cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

20 octobre 2009

Le secret derrière la porte (Secret beyond the door)

secret_derriere_la_porteDe: Fritz Lang

Avec: Joan Bennett, Michael Redgrave, Anne Revere, Barbara O'Neil, Natalie Schafer, Anabel Shaw, Rosa Rey, James Seay, Mark Dennis, Paul Cavanagh,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1948

Synopsis

A la mort de son frère, son seul parent, une riche et jeune oisive new-yorkaise, Célia, part au Mexique, et épouse un architecte rencontré lors d'une rixe. Instantanément, elle est fascinée par son regard, lui par son mystère... Mais aujourd'hui, jour des noces, Célia se rend compte qu'elle ne connaît rien de l'homme qu'elle a épousé, ni de son passé, ni de sa famille, ni même de ses habitude... Or, celui-ci a une bien étrange manie: il reconstitue chez lui, avec leur mobilier original, des pièces où un crime a eu lieu, et les fait visiter à ses invités...

Avis

Encore un thriller que Lang signa sous sa période américain après avoir décidé de quitter l'Allemagne à cause de la montée du nazisme. C'est assez marrant car j'ai ressenti une très forte influence hitchcockienne dans ce film, alors que le maître du suspense n'a pas encore sorti ses plus grands chefs-d'oeuvres.
Pourtant, je dois bien avouer que dans le genre, chez Lang, j'ai beaucoup plus pris mon pied dans  plutôt que dans House by the river que dans celui-ci.
Pourquoi me demandez-vous ? C'est simple: du début du film jusqu'à l'arrivée de Célia à la maison de son mari, ça parle énormément et il ne se passe rien ou presque. On découvre quel personnage est essentiellement la jeune femme, qui en vient à se poser des questions sur son union dont elle se rend compte qu'elle est vraiment précipitée. Elle parle, elle parle, elle s'inquiète, il y a l'utilisation d'une voix-off qui m'ennuie au plus haut point dans ce cas-ci. Vraiment, un début de film très ennuyant pour moi.
Et puis, une fois à la maison, le mari commence à dévoiler sa véritable identité, ses passions, etc. Et dont la plus étrange est de reconstituer des pièces où un meurtre s'est produit. Petite touche morbide en plus, il utilise tous les objets d'origine.
Au fur et à mesure, le suspense s'installe, la femme commence à se poser des questions et arrive, sur la fin, l'inexplicable, le rebondissement qui rend le film intéressant. D'ailleurs, c'est toute sa seconde moitié qui est vraiment plus prenante (pas difficile de faire pire toutefois que le début) même si pour moi, Lang ne signe pas du tout un film inoubliable. Toutefois, il y a quelque chose dans le fond vu que le film révèle qu'en chacun de nous, il y a un assassin qui s'y cache. Une conception des choses qui n'est pas tout à fait fausse car au fond, qui n'a jamais pensé à tuer ?

Note: 3/5

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17 octobre 2009

La vie est belle (It's a wonderful life)

itsawonderfullifeDe: Frank Capra

Avec: James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore, Thomas Mitchell, Henry Travers, Beulah Bondi, Frank Faylen, Ward Bond, Gloria Grahame, H.B. Warner, Frank Albertson,...

Pays:Etats-Unis

Année: 1946

Synopsis

Le décès de son père oblige un homme à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l'homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8000 dollars qu'il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide. C'est alors que le ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe, qui pour gagner ses ailes devra l'aider à sortir de cette mauvaise passe...

