cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

11 mai 2009

Faust

Faust_5De: Friedrich Wilhelm Murnau

Avec: Gösta Ekman, Emil Jannings, Camilla Horne, William Dieterle, Yvette Guilbert, Frieda Richard, Eric Barclay, Hans Brausewetter, Hanna Ralph, Werner Fuetterer,...

Pays: Allemagne

Année: 1926

Synopsis

Le docteur Faust s'évertue à mener une vie juste guidée par le Bien. Méphisto s'efforce de soumettre Faust au Mal en répandant la mort autour de lui. Accablé, impuissant et désespéré, Faust accepte de vendre son âme pour retrouver sa jeunesse.

Avis

La lutte entre le bien et le mal a toujours fait sujet à des oeuvres que ce soit au cinéma, dans la littérature ou dans les arts. Cette même lutte est également l'un des fondements principal de l'homme. Que ce soit une lutte intérieure tout comme une lutte sociale.
De Faust, je connaissais une image de cette oeuvre que j'avais vue dans un documentaire. Celle de l'apparence du diable recouvrant toute une ville avec son manteau. Son regard est sombre. Il sème le mal à travers toute la ville. Comme la peste qui vient à frapper les villageois.
C'est alors qu'arrive une sorte de chose assez étrange. Un des villageois, savant qui plus est, ne supporte plus de voir tous les malheurs du monde frapper les habitants. Il souhaite alors régler ce problème en essayant de trouver des solutions. L'une de celle-là est de redevenir jeune pour dans un premier temps faire le bien. C'est alors que Méphisto le tente pour réaliser des choses qu'il n'a jamais pu faire auparavant. Et c'est alors que Méphisto (envoyé par le diable) va réaliser ses voeux les plus chers. On est alors en droit de se poser la question suivante: et si le mal était capable de nous fournir le bien? Mais c'est également dans l'égoïsme de l'homme a vouloir tout le temps trouver le bien, pour satisfaire ses plaisirs que le mal peut être fait à autrui. Bref, l'oeuvre pose une sorte de débat existentiel. Tout au long du film de Murnau, des indices sont posés. Premièrement, il y a le moment où Faust prend au lit l'une des plus belles femmes d'Italie alors que son amant est tué par Méphisto. Ensuite, il vient à s'éprendre d'une jeune villageoise. Le frère de celui-ci meurt suite à un combat entre Faust et le jeune homme. Mais Méphisto n'est pas mal intervenu non plus. En faisant savoir au frère d'abord que la femme était loin d'être aussi innocente qu'elle ne l'était mais également en tuant le rival de Faust. Enfin, la demoiselle sera mise au pilori. Puis, son enfant mourra de faim. Elle sera accusée de l'avoir tué et finira au bûcher. Faust, voyant tout cela, décide de rompre son contrat. Mais trop tard pour la jeune femme... Pourtant, l'oeuvre de Murnau demeure assez optimiste. Ainsi, même si on ne voit pas souvent la face opposée au diable, à savoir l'ange, elle se trouve présente au début et à la fin de l'oeuvre. Elle n'intervient jamais car l'homme est capable de rédemption et surtout... d'aimer. Bref, c'est totalement le genre de films que j'apprécie beaucoup. Du pessimisme mais une volonté de rester optimiste et de ne pas toujours vouloir se cantonner à l'homme est un loup pour l'homme. Mais faire le bien entraînera malheureusement toujours des sacrifices néfastes pour d'autres personnes.
Point de vue technique, l'oeuvre de Murnau est remarquable. Utilisation formidable du noir et blanc avec un rendu gothique on ne peut plus intéressant. Les effets spéciaus sont aussi remarquables pour l'époque. Ce qui me laisse fortement penser que la période allemande de l'avant-guerre était formidable. Il suffit de repenser aux oeuvres de Fritz Lang pour s'en convaincre.
Enfin, pas question de m'être ennuyé ici. Je trouve l'oeuvre remarquable et sa réputation n'est pas du tout usurpée...

