09 août 2009
Dracula
De: Tod Browning
Avec: Bela Lugosi, David Manners, Helen Chandler, Dwight Frye, Edward Van Sloan, Herbert Bunston, Frances Dade, Joan Standing,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1931
Synopsis
Renfield, chargé de conclure une transaction immobilière avec le comte Dracula, se rend dans son château des Carpates, où l'aristocrate, qui s'avère être un vampire, va l'hypnotiser pour le mettre sous ses ordres. Débarqué en Angleterre, Dracula ne tarde pas à créer de nouveaux semblables parmi la société locale en commençant par la jeune Lucy, fille du directeur de l'asile...
Avis
Le roman de Bram Stoker en aura inspiré des metteurs en scène. Depuis le tout début de l'existence du septième art, le comte originaire d'Europe de l'Est s'est affiché à l'écran. Tod Browning s'est essayé à l'adaptation du roman. Et on peut dire que c'est plutôt réussi.
Certes, ça ne vaut pas pour moi Nosferatu de Friedrich W. Murnau ou le Dracula de Francis Ford Coppola mais cette version-ci possède des qualités non-négligeables.
Premièrement, Browning réalise un film très court mais dont il n'y a aucun temps mort. Pas le temps de s'ennuyer une seule seconde, d'autant que l'oeuvre résiste plutôt très bien aux ravages que les années peuvent faire subir aux films. Certes, il y a quelques rides mais ce n'est pas très grave. Ca apporte même un certain charme.
Ensuite, il y a une excellente ambiance qui se dégage de cette oeuvre. Elle est très sombre, très prenante. D'ailleurs, les effets spéciaux ne sont pas devenus totalement désuets, confirmant ainsi ce que j'ai pu dire un peu plus haut. La mise en scène de Browning est somme toute assez classique, mais réussie.
Le film est également servi par un excellent casting, avec Bela Lugosi en tête. Impossible d'oublier cet acteur dont Tim Burton avait rendu un hommage assez grandiose à travers le film Ed Wood. Ce dernier étant également un cinéaste fan de Lugosi en qui il voyait le plus grand acteurs de tous les temps. C'est évidemment très exagéré mais il faut bien avouer que Lugosi possède un certain charisme et qu'il interprète Dracula de manière réussie, imposant donc sa touche sur le personnage. Les autres rôles sont également intéressants.
Cependant, il manque quelque chose à cette oeuvre pour l'élever au rang des chef-d'oeuvres. On regrettera justement que la pasychologie des différents personnages n'est pas plus poussée. Browning a certainement fait un choix très clair et privilégie (de manière efficace donc) l'enchaînement rapide des différents points importants du roman. Ensuiten il manque peut-être un peu d'inventivité par rapport à d'autres oeuvre du genre et notamment comme pour Nosferatu.
Mais qu'importe, Dracula reste un bon moment et il ne faut pas bouder son plaisir, confirmant au passage que le comte est un de mes "monstres" préférés au cinéma.
Note: 3.5/5
26 avril 2009
Les voyages de Gulliver (Gulliver's Travels)
De: Dave Fleischer
Avec les voix de: José Ferrer, Mala Powers, William Prince, Morris Carnovsky, Ralph Clanton, Lloyd Corrigan,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1939
Synopsis
Le navire de Gulliver est pris dans une tempête et coule. Le naufragé parvient jusqu'à la plage du royaume de Lilliput où, épuisé, il s'endort. Pendant ce temps, le roi du lieu (King Little) fête les fiançailles de sa fille la Princesse Glory avec le Prince David, fils du Roi Bombo de Blefuscu. Un différent naît au moment de jouer les hymnes nationaux et la guerre est déclarée. La découverte de Gulliver, toujours assoupi, mobilise les Lilliputiens.
Avis
Je tiens tout d'abord à signaler que pour ce film, il semble exister une version colorisée et une version en noir et blanc originale. J'ai bel et bien vu la dernière version.A l'époque, il n'y avait pas que Walt Disney qui réalisait des dessins animés renommés. Il y avait le studio des frères Fleischer. Je dois même avouer que j'ai trouvé cela très bien foutu et il me semble que les Fleischer surpassaient sur certains points les dessins de Disney. Je tiens tout de même à rappeler que ces messieurs ont inventés Betty Boop, Popeye ou encore dessiné les aventures de Superman. Ils ont même réalisés des cartoons sonores avant la sortie du film Le chanteur de jazz.