Avis

Un film qui a une réputation incroyable, jugé comme étant un grand chef-d'oeuvre de l'histoire du cinéma. Il était temps que je m'y attarde enfin. Surtout que ça me permet de continuer à découvrir Capra.
Verdict? Totalement charmé. J'ai adoré.
Premièrement, le couple formé par James Stewart et Donna Reed est formidable et totalement magique, comme l'ensemble du film d'ailleurs. Stewart est classe, talentueux, Reed apporte son charme et possède également pas mal de talent. Cette femme qui aurait pu épouser un homme riche préfère celle d'un homme dont la richesse est celle de son coeur.
Car il faut bien avouer que pour apprécier pleinement ce film, on doit directement comprendre qu'il s'agit d'un conte de Noël et que ce que l'on va voir, est totalement impossible dans la vie réelle. Ainsi, George Bailey a passé toute sa vie à se dévouer pour les autres et à faire passer outre ses priorités pour pouvoir faire en sorte que les autres vivent une vie incroyable. Ce genre de personnage ne rencontre jamais dans la vie courante. Il est totalement impossible de laisser outre ses propres priorités.
Au final, Capra nous décerne un message vraiment beau. Les principales choses de la vie ne devraient pas se trouver dans la superficialité, dans les plaisirs matériels. L'amitié est une des meilleures raisons qui pousserait l'homme à vivre. L'amour aussi. Le message final, de l'ange gardien est vraiment très émouvant et m'a presque donné quelques larmes aux yeux. Du moins, très grosse émotion. Moi qui n'aime pas trop, à la base, les films dévoilant des bons sentiments (comme L'homme de la rue de Capra justement, auquel j'ai reproché ce sentimentalisme), je trouve qu'ici, il prend pleinement tout son sens étant donné qu'on est dans un conte.
Capra joue sur la corde sensible et nous fait réellement passer pas toutes les émotions. La joie, le rire, les larmes,... Tout y passe en plus de deux heures. Bref, j'ai été vraiment très très très agréablement surpris. Une oeuvre dans laquelle on ne s'ennuie jamais. Un pur chef-d'oeuvre, qui rentre aisément dans mon Top 50 des films vus. A ne louper sous aucun prétexte.

Note: 5/5

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26 septembre 2009

L'homme de la rue (Meet John Doe)

meet_john_doeDe: Frank Capra

Avec: Gary Cooper, Barbara Stanwyck, Edward Arnold, Walter Brennan, Spring Byington, James Gleason, Gene Lockhart, Rod La Rocque, Irving Bacon, Regis Toomey, J. Farrell MacDonald, Warren Hymer,...

Pays: Etats-Unis


Année: 1941

Synopsis

Fraîchement licenciée, la journaliste Ann Mitchell invente de toutes pièces un faits divers retentissant: le testament d'un dénommé John Doe, résolu à se jeter du toit de l'Hôtel de ville le soir de Noël. La lettre, qui dénonce la corruption et les injustices sociales, est si cinglante qu'elle galvanise les citoyens américains. Les notables au pouvoir prennent peur. Qui se cache derrière John Doe ?

Avis

Et hop, c'est parti pour la découverte d'un cinéaste renommé auquel je n'avais encore rien vu: Frank Capra (Enfin! penseront certains). Je décide de ne pas commencer par son plus connu (La vie est belle, ce sera le prochain) pour voir un peu ce qu'il en est. Bon, à l'autopsie, ce petit film m'est bien sympathique, je lui trouve quelques reproches à faire mais ma foi, il possède d'indéniables qualités.
Ce film fait l'apologie d'une lutte de classes, d'une prise de position clairement pour le peuple alors que les Etats-Unis se relèvent petit à petit de la crise de 1929 et ne sont pas encore en guerre à ce moment-là, mais ça ne saurait tarder. Pearl Harbor arrive en décembre 1941, pour rappel. Il y a une scène qui résume magnifiquement bien l'état des choses entre les petites gens, les ouvriers, ceux de la rue et ceux d'une classe dirigeante et plus aisée, c'est celle où le chef du journal cherche un gars qui puisse être le John Doe. Ca discute sur la manière dont ils vont se faire du pognon, tandis que le personnage interprété par Gary Cooper regarde simplement un repas parce qu'il a le ventre vide. Différentes priorités, différentes choses mises en avant, un fossé d'écart entre plus riches et plus pauvres. Sublime scène vraiment. Et c'est cette position que Frank Capra va tenir tout au long de son oeuvre. Il espère évidemment un monde meilleur et même si John Doe a été inventé de toute pièce par une journaliste, Capra espère que la vague d'espoir qu'il engendre puisse créer un monde meilleur. Bref, c'est bien gentil, c'est bien beau mais c'est un peu ce que je lui reproche, c'est d'être un peu trop utopiste à mes yeux. Et d'être rempli d'un peu trop de bons sentiments, ce qui a vraiment le don de m'enuyer un peu. Mais bon, c'est pas mal d'offrir du rêve et de l'espoir aux gens à travers les films mais c'est ce que je recherche moins dans une oeuvre de fiction.
Autre petit défaut à mon sens, mais c'est aussi purement subjectif, c'est que ça parle un tout petit peu de trop pour moi. Je pense que vous le savez maintenant, je préfère des instants de contemplation et de silence à beaucoup de blas-blas.
Ad contrario, les deux acteurs sont vraiment excellents. Gary Cooper a la classe et un charisme incroyable tandis que Barbara Stanwyck a la classe aussi (héhé) et est, ma foi, non dépourvue de charme. Bref, j'ai passé un bon moment devant L'homme de la rue et j'espère que ça continuera avec La vie est belle.

