cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

22 juillet 2009

Côte 465 (Men in War)

men_in_warDe: Anthony Mann

Avec: Robert Ryan, Aldo Ray, Robert Keith, Vic Morrow, Phillip Pine, Nehemiah Persoff, James Edwards, L.Q. Jones,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1957

Synopsis

En pleine guerre de Corée, 17 soldats isolés doivent traverser la Côte 465 pour rejoindre leur unité. Ils sont commandés par le lieutenant Benson, calme et lucide, et par le sergent Montana, instinctif et violent. Les deux hommes vont s'affronter pour la conquête du pouvoir... et de la Cote 465.

Avis

En grand fanatique de films de guerre et en faisant en plus partie de la prestigieuse collection "Les introuvables", Men in War, appelé par son très mauvais titre français Côte 465 dans nos régions, il se devait donc de passer un jour par mon lecteur DVD.
Au final, l'oeuvre me laisse un goût amer de déception, peut-être en attendais-je trop de ce film signé Anthony Mann. Mais il n'en est pas pour autant mauvais.
Premièrement, le cinéaste utilise énormément de grands plans, filme le soldat au plus près, nous fait vivre le quotidien d'un soldat américain lors de la guerre de Corée, sujet très rarement utilisé au cinéma. Rien que pour cela, on peut être ravi de voir ce film. Le fait de serrer ainsi si près des personnages développe un sentiment d'oppression assez important. Le sentiment de ne jamais être seul, d'être constamment épié par un ennemi invisible...
Sur le fond, le film divise. Dans les bonnes choses, c'est que Mann, en moins d'une heure trente,il va nous faire découvrir tous les dangers qui guettent un soldat américain en guerre. Embuscades, blessures, mines, tireurs isolés, combats rapprochés. On comprend alors que c'est un monde sans pitié et qu'il ne faut en aucun cas baisser sa garde. Le soldat qui dort meurt. Le soldat qui se met à rêver meurt. Cela nous mène à parler de la confrontation entre les deux hommes forts du groupe. Le lieutenant Benson et le sergent Montana. Le premier est un humaniste, épris encore de rêves de revoir un jour sa famille. Le second est un véritable animal sanguinaire. C'est un guerrier. Et il sait comment faire une guerre. Mann propose une lutte importante entre les deux mais c'est surtout le second qui va l'emporter. L'humaniste reconnaissant que dans la guerre, seuls les guerriers survivent. Il faut revenir à des bases ancestrales. Se montrer sans pitié. Redevenir un animal. Le casting est bien servi par Aldo Ray et Robert Ryan. La fin est toute symbolique avec les croix de décoration que l'on jette au sol, destinées aux cadavres parsemant le champ de bataille.
Quel est donc le grand problème du film de Mann? Question mise en scène, s'il filme souvent de près donc, pour le reste ça demeure trop classique à mes yeux. Mais c'est surtout dans l'enchaînement des événements qu'il y clairement un gros souci. Mann annonce trop la couleur, la suite. Le spectateur devine aisément ce qui va se produire et tout le film perd son charme de la sorte. Le soldat rêveur, avant même que l'on ne voit l'ennemi, on comprend qu'il va mourir. Et il y a plein de plans de la sorte. Bref, c'est dommage, et cela nuit considérablement en la qualité du film.
Au final, de ce qui aurait pu être une grande oeuvre, on obtient un film correct, possédant un fond très intéressant, deux acteurs talentueux et une mise en scène parfois très réussie parfois plus banale.

Note: 3.5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1950 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2009

Quand passent les cigognes (Letiat Jouravlij)

quandpassentlescigognesDe: Mikhaïl Kalatozov

Avec: Tatiana Samoilova, Alexei Batalov, Vassili Merkouriev, Alexandre Chvorine, Svetlana Kharitonova, Constantin Nikitine, Valentin Zoubkov, Antonina Bogdanova, Boris Kokovkine, E. Kouprianova, Valentina Ananina, Valentina Vladimirova et Nikolaï Smortchkov

Pays: Ex-URSS

Année: 1957

Synopsis

A Moscou, en 1941, Veronika et Boris s'aiment. Mais quand le pays entre en guerre, le jeune homme s'engage et part pour le front russe. Veronika, sans nouvelles de son fiancé et confrontée aux avances du cousin de Boris, est de plus en plus seule et désemparée. Pourtant, ele attend et espère toujours le retour de celui qu'elle aime. Trouvera-t-elle la force de faire les bons choix et de survivre à la séparation.