Note: 5/5

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11 janvier 2009

Le Kid (The Kid)

kidDe: Charlie Chaplin

Avec: Charlie Chaplin, Edna Purviance, Jackie Coogan, Carl Miller, Tom Wilson, Chuck Riesner,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1921

Synopsis

Un pauvre vitrier recueille un enfant abandonné par sa mère victime d'un séducteur. L'enfant casse des carreaux pour aider son père adoptif, qui l'arrache à des dames patronnesses, puis le rend à sa mère, devenue riche.

Avis

Charlie Chaplin est un cinéaste que j'apprécie énormément. Il suffit de revoir mes différents avis sur des oeuvres comme Les lumières de la ville, Les temps modernes ou Le dictateur pour s'en convaincre. Mais ces trois films sont probablement le sommet de ce qu'à fait le cinéaste. Il était donc temps de s'intéresser aux autres oeuvres du comique muet. Le Kid est ce qu'on pourrait qualifier comme étant le premier long de Chaplin. Ou du moins, le considérer comme un moyen-métrage.
Il est évident que le metteur en scène est loin de découvrir le maniement d'une caméra. A travers ses courts-métrages et son personnage de Charlot, Charlie Chaplin a déjà eu l'occasion de réaliser des dizaines d'oeuvres. C'est donc sans étonnement qu'on constate que la mise en scène est soignée et fluide. Bref, si des reproches devaient être trouvés, ce ne serait pas sur ce point-là qu'on attaquerait le film.
Sur le fond, Chaplin joue déjà sur le registre du personnage solitaire, pauvre et critique envers une société des riches. La mère qui abandonne son fils le fait par désespoir mais on ne sait pas vraiment dire de quelle classe elle provient. Elle réussira cependant plus tard une carrière qui la rendra riche. Mais rien ne pourra lui rendre son fils. Elle s'investit alors à rendre visite à des orphelins, etc. Et puis il y a ce moment où le jeune enfant semble être acheté par une personne d'un statut social assez haut. Mais pour Chaplin, l'amour du petit orphelin ne vaut pas l'or du monde.
Tous les mauvais côtés de l'homme semblent venir d'une possession de l'argent. On en oublie les valeurs. Seule la vraie mère du jeune garçon jouée par Jackie Coogan semble échapper à cette règle. C'est d'ailleurs un duo remarquable qui nous est offert entre Chaplin et Coogan. Les deux acteurs sont émouvants ensemble et deux ou trois grandes scènes sont absolument grandioses.
Le hic, c'est que le film me semble avoir mal vieilli. Il y a quelques passages longuets. Ca m'a un peu fait pensé à La croisière du Navigator de Buster Keaton. Il y a par moment cette volonté d'en faire un peu trop chez les deux vedettes du burlesque. Ou du moins, c'est l'impression qu'on en a plus de 80 ans après la sortie des films. Au final, ça fait perdre pas mal le charme de The Kid. Ces différentes longueurs nuisant à l'oeuvre. Toutefois pas de quoi crier au scandale. Le film est toujours réussi mais on n'est pas dans le registre des chefs-d'oeuvre comme Chaplin le fera plus tard.

Note 3.5/5

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15 décembre 2008

La croisière du Navigator (The Navigator)

la_croisiere_du_navigatorDe: Donald Crisp et Buster Keaton

Avec: Buster Keaton, Kathryn McGuire, Frederick Vroom,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1924

Synopsis

Rollo Treadway, un milliardaire oisif éconduit par sa fiancée, décide de partir en croisière. La jeune fille s'embarque sur le même paquebot, le Navigator, mais un groupe de conspirateurs détache les amarres et le laisse partir à la dérive. Les deux jeunes gens, se retrouvant seuls, devront affronter des situations auxquelles rien ne les a préparés.