Note: 3.5/5

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13 juillet 2009

Les bourreaux meurent aussi (Hangmen also die)

BOURREAUXAFDe: Fritz Lang

Avec: Brian Donlevy, Walter Brenman, Anna Lee, Hans von Twardowski, Gene Lockhart, Nana Bryant, Billy Roy, Margaret Wycherly, Dennis O'Keefe,...

Pays: Etats-Unis  

Année: 1942

Synopsis

Dans Prague occupée par les Nazis. Le 27 mai 1942, le Reich Protektor Heydrich est grièvement blessé par une bombe (il meurt une semaine plus tard). L'auteur de l'attentat, le professeur Svoboda, se réfugie par hasard chez le professeur Novotny. Celui-ci est arrêté comme otage par la Gestapo. Marcia, la fille du professeur se rend à la Gestapo. Elle a l'intention de dénoncer Svoboda pour faire libérer son père. Mais Svoboda, devenu héros national, est aidé par les résistants tchèques. Elle se tait mais attire l'attention des S.S. qui la font suivre par l'inspecteur Grüber.

Avis

Lang se base d'une histoire vraie pour réaliser ce film. Librement adapté d'un événement qui s'est déroulé le 27 mai 1942, l'oeuvre ne respecte nullement le déroulement historique qui est le suivant: Heydrich est victime d'un attentat opéré par trois résistants tchèques. Le S.S. allemand n'est pas tué sur le coup mais est gravement blessé. Il décède le 4 juin 1942 d'une septicémie. S'ensuit alors une énorme campagne de répression de la part des Allemands, avec de nombreux massacres de villageois, dont l'un des plus marquants est celui de Lidice, peu de temps après l'attentat.
Lang ne s'intéresse donc qu'aux heures qui suivent l'attaque contre Heydrich. Tout est librement adapté. Nous pouvons également affirmer que l'oeuvre est divisée en deux parties bien distinctes.
La première est une chasse à l'homme particulièrement prenante. L'effervescence gagne Prague. Svoboda est un héros mais les S.S. capturent bon nombre d'habitants. Si aucune information n'est donnée sur l'identité de l'auteur, les Allemands exécuteront tous les jours un certain nombre d'otages. Cette partie s'intéresse également très fort au personnage de Marcia. Tiraillée entre l'envie de revoir son père, de le sauver des griffes nazies, et entre le devoir patriotique, clairement mis en valeur par Lang. Tout est bon pour résister contre l'oppresseur allemand. Au fond, le cinéaste allemand exilé aux USA nous délivre une oeuvre presque propagandiste, évoquant la résistance du peuple contre le nazisme. Il ne faut pas oublier que Lang est fermement opposé au régime d'Hitler.
La seconde partie de l'oeuvre demeure plus une enquête de type policière. A cet effet, l'oeuvre s'intéresse essentiellement à un trio de personnages composés de Marcia, Svoboda et de l'inspecteur allemand Grüber. Au fil des minutes, le suspense devient de plus haletant. Le final est remarquable par son écriture scénaristique, et par le plan qui est conçu par Svoboda. Il faut dire qu'on retrouver au script un certain Bertolt Brecht, lui aussi fermement opposé au régime nazi.
Côté déceptions, il y a peut-être la mise en scène de Lang qui est somme toute fort classique pendant les trois quarts du film. Il nous avait habitué à plus d'audace et de plans incroyables. Bien que la dernière partie possède quelques scènes sublimes. Il y a également quelques longueurs qui m'ont semblé inutiles. Enfin, côté acteurs, il me semble que ce n'est pas forcément ce qu'il y avait de mieux. Peut-être ai-je été trompé par la version française. En effet, le DVD dont je dispose ne possède pas la version originale. Dommage donc.
Avec Les bourreaux meurent aussi, Lang nous sert une oeuvre somme toute plus classique, imparfaite (à resituer toutefois dans le contexte de l'époque) mais qui ne fait nullement tâche dans sa filmographie.

