Grizzly Man

De: Werner Herzog

Avec: Timothy Treadwell, Werner Herzog, Amie Huguenard, Franc G. Fallico, David Letterman, Warren Queeney, Jewel Palovak, Sven Haakanson Jr., Val Dexter, Carol Dexter

Pays: Etats-Unis

Année: 2005

Synopsis

Un documentaire dressant le portrait de Tim Treadwell, un écologiste controversé et charismatique, et de sa compagne Amie Huguenard, qui trouvèrent tous deux la mort, mutilés par des ours dont ils assuraient la protection.

Avis

Werner Herzog possède des affinités avec le documentaire. Il s'est même essentiellement tourné vers cela ces dernières années plutôt que des oeuvres de fiction. L'un des plus emblématique de cette dernière décennie est Grizzly Man, évoquant une partie de la vie de Timothy Treadwell, écologiste américain ayant passé chaque été, pendant treize ans, à vivre en compagnie des grizzlys, sans aucune protection et armes en Alaska.

Je vais être honnête, c'est un documentaire plus que correct, mais il laisse sur la faim. Tout d'abord, il faut reconnaître que Timothy Treadwell était un allumé. Cela se prouve devant la caméra dans la manière dont il parle, s'exprime de façon toujours exaltée face à elle. D'emblée, Herzog annonce les circonstance de la mort de Treadwell, dévoré par un grizzly, tout comme sa compagne, avec une sorte de volonté d'appuyer sur l'ironie du sort de notre héros, fervent défenseur des ours, qui le dit lui-même, étaient prêts à mourir pour eux, mais pas par eux.

Bref, le personnage de Treadwell est parfois présenté à la limite de la caricature, tout comme la plupart des intervenants dont Herzog semble vouloir souligner qu'ils ne sont pas tout juste. Leur pause semble travaillée, les larmes de circonstance pour la caméra et Herzog a même le chic de s'immiscer dans le documentaire, dans une poignée de main qu'il veut émouvante avec une ex petite amie de Treadwell.

C'est l'autre reproche que je puisse faire. C'est la présence de Herzog face à la caméra lors de la séquence que je cite au-dessus et surtout les différentes opinions qu'il se permet de donner sur Treadwell. Certes, cet homme était un excentrique, mais il avait fait un choix de vie, qu'on n'est évidemment pas obligé de partager. Mais Herzog a l'air de vouloir démonter, en une phrase, l'inconscience de l'écologiste et son choix de vie. Dommage.

Pour le reste, c'est un documentaire formidable, non pas grâce à Herzog, mais grâce aux différentes images filmées par Treadwell. Il y a ce combat entre les ours, d'une violence inouïe. L'intimité qu'il a pu créer avec certains grizzlys, les voir s'approcher et surtout la manière de réagir de Treadwell. Et puis, il y a ces formidables séquences avec les renards, qui sont devenus des compagnons de route de l'écologiste, se laissant faire, presque, comme des chiens. Il faut savoir que Treadwell ne s'est pas lancé dans cette aventure pour le plaisir. Avant cela, il était devenu un alcoolique, l'alcool le tuait à petit feu et c'est en voyant un documentaire sur les ours et leur pays qu'il s'est décidé à aller vivre parmi eux, à les filmer au plus près et à montrer son travail dans les écoles pour sensibiliser les enfants. Une chose pour laquelle il ne voulait pas être payé.

Evidemment, c'est Herzog qui souligne cela, mais ce sont bien des choix de Treadwell qui sont évoqués. D'une certaine manière, en dépit de la folie assez réelle de notre homme, il avait trouvé une harmonie avec lui-même et la nature. Une harmonie que bien peu d'êtres humains me semblent être capables de trouver un jour dans leur vie. Rien que pour cela, cet homme mérite le respect.

Dommage donc qu'Herzog intervienne autant de fois, car il n'a pas compris qu'avec un tel personnage, il avait juste à la boucler.

Note: 3/5