Gulliver's Travels s'inscrit toutefois dans un contexte assez particulier. Les studios Paramount demandent de concurrencer depuis quelques temps le studio Disney. Les Fleischer perdent un peu de leur originalité. Il est vrai que les morales des histoires ou le côté parfois niais qui peut ressortir me rappellent les Disney.
Mais toutefois, j'ai préféré sur certains points l'histoire ici présente que la plupart des vieux classiques signés par le bon Walt. Tout d'abord, l'animation est incroyable pour l'époque. Certains mouvements feraient vraiment penser à de la Motion Capture alors que nous sommes en 1939... Vraiment, ils sont remarquables et je conseille à tout le monde d'essayer de dénicher ce dessin animé.
Ensuite, je trouve les gags nettement plus aboutis que chez Disney. Je dois bien avoué que j'ai ri quelques fois devant ce dessins animé. Les petits comme les grands peuvent y trouver facilement leur compte. Je crois que le gag qui me restera très longtemps en tête est celui où le veilleur chez les lilliputiens chante. Les paroles sont simples, décrivant surtout ce que fait le personnage. Et puis, subitement il se met à dire ceci: "mais pourquoi me fait-on chanter ça?". Ca démontre une liberté artistique et surtout une volonté chez les Fleischer de se moquer de leur travail. Et peut-être, par la même occasion de ce que la Paramount leur demande de faire...
Au final, un très bon dessin animé, que je ne regrette pas du tout d'avoir découvert. Les frères Fleischer demeurent moins connus que Disney et c'est bien dommage. Leurs dessins valaient au moins ceux du grand studio...
Note: 4/5
08 avril 2009
La chevauchée fantastique (Stagecoach)
De: John Ford
Avec: Claire Trevor, John Wayne, Andy Devine, John Carradine, Thomas Mitchell, Louise Platt, George Bancroft, Tim Holt, Donald Meek, Berton Churchill, Tom Tyler,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1939
Synopsis
En 1885, les Indiens menacent le camp de Tonto, en Arizona, un groupe de civils est évacué par diligence. A son bord: un médecin alcoolique, un représentant en whisky, une prostituée, un joueur professionnel, l'épouse enceinte d'un officier de cavalerie, un banquier et enfin un shérif à la poursuite de Ringo Kid, célèbre hors-la-loi.
Avis
J'ai toujours eu une énorme affection pour les Western. Si mon genre préféré demeure bien celui du "spaghetti" grâce au fabuleux Leone, il est un homme à la mise en scène classique dont les Western sont souvent remarquables. Il est clair que je parle ici de John Ford vu que je vais parler de son film. La chevauchée fantastique possède plusieurs points forts intéressants. Premièrement, je dirais que le film se divise en deux parties très intéressantes. La première se déroule lors du voyage en diligence et lorsque nous sommes à l'intérieur de celle-ci ou aux points relais. Ensuite, il y a la partie plus orientée vers l'action qui débute lors de l'attaque de la diligence par les Indiens pour se terminer dans le village où Wayne doit se rendre. Prenons désormais le cas par cas. Commençons très logiquement par la première partie du film. On a une présentation assez rapide des différents personnages mais tous sont assez représentatifs de l'ambiance et des moeurs de l'époque. Le hors-la-loi, le médecin alcoolique, la prostituée, la fille de bonne famille,... Difficile dès lors de faire côtoyer tout ce petit monde dans un si petit endroit. Sans oublier que les différences sociales vont dès lors très vite apparaître et créer un grand malaise. Ford critique justement les préjugés que chaque personne va avoir envers l'autre. Et plus particulièrement une critique envers les gens aisés. A partir de cette dénonciation Ford va avoir tendance à les faire disparaître. Pour cela, un élément est très important dans l'histoire, c'est vraiment la naissance du bébé de la fille de bonne famille. C'est le médecin qui l'accouche et c'est la prostituée qui s'occupe très bien du nouveau-né et de la mère.