Note: 3.5/5

 

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10 juillet 2009

Ivan le Terrible, partie 1 (Ivan Grozny)

ivan_the_terrible_part_1De: Sergei M. Eistenstein

Avec: Nicolaï Tcherkassov, Ludmila Tzelikovskaia, Seraphina Birman, Mikhail Nazvanov, Mikhaïl Zarov, Pavel Kadotchnikov,...

Pays: Ex-URSS

Année: 1944

Synopsis

En 1547, Ivan IV, jeune prince moscovite, se fait couronner Tsar et Grand Prince de toutes les Russies. Dans un climat de trahison et de complots, il décrète que les pouvoirs des boyards, nobles de haut rang qui s'opposent à son règne, seront dorénavant soumis à sa seule autorité. Afin d'asseoir sa légitimité et d'assouvir ses rêves de grandeur, le tsar se lance alors à la reconquête des terres russes dominées par des cours étrangères. Sentant le pouvoir lui échapper, la tante du tsar, prend la tête des boyards et fait empoisonner la tsarine Anastasia. Fou de douleur, Ivan IV jure sur la tombe de sa défunte épouse d'écraser toute résistance aristocratique.

Avis

Eisenstein, c'était un sacré cinéaste tout de même. Ses films résistent généralement très bien à l'usure du temps grâce à un montage audacieux et inventif pour l'époque et une mise en scène remarquable. Pourtant, l'ensemble de ses oeuvres ou presque souffrent d'un message propagandiste communiste exacerbé. Il faut dire que ses films étaient commandés par les leaders soviétiques de l'époque.
Pourtant, il avait la force de rendre ses films totalement intéressants et nous faisait presque oublier totalement le message qui était derrière. Le cuirassé Potemkine et Octobre sont, à mon sens, deux chefs-d'oeuvre du cinéma muet.
Ici, avec l'histoire d'Ivan le Terrible, on a un film en deux parties. La première relate plutôt la trahison des Boyards et de l'entourage de celui qui s'est proclamé Tsar de toutes les Russies. Bref, il y avait de quoi faire et pourtant, au final, c'est un film très moyen.
Premièrement, on sent Eisenstein nettement moins à l'aise avec le parlant qu'avec le muet. Un peu comme l'ensemble des cinéastes de l'époque d'ailleurs. Les films de Chaplin, par exemple, connaissent les mêmes déboires (même si je pardonne ce long discours à la fin du Dictateur, que j'avais aimé à l'époque, nettement moins maintenant). Bref, c'est pas folichon. D'ailleurs, ce n'est pas pour dire mais le film manque de tout. Il manque le souffle épique que l'on retrouvait dans Alexandre Nevski. Il manque une mise en scène aussi audacieuse que dans Le cuirassé Potemkine, même si, il ne faut pas tout jeter dans ce cas-ci. Il y a encore des grands moments de mis en scène. Je songe particulièrement au passage où Eisenstein joue sur les ombres des personnages. C'est tout simplement grandiose. Il manque enfin une histoire équilibrée. Il y a des séquences où l'on ne peut s'empêcher de s'ennuyer d'autres qui sont très correctes, ne nous faisant pas craquer et ne nous donnant donc pas l'envie d'appuyer sur la touche "Stop" du lecteur DVD.
Malheureusement pour Eisenstein, cette première partie ne pas donner trop envie de découvrir l'autre. Oh pourtant, je le ferai, le DVD traîne sur la pile de ceux à voir. Mais je ne sais pas quand je me mettrai à l'ouvrage. En résumé, on pourra dire qu'Ivan n'était pas si terrible...