Avis

Les romances, c'est loin d'être mon genre préféré. Certains films parviennent toutefois à m'émouvoir ou tout simplement à me faire adhérer à 100% à une histoire que j'aurais de prime à bord qualifier de cucul, gnangnan et j'en passe... La chance pour Kalatozov, c'est que son film est probablement le plus beau que j'ai vu dans le genre. Une belle claque, tant visuelle que scénaristique. L'oeuvre était d'ailleurs à la pointe de ce qui se faisait en matière technique à l'époque.
Le film débute par deux jeunes amoureux qui vagabondent le long d'un fleuve. Ils sont jeunes, insouciants, amoureux. Le spectre de la guerre n'est pas loin mais qu'importe. Boris sait qu'il devra remplir son devoir si les Allemands arrivent non loin de Moscou. Les premiers plans sont sublimes, d'une force incroyable et d'une belle poésie. Nos jeunes tourtereaux regardent alors des grues (et non des cigognes, le titre français est erroné sur ce point. Le choix était volontaire car le mot grue ne sonnait pas bien. Ils l'ont remplacé par cigogne) qui migrent et qui semblent fuir l'hiver rigoureux qui va s'annoncer mais peut-être aussi la guerre. Le fil rouge est lancé.
S'ensuit alors de magnifiques scènes, d'un amour simple. La jeune fille arrive alors à son appartement. Kalatozov va alors démontrer le savoir-faire technique qu'il a imaginé avec son caméraman. Nous voyons Boris courir après Veronika dans les escaliers. La caméra suit la course du jeune homme sans coupure en étant pas dans les escalier mais bien en plein milieu. Le caméraman était suspendu dans le vide avec sa caméra. Formidable plan, qui constituait alors en une véritable innovation.
De plus, sous le régime de Khrouchtchev, c'est le signe d'un assouplissement en matière de propagande. Elle est d'ailleurs quasiment absente du film. Les cinéastes avaient donc droit à une liberté nettement plus grande même si elle n'était pas encore totale. Ici, pas question d'un grand héroïsme ou d'une dénonciation ignoble des Allemands. Leur arrivée se marque juste dans le paysage. De simples plans qui sont petit à petit remplis par des abris ou des hérissons (trois poutres métalliques croisées en leur milieu et ancrées dans du béton) sensés freiner l'avancée des chars ou des hommes.Les bombardements ne sont pas montrés. Nous les suivons avec les citoyens dans le métro. Et nous constatons après les dégâts. Lorsque Boris est au combat, le seul moment du front qui nous est montré est celui où ils sont dans des bois. Les Allemands ne sont jamais montrés et sont un peu des fantômes. Des fantômes du passé qu'il ne faut probablement pas ressurgir. Les plaies d'une URSS qui a souffert sont encore béantes. Lorsque Boris sera touché, ce sera par une balle perdue. Les différentes scènes qui suivent l'effondrement de l'homme sont remarquables et démontrent d'une virtuosité technique remarquable. Il faut également souligner l'incroyable musique du film qui correspond toujours et de manière exacte aux images.
Le pays souffre. Nous le suivons avec les gens mais plus particulièrement Veronika et tous les malheurs qu'elle peut connaître. Desctruction de sa maison, perte de membres de sa famille. Et de plus, elle va perdre son homme Boris. Elle va devoir faire face aux avances du cousin de Boris. Elle finira par craquer. Elle l'épousera mais pas par amour. Il faut dire que le cousin va se montrer très violent lors d'un bombardement, étant presque sur le point d'abuser de la jeune femme.
Pourtant, elle n'abandonne jamais l'espoir de retrouver son Boris. Jamais non plus le cinéaste ne va accuser la jeune femme d'avoir été épouser son cousin. En dépit pourtant du discours du médecin, père de Boris, oncle du cousin et qui héberge la jeune femme depuis la mort de ses parents. Les propos virulents n'entâchent pourtant en rien Veronika. Au contraire, nous nous trouvons à l'accabler de plus en plus. Elle hébergera un enfant, abandonnera son mari et gardera toujours cet espoir. Un espoir fou, impossible de le revoir. Elle comprendra enfin lors du retour de tous les soldats du front. Déçue certes, mais s'étant probablement faite une raison lorsqu'on a annoncé sa mort. Un regard vers le ciel. Les grues reviennent. La paix et l'amour sur l'URSS aussi...

Note: 5/5

PS: je pars en vacances du 16 au 27 juin donc je ne mettrai pas de mises à jour et je ne saurais visiter vos blogs normalement. J'étais déjà absent à cause des examens mais tout devrait rentrer en ordre début juillet. Bonnes vacances pour certains.

Posté par batman1985 à 23:51 - Années 1950 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2009

Le jour où la Terre s'arrêta (The day the Earth stood still)

the_day_the_earth_stood_stillDe: Robert Wise

Avec: Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Frances Bavier, Lock Martin,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1951

Synopsis

Un vaisseau spatial atterrit à Washington D.C., et attire l'attention du monde entier. Mais le pacifique émissaire extraterrestre qui en sort n'arrive pas à gagner la confiance du public. Lorsqu'une jeune femme et son fils se lient d'amitié avec lui, ils réalisent vite qu'ils seront peut-être les seuls à pouvoir sauver la race humaine de la destruction totale.