Ensuite, le scénario s'emballe. Les méchants Indiens attaquent la diligence. On a droit alors à des scènes très impressionnantes pour l'époque. De très bons travellings. La petite communauté qui était alors déchirée doit s'associer pour combattre les Indiens. C'est dans la difficulté que l'aide des autres est la plus précieuse. Au diable alors les préjugés. La communauté est soudée. L'œuvre se termine en se concentrant sur l'objectif du personnage de Wayne (toujours aussi charismatique d'ailleurs). Au final, on obtient un Western très complet et qui fait partie de mes favoris...
Note: 5/5
12 décembre 2008
La règle du jeu
De: Jean Renoir
Avec: Marcel Dalio, Nora Gregor, Jean Renoir, Mila Parely, Julien Carette, Roland Toutain, Paulette Dubost, Gaston Modot, Richard Francoeur, Claire Gerard, Odette Talazac, Pierre Nay,...
Pays: France 
Année: 1939
Synopsis
Autour d'une chasse en Sologne organisée par Robert de la Chesnaye, sa femme Christine découvre sa liaison avec une de leurs amies. Abusée, elle se laisse courtiser par deux invités. Les masques vont tomber au cours d'un bal costumé.
Avis
Dur dur d'évoquer le cinéma français sans parler de Renoir. Quelques grands films ont marqué l'ensemble d'un cinéma hexagonal et mondial. Ses deux plus célèbres constituent La grande illusion et La règle du jeu.
Dans ce dernier, le film oscille clairement entre la démonstration de la vie d'une certaine bourgeoisie et le drame qu'elle peut engendrer. L'oeuvre de Renoir est par ailleurs prodigieuse. Chaque personne passe dans l'objectif de la caméra. Un bout de leur vie ou de leur personnalité est passée au peigne fin. Entre le pilote qui voue un amour sans fin pour Christine. Cette même Christine a épousé un baron où elle va découvrir qu'il possède une maîtresse. Sans oublier la relation ambigüe et étroite entre Christine (encore et toujours) et Octave. Ce dernier étant considéré comme une frère ou presque par la demoiselle.
L'ensemble de l'oeuvre stagne dans une sorte de tragi-comédie. On ne peut oublier ce garde-chasse dont l'épouse possède le béguin pour le dernier valet arriver. Chaque personnage possède un bon et un mauvais côté. Ils peuvent très bien nous émouvoir comme nous repousser. Pour Renoir, tout le monde peut être bon, tout le monde peut être mauvais. Tout dépend de la situation. Il n'y a pas de manichéisme pour ce film. Il en est totalement absent et personne ne s'en plaindra.
Le drame final apparaît comme un accident absurde. Celle d'une soirée où tout dégénère. Rien ne laissait présager cela quand on constate le début de cette petite fête. Les convives s'amusent, boivent, rient, etc.
Puis, tout le monde règle ses comptes. Cela va de la "simple" dispute, à un combat entre hommes à la loyale et au pire jusqu'à l'envie d'un meurtre. L'homme est bel et bien capable du meilleur comme du pire. Et on a beau être issu de la bourgeoisie, les problèmes existent et semblent parfois bien plus terribles que chez l'homme du peuple. Et même si, l'accident mortel qui se produit provient du fusil du garde-chasse, la situation ne se serait jamais dégradée si le novueau valet avait été engagé par le riche bourgeois.
Si Renoir est probablement l'un des meilleurs metteurs en scène de tout le cinéma français, il n'en demeure pas moins un très bon acteur. Son rôle ressort du lot. Son personnage est de loin le plus attachant. Les autres rôles sont tous aussi bons. Mais je me suis fait la réflexion en regardant La règle du jeu que Renoir possédait un côté de grand-père attachant. Celui d'une personne avec qui il était agréable de travailler. Allez savoir pourquoi...
Toujours est-il que la renommée de cette oeuvre est totalement justifiée. Elle ne vieillit absolument pas avec le temps. Jean Renoir signe bel et bien un grand film. La règle du jeu est parfaitement respectée, à savoir de nous offrir un chef-d'oeuvre...