Avis

De Buster Keaton, les gens retiennent facilement son chef-d'oeuvre qu'était Le mécano de la General. Néanmoins, arrêter Keaton à cela serait bien dommage. Le comique et concurrent de Chaplin à l'époque du muet a réalisé (souvent en duo) d'autres longs qui valent la peine d'être découvert.
Parmi ceux-ci, il y a La croisière du Navigator.
Annonçons-le directement, il est impossible de voir Keaton faire mieux que Le mécano de la General. Cette oeuvre-ci est tout simplement sympathique, qui à défaut de faire toujours rire, nous fera souvent sourire.
Deux gros points faibles sont à mettre en avant. Premièrement, La croisière du Navigator souffre plutôt pas mal des ravages du temps. Il a assez vieilli et les gags me semblent nettement moins réussi par rapport à l'autre film de Keaton que j'ai vu ou tout simplement par rapport à ce que Chaplin pouvait faire. Néanmoins, le comique assure toujours autant. Ses expressions demeurent remarquables. Ce qu'il y a aussi d'incroyable avec le burlesque c'est que les situations drôles s'enchaînent mais que derrière celles-ci se cachent souvent une vérité bien plus sombre, bien plus triste. Pendant soixante minutes (un peu plus même), les gags vont et viennent sans s'interrompre. Mais assez bizarrement, c'est ici qu'arrive le second défaut. A partir du moment où les cannibales arrivent, on a la fâcheuse impression que le film tire en longueur. Ce qui reste un comble pour une oeuvre qui dure à peine le tour d'une horloge.
Evidemment, le fait que le film ait mal vieilli n'impute pas vraiment Buster Keaton. Les ravages du temps sont bien pires pour d'autres oeuvres. D'autant que ses qualités sont encore fort présentes. Outre le jeu de Keaton, l'actrice qui l'accompagne excelle dans son second rôle. Des situations drôles le sont encore aujourd'hui. La scène du scaphandrier ou celle de la course-poursuite sont celles qui reviennent le plus facilement à l'esprit. Une chose bien drôle, c'est quand Rollo Treadway décide sur un coup de tête qu'il se marierait bien et qu'il achète directement les billets du voyage de noces avant même d'avoir prévenu sa compagne et de lui avoir fait sa demande. Normal dès lors de le voir extrêmement déçu lorsque celle-ci refuse.
Au final, on obtient un sympathique petit film. Dommage pour ses deux défauts car dans l'ensemble, Keaton réussit merveilleusement bien son job. De toute façon, on n'aura pas le sentiment d'avoir perdu une heure de sa vie. On appréciera... mais pas autant que Le mécano de la General.

Note: 3.5/5

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20 mai 2008

Le mécano de la Générale (The General)

mecano_generalDe: Clyde Bruckman et Buster Keaton

Avec: Buster Keaton, Marion Mack, Glen Clavender, Charles Smith, Richard Allen, Jim Farley, Joe Keaton, Frederick Vroom,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1927

Synopsis

Lorsqu'il veut s'engager dans l'armée confédérée au début de la guerre civile, Johnnie Gray s'entend dire qu'il sera beaucoup plus utile pour la nation s'il se contente de continuer à s'occuper de son train et de sa locomotive, la "General". Pire encore, sa fiancée, Annabelle Lee, s'imagine en le voyant revenir qu'il n'est qu'un lâche et qu'il a peur de s'engage. Mais quelques mois plus tard, Annabelle se trouve à bord de la "General" pour aller rendre visite à son père blessé au combat. Des ennemis profitent d'un arrêt pour s'emparer du train.