Note: 2.5/5

PS: ce blog fête aujourd'hui ses 4 ans. J'espère qu'il sera toujours en service quelques années encore. La volonté de l'arrêter comme d'autres s'est déjà faite ressentir. Nous verrons donc pour la suite. Si des gens on d'ailleurs des idées ou des choses qu'ils considèrent à améliorer ici, ils peuvent le dire sans aucun problème. ;-)

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02 avril 2009

Soupçons (Suspicion)

soupconsDe: Alfred Hitchcock

Avec: Cary Grant, Joan Fontaine, Sir Cedric Hardwicke, Nigel Bruce, Dame May Whitty, Isabel Jeans, Heather Angel, Auriol Lee, Reginald Sheffield, Leo G. Carroll,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1941

Synopsis

Lina McKinlaw, une jeune et riche héritière, vient d'épouser John Aysgarth, un homme séduisant réputé amateur de femmes. Après leur lune de miel, John avoue qu'il est désargenté. Cet aveu éveille petit à petit la méfiance de la jeune femme, qui va même jusqu'à le soupçonner d'avoir éliminé son ami Beaky, avec lequel il était en affaires.

Avis

Ça faisait un petit temps que je n'avais pas regardé un petit Hitchcock. C'est chose faite avec Soupçons, qui mets en scène un acteur que j'adore particulièrement: Cary Grant. D'ailleurs Hitchcock a très souvent utilisé des acteurs que j'appréciais. James Stewart est de ceux-là par exemple.
Pourtant avec ce film, j'avais comme une impression de déception sur le départ. Je ne retrouvais pas le grand Hitchcock, celui qui m'avait fait frissonné, celui qui m'avait bluffé avec des films comme Fenêtre sur cour, Psychose ou encore Sueurs froides. Et puis je me suis aperçu qu'une comparaison était totalement inutile. Parce que Soupçons arrive bien avant. Et que les trois cités sont des chefs-d'œuvres remarquables. Donc, je me suis lentement pris au jeu que le maître britannique nous propose. Et dans l'ensemble j'en ressors grandement satisfait.
La première partie est assez lente et on a droit à une présentation des deux personnages. Leur rencontre se fait un peu par hasard dans un train. Ensuite, ça s'enchaîne lentement mais sûrement. Pas ou très peu de tension pour cette grosse première moitié de film. On constate juste comment sont les personnages. Et puis, c'est probablement cela la grosse force d'Hitchcock, cette tension s'installe. On constate que Aysgarth, joué par Grant, ne semble pas tout blanc. Il possède des vices qui sont très critiqués. Ensuite, Lina commence à s'ne faire, à devenir paranoïaque. La mise en scène est souvent très sobre mais d'une grande maîtrise. Sauf par moment où il y a de grands éclats comme quand Aysgarth apporte le verre de lait à Lina, vers la fin du film. Hitchcock a fait en sorte que le spectateur aie l'oeil uniquement attiré par ce verre.
Par ailleurs, j'aime beaucoup la fin car évidemment la tension monte à son paroxysme mais il y a une sorte de happy end. Je dis sorte car il me semble que Hitchcock laisse planer un léger doute. Pour moi, je pense que Aysgarth peut remettre certaines de ses intentions à plus tard. Du moins, c'est comme cela que j'ai perçu le film. Bien entendu l'éventualité de voir que c'est surtout la paranoïa de Lina qui lui joue des tours est une explication totalement plausible aussi.
Comme point négatif, je dirais que comme j'ai vu quelques grands Hitchcock, il est clair que Soupçons s'inscrit un peu en-deçà de ses très très grands films. Toujours est-il qu'il demeure une oeuvre d'une grande qualité. Les fans du Maître du suspense seront ravis et peuvent sans hésiter plonger sur ce film.

Note: 4/5

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14 octobre 2007

Citizen Kane

citizen_kaneDe: Orson Welles

Avec: Orson Welles, Joseph Cotten, Everett Sloane, Dorothy Comingore, William Alland, Agnes Moorehead, Ruth Warrick, George Coulouris,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1940

Synopsis

Le milliardaire Charles Foster Kane, magnat de la presse, vient de mourir dans sa fabuleuse propriété de Xanadu en prononçant un seul mot: Rosebud. A partir de cette maigre piste, le reporter Thompson va tenter de reconstituer la vie de cet étrange personnage. Pour parvenir à ses fins, il rencontre toutes les personnes qui ont pu approcher Kane de près ou de loin. Au fil de l'enquête, il découvre la vraie personnalité de ce magnat hors du commun.