Avis

J'avais découvert il y a peu le cinéma de Wise via La maison du diable, film d'horreur ma foi très bien fait et fort intelligent. L'un des meilleurs que j'ai pu voir du genre. C'était donc fort bien parti. Et puis j'ai entendu parler du dernier film de Keanu Reeves qui n'était autre qu'un remake d'une oeuvre de Wise: Le jour où la Terre s'arrêta.
Réalisé alors que le conflit de la Guerre Froide éclatait petit à petit et que l'ennemi communiste ne faisait aucun doute, Wise a réalisé ce film. Il y introduit toute sa crainte d'une nouvelle guerre qui impliquerait surtout la bombe nucléaire.
Ce que j'ai apprécié, c'est que tout est dit de manière très subtile. Jamais les Communistes ne sont explicitement cités. Il n'y a pas non plus de réelle diabolisation même si forcément, le point de vue des Américains n'est pas des plus glorieux envers l'URSS. Et puis, il y a clairement cette volonté avec l'homme venu de l'espace de nous offrir un avertissement comme quoi l'humanité toute entière est en danger avec cette escalade de violence. Certes, certains verront beaucoup de bons sentiments et de naïveté chez Wise pour cette œuvre. A titre personnel, j'y ai vu un véritable film personnel avec une volonté d'exprimer ses craintes. Wise avait la chance de faire un métier qui lui permettait de faire passer des messages comme il le souhaitait. Si les producteurs ne l'empêchaient pas évidemment. Je ne serais d'ailleurs par surpris qu'il ait connu quelques problèmes après ce film et que l'on ait taxé ses opinions politiques portées vers une gauche communiste par une partie de la population ou du monde politique américain.
Bref, c'est une toute autre histoire. J'aime beaucoup aussi ce film pour l'excellent passage où le robot sort du vaisseau et fait disparaître toutes les armes. Il y a un côté tellement utopiste dans ce film que c'en est presque trop beau de voir encore quelqu'un penser comme cela.
Juste un mot sur les acteurs. Il n'y en a aucun de connu. Pourtant, je les trouve très corrects. Ce film a également très bien passé le lourd poids des années puisque les effets spéciaux ou encore le vaisseau demeurent réalistes.
Ca ne m'étonne donc pas de voir que cette oeuvre constitue un classique du cinéma américain des années 50. Je crois aussi que ce film peut partager pas mal de monde. J'ai quant à moi clairement choisi mon camp et j'apprécie énormément cette oeuvre, que je considère comme meilleure (mais là, c'est purement subjectif) que La maison du diable. Ah oui, j'oubliais de signaler que la musique est signée Bernard Hermann et est totalement réussie. Mais cela, on s'en doutait...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1950 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2009

Le salon de musique (Jalsaghar)

le_salon_de_musiqueDe: Satyajit Ray

Avec: Chabbi Biswas, Ganda Pada Basu, Kali Sarkar, Tulsi Lahari,...

Pays: Inde

Année: 1958

Synopsis

Le déclin par étapes d'un mécène, aristocrate de la caste des Zamindars, propriétaire terrien oisif, protecteur des arts mais imbu de la noblesse de sa caste, de ses droits et de ses vertus. A sa passion pour la musique et la danse, illustrée par les réceptions toujours plus ruineuses données dans le salon de musique, il sacrifiera sa fortune et, indirectement, sa famille...

Avis

L'Inde est un formidable pays de films. Depuis des décennies, Bollywood fournit de nombreuses oeuvres à ce pays et plus accessoirement à ce continent. Pourtant, en Occident, c'est un cinéma assez confidentiel, qui trouve un public mais qui ne jouit pas d'une popularité excessive. Vous ne trouverez jamais ou presque un film indien dans un complexe ciné belge par exemple.
Dommage, car je viens de constater à ma très grande surprise que le septième art est incroyablement bien représenté là-bas. Et ce depuis pas mal d'années aussi.
Satyajit Ray fait partie de ceux-là. Cinéma grandiose vraiment, composé d'une musique remarquable. Une mise en scène épurée, classique dans un certain sens mais néanmoins remarquable. De superbes plans parcourent le film du début à la fin, avec un moment fantastique qui est la danse de la jeune fille. Evidemment, que serait Bollywood sans ces longs passages remplis de musique. La part belle est d'ailleurs laissée à la composition et au son plutôt qu'à la danse. Hormis, la séquence avec la jeune demoiselle, il n'y a pas d'autres moments comme celui-là.
Sur la forme, l'oeuvre de Ray s'inscrit déjà comme un succès. Et pas n'importe lequel pour moi puisque j'ai vraiment du mal au cinéma, avec les films faisant la part belle à la musique. Vous ne trouverez d'ailleurs pas ou peu de comédies musicales sur ce blog. Oh, pourtant il doit bien y en avoir l'une ou l'autre qui traine dans ma DVDthèque. Je me souviens être procuré Cabaret avec Lisa Minelli. Il faudra bien que je m'y lance un jour ou l'autre.
Mais que serait un film si le fond n'était pas présent? Ça tombe bien, c'est le cas chez notre ami Ray. Très clairement critique envers notre ami qui fait partie de la classe dominante. Toutefois, il demeure chez le cinéaste indien une volonté de donner une certaine sympathie à son personnage. C'est clair que c'est homme est vénal, pense énormément à lui-même et gaspille son argent. Mais sa femme et son fils, plus particulièrement ce dernier sont sa vraie raison de vivre. De plus, c'est un véritable adorateur d'art et plus précisément de la musique. Bref, on ne peut qu'être triste lorsque le malheur s'abat sur cet homme et qu'il va se laisser peu à peu dépérir. Il n'ouvrira plus qu'une seule fois son salon de musique après le drame. Les chants et les bruits de pas de danse résonnent une dernière fois.
J'ai très clairement adoré, je n'ai pas peur de le dire cette oeuvre. Elle figure d'ores et déjà dans mon Top 100 (il faudra d'ailleurs que je pense à le remettre à jour sur ce blog, tout comme mon Top cinéma 2009, j'ai déjà eu l'occasion de voir huit films au moment où j'écris ces lignes). Ray m'a donné envie de découvrir sa filmographie. Le prochain pas sera la trilogie d'Apu.