Avis

A l'époque du muet, il existait une grande rivalité aux USA entre deux grands comiques dans leur genre. Le premier, c'était Charlie Chaplin et son désormais célèbre personnage de Charlot dont les farces et les excentricités demeurent encore célèbre aujourd'hui. L'autre, c'était Buster Keaton. Keaton interprétait un personnage tout aussi malchanceux que son concurrent. Cependant, comparé à Chaplin, Keaton n'était pas aussi excentrique dans ses émotions. Il demeurait nettement plus réservé et les situations comiques venaient plus de ses actions que de ses mimiques faciales. L'une des oeuvres les plus célèbre de Keaton demeure Le mécano de la générale, tourné avec Clyde Bruckman, qu'on oublie souvent de citer (mettant plus facilement en avant le génie de Keaton) et qui a collaboré ici avec le comique.
Alors, ce film, c'est quoi ? Tout simplement l'histoire d'un petit cheminot qui veut s'engager pour la guerre mais qui se voit refuser les portes de l'armée parce qu'on le jugera plus utile avec sa locomotive plutôt qu'une arme à la main. A cause de cela, sa fiancée le prend pour un lâche. Un an plus tard, cette demoiselle se retrouve dans le train du jeune homme et est prise en otage par des Nordistes qui veulent avant tout semer la zizanie derrière les lignes sudistes.
A partir de là, Gray fait tout ce qu'il peut pour sauver sa dulcinée. A partir de là, d'un sujet au fond pas trop joyeux (la Guerre de Sécession n'a rien eu de drôle), on retrouve l'humour de Keaton, qui malgré le siècle (enfin presque) qui nous sépare, n'a rien perdu de sa verve et de sa drôlerie. Il faut dire que le personnage Keaton en fait un peu moins que Charlie Chaplin. Il est plus facile de s'identifier à Gray qu'à Charlot dans ce cas-là. Et puis, il ne faut pas oublier l'importance de la locomotive, du train et des rails qui, ensemblent, forment au fond une sorte d'acteur principal, par qui les gags arrivent bien souvent ou se déroulent après une quelconque manipulation de Gray ou dû à sa maladresse.
Cependant, comme Chaplin, les films de Keaton ne sont néanmoins pas dénués de messages ou de choses nettement plus intelligentes. Ainsi, via Gray, le comique souligne l'importance du rail, le développement du réseau ferroviaire aux USA, qui a commencé avec les colons qui émigraient vers l'Ouest. Ici, on démontre l'importance du train dans la Guerre civile américaine. De plus, on peut se poser des questions sur le fait que Gray soit un Sudiste (et donc un soldat qui est contre l'abolition de l'esclavage) mais tout bien réfléchi, était-ce mieux d'être un Nordiste dont le prétexte de la fin de la traite des Noirs masquait surtout l'envie des têtes fortunées du Nord de s'approprier les richesses du Sud notamment grâce aux plantations de coton ?
Bref, le film n'est pas non plus manichéen. D'ailleurs, peu importe qu'il soit sudiste ou nordiste, Gray fait rire et il le fait intelligemment.
On comprend que Chaplin et Keaton furent des rivaux à l'époque. Néanmoins, si cette "guerre" entre les deux comiques avait son importance avant, on retient désormais le travail essentiel de ces deux messieurs, qui ont marqué le cinéma. Keaton possédant donc une place de choix, car il a contribué à l'intérêt des gens pour le septième art à l'époque et, chose encore plus exceptionnelle, son talent est encore reconnu aujourd'hui par les cinéphiles...

Note: 5/5    

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09 décembre 2007

Folies de femmes (Foolish wives)

folies_de_femmesDe: Erich von Stroheim

Avec: Erich von Stroheim, Cesare Gravina, Maud George, Mae Bush, Rudolph Christians, Robert Edeson, Patsy Hennen,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1922

Synopsis

Un aventurier cynique et libertin, Serge Karamzin, est ses deux "cousines", Olga et Vera, d'anciennes voleuses à la tire se faisant passer pour des aristocrates russes en vacances, vivent dans une luxueuse villa de Monte Carlo dans l'attente de gogos à plumer. Ceux-ci se présentent sous la forme d'un ambassadeur américain, Andrew J. Hughes, et de sa femme Helen. Karamzin séduit l'épouse par ses flatteries et tente de lui extirper de l'argent, en prétextant une dette de jeu. Alors qu'il est sur le point d'arriver à ses fins, une femme de chambre jalouse, Maruschka, qu'il a odieusement escroquée et mis enceinte, les surprend et met le feu à la villa.