Critique

Comment décrire cette oeuvre légendaire et savoir en parler quand tout a déjà été dit dessus. On pourrait peut-être résumer Welles et Citizen Kane en un mot: génie.
Génie car sont film est révolutionnaire. A seulement 26 ans, et malgré le bide que son oeuvre a fait à l'époque, il n'en demeure pas moins incontournable par son aspect technique. En effet, ne fut-ce que le début démontre tout le génie (attendez-vous à l'entendre souvent) de ce monsieur. Et puis ces plans totalement merveilleux: celui des miroirs (qui démontre que Kane possède une personnalité très ambiguë, voire même multiple), la boule de verre avec la maison dans la neige qui renvoie directement à l'enfance de Kane. Le plan où la caméra survole le toit de l'une des ex-femmes de Kane pour rentre par la verrière. J'en oublie très certainement mais ils sont légions. Mais le film a surtout rompu avec les codes imposés dès les années 30: caméra positionnée en plongée ou en contre-plongée, Welles utilise une courte-focale, la lumière possède une importance énorme, les plafonds sont souvent filmés pour avoir une idée d'enfermement (qui situe un peu la personnalité de Welles, enfermé bien malgré lui dans un monde qu'il n'a pas choisit à la base et qu'il va tout faire pour s'en sortir. Ainsi on peut voir à quel point son château est gigantesque et que dans celui-ci, on n'y filme quasiment jamais le plafond ce qui démontre que Kane tient à retrouver une sorte de liberté), alternance de plans courts et de plans-séquences,... Sans oublier le montage qui est très important dans l'oeuvre de Welles. On notera aussi la partition de Bernard Hermann, aujourd'hui si célèbre dans le monde du cinéma.
Génie car le scénario est réussi en tout point. Outre un point de départ caractérisé par Rosebud (bouton de rose) et qui est réellement le fil conducteur de tout le film (Quel est-il, que veut-il signifier?) et pour lequel j'y reviendrai un peu plus tard, Welles nous fait un petit topo de la presse dans le premier quart d'heure qui est d'une modernité effarante : modèle du magnat de la presse aux USA, utilisation très formelle des médias, entrecroisement des médias de masse et de la politique, patron des médias qui fait de la politique (Berlusconi est un exemple moderne), début de la presse à sensation (plans derrière la grille, caméra qui bouge tout le temps, preuve que ses séquences sont "volées"), idée du réseau avec carte de l'Amérique,... Bref, rien que cela vaut le détour. Mais revenons maintenant à la signification du mot Rosebud, point de départ du journaliste (qu'on ne voit jamais de face, preuve que c'est bien Kane le personnage central de l'histoire) dans son enquête. Pendant longtemps, on se pose cette question qui est dévoilée à la fin du film. En effet, il s'agit du traîneau que Kane possédait pendant l'enfance et qui est très important puisque durant sa jeunesse, sa mère le donne à un tuteur, ce qui changera énormément la vie de Kane puisqu'il deviendra très riche grâce à celle-ci. Pourtant, dès le départ, Kane semble opposé à son départ et le traîneau servira de rempart au tuteur. Mais bien au-delà d'un simple objet physique, que l'on peut toucher, ce mot résume à lui)tout seul toute la vie de Kane. On sent que cet homme aurait rêve d'une autre vie. Il est parfois satisfait de ce qu'il lui arrive mais des fois il voudrait partir ailleurs. Le personnage est fortement centré sur sa personne et est carrément mégalomaniaque. Est-ce que Welles lui-même ne l'était pas puisqu'il joue lui-même Kane ? Bref, le film est loin d'être une simple biographie d'un homme, on plonge véritablement dans la psychologie de notre héros principal, possédant un journal mais aussi d'autres entreprises et qui sera plus tard politicien à ses heures.
Enfin, un léger mot sur les acteurs: outre Welles qui est tout bonnement parfait dans ce rôle, on notera que la plupart des seconds rôles sont tous excellents. Pourtant, à cause de l'échec cuisant que le film connut lors de sa sortie, certains ne jouèrent que dans Citizen Kane. Mais quel honneur aujourd'hui de figurer au générique de cette oeuvre, salué par les critiques qui n'hésitent pas à le classer comme étant le meilleur film de tous les temps.
Génie, voilà ce qu'était Welles. Car à 26 ans et avec son premier film (du moins son premier long-métrage), il a bouleversé le cinéma, il a révolutionné le septième art. Il est devenu avec le temps un symbole, une icône du milieu. Un film que tout cinéphile qui se respecte se doit de voir. Une oeuvre remarquable, un chef-d'oeuvre...