Note: 5/5
27 octobre 2008
La grande illusion
De: Jean Renoir
Avec: Jean Gabin, Erich von Stroheim, Pierre Fresnay, Dalio, Dita Parlo, Julien Carette, Georges Péclet, Werner Florian, Jean Dasté, Sylvain Itkine, Gaston Modot,...
Pays: France 
Année: 1937
Synopsis
En 1917, dans un camp en Allemagne, un groupe de prisonniers français, dont l'aristocrat Boieldieu, le contremaître Maréchal et le banquier juif Rosenthal, préparent une évasion. Au dernier moment, ils sont transférés dans une forteresse commandée par Von Rauffenstein, qui sympathise avec Boieldieu...
Avis
Jean Renoir fait figure de monstre dans l'histoire du cinéma français. Il était donc logique qu'un jour ou l'autre, je m'attarde sur ses films. Commençons donc par l'un de ses plus célèbres: La grande illusion. Renoir collaborre pour cela avec Charles Spaak, scénariste belge réputé à l'époque. Mais pour cette oeuvre, Renoir se base à la fois de ses souvenirs de la Grande Guerre (il y participa en tant qu'officier) mais également de ceux du Général Pinsard, pilote de chasse qui fut prisonnier et qui parvint à s'évader.
La grande illusion doit probablement sa renommée à plusieurs éléments. Premièrement, c'est un film de guerre sans la guerre. Pas une scène de combat ne sera montrée. Et ce ne sera pas les quelques petits coups de fusils tirés à l'intérieur d'un des camps de prisonniers ou par une patrouille allemande qui va en faire un film du genre. Ce sont juste deux petits éléments qui nous rappellent que la guerre est présente outre le fait évidemment que nous suivons des prisonniers. Ce n'est évidemment pas le seul point que nous pouvons examiner sur le fond. En deuxième partie, on constate que pour Renoir, la guerre peut permettre des rapprochements. Ainsi, l'officier allemand et français deviennent assez proches. Et c'est avec regret que l'allemand blesse mortellement le français plus tard, après une tentative d'évasion de ce dernier (il y a d'ailleurs une très jolie chose en rapport avec la plante que détient von Rauffenstein). Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que Renoir dit que ce n'est pas les nationalités qui divisent les hommes mais bel et bien les classes sociales. Le nationalisme et l'antisémitisme sont pour le metteur en scène français une profonde erreur. Renoir se qualifiera lui-même de pacifiste (d'autres le jugeront au contraire d'antimilitariste). Il évoque également la fin de l'aristocratie au travers des personnages des deux officiers. L'accueil que reçut le film sur la question juive évolua en fonction de la situation mondiale d'avant et d'après guerre. Le personnage du juif Rosenthal est apprécié lors de la sortie en 1937. Après la Seconde Guerre Mondiale, certains journalistes deviennent très virulents envers La grande illusion (alors qu'au moment de sa sortie, les critiques étaient dythirambiques). En effet, ils considèrent que le film représente uniquement ce qu'est la question juive de l'entre-deux-guerre et que la collaboration entre allemands et français annoncent le régime de Vichy. Le film sera enfin réhabilité par François Truffaut.
Mais ce n'est pas tout. L'oeuvre sera interdite en Belgique par le Premier-Ministre Paul-Henri Spaak (le frère de Charles...), en Grande-Bretagne par Churchill ou encore en France durant la Seconde Guerre mondiale. Aux USA, le président Roosevelt regarde le film le 11 novembre 1937 et s'exclamera de la sorte: "Tous les démocrates du monde devraient voir ce film". Mais le film connaîtra un bon succès aux Etats-Unis. Il sera d'ailleurs sélectionné pour les Oscar de 1939.
Deuxièmement, l'oeuvre peut s'appuyer sur des acteurs de premier choix. Jean Gabin n'est plus à présenter. Il s'agit évidemment de l'un des acteurs français les plus connus et probablement l'un des plus talentueux que le cinéma hexagonal ait pu connaître. Von Stroheim détient aussi un rôle qui lui permettra de connaître une consécration internationale en tant qu'acteur parlant.