Critique

Et oui, ce blog n'est pas mort et les mises à jours, bien que de plus en plus espacées, se feront encore. Attaquons-nous donc à un illustre metteur en scène qu'était Erich von Stroheim. Le monsieur débute réellement au cinéma comme assistant-réalisateur ou acteur d'un certain D.W. Griffith ou encore d'une autre homme moins connu: John Emerson. Ce dernier même qui instaura quelques règles élémentaires encore de vigueur au cinéma à l'heure actuelle. En 1919, il sort sont premier film, intitulé Maris aveugles. Considéré encore maintenant comme l'un de ses plus grands films, il en est de même pour son second, à savoir Folies de femmes.
En effet, l'une des plus grandes qualités de cette oeuvre, c'est que malgré ses 85 ans bien tapés et le fait que ce soit muet, elle ne semble pas si vieille. A cela, il y a divers éléments qui aident à cette "éternelle" jeunesse.
Premièrement, la musique est tout bonnement remarquable. Ecoutez-là et vous n'aurez pas l'impression d'entendre que cela puisse être si vieux.
Par après, il y a évidemment une réalisation qui suit. Comme von Stroheim a quasiment tout appris chez Griffith, il y a énormément de successions de plans fixes mais aussi quelques plans en mouvement. Mais en aucun cas, on ne s'ennuie car on est pris par l'histoire et par le jeu des acteurs (dont von Stroheim lui-même, qui réalisa une aussi brillante carrière de comédien).
Une fois donc passé tous les détails techniques et le mot rapide sur la prestation des acteurs et actrices, il est temps de parler du scénario qui est probablement ce qui s'est fait de mieux dans ce film. En effet, on ressent chez von Stroheim une certaine haine envers les hommes. Il faut dire qu'il ose aborder des sujets tabous dans une Amérique des années 20. L'argent et le sexe sont fortement présent dans cette oeuvre. Le premier parce que Serge Karamzin (Erich von Stroheim) est un voleur, qu'il ne voit que l'appât du gain et qu'il est prêt à tout pour se faire le plus d'argent possible. De même que l'action se déroule à Monaco, dont on connaît le paradis fiscal qu'il constitue. En plus, et cela n'arrange pas les choses, c'est un militaire. Ensuite, ce même Karamzin a une certaine attirance pour les femmes. Et notamment, celle de l'ambassadeur américain. Il y a chez cet homme un côté pervers et malsain. De même que la tentative de viol qu'il tentera d'effectuer ou qu'il fera sur une mineure. Mais attention, tout cela est toujours suggéré. Jamais von Stroheim ne montre le viol à l'écran d'où le fait qu'on ne peut pas être sûr que l'acte ait été commis.
Ensuite, il y a cette critique envers les militaires mais pas n'importe lesquels: ceux qui ont le pouvoir. Elle est acerbe et fort présente. Envers Karamzin, on comprend immédiatement que ces costumes et médailles ne sont que du vent. Envers la haute-société aussi, von Stroheim ne badinait pas. Ainsi, nombre de fois, la femme de l'ambassadeur regarde avec un air accusateur cet ancien soldat qui ne l'aide pas ou qui ne ramasse pas ses sacs lorsqu'ils tombent. Jusqu'à ce qu'elle se rend compte plus tard que le soldat est infirme et que ses deux bras ont dû être amputés. La honte l'envahit alors.
Malheureusement, von Stroheim fera une courte carrière en tant que réalisateur mais réalisera quelques chefs-d'oeuvre. Les producteurs américains lui reprochant de réaliser des films beaucoup trop chers. Il se tournera par après exclusivement au jeu d'acteur. Mais ceci est une autre histoire et il serait bien dommage, chers amis cinéphiles, que vous ne loupiez ce chef-d'oeuvre du muet...

Note: 5/5

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29 décembre 2006

Le cuirassé Potemkine (Kniaz Potiomkin)

potemkine_afficheDe: Sergei Mikhailovich Eisenstein

Avec: Alexandre Antonov, Vladimir Barsky, Grigori Aleksandrov, Mikhail Gomorov, Ivan Bobrov, Beatrice Vitoldi, N. Poltavseva, Julia Eisenstein, Sergei Mikhailovich Eisenstein, Andrei Fajt, Konstantin Feldman, A. Glauberman,...

Pays: Ex-URSS

Année: 1925

Synopsis

En janvier 1905, la première révolution russe éclate, suivie le 14 juin par la révolte des marins du "Potemkine". Ce qui au départ s'annonçait comme une petite protestation d'un équipage lassé et furieux de n'avoir à manger que de la viande pourrie a dégénéré en une véritable insurrection à Odessa.