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1950 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2009

Pickpocket

pickpocketDe: Robert Bresson

Avec: Martin Lassalle, Marika Green, Pierre Leymarie, Jean Pelegri, Kassagi, Pierre Etaix,...

Pays: France

Année: 1959

Synopsis

Pour Michel, pickpocket amateur, dominer sa peur, c'est dominer le monde. Il s'entraîne alors des jours entiers à subtiliser montres et portefeuilles. La rencontre d'un autre pickpocket va achever sa formation. Il va multiplier les vols avec toujours plus de dextérité et de sang-froid.

Avis

Autant l'annoncée d'emblée, la déception est au finale fort présente pour cette oeuvre de Bresson, certes facile d'accès, mais qui ne m'a pas empêché de me poser énormément de questions quant à Pickpocket.
Autant toutefois commencer par les points positifs de ce film, car ils existent bel et bien.
Premièrement, la réalisation est remarquable. Essentiellement lors des scènes de vols à la tire ou du même acabit. Ainsi, on a vraiment l'impression d'assister à de vrais vols, on nous montre la façon dont les pickpockets opèrent, les différents tours qu'ils utilisent,... Le tout est réellement filmé de manière incroyable et pour cela, l'oeuvre de Bresson doit se voir une fois. Et je vais dire que c'est à peu près tout. A part peut-être que découvrir ce milieu est assez intéressant.
Pour le reste, je ne vois pas trop où Bresson veut en venir. Il s'intéresse à un personnage, pickpocket. On ne sait pas trop si c'est par profit, parce qu'il n'a pas le choix ou parce qu'il souffre de cleptomanie. Le personnage semble étrange, on ne sait pas trop où il veut aller dans la vie. Est-ce qu'il se sent libre par rapport à ce qu'il fait? Vit-il pleinement que quand il commet l'acte du vol et n'est-ce qu'à ce moment-là qu'il se sent vivant? Si le metteur en scène ne s'était intéressé qu'à notre ami, ça aurait été nettement plus réussi. Mais Bresson introduit une sorte d'histoire d'amour. Une sorte car c'est presque un amour platonique. Les héros s'aiment de loin. Et dans un sens ça ne sert nullement l'histoire ou peut-être un peu sur la fin puisque Michel va se mettre à voler pour nourrir la jeune femme et l'enfant qu'elle a obtenu avec une ancienne relation. Mais ça dure peut de temps puisque le bougre termine en prison pour ses méfaits. La jeune femme viendra le voir et on obtient enfin des gestes et de l'affection. Mais une fois encore, je n'ai pas trop apprécié la tournure prise par le film à partir de ce moment-là. Dommage donc de ne pas s'être contenté de nous montrer le milieu, chose que vraiment Bresson fait très bien et qui vaut vraiment le détour.
Dernier mot enfin sur les acteurs que j'ai trouvé assez transparents pour la plupart. Ils ne sont pas trop bons à mes yeux. Heureusement pour eux que le film est plombé par certains éléments du scénario sinon, ils tireraient pas mal l'oeuvre de Bresson vers le bas.
Au final, je suis donc fort déçu. Ca n'empêche que Bresson reste un incroyable metteur en scène, très doué dans le maniement d'une caméra, à défaut de la direction d'acteurs. Je pense quand même voir Procès de Jeanne d'Arc, l'histoire m'intéressant beaucoup plus.

Note: 2.5/5
 

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1950 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 janvier 2009

Mon oncle

mon_oncleDe: Jacques Tati

Avec: Jacques Tati, Alain Bécourt, Adrienne Servantie, Jean-Pierre Zola, Lucien Frégis, Dominique Marie, Betty Schneider, André Dino,...

Pays: France, Italie

Année: 1958

Synopsis

Dans un quartier moderne où tout est très (trop) bien agencé habitent M. Arpel, son épouse et leur fils Gérard, que cette vie sans saveur ennuie. L'intrusion dans la famille de M. Hulot, le frère de Madame, personnage rêveur et plein de fantaisie, sème le trouble dans cet univers aseptisé, d'autant plus qu'il devient rapidement le meilleur ami de Gérard...