Le tout donne au film une puissance rare. Dans le titre, on sent toutes les craintes de Renoir quant à l'approche d'une nouvelle guerre. La montée d'Hitler en Allemagne, du fascisme en Italie ou l'antisémitisme régnant en est plus que probablement la cause. La grande illusion, c'est avant tout de croire que 14-18 était la dernière guerre...
Note: 5/5
Source: Allociné
02 juillet 2007
A l'Ouest rien de nouveau (All quiet on the Western front)
De: Lewis Milestone
Avec: Lew Ayres, Louis Wolheim, John Wray, Slim Summerville, William Bakewell, Russell Gleason, Arnold Lucy, Ben Alexander,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1930
Synopsis
De jeunes soldats allemands se retrouvent confrontés aux horreurs de la Première Guerre mondiale, qui ébranlent toutes leurs convictions.
Critique
La Première Guerre mondiale est terminée depuis à peine douze ans que sort l'oeuvre de Lewis Milestone sort sur les grands écrans.
Tout d'abord, le film se base sur un livre portant le même nom, écrit par Erich Maria Remarque. Interdit par le Führer, ça n'empêchera pas le fait que le bouquin se vendra à plus d'un million d'exemplaire en un an. Le film de Milestone sortira en Allemagne en décembre 1930. Goebbels l'interdira mais la Ligue des droits de l'homme allemande poussera le gouvernement, via de multiples actions, à le reprogrammer en 1931.
L'histoire s'intéresse donc au destin de jeunes soldats allemands qui sont envoyés au front pour combattre les Français. Le point le plus intéressant, c'est que les nouvelles recrues sont poussées par leur professeur qui dit que c'est un véritable honneur de mourir pour la patrie.
Puis, dans la toute logique des choses, les jeunes hommes découvrent que la guerre, c'est tout... sauf ce qu'on leur a raconté. Massacres, horreurs, peur, nourriture quasi absente, rats, les tranchées, les bombardements,...
Erich Maria Remarque dénonce à travers son film le fait que même si les soldats font la guerre, ils ne la connaissent pas car ils ne la voient pas dans un point de vue global. Ainsi, quand un des jeunes hommes retourne chez lui en permission, les vieux disent qu'il ne sait pas ce que c'est la guerre et quand il retourne voir son ancien professeur et expliquer la situation aux jeunes, il se fait traiter de lâche et de traitre.
Milestone suit donc le même chemin. Techniquement parlant, le film est une véritable perle pour l'époque. Réalisation moderne et qui a très peu vieilli comparé à certaines autres oeuvres. Ainsi, certains passages du films sont inoubliables. Le travelling sur l'attaque des français est tout bonnement impressionnant et n'a rien à envier à celui de Kubrick dans Les sentiers de la gloire. Ensuite, il y a ce moment, où dans un trou d'obus, un allemand et un français sont face à face. Le dernier est à l'agonie suite à un coup de couteau du premier qui s'était caché dans le trou. C'est là que l'allemand se rend compte, que dans la guerre, les hommes ne sont pas si différents que ça et que les simples soldats connaissent la même situation que les allemands. D'ailleurs, un discours d'un des soldats boches dit qu'on devrait enfermé les dirigeants dans une arène et les laisser se battre entre eux tandis qu'un autre, plus réaliste, y trouve des raisons plus économiques... Enfin, la dernière scène est assez intéressante aussi, lorsque le soldat essaie d'attraper un papillon et qu'on peut comparer à la douceur alors qu'un sniper le vise et tire...
L'oeuvre de Milestone est réellement extraordinaire, véritable plaidoyer pour la paix. Mais le film est très réussi d'un point de vue technique, décors et acteurs. A l'Ouest rien de nouveau est peu connu et c'est un peu dommage. Le film fut récompensé à l'époque par deux oscars: meilleur film et meilleur réalisateur.
Note: 5/5
08 mai 2007
Alexandre Nevski (Aleksandr Nevskii)
De: Sergei M. Eisenstein et Dmitri Vasilyev
Avec: Nikolaï Tcherkassov, Nikolaï Okhlopkov, Andrei Abrikosov, Dimitri Orlov, Vassili Novikov, Vera Ivasheva, Aleksandra Danilova,...
