec un cinéma très contemplatif, où il filme la nature, de manière silencieuse avec comme seul fond sonore de la musique, qui est généralement celle de grands compositeurs classiques. En fait, on peut aisément constater que l'oeuvre est assez inégale. Quand ça parle, ça parle énormément. Quand ça se tait, ça se tait pour de bon. On voit même de très longs plans de Kaspar qui se gratte les pieds, des petits boutons qu'il peut avoir, de sa façon de se tenir, de manger, bref, c'est vraiment sans juste milieu. Plutôt déroutant pour le téléspectateur.
Côté acteurs maintenant: bon Bruno S., c'est vrai qu'il a un physique assez à part à lui tout seul et que pour le personnage, il s'accorde plutôt très bien. Donc, c'est déjà mieux que ce que j'avais vu avec Stroszek. Pour le reste, seconds rôles assez corrects mais rien de plus.
De toute façon, dans le genre de films sur les monstres, on a trouvé bien mieux ailleurs. Trop mitigé que pour convaincre cette Enigme de Kaspar Hauser.
Note: 2/5
08 octobre 2009
As tears go by (Wong gok ka moon)
De: Wong Kar-wai
Avec: Andy Lau, Maggie Cheung, Jacky Cheung, Kau Lam, Alex Man, Ronald Wong,...
Pays: Hong-Kong ![]()
Année: 1988
Synopsis
Dans un quartier pauvre de Hong-Kong, Ah Wah et Fly raquètent pour les gangs locaux. Mais le tempérament de Fly crée des tensions entre les bandes. C'est alors que la cousine de Ah Wah arrive.
Avis
Premier film de Wong Kar-wai et déjà annonciateur de ce qu'il fera par la suite de sa carrière, notamment lorsqu'il signera deux chefs-d'oeuvre avec In the mood for love et 2046'. Néanmoins, et c'est un peu logique, As tears go by possède des défauts que l'on retrouve très souvent chez des jeunes metteurs en scène.
Donc, on retrouve déjà les thèmes en question: une histoire d'amour couplé à la tragédie. Sauf toutefois, que contrairement aux deux autres oeuvres que j'ai eu la chance de voir, on a droit à une très large part sur le monde de la criminalité. Mais bon que les fans se rassurent, le sujet premier reste bien l'histoire d'amour.
Mais avec des défauts comme j'ai dit auparavant. Premièrement, Wong Kar-wai est parfois très très lourd dans son propos. Lorsqu'enfin Ah Wah et la cousine s'avouent leur amour, on a droit à la chanson de Berlin - Take My Breath Away pendant six voire sept bonnes minutes. Ca en devient très saoûlant, à vous dégoûter de l'amour. Comme cette scène du baiser que je ne peux m'empêcher de trouver très exagéré.
Ensuite, dans la partie plus gangster, je trouve quand même la fin un peu trop, comment dire... Bah cliché aussi. Voire peut-être un peu énervante car on s'y attends beaucoup à ce que cela se passe ainsi. Bref, plutôt déçu sur ce coup-là.
Mais rassurez-vous, il y a déjà de très jolies choses. Quelques scènes assez sympas même si rien de transcendant. Les cinquante premières minutes sont toutefois d'un très bon niveau. Et puis, pour rester honnpete, je ne me suis jamais emmerdé, c'est jusque les défauts sont parfois trop visibles.
Bon, côté acteurs, je vais signaler déjà la très bonne performance de Andy Lau mais je vais surtout insister sur Maggie Cheung. Au tout début du film, Ah Wah ouvre la porte et est comme sous le choc de découvrir la jeune femme. Ben, il n'était vraiment pas le seul. Outre un charme vraiment incroyable, cette femme à une présence à l'écran qui est tout simplement phénoménal. Le genre de filles, à vous faire tomber amoureux en un seul regard. Bref, jesuis totalement sous le charme. A chaque fois qu'elle est présente à l'écran, c'est comme un rayon de soleil. Surtout qu'elle est quand même vachement douée. Sûr que le film y aurait gagné à la montrer plus souvent. En tout cas, bon premier film pour Wong Kar-wai.
Note: 3.5/5
05 octobre 2009
Immortel Ad Vitam
De: Enki Bilal
Avec: Linda Hardy, Thomas Kretschmann, Charlotte Rampling, Yann Colette, Frédéric Pierrot, Jean-Louis Trintignant, Corinne Jaber, Joe Sheridan, Thomas M. Pollard,...
Pays: France 
Année: 2002
Synopsis
New York, 2095. Une pyramide flottante au-dessus de Manhattan... Une population de mutants, d'extraterrestres, d'humains, réels ou synthétiques... Une campagne électorale. Un serial killer boulimique qui cherche un corps sain et un dieu à tête de faucon qui n'a que sept jours pour préserver son immortalité. Un pénitencier géostationnaire qui perd un dissident subversif congelé depuis trente ans et une jemme femme sans origine connue, aux cheveux et aux larmes bleus... Trois noms: Horus, Nikopol, Jill... Trois êtres au destin convergents où tout est truqué: les voix, les corps, les souvenirs. Tout, sauf l'amour qui surgit comme une délivrance.
Avis
Hop, encore un avis qui va vite être rapidement bouclé étant donné que je n'ai pas du tout apprécié le film de Enki Bilal.
Bon, il faut quand même bien avouer que l'homme a toujours su créer un univers très original dans ses bandes-dessinées et qu'apparemment les scénarios suivaient souvent. D'ailleurs, ce dessinateur est très reconnu dans le milieu. Mais quand il s'essaie au film, ça le fait nettement moins.