Avis

Retour des avis après un petit congé qui m'a fait le plus grand bien. Et on recommence avec un film fort bien sympathique et déluré qu'est Mon oncle de Jacques Tati. Héritier des comiques burlesques que sont Charlie Chaplin et Buster Keaton, l'oeuvre est un véritable bol d'air frais que l'on consomme sans modération.
Ce n'est pas la première fois que Tati endosse le costume de Mr. Hulot. Personnage décalé, hors du temps, grand rêveur fantasque, l'oncle du jeune Gérard est au fond un enfant lui-même. Deux univers entrent en confrontation dans le film de Tati. Celui des parents de Gérard, famille riche où le père est un industriel possédant un poste très bien placé. Il a même droit à sa place de parking devant les portes de l'usine. Cette famille vit dans des quartiers riches où tout est très bien agencé. Les fleurs, le jardin, la maison, tout est rangé parfaitement, tout est réglé. Le moindre grain de sable dérange totalement. L'autre univers, c'est celui de Mr. Hulot. Il habite des quartiers simples et où la maison semble être un véritable capharnaüm. Des gens simple le côtoyent. Un monde totalement opposé à celui de la famille de Gérard. Des valeurs bien plus simples passent bien avant que celles prônées par la soeur de Hulot et de son mari.
L'oeuvre, à travers son humour, est une critique déguisée de la bourgeoisie de l'époque et de toutes les manières qu'ils peuvent faire. On le voit aussi lorsque Hulot est engagé par le mari de sa soeur. Il n'a rien à faire dans ce monde. Tout comme quand il rend visite si souvent à la famille et qu'il préfère passer plus de temps avec le petit Gérard, qui s'ennuie aussi dans cette vie si contrôlée, et qui voit en son oncle la possibilité d'échapper à un monde auquel il ne convient pas.
Comme dans chaque oeuvre burlesque, l'humour passe par le comique de situation. Ma foi, chez Tati, il fonctionne très bien. J'avoue avoir beaucoup souri et parfois ri. Le coup de la maison la nuit, où Hulot pénètre dans le jardin, y fait du bruit et où l'on voit les parents de Gérard à chacune des fenêtres m'a beaucoup plu. On y voit la maison comme une sorte de personnage avec deux yeux. Bien sûr, ce n'est pas les seuls moments cocasses qui s'y retrouvent.
Une seule chose m'a un peu gêné dans l'oeuvre de Tati. C'est le côté kitsch que possède la maison, les parents de Gérard ou les relations. Volontaire ou non, il est à mes yeux un peu exagéré. Néanmoins, cela n'a ôté en rien le plaisir que j'ai eu à voir ce film. J'aimerais maintenant voir Les vacances de Mr. Hulot car ce personnage à part m'a beaucoup plu. Pour ceux qui n'ont toujours pas eu l'occasion de voir Mon oncle, je leur conseille grandement ce film.

Note: 4/5

Posté par batman1985 à 17:54 - Années 1950 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2008

12 hommes en colère (12 angry men)

douze_colereDe: Sidney Lumet

Avec: Henry Fonda, Lee J. Cobb, Ed Begley, E.G. Marshall, Jack Warden, Martin Balsam, John Fielder, Jack Klugman, Edward Binns, Joseph Sweeney, George Voskovec, Robert Webber,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1957

Synopsis

Au cours d'un procès où des preuves écrasantes accablent un adolescent accusé d'avoir tué son père, onze jurés sont convaincus de sa culpabilité. Seul le douzième pense qu'il est innocent. Cet homme seul contre tous va tout tenter pour convaincre les autres...

Avis

Sidney Lumet est un cinéaste qui aura traversé les âges. Au fil des décennies, il réalisera quelques grands films, notamment Serpico, Un après-midi de chien, Network,...
Pourtant, on aurait envie de dire que l'oeuvre majeure de sa carrière se situe à ses débuts avec 12 hommes en colère, où comment d'un roman de Reginald Rose, Lumet transforme le bouquin en formidable huis-clos dont la tension ne va qu'en s'accroissant...
C'est en effet là que réside la force de cette oeuvre, la première de Lumet, cette tension qui ne fait qu'augmenter au fur et à mesure des minutes. Pour cela, le metteur en scène a fait preuve d'une mise en scène astucieuse où l'on a l'impression que la pièce dans laquelle se retrouvent les douze jurés se raccourcit. Les murs se font de plus en plus oppressant. Lumet s'explique:
"j'ai tourné le premier tiers du film au-dessus du niveau des yeux, le deuxième tiers à hauteur des yeux et le dernier tiers en-dessous du niveau des yeux. Ainsi, vers la fin du film, on commençait à voir le plafond. Les murs se rapprochaient, et le plafond semblait s'abaisser. Cette sensation d'une claustrophobie grandissante m'a permis de maintenir la tension jusqu'à la fin où j'ai utilisé un angle large pour laisser le spectateur respirer."
Bref, Lumet faisait éclater au grand jour son savoir-faire dans la mise en scène. L'oeuvre reposant en grande partie sur celle-ci étant donné que la grande majorité du film se déroule au même endroit: la pièce où les jurés délibèrent.
Les acteurs jouent également parfaitement leur jeu. Henry Fonda, qui a produit et qui fut à l'origine de ce film, est excellent. Mais il n'est pas seul pour cela. Les onze autres acteurs sont également parfaits. Ils ont chacun leur propre opinion, leur propre avis sur la question. Comment est-ce que cet homme seul va changer le point de vue de ceux-ci. On comprend aussi que chacun des jurés a des raisons personnelles de voter coupable. L'un possède des préjugés sur le milieu dont vient le jeune accusé, un autre, à travers son histoire personnelle, tente de se venger de ce fils ingrat qui en oublie tous les sacrifices réalisés par les parents, certains se basent tout simplement sur les versions des témoins,... En clair, sur un même cas, on constate que chacun des jurés ont des opinions assez divergentes sur la question. Mais c'est également une oeuvre où c'est l'homme le plus fort qui résiste. Comment ce personnage seul contre tous va parvenir à résister (à ne pas juger coupable le garçon) aux autres jurés mais qu'il va lui-même réussir à les faire changer d'avis un par un.
A travers 12 hommes en colère, Sidney Lumet évoque déjà les thèmes qui lui tiennent à coeur et qu'il parcourra tout au long de sa carrière: rapports de l'homme à l'institution, analyse des systèmes de pression, lutte pour la tolérance ou encore la justice.
12 hommes en colère remporta l'Ours d'or au festival de Berlin en 1957. Il a été nommé aux Oscars dans les catégories Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario. Une reconnaissance directe plus que méritée. Pour preuve, plus de cinquante ans plus tard, le film n'a pas pris un ride et reste tout bonnement grandiose...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1950 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2008