Pays: Ex-URSS ![]()
Année: 1938
Synopsis
Déjà affaiblie par les invasions mongoles, la Russie du XIIIème siècle va devoir faire face à un ennemi encore plus redoutable. Bien décidés à s'emparer du pouvoir, les chevaliers teutoniques sillonnent les territoires de l'Ouest en semant sur leur passage horreur et désolation. Face au danger, la résistance russe s'organise autour d'un homme connu pour ses exploits guerriers, le prince Alexandre Nevski. Celui-ci lève une armée et part avec bravoure à l'assaut des troupes ennemies. La célèbre "Bataille de la Glace" peut alors commencer.
Critique
Ca faisait un petit temps que je n'avais plus vu un film du génial russe. Une nouvelle fois, je ne suis pas déçu même si les détracteurs d'Eisenstein reprocheront comme toujours un parti pris et un film propagandiste pour la Russie. Ressituons le contexte, nous sommes en 1938 et l'Allemagne se fait de plus en plus oppressante. Ainsi, Staline commande ce film pour se servir de propagande contre ce pays. Ainsi, l'Allemagne représente la menace, le danger. L'empire teuton qui envahit la Russie. Le film est dur voire même choquant. Les Allemands ne laisseraient derrière eux que désolation, massacreraient tous les habitants (notamment des enfants jetés dans des feux). Bref, ce ne seraient pas des hommes mais des monstres. Ainsi, seul un chef peut éviter à la Russie un tel massacre et les mener à la victoire. Bref, Nevski est certes un personnage ayant existé et est même un monument national en Russie. Un héros. Il est donc normal de voir un grand réalisateur faire un film sur ce personnage important en Russie. Mais on ne peut voir qu'un Staline prenant la place de ce personnage. Le film fut tellement jugé anti-germanique qu'il a été retiré des salles de cinéma dès sa sortie. Cependant, durant la guerre, l'oeuvre d'Eisenstein ressortira et servira de propagande.
D'un point de vue technique, on retrouve un Eisenstein maniant la caméra et pouvant créer des scènes remarquables pour l'époque. La bataille de la Glace en est la preuve. Des centaines et des centaines de figurants pour des scènes non moins impressionnantes. On notera également qu'il y a ces traditionnels plans fixes mais également quelques travellings assez intéressants. Mais c'est une nouvelle fois au montage qu'il excelle.
Bref, Alexandre Nevski est une nouvelle oeuvre très réussie de la part du plus grand réalisateur russe. Un peu en-deçà de certains de ses films mais ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas déçu...
Note: 4.5/5
15 mars 2007
Le Testament du Docteur Mabuse (Das Testament des Dr Mabuse)
De: Fritz Lang
Avec: Rudolph Klein-Rogge, Otto Wernicke, Gustav Diessl, Oskar Beregi, Vera Liessem, Karl Meixner,...
Pays: Allemagne 
Année: 1932
Synopsis
Devenu fou, Mabuse, le génie du crime, est interné dans un hôpital psychiatrique. Grâce à l'hypnose, il tient en son pouvoir Baum, le directeur de l'asile. Par son intermédiaire, il parvient à remettre sur pied une bande de malfaiteurs. Le commissaire Lehmann mène l'enquête...
Critique
Ca faisait un petit temps que je n'avais plus mis un Fritz Lang sur ce blog. Le mal est réparé avec l'une de ses plus grandes oeuvres...
Dernier film du génial allemand avant son exil d'Allemagne. Egalement le dernier avec sa femme Thea von Harbou, scénariste de plusieurs films de Lang. Leurs convictions politiques différentes les amèneront à se séparer quelques mois plus tard... Film interdit dès sa sortie en Allemagne par Goebbels, Le testament du docteur Mabuse est un film au scénario incroyable, à la mise en scène une nouvelle fois très réussie et surtout à sa parabole politique incroyable. Ce n'est pas la première fois que Lang se sert de ses films pour parler de ce qui ne va pas dans le monde (politique ou autre).