Critique

Voilà probablement l'oeuvre la plus réussi d'Eisenstein avec Octobre. Il s'agit du second film du jeune réalisateur né en 1898. Comme son premier long-métrage, le prodige russe nous sert un film politique et propagandiste. Mais il le fait avec brio. Une fois de plus, il s'agit d'un film de commande chargé de donner une bonne image du communisme.
Une fois encore, on y trouve une dénonciation du système du Tsar qui favorise l'élite. Toujours cette critique donc de l'armée (par la nourriture qui est servie par exemple. Les officiers qui nient le fait que la viande soit périmée), des bourgeois (les gens qui rendent hommage au marin, un bourgeois est parmi eux et critique le mort, celui-ci sera battu par la foule), de la religion (le curé est un personnage que l'on rend ridicule via sa coiffure. D'autant plus qu'il ressemble plus à une forme de diable qu'autre chose). En gros, l'oeuvre met en avant le régime inégalitaire du Tsar et la meilleure solution pour les gens seraient de s'unir et de faire confiance au communisme.
Le gros problème avec Sergei M. Eisenstein, c'est qu'il est un excellent réalisateur (probablement le meilleur que la Russie a connu), mais qu'il n'a fait quasiment que des films de commande et qu'il est, au fond, une sorte de réalisateur politique. A cause de cela, il perd un peu de crédibilité auprès des yeux de certains spectateurs.
Car il faut bien reconnaître que cette oeuvre est probablement l'une des meilleurs d'Eisenstein au niveau de la réalisation. Toutes les personnes qui se disent aimer le cinéma doivent au moins connaître la fameuse scène des escaliers (reprise par Brian DePalma dans Les incorruptibles ou bien Terry Gilliam y fait également une référence dans Brazil). Cette scène est grandiose et dure près de six minutes. Tout y est poussé à l'exagération avec les visages très expressifs notamment celui de la mère qui pleure la perte du landau. On y voit également la cruauté des soldats. Encore une façon de montrer que tout ce qui appartient au Tsar n'est pas une bonne chose. Un maniement de la caméra parfait, sans oublier la musique qui accompagne l'ensemble du film et qui accentue encore plus la qualité d'ensemble. Outre la scène d'escalier, Eisenstein reste fidèle à lui-même, c'est-à-dire grandiose avec des plans parfois incroyable (le moment où toutes les personnes se rassemblent pour rendre une dernier hommage au marin est assez impressionnant puisqu'ils sont des milliers). A noter que le réalisateur opte encore pour le montage parallèle. Technique qu'il avait déjà utilisée pour La grève. Eisenstein se révèle être un as pour monter des films.
A noter que tous les acteurs sont des amateurs. Le réalisateur russe a fait appel aux habitants d'Odessa ainsi qu'au marin de cette même ville. Eisenstein fera d'ailleurs une apparition dans le film. Il fera également appel à sa mère. Et son collègue Grigori Alexandrov possède également un petit rôle. Il faut souligner qu'Eisenstein a réalisé ce film avec Alexandrov. Au total, Sergei Eisenstein réalisera sept films avec d'autres réalisateurs.
Le cuirassé Potemkine est un chef-d'oeuvre sans aucun doutes. Maîtrise totale de la part d'un jeune réalisateur qui marquera de son empreinte le cinéma mondial à tout jamais...

Note: 5/5

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13 mai 2006

La grève (Stachka)

sans_titre24De: Sergei Mikhailovich Eisenstein

Avec: Alexandre Antonov, Grigori Alexandrov, Igor Kliouvkine, Mikhail Gomarov, Maxime Strauch,...

Pays: Ex-URSS

Année: 1924

Synopsis

La Russie Tsariste en 1912. Un ouvrier accusé de vol se pend. Aussitôt ses camarades se déclarent en grève.