Note: 5/5

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21 février 2007

Le dictateur (The great dictator)

dictateurDe: Charlie Chaplin

Avec: Charlie Chaplin, Paulette Goddard, Jack Oakie, Reginald Gardiner, Billy Gilbert, Maurice Moscovich, Grace Hayle,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1940

Synopsis

Dans le ghetto juif vit un petit barbier qui ressemble énormément à Adenoid Hynkel, le dictateur de Tomania qui a décidé l'extermination du peuple juif. Au cours d'une rafle, le barbier est arrêté en compagnie de Schultz, un farouche adversaire d'Hynkel...

Critique

Fin (plus que provisoire) de mon intérêt pour Chaplin... Et terminons par celui qui est probablement le plus connu du grand public: Le dictateur.
Comme d'habitude, l'humour est au rendez-vous. Malgré que le film soit parlant, on retrouve un Charlot multipliant les facéties pour amuser les spectateurs. Mais le plus fort, bien entendu, c'est le sujet. Un film sur Hitler, Mussolini, le fascisme, etc. Et ce, alors que l'Allemagne est en guerre et devient de plus en plus forte au fur et à mesure des combats. Le film prale également d'un événement important dans la vie de Hitler... Sa blessure durant la Première Guerre mondiale (en réalité, Hitler se fera blesser deux fois durant les quatre années de conflit), ici, arrive au barbier juif. Le mimétisme de Chaplin est impressionnant. Les gestes qu'il réalise... On penserait voir le chancelier allemand. Cela a dû lui demander pas mal d'entraînement. On notera dès lors des scènes incroyables où Chaplin danse avec un globe terrestre mais, à mon sens, la scène la plus incroyable et émouvante reste celle où le barbier, que l'on confond avec Hynkel, réalise son discours sur la paix dans le monde alors que celui-ci vit des temps troublés. Que pourrait-on dire d'autres? Que Hynkel ou Schultz sont des noms juifs. Que les deux dictateurs sont tournés au ridicule lors du petit entretien mouvementé qu'ils ont. Que c'est surtout Adolf Hitler qui en prend pour son grade.
On notera également que Chaplin a réalisé un film humoristique. Il savait très bien que le chef nazi détestait les Juifs. Mais aurait-il été capable de le faire après la découverte de tous ces camps de concentration où des centaines de milliers de personnes y perdirent la vie?
Un Charlot en pleine forme donc. Le dictateur est à classer parmi ses meilleurs films et, de plus, celui-ci est éternellement entré dans la légende. Par son sujet tout d'abord: oser s'attaquer de la sorte à un chef d'état en des temps si troublés. D'ailleurs Chaplin était assez critiqué à l'époque (confirmez ou infirmez cette phrase), pas seulement à cause de son film mais aussi de ses convictions.
Enfin, l'humour est omniprésent et, un regard décalé sur une chose, peut autant faire réagir des personnes que lorsque l'on fait une oeuvre plus triste et plus réaliste...
Le dictateur se résume en deux mots: chef-d'oeuvre...

Note: 5/5

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08 mars 2006

Boulevard du Crépuscule (Sunset Boulevard)

boulevardDe: Billy Wilder

Avec: William Holden, Gloria Swanson, Eirich Von Stroheim, Nancy Olson, Fred Clark, Lloyd Gough, Jack Webb, Cecil B. DeMille, Hedda Hopper, Buster Keaton, Anna Q. Nilsson, H.B. Warner et Franklyn Farnum

Pays: Etats-Unis

Année: 1949

Synopsis

Une ex-star de cinéma dont la solitude est seule troublée par son domestique s'éprend d'un jeune scénariste.

Critique

Sunset Boulevard ou un superbe hommage au cinéma d'avant-guerre! Servi par un casting prestigieux, un réalisateur doté d'un talent indéniable et de multiples et de (parfois trop) nombreuses références au cinéma, ce film rendra fou de joie les fanatiques du monde du septième art.