Premier point faible, tout d'abord, c'est bel et bien cette superficialité qui règne durant l'heure trente. Les images de synthèse sont d'une froideur incomparable et nous empêche réellement de rentrer ou d'adhérer à l'univers imaginé par Bilal. Bref, ce n'est pas non plus les quelques acteurs "réels" qui vont nous permettre de mieux rentrer dedans. Je n'ai rien contre Thomas Kretschmann ou Charlotte Rampling, mais je les sens très clairement en manque d'inspiration pour ce film. Bon, et que dire de Linda Hardy ? Bon, ok, c'est une ex-miss France, elle est sexy, etc. mais je n'ai pas du tout été convaincu par sa prestation.
Ensuite, l'univers de Bilal, m'a nettement fait penser à certaines choses que j'ai vu chez Besson dans Le cinquième élément. A un moment donné, Jill marche sur une poutre en haut d'un building avec des véhicules volants qui passent. Ca m'a rappelé vraiment cette scène similaire quand Leeloo est poursuivie par la police au début du film de Besson.
Et puis honnêtement, l'histoire a déjà été vue et revue une dizaine de fois. J'apprécie la démarche de Bilal de vouloir se démarquer dans le cinéma français mais tout de même... Il ne se passe absolument rien mais rien du tout pendant les trois quarts du film. On sort quelque peu de notre torpeur dans les vingt dernières minutes mais c'est bien trop tard que pour pouvoir séduire le téléspectateur.
Immortel Ad Vitam est tout simplement un film raté.
Note: 1/5
02 octobre 2009
Dolls
De: Takeshi Kitano
Avec: Hidetoshi Nishijima, Miho Kanno, Tatsuya Mihashi, Chieko Matsubara, Kyoko Fakuda, Tsutomu Takeshige,...
Pays: Japon 
Année: 2002
Synopsis
Dolls regroupe trois histoires d'amour inspirées d'un spectacle de poupées du théâtre Bunkaru. Dans la première, Matsumoto et Sawako forment un couple heureux, mais les pressions exercées par les deux familles vont les forcer à faire un choix tragique. Dans la deuxième, Hiro, un chef yakuza, retourne dans un parc où il avait l'habitude de voir sa petite amie et il se souvient... Trente ans plus tôt, il était un pauvre ouvrier et s'est retrouvé forcé de se séparer de la jeune fille pour intégrer le milieu du crime. Dans la troisième, Haruna, dont le visage est recouvert de bandages, passe le plus clair de son temps à regarder la mer. Peu de temps auparavant, elle était une star de la musique, habituée à signer des autographes et à se montrer à la télévision. Nukui est sans aucun doute son plus grand fan et aujourd'hui, il compte bien le lui prouver.
Avis
Dolls est un peu un film à part dans la carrière de Takeshi Kitano étant donné qu'il quitte enfin le monde des yakuzas pour ne pas faire une oeuvre de comédie. On est ici dans une sorte de théâtre tragique, du Bunkaru, qui content l'histoire de poupées amoureuses mais dont le destin est tragique. Et Kitano va nous démontrer que les poupées, ici, sont les trois couples que nous allons suivre dans leur tragédie.
Première différence très marquante par rapport à ses autres opus, c'est que la photographie est très soignée. Lors d'une interview donnée pour les bonus de Dolls justement, Kitano avait beaucoup entendu des gens se plaindre que ses films étaient grisâtres, ternes, mornes. Cela l'avait plutôt déçu car comme il le dira: "je tourne pourtant en couleur". Pourtant, cette ambiance morose correspondait assez bien au pessimisme qui entoure ses films. Donc, ici, Kitano a décidé d'ajouter énormément de couleur. Et ça fonctionne très bien, car pour peu, on se croirait dans un film de Zhang Yimou. Ce sont de véritables peintures filmées. Bref, de ce côté-là, c'est un véritable régal.
Ensuite, Kitano quitte donc son sujet principal, à savoir celui d'un yakuza qui cherche la rédemption à travers la mort ou tout simplement le désespoir d'une jeunesse, condamnée à une forme de chômage ou aux moqueries parce que ne s'installant pas dans le système traditionnel du Japon (voir les autres films du metteur en scène). Ici, c'est trois histoires d'amour, toutes différentes, que nous conte Kitano. Mais elles ont le même point commun: elles sont toutes tragiques et voient une nouvelle fois le désespoir s'installer au bout du chemin. L'avantage, c'est que Kitano propose plusieurs points de vue: on peut y voir une forme d'égoïsme, à certains personnages de vouloir absolument faire ce qu'ils font: le chemin de la rédemption en compagnie de son ex fiancée pour le jeune homme, retrouver son vieil amour pour le yakuza, le fan qui se crève les yeux pour prouver son amour à la star. Mais c'est aussi une façon de se racheter de leur conduite, de vouloir retrouver quelque chose, être le seul prétendant à faire ce geste, bref, une façon de se sentir meilleur (selon les personnages).
Enfin, Kitano nous invite véritablement dans ces trois voyages. C'est une peu une sorte de film de contemplation. Très très peu de paroles. Le silence prend une énorme place. Limite, on serait dans du muet que ça n'aurait presque rien changé (bon j'exagère, j'avoue). Soit, j'ai vraiment trouvé que ce silence avait sa place. Premièrement parce que les trois couples n'ont rien d'heureux. Le silence est une bonne façon d'exprimer des regrets, ou tout du moyen de montrer qu'il n'y a pas de joie. Ces trois amours sont étranges et il faut le montrer d'une certaine manière. Ce silence est aussi important pour le téléspectateur car je pense qu'il l'invte à entrer dans le film et à rentrer dans la peau à chaque fois, d'un des personnages.
A mon sens, Kitano signe une nouvelle fois un très grand film. Un cinéaste qui devient, à mes yeux, incontournable.
Note: 5/5