Critique

Eisenstein reste à ce jour l'un des plus grands réalisateurs au monde. Son inventivité, ses méthodes de montage et sa façon de filmer certains plans ont contribué au mythe qu'il est devenu.
La grève est le premier film de ce réalisateur. Une nouvelle fois, certains reprocheront à Eisenstein le parti pris dans ses films, des oeuvres de propagande communistes, comme la plupart d'entre eux. Une fois encore, on voit Eisenstein prendre la défense des ouvriers, des gens du peuple et tout cela sous l'air Tsariste. Mais bien avant l'histoire du film ou autre enjeu politique, Eisenstein a marqué de son empreinte le cinéma. En pratiquant l'usage du montage parallèle, de la superposition des images (La grève en est un parfait exemple mais d'autres de ses films aussi),... Eisenstein se sert cette fois-ci d'une usine pour faire son cinéma de propagande. Prenant une nouvelle fois la défense de l'opprimé sous le joug du Tsar. Car Eisenstein c'est aussi cela, une perpétuelle critique de la société russe avant le communisme. Un monde inégalitaire, injuste où les bourgeois profitent des plus faibles,... En bref, une critique exacerbée du capitalisme. Et La grève est l'un des meilleurs exemples de la filmographie d'Eisenstein. Ainsi, il montre des riches qui proftient et qui s'enrichissent sur le travail des ouviers, ces dernirs habitants dans des sortes de ghettos et où avoir à manger à sa faim chaque jour serait déjà parfait. Ainsi, comme pour quelques-uns des films d'Eisenstein, Cette oeuvre montre les bourgeois, les riches, les policiers,... tous ceux appartenant à des classes nanties comme étant des gens laides, cupides et possédant que des défauts... Tout est fait pour égratigner la Russie pré-communiste. Sur le plan de la réalisation même, le film est parfait. Sans aucun doute un très grand film mais paradoxalement à Octobre ou au Cuirassé Potemkine, je me suis pas mal ennuyé devant La grève. L'histoire est loin d'être passionnante et il faut vraiment s'accrocher pour voir le film d'une seule traite. Cependant, l'aspect technique est tout aussi important que l'histoire et pour Eisenstein, c'est la seconde partie qui compte le plus. Un maître, un génie est né avec ce film. Un homme qui bouleversa l'histoire du cinéma à jamais. Malgré une histoire assez ennuyeuse, le talent de ce réalisateur ne fait déjà aucun doute dans ce film!

Note: 4/5

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21 février 2006

Metropolis

metropolis2De: Fritz Lang

Avec: Brigitte Helm, Alfred Abel, Rudolf Klein-Rogge, Gustav Frohlich, Fritz Rasp, Theodor Loos, Erwin Biswanger, Heinrich George Grot, Olaf Storm, Hanns Leo Reich, Heinrich Gotho, Maragarete Lanner et Fritz Alberti

Pays: Allemagne

Année: 1925

Synopsis

Des ouvriers travaillent dans les souterrains d'une fabuleuse métropole de l'an 2026. Ils assurent le bonheur des nantis qui vivent dans les jardins suspendus de la ville. Un androïde mène les ouvriers vers la révolte.

Critique

Dès les premières images, le charme opère déjà! Un texte vous apprend qu'il n'existe plus de version complète du film car une partie de celui-ci a disparue ou a été détruite! Les moments manquants sont résumés par des petits textes. Le mythe est lancé...

Fritz Lang était un génie! Ce film le prouve. Des décors extraordinaires, une histoire formidable, des acteurs incroyables, tout est absolument parfait! Dans un premier temps, il fait preuve d'un savoir-faire fantastique derrière la caméra et il nous offre des plans d'une beauté phénoménale. Particulièrement la ville en elle-même dont on a l'impression que les décors étaient gigantesques mais il ne s'agit que de maquettes et pour donner un effet aussi impressionnant de la métropole, des miroirs étaient utilisés. Ensuite, Lang était un visionnaire puisqu'on peut discerner l'avènement du nazisme grâce, notamment, à la façon dont les ouvriers marchent au pas (En réalité, c'était un des films préférés d'Hitler, et Goebbels voulait donné la direction des films de propagande nazie à Lang. Ce dernier émigrera aux Etats-Unis en 1934 pour fuis le nazisme.). Ensuite, le réalisateur montre de façon fort prenante l'exploitation des pauvres par les riches! La façon dont les premiers sont séparés des seconds. Le fait que leurs maisons se trouvent sous terre, comme pour dire que ces gens là ne doivent pas être montrés, ne doivent pas être aidés et qu'en cachant leur existence, on ne connaît pas de souffrances. Par ailleurs, l'espoir pour ces malheureux réside en Maria et, donc, accessoirement par la religion (chaque fois qu'ils la rencontrent, il y a des croix catholiques ou encore la scène finale, formidable, se passe sur la cathédrale). Ce qui est normal, au fond, pour l'époque puisque les gens étant très pauvres, se réfugiaient souvent derrière leur foi. Ensuite, cette formidable scène de fin ou Lang semble placer tout son espoir d'un avenir et d'un monde meilleur pour les moins nantis de la population. Dommage de voir que nous sommes très loin de l'espérance de Monsieur Lang...