Billy Wilder est un réalisateur exceptionnel. Certains l'aiment chaud, qu'il réalisera quelques années plus tard le prouve. Ici, pas question de comédie, il s'agirait plutôt d'un film noir et assez spécial. Wilder profite surtout de son scénario pour parler des stars, de ces vedettes qui ont l'impression des fois que tout leur est permis et tout leur est dû. C'est via une ancienne gloire du cinéma muet, Norma Desmond, que le film se moque un peu de ces stars déchues. La gloire avant la chute et la décadence, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier la vie de cette vedette. Wilder parle de ces stars qui se payent des maisons de luxe et qui paraissent incensées, de ces stars qui tombent dans une certaine schizophrénie (formidable scène finale) mais fort heureusement, le film de Wilder est avant tout un superbe hommage au cinéma! Ainsi, ce n'est pas pour rien que l'on retrouve au générique Buster Keaton, l'un des plus célèbres comiques du cinéma muet avec Charlie Chaplin ou encore Cecil B. DeMille, le réalisateur du film Les dix commandements. Il y a évidemment toute une flopée de références à des acteurs (Chaplin), à des réalisateurs, des scènes, ou tout simplement à des films dont King Kong (non non, pas la version de Jackson!) par exemple.

Ensuite, le film se paye un formidable casting ainsi Gloria Swanson est exceptionnelle dans le rôle de Norma Desmond puisqu'elle parvient à donner une intensité formidable au personnage et à rendre celle-ci totalement vivante. On ne la verra d'ailleurs que dans très peu de films! William Holden, exceptionnel aussi et qui tournera plus tard avec pas mal de grands réalisateurs (inutile de préciser qu'en tournant avec Wilder, il tournait avec un excellent réalisateur!). Mais c'est difficile de s'attarder sur un acteur en particulier puisque la kyrielle de seconds rôles est remarquable et qu'il serait dommage dans retenir particulièrement un.

Un film formidable, et je le répète encore, qui est un superbe hommage au cinéma. Cinéphiles, voyez ce film car vous ne pourriez qu'être ravis! Wilder, casting exceptionnel et multiples références sont au menus. Alors ne vous privez pas!

Note: 5/5

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05 novembre 2005

La corde

cordeDe: Alfred Hitchcock

Avec: James Stewart, John Dall, Farley Granger, Sir Cédric Hardwicke, Constance Collier, Douglas Dick et Joan Chandler

Pays: Etats-Unis

Année: 1948

Synopsis

Deux étudiants en suppriment un troisième, pour la seule beauté du geste. Défi suprême, le meurtre précède de peu une soirée où ils reçoivent les parents de la victime et leur ancien professeur.

Critique

Nouveau film de l'un des plus prolifiques réalisateurs de l'histoire du cinéma. Au-delà du scénario, banal mais intéressant quand même, c'est bel et bien la performance technique qui doit être mise en avant puisque le film a été tourné en seulement trois plans-séquences!

Trois plans-séquences en 1h20 de film, je dis bravo! Hitchcock a pris l'audace de le faire, ça a marché et tant mieux pour lui et pour nous, spectateurs friands de nouveauté et de coup de génie... Car c'en est un et avec ce film Sir Hitchcock démontre qu'il a tout d'un grand non seulement par sa capacité à créer le suspense et des moments d'angoisse mais aussi par son talent derrière une caméra.

Derrière cela se cache une histoire, somme toute banale, mais intéressante tout de même puisque le réalisateur fait monter l'angoisse en se demandant si le corps sera découvert... Bien que la fin soit prévisible (et quelque part, le film ne devrait pas se terminer autrement...), on suit sans relâcher son attention le film.

Là où ça foire un peu, c'est du côté des acteurs: les deux jeunes acteurs principaux sont loin d'être exceptionnels et font un peu tâche derrière une performance technique comme celle qu'Hitchcock se permet de faire. Heureusement que James Stewart est là pour relever le niveau...

Pas un chef-d'oeuvre, mais un très bon film grâce à la prouesse technique et à une histoire qui se laisse suivre sans problème. A voir!

Note: 3/5

Posté par batman1985 à 14:01 - Années 1940 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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