Les Vikings (The Vikings)

vikings1De: Richard Fleischer

Avec: Kirk Douglas, Tony Curtis, Ernest Borgnine, Janet Leigh, James Donald, Alexander Knox, Maxine Audley, Frank Thring, Eileen Way, Edric Connor, Dandy Nichols, Per Buckhoj,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1958

Synopsis

Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur sur les côtes d'Angleterre. Ragnar, le chef viking, tue le roi et viole la reine. Cette dernière donne naissance à Eric qui sera capturé par les Vikings et élevé comme esclave. Devenu adulte, il affronte Einar, le fils de Ragnar, et le défigure en lançant son faucon contre lui. Quelques temps plus tard, Morgana, la future reine d'Angleterre, est enlevée par Einar qui cherche à la séduire, mais elle tombe amoureuse d'Eric.

Avis

Comment passer une très bonne soirée avec un film qui ne prend pas la tête, doté d'une réalisation efficace et d'un casting de choix? En optant tout simplement pour Les vikings de Richard Fleischer.
Bon évidemment, l'oeuvre est loin de respecter une certaine vérité historique. Par exemple, on obtient tous les clichés des vikings dans le film, à savoir des personnages assez rustres, barbares, prêts à tuer leurs femmes, possédant des jeux pour le moins spéciaux, etc. De plus, on voit à un moment une scène d'attaque d'un château-fort. C'est également un élément assez faux car les vikings attaquaient essentiellement les villages, les monastères, etc. S'ils devaient réaliser une bataille rangée, ils étaient très souvent battus. Le plus dérangeant reste peut-être ces clichés quand on les connaît mais ils n'altèrent pas vraiment le plaisir qu'on obtient en regardant l'oeuvre de Fleischer.
Ensuite, il faut bien avouer que le casting est de premier ordre. Entre un duel Douglas - Curtis des plus impressionnants et sans oublier Ernest Borgnine et Janet Leigh, on est en droit d'être heureux. Surtout qu'ils sont tous excellents. Douglas est parfait dans son rôle du fils viking. Curtis est également très bon. Borgnine, qui joue le père de Douglas (et pour l'anecdote est plus jeune que lui dans la vie) n'est plus à faire connaître tandis que Janet Leigh apporte son charme fou à ce film composé de mâles machos. A noter que l'intrigue du film repose également essentiellement entre la relation en Douglas et Curtis (à savoir Einar et Eric, respectivement). Si nous téléspectateurs, sommes au courant de cela, l'intrigue n'en demeure pas moins présente, et nous posons essentiellement la question de savoir comment cela se terminera. D'autant que les deux hommes courtisent Morgana.
De plus, l'oeuvre bouleverse quelques codes du cinéma d'aventures. Fini les héros fringants et résistants à tout, bienvenue aux héros mutilés. Eric perd une main et Einar se voit devenir borgne suite à l'attaque du faucon d'Eric. Ensuite, il y a également énormément de changement au niveau de la lumière et du cadre. On obtient aussi de superbes plans des régions où le tournage s'est réalisé (à savoir la Norvège, l'Allemagne, la France, les côtes bretonnes ou encore Fort la Latte). Sans oublier que Fleischer est loin d'être un manchot au niveau de la mise en scène. La scène la plus importante, en dépit de l'époque où le film a été mis en scène reste probablement l'attaque du château-fort.
Ce passage seul résume à l'ensemble le film: réussi. Les minutes s'égrènent rapidement, on prend un énorme plaisir, l'oeuvre est un excellent défouloir. Les vikings fait partie de la catégorie des films qu'on ne se lasse pas de revoir. De plus, il vieillit très bien et est de ce fait, devenu un classique du genre. Une oeuvre immanquable en dépit de quelques menus défauts.