Ensuite, l'actrice Brigitte Helm est remarquable. Grâce à ce rôle, elle aura le rang de star incontestée. Les acteurs, en fait sont tous extraordinaires. Ainsi, le savant fou, interprété par Kleine-Rogge est incroyable. Sans oublier le formidable jeu de Frohlich ou encore celui de Alfred Abel. Enfin, je tenais à préciser la formidable musique qui accompagne le film.

Un pur chef-d'oeuvre, tout simplement! Ce n'est pas pour rien qu'il a été le premier film classé au patrimoine mondial de l'UNESCO! Je vous conseille vraiment ce bijou. Celui qui se dit aimer le cinéma doit absolument voir ce film!

Note: 5/5

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12 janvier 2006

Octobre

octobreDe: Sergei Mikhailovich Eisenstein

Avec: Vassili Nikandrov, Vladimir Popov, Boris Livanov, les soldats de l'Armée Rouge, les marins de la Flotte Rouge et des ouvriers et citoyens de Leningrad

Pays: Ex-URSS

Année: 1927

Synopsis

Octobre retrace avec un souci d'authenticité inouï la révolution russe de 1917. Une fresque somptueuse qui montre l'avènement des Bolchéviques au pouvoir à travers une reconstitution historique minutieuse et flamboyante.

Critique

Commandé par Lénine à l'occasion du dixième anniversaire de la Révolution russe et maintes fois retouchés pour plaire au Président, Octobre s'inscrit dans le genre des films historiques mais dont la propagande pour le Bolchévisme et le président de l'URSS est claire!

Le film commence bien, très bien même! Une statue du Tsar, filmée en contre-plongée pour inspirer la crainte et le pouvoir que représente le personnage. Les révolutionnaires arrivent, détachent petit à petit la statue, la tête vacille (comme le pouvoir en place) et tombe. Pourtant, cette première révolution se passe en octobre 1917 et le Tsar parvient à contrer la révolution. On a alors droit à un plan de la statue qui se reconstruit. Magistral! Tout le film se déroule de cette manière. Les moyens mis en oeuvre sont également extraordinaires notamment lors des scènes de manifestation, et les scènes de combat de fin. Enfin, les montages parallèles, toutes les comparaisons et métaphores que réalisent Eisenstein sont incroyables! Ainsi, les faucilles des paysans qui se mêlent aux fusils des soldats et qui montrent que nous sommes bien dans un film de propagande, les soldats alignés et les verres ensuite. Le général Kornilov comparé à Napoléon Bonaparte. On va même pousser cette comparaison jusqu'au cheval blanc. Les soldats de gardes sont comparés à des statues, totalement immobiles. Ensuite, le fait qu'on est vraiment dans un film de propagande, c'est de la façon dont sont montré les nobles, les bourgeois et les partisans du Tsar. Ils sont "moches", ont l'air d'avoir de sérieux problèmes d'ordre mental, etc...

Même si ce film fait l'apologie de Lénine, Eisenstein était un fichu génie, capable de rendre chaque scène somptueuse, pleine de sens, réalisant de magnifiques métaphores et tellement doué derrière une caméra et dans la construction de plans. Il fait partie de ce genre de cinéastes capables de vous faire adorer le cinéma avec un seul film... Je parlais de Lénine plus haut, il est interprété par un acteur dont la ressemblance est frappante. Même si, à titre de comparaison, on voit moins cet acteur qu'un Bruno Ganz interprétant Hitler, il doit également avoir dû étudier le personnage. De toute façon, Octobre n'est pas un film à voir pour ses acteurs mais pour l'ensemble de scènes extraordinaires qui défilent sous vos yeux! A noter aussi les grimaces que réalisent les comédiens valent vraiment la peine d'être vues... J'aimerais aussi ajouter que des sons d'ambiance ont été ajouté quelques années après la sortie du film et même si elles ne gâchent rien en soi, l'oeuvre totalement muette accompagnée de la musique d'ambiance aurait largement suffi.

Un film exceptionnel tout simplement et qui est à classer parmi les meilleurs films du prodige soviétique. Octobre traite de la révolution mais Eisenstein en était une aussi...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 13:08 - Années 1920 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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