Pour la seconde fois, Fritz Lang réalise un film parlant après M le maudit. Doté d'un excellent scénario malgré le fait que le coupable soit assez vite deviné (d'ailleurs on n'essaie pas vraiment de le cacher), la tension reste à son comble assez souvent et Lang parvient à trouver d'autres points de l'histoire pour maintenir un intérêt plus que probant à son film. Outre cela, il y a la réalisation et une utilisation d'effets spéciaux qui sont plutôt intéressants pour l'époque. Ainsi, l'apparition du double du Docteur Mabuse, ayant l'apparence d'un fantôme, démontre que les effets faits pour ce film ont nettement mieux vieillis que des oeuvres réalisées dans les années 60 ou 70 aux Etats-Unis. Mais c'est évidemment, la référence à la situation politique du pays qui reste la plus intéressante et, au fond, la plus risquée pour Lang. En effet, le réalisateur allemand ne se cache pas pour dire que l'horreur, les meurtres, vols et crimes terroristes en tout genre restent le meilleur moyen pour faire peur au peuple et par conséquent pouvoir le dominer. Cela a fonctionné pour Adolf Hitler à l'époque, on pourrait presque dire que cela fonctionne entièrement pour Georges Bush maintenant...
Une nouvelle fois, Lang réalise un tour de passe-passe génial, un spectacle grandiose pour l'époque et qui figure parmi les classiques indémodables du cinéma mondial...
Note: 5/5
10 janvier 2007
Les temps modernes (Modern times)
De: Charlie Chaplin
Avec: Charlie Chaplin, Paulette Goddard, Henry Bergman, Chester Conklin, Al Ernest Garcia, Gloria DeHaven,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1936
Synopsis
Charlot doit faire face au travail à la chaîne et à la pointeuse horaire. Dans cette usine, la machine ne se contente pas de dévorer les ouvriers corps et âmes, même la pause de midi semble peu sûre pour cette ogresse mécanique. Lorsque Charlot se retrouve à la rue, il part, en compagnie d'une vagabonde à la recherche d'un avenir plus souriant.
Critique
Et hop, on continue un peu sur Chaplin. Il faut dire que Les lumières de la ville m'avait plu énormément que j'ai décidé de m'attaquer à un second film de la légende américaine: Les temps modernes.
Une nouvelle fois je ressors béat d'admiration devant un tel génie. Chaplin prend clairement position et dénonce le machinisme. Pour lui, l'homme n'est qu'un grain de sable qui sert la machine. Il sert la machine. Ainsi, Chaplin compare les hommes qui se rendent dans les usines à des simples moutons. Inutile de vous dire la façon dont l'image du patron est perçue. Il lit des comics dans les journaux, il fait des puzzles, surveille le travail des ouvriers et, en plus, accélère la cadence des machines au fur et à mesure de la journée. Le patron s'enrichit sur la sueur des ouvriers. Chaplin dénonce une fois de plus les inégalités sociales qui règnent et le capitalisme. Charlot deviendra l'espace d'un instant et bien malgré lui, leader d'une manifestation. Lors de son arrestation, il se fera traité de communiste!
Une nouvelle fois, Charlie Chaplin parvient à passer de passages drôles à passages nettement plus émouvants. Mais il existe bel et bien une scène incroyable, "plus culte" que toutes les autres de cette oeuvre: le moment où Charlot se met à chanter et à danser devant une salle comble. Il est à noter que ce sont les seules paroles du vagabond dans le film. Situons aussi le contexte de Modern times. Chaplin contunue à faire des films muets alors que le cinéma parlant est de plus en plus à la mode. Les paroles de Charlot, totalement incompréhensibles, lorsqu'il chante ne seraient-elles pas là pour critiquer ce cinéma-là?
D'autant que la plupart des blagues et facéties de son personnage ne nécessitent nullement la parole. Enfin, comment oubleir aussi cette fin où Charlot hurle à son amie qu'il faut se battre et qu'un jour nous y arriverons avant de continuer leur route. Ne serait-ce pas là un symbole pour les ouvriers qui doivent continuer à se battre pour faire valoir leurs droits?
De plus, la musique, signée par Chaplin même est formidable. Certains passages restent réellement gravés dans la tête.