Note: 4/5   

Posté par batman1985 à 18:32 - Années 1950 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

26 juillet 2008

La nuit du chasseur (The Night of the hunter)

nuit_chasseurDe: Charles Laughton

Avec: Robert Mitchum, Shelley Winters, Lilian Gish, James Gleason, Evelyn Varden, Peter Graves, Don Beddoe, Billy Chapin, Gloria Castilo, Sally Jane Bruce,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1955

Synopsis

Un pasteur élégant et séduisant, dont les phalanges sont sinistrement tatouées des mots "Haine" et "Amour", erre dans la campagne semant sur la route la bonne parole et... la mort. Pour le révérend Harry Powell, le travail du Seigneur n'est pas de sauver les âmes mais de les condamner. A présent, Powell est prêt à tout pour récupérer un magot de 10.000 dollars caché dans une ferme. Sur son chemin, deux enfants, seuls à savoir où se trouve l'argent...

Avis

Charles Laughton n'a réalisé qu'un seul film dans sa vie. S'il connut un échec cuisant lors de sa sortie (faisant renoncer à Laughton la réalisation d'un autre film), le temps a rattrapé les erreurs du passé et La nuit du chasseur est désormais considéré comme un des films immanquables du cinéma, toute époque confondue. Un indispensable pour tous les amoureux du septième art. Un classique tout simplement. Mais quelles en sont les raisons ?
Premièrement, on obtient une oeuvre à la forme très poétique. Ainsi, les plans en noir et blanc sont réellement sublimes. Il y a une réelle maîtrise chez Laughton et on le remarque directement. Pour être honnête, il s'agit probablement de l'un des meilleurs noirs et blancs réalisé au septième art. Ensuite, on obtient grâce à tout cela des plans tout bonnement magnifique. Notamment celui de Mitchum chevauchant tranquillement à cheval à la recherche des enfants. Un plan qui rappelle fortement le western d'ailleurs. Car Laughton parvient aussi à nous donner un film qui multiplie les genres. On peut y voir des touches de western, de film de suspense, de police, le conte et évidemment aux films de D.W. Griffith, à qui on sent que cette oeuvre est dédiée, notamment avec l'emploi de Lilian Gish, célèbre actrice muette ayant tourné avec Griffith donc. Bref, sur la forme, on peut vraiment regretter que Laughton ait connu un énorme échec avec cette oeuvre car on peut se demander ce qu'il aurait pu faire d'autre. Il est vrai aussi que Laughton a connu une bonne carrière d'acteur et qu'il a sûrement appris au contact des autres réalisateurs. Toutefois, on ne refera pas le passé et on doute tout de même qu'il n'ait pu faire mieux que La nuit du chasseur. Rares sont les réalisateurs à être devenus des grands avec un seul film. Laughton en fait partie et c'est tout à son honneur.
Evidemment, si la forme peut amener un film à être réussi ou raté, le fond est également très important. Chose incroyable, Laughton le maîtrise également à merveille. On peut évidemment constater que la religion est le point central de l'histoire et devient un élément-clé de celle-ci. Dès le début, le ciel, les étoiles, Lilian Gish entouré d'enfants (un ange et des chérubins, quand je vous disait aussi qu'il y avait un côté poétique dans cette oeuvre), ensuite on rentre dans l'histoire avec une vision d'hélicoptère, un meurtre plus bas. Tout se fait en contre-plongée, Dieu observe de loin mais n'interviendra jamais. On ne peut évidemment nier le fait que l'on ressent comme une certaine ambiguité chez le personnage de Harry Powell (Robert Mitchum). Or, chez Laughton, c'est pareil. Il était un fervent croyant mais était homosexuel, chose que l'église n'accepte pas. Et on ne peut s'empêcher de voir une critique des valeurs de l'église avec le fait que Powell soit le "méchant". D'ailleurs, bien au-delà de l'église, on peut voir un simple résumé de l'être humain qui se résume à un combat éternel entre le bien et le mal, entre faire de bonnes actions ou de mauvaises, etc. Mais toute l'ambiguité vient également qu'au début, lorsqu'Harper vole l'argent et tue des gens (mauvaise action), il le fait dans le but d'aider sa famille qui vit mal la crise économique (le film semble situer dans cette période de crise, fin des années 20 ou début des années 30). Bref, faire le mal pour tenter de faire le bien. Evidemment, il n'y a pas que cela qui est en jeu. Le chiffre deux possède son importance puisque le combat se déroulera entre le pasteur et les enfants (le monde adulte et l'enfance). Il y a également dans cette histoire, une espèce de conte. Un grand méchant loup terrorisant des enfants à travers les pays et qui seront aidé par une vieille grand-mère. Pour peu, ça ressemblerait au Chaperon Rouge. Bref, Laughton réussit ce tour de main incroyable de mêler les genres avec brio. D'une scène de tension extraordinaire où Powell poursuit les enfants dans la maison à une scène nettement plus relaxante des enfants se laissant voguer sur la rivière dans la splendeur de la nuit (encore une fois remarquablement rendue grâce au noir et blanc). Il est également important me semble-t-il de souligner l'importance de la musique tant celle-ci est réussie.
Enfin, un mot sur les acteurs. Ils sont tous remarquables mais deux me semblent évidemment sortir du lot. Tout d'abord et honneur aux dames, Lilian Gish qui trouve ici un rôle remarquable dans le cinéma parlant et qui prouve qu'elle demeure une actrice complète. Et puis, il y a Mitchum... Tout bonnement fantastique, sa performance est surréaliste. Il n'est également impossible d'oublier sa folie tout comme ses tatouages "love" et "hate" tatoués sur chaque main.
Mitchum dira que de tous les films qu'il a tourné, La nuit du chasseur demeure son favori. On ne peut que comprendre l'acteur américain car Laughton signe une oeuvre formidable, qui résiste incroyablement bien au temps et qui demeure très complexe. Un seul film peut-être mais quel film...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 02:21 - Années 1950 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 juillet 2008