Charlie Chaplin signe un chef-d'oeuvre de classe. Un film incroyable, épatant, indémodable, inexplicable... A voir tout simplement!
Note: 5/5
31 décembre 2006
Les lumières de la ville (City lights)
De: Charlie Chaplin
Avec: Charlie Chaplin, Virginia Cherrill, Harry Myers, Florence Lee,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1931
Synopsis
Charlot vagabond vient en aide à une jeune fleuriste aveugle et se fait passer pour un homme riche. A force de travail, il réunit assez d'argent pour que la jeune fille recouvre la vue.
Critique
Rien de tel, de temps en temps, de se faire un bon Charlie Chaplin, pour oublier ses tracas de la vie quotidienne. Le facétieux Charlot et son humour simple, fait exclusivement de gestes et de situations rigolotes. Rien de mieux pour le moral et les zygomatiques. Ou presque...
Car Charlie Chaplin fait rire mais dénonce en même temps les inégalités sociales de son époque, la difficulté de vivre pour les plus démunis en ce début du 20ème siècle. Mais c'est une dénonciation qui se fait de l'humour. Un peu comme quand Emir Kusturica parle de l'histoire de son pays dans Underground.
Cependant, cette fois-ci, Chaplin nous sert une magnifique histoire d'amour. Une rencontre entre le vagabond qui se fait passer pour un riche et une pauvre fleuriste aveugle mais dont une histoire d'amour semble plutôt impossible. Car il est bien rare qu'une personne riche ne sorte avec une femme issue d'un milieu très défavorisé. Mais, le but de Charlot est tout autre. Il tente de séduire la jeune demoiselle comme il peut et serait prêt à tout pour elle. Ainsi, il compte lui payer les frais de son opération qui lui permettrait de recouvrer la vue. Mais problème, Charlot est un vagabond. Une personne qui erre la journée et qui dort en-dessous des ponts la nuit. Ainsi, le jeune homme va chercher des petits boulots, va devenir boxeur, travailleurs au service public pour pouvoir récolter les fonds nécessaires. Il pourra également compter sur l'aide providentielle d'un... riche homme. En effet, ce dernier comptait se suicider lorsque Charlot le sauva et lui remonta le moral. Le hic c'est que cette personne ne reconnaît et n'accepte de parler à Charlot que lorsqu'il est saoul. Une fois sobre, il ne voir qu'en ce personnage un simple vagabond qui ne mérite même pas qu'on s'intéresse à lui. En gros, on peut penser que Chaplin dit que chaque être humain connaît des déboires dans son existence et que chacun les cache comme il peut ou tente de les oublier. Cependant, on peut se permettre de penser que si le bourgeois ne reconnaît pas Charlot en étant à jeun, il reste cette différence qui est marquée par l'argent, les biens, les acquis,... qui existera toujours. Pour le réalisateur, le bourgeois restera toujours une personne vautrée dans son confort et qui ne s'intéressera pas aux petites gens. Alors que le contraire est possible puisque Charlot sauve la personne du suicide. Il recevra peut-être des cadeaux en retour (argent, el droit de conduire la Rolls Royce) mais on sent bien que c'est un peu avec des concours de circonstance ou parce qu'il se sent forcé que le vagabond accepte au début et que par après, c'est pour aider la fleuriste qu'il aime. A noter que c'est un amour qui est réciproque et que la demoiselle aime bien plus le personnage que la richesse qu'il "possède" (Charlot est un faux riche). Comme quoi, dans l'amour, l'argent ne fait pas le bonheur mais il peut, cependant, y contribuer (l'opération nécessite un payement).
Ensuite, à proprement parler de Charlie Chaplin, il est clair que c'est un personnage dont l'humour ne plaira pas à tout le monde. D'un point de vue personnel j'y ai adhéré totalement. Ensuite, la scène finale est émouvante et parfaite. Chaplin est à la fois acteur, réalisateur et scénariste pour ce film ou même encore producteur.
Chaplin était cependant un personnage génial, une figure mythique du cinéma et qui signe avec Les lumières de la ville un chef-d'oeuvre indémodable à ne pas louper.
Note: 5/5