Les 400 coups

quatre_coupsDe: François Truffaut

Avec: Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Rémy, Guy Decomble, Georges Flamant, Patrick Auffray, Robert Beauvais, Pierre Repp, Jeanne Moreau, Jean-Claude Brialy, Henri Virlojeux,...

Pays: France

Année: 1959

Synopsis

Antoine Doinel a quatorze ans. En classe, il ne cesse d'avoir des ennuis avec son maître d'école qui le punit pour avoir écrit sur les murs de la classe. A la maison, ses parents se montrent indifférents à son égard et ne savent que faire de lui pendant les vacances. N'ayant pas fait sa punition, Antoine fait l'école buissonnière avec son copain René et surprend sa mère dans les bras de son amant. La vie du jeune Antoine s'annonce sous le signe du mensonge et de la débrouille.

Avis

Premier film de François Truffaut que Les 400 coups, oeuvre qui lancera réellement la Nouvelle Vague et dont le metteur en scène deviendra l'un des chefs de file de celle-ci. Mais bien plus que cela, Truffaut réalise ici une oeuvre autobiographique et qui retrace les moments les plus importants de sa jeunesse à travers le personnage d'Antoine Doinel.
Il faut dire que le jeune Truffaut a lui aussi connu une jeunesse des plus mouvementées. Vivant une partie de sa jeunesse chez sa grand-mère, il retourne vivre chez sa mère après le décès de la première. La maman de Truffaut est froide envers le jeune homme. Son père, qui ne reconnaîtra la paternité qu'assez tard envers le jeune homme se montre distant. Truffaut est un adepte de l'école buissionnière, désertera de l'armée française mais développera une énorme passion pour les livres et pous les grands auteurs français et britanniques.
Truffaut va ensuite se tisser un certain nombre de relation et notamment André Bazin qui va l'accueillir au domicile familial. Le metteur en scène va le considérer comme le père qu'il n'a jamais eu et bien plus que cela comme la famille qu'il n'a jamais connu. Si Les 400 coups existe, Truffaut le doit en grande partie à Bazin qui décèdera peu de temps après la fin du tournage.
Ce n'est donc pas étonnant de constater que Antoine Doinel possède les mêmes passions que Truffaut et vive lui aussi une enfance des plus troublées. Cette oeuvre agit réellement comme un exutoire pour le jeune cinéaste français. Ainsi Doinel devient rapidement un adepte de l'école buissionnière. Il possède un intérêt commun pour les livres et la mère du jeun enfant est des plus froide et des plus distante avec le jeune garçon. Tandis que le père possède au début de l'oeuvre une relation assez proche et plutôt complice avec le fils. Il ne semble qu'il n'y ai aucun problème majeur jusqu'à ce que Doinel se mette à sécher l'école. D'ailleurs les parents biologiques de Truffaut ne se reconnaîtrons pas à leurs yeux dans le film. Truffaut quant à lui dira qu'il n'a plus de père après la mort de Bazin. Le cinéaste ne parlera plus à ses parents pendant trois ans.
Doinel est interprété par un jeune acteur, lancé par Truffaut: Jean-Pierre Léaud. Et on peut dire que le jeune garçon se débrouille très bien, portant aisément le film sur ses épaules et qui laissait déjà entrevoir la carrière que cet homme allait faire par la suite. On retrouve aussi deux autres grands noms du cinéma français à savoir Jeanne Moreau et Jean-Claude Brialy, bien que ces deux derniers possèdent un petit rôle.
Au-delà d'une oeuvre autobiographique, on peut voir Les 400 coups comme un film qui refuse les règles dictées par la société, par les parents et qui est un appel, voire un hymne à la liberté.
Enfin, on peut dire que Truffaut, pour un premier film démontre une certaine aisance derrière la caméra bien que cela soit assez classique désormais. L'oeuvre connaîtra cependant un triomphe important à Cannes et un succès public qui n'est pas des plus inintéressant puisqu'il fera 400000 entrées au cinéma. Avec Les 400 coups, un réalisateur était né mais bien au-delà de cela, un vent de révolution allait souffler sur le cinéma français et cette oeuvre fait partie des instigateurs de celui-ci...

Note: 4/5    

Posté par batman1985 à 23:04 - Années 1950 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »