26 octobre 2009
L'extase et l'agonie (The Agony and The Ecstasy)
De: Carol Reed
Avec Charlton Heston, Rex Harrison, Diane Cilento, Harry Andrews, Alberto Lupo, Adolfo Celi, Venantino Venantini, John Stacy, Fausto Tozzi, Thomas Milian, Maxine Audley,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1965
Synopsis
Rome, 1508. Michel-Ange est chargé par le pape Jules II de peindre les fresques du plafond de la Chapelle Sixtine. Cédant tour à tour à la passion fébrile et au découragement, le peintre génial supporte mal le comportement despotique du pape. L'affrontement entre les deux grands hommes est inévitable...
Avis
Nouvelle découverte d'un cinéaste en la personne de Carol Reed, américain ayant réalisé des films sur quelques décennies sans avoir une trop longue liste à son palmarès. Il parait qu'il a signé un grand film avec Le troisième homme. Après la vision de L'extase et l'agonie, je pense pouvoir affirmer que Reed est un homme très talentueux même si cette oeuvre n'est pas parfaite.
C'est marrant aussi de constater que tout le monde connaît Michel-Ange pour sa grande fresque qu'il a peinte dans la Chapelle Sixtine. Or, l'artiste était avant tout un grand sculpteur. Un génie même. Durant les douze ou treize premières minutes, le film retrace les grandes sculptures de Michel-Ange. Un véritable cours d'histoire offert par Reed. Mais bon, sachant que le film dure plus de deux heures, j'ai assez rapidement craint que tout le film se montre aussi bavard que ce premier quart-d'heure. Fort heureusement, il n'en est rien, le film commence après son générique de début, qui intervient donc assez tardivement.
Première chose, il faut bien avouer que l'époque est assez bien retranscrite, avec un pape en guerre contre les rois des plus grandes nations. C'était des temps troublés. Bien joué de ce côté-là même si ça manque un peu de profondeur. C'est un peu trop hollywoodien à mes yeux, dans la façon de filmer, de voir les choses et de les transmettre au téléspectateur. Mais attention, c'est quand même super bien mis en scène, c'est trop hollywoodien que pour y voir un chef-d'oeuvre mais ça reste un très bon divertissement dont les 2h15 passent très vite.
En fait, la véritable force de ce film réside essentiellement dans sa confrontation entre deux grands acteurs. Rex Harrison joue le Pape tandis que Charlton Heston incarne Michel-Ange. Ces deux personnes semblent être de véritables ennemis, le Pape semble être le méchant, mais au fond, il partage la même passion et la même envie que Michel-Ange. L'art est au centre de la vie des deux hommes. Quelques répliques sont d'ailleurs d'un très haut niveau. Bref, gros duel d'acteurs qui sert un fond assez intelligent quand on sait ce que fait Hollywood comme divertissement maintenant.
Agréable moment donc que cette oeuvre. Elle donne surtout envie d'en découvrir plus sur ce cinéaste.
Note: 3.5/5
15 août 2009
Du silence et des ombres (To kill a Mockingbird)
De: Robert Mulligan
Avec: Gregory Peck, Mary Badham, Philip Alford, John Megna, Ruth White, Paul Fix, Brock Peters, Frank Overton, Rosemary Murphy, Collin Wilcox, Robert Duvall, William Windom, Alice Ghostley,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1962
Synopsis
Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un noir injustement accusé de viol...
Avis
Basé d'un livre que je n'ai pas lu, le film to kill a mockingbird de Robert Mulligan fut un franc succès à l'époque, recevant quelques récompenses aux Oscar. Il est remarquable de constater qu'à cette époque, leurs choix étaient nettement plus opportuns qu'aujourd'hui...
Bref, cette histoire de procès se démarque très bien des autres films du genre car nous le suivons à travers les yeux des deux enfants, ainsi qu'un petit voisin à ceux-ci, de l'avocat. Du moins, toute l'oeuvre se fait de cette manière exceptée le procès lui-même, ce qui est vraiment regrettable. Car même si Peck est parfait et que l'ambiance restituée l'est tout autant, on peut quand même vouer quelques remords de voir Mulligan oublier les enfants durant cette partie, comme si, d'un coup, ils devaient être exclus du film.
Pour le reste, tout le monde des adultes est vu à travers les yeux des gosses. Et c'est vraiment remarquable car sugissent alors toutes les incompréhensions qu'ils peuvent avoir du monde des adultes, les injustices qu'ils vont pouvoir y percevoir et bien entendu la perte d'une forme d'innocence. C'est essentiellement via la petite Scout que Mulligan s'attache. On a d'ailleurs parfois droit à une voix off de cette même Scout, plus vieille, qui raconte les événements. Nous sommes donc dans une histoire du passé. Celle-ci intervient très rarement et parle énormément de son père.
L'oeuvre a également le mérite de prendre la cause des Noirs. Parti pris osé et risqué pour l'époque. Même si en 1962, la situation commençait enfin à s'améliorer pour la communauté noire, nous n'en sommes pas encore à une forme de respect que l'on peut avoir comme aujourd'hui. C'est également le système de la justice américaine qui est remis en cause avec d'énormes relents de racisme de la part du peuple de l'Oncle Sam. Mais tout cela n'est jamais dit sans lourdeur. Mulligan maîtrise parfaitement son propos.
Je remets également en cause le procès. Outre Gregory Peck, parfait, Mulligan montre trop, insiste à ce que le spectateur comprenne que ce n'est pas l'accusé qui est coupable mais une autre personne. D'autant que les acteurs jouent assez mal leur rôle dans ce cas-ci, surtout la fille du fermier, qui est censée être la victime.
Outre Gregory Peck, qui obtiendra un Oscar pour ce rôle si je ne m'abuse, les trois enfants sont vraiment formidables. Je tiens également à souligner la présence de Robert Duvall, encore à ses débuts mais qui démontre déjà un incroyable talent dans son petit rôle mais qui est, ô combien, important. Sinon, le thème musical est très réussi. Dommage donc les petits défauts cités auparavant car ce film, déjà très bon, aurait pu être un chef-d'oeuvre...
Note: 4/5
03 août 2009
Un singe en hiver
De: Henri Verneuil
Avec: Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Noël Roquevert, Suzanne Flon, Gabrielle Dorziat, Hella Petri, Paul Frankeur,...
Pays: France 
Année: 1962
Synopsis
L'hôtelier d'une petite station balnéaire de Normandie a juré à sa femme de ne plus toucher à un verre d'alcool. C'était sans compter l'arrivée de Fouquet qui surgit avec la tentation.
Avis
Ce n'est un secret pour personne, j'avoue avoir énormément de mal avec le cinéma français, encore maintenant. Pourtant, j'avais quand même mis dans un petit coin de ma tête que Un singe en hiver valait certainement la peine d'être vu.
Pour son casting tout d'abord, composé d'un formidable duo. D'un côté le bon vieux Gabin et de l'autre le jeune Belmondo. Le premier est énorme. Les répliques qu'il lâche sont remarquables. La façon dont il les dit, la façon dont il joue. Il prend une place extraordinaire à l'écran mais en même temps tout semble naturel dans son jeu. Quel régal cela devait être de jouer avec un tel acteur. On aurait alors pu penser que notre ami Belmondo se fasse manger tout cru. Ce n'est pourtant point le cas. Il se débrouille et même mieux encore. L'alchimie prend facilement et nous offre un duo parfait.
Ensuite, il ne faudrait pas oublier de parler des dialogues d'Audiard, une fois de plus. L'inventivité du texte, le génie de ses répliques,... Impossible de ne pas aimer.
Par après, il y a l'histoire. Pleine d'émotion. C'est l'histoire de deux hommes en proie à des souvenirs douloureux. L'hôtelier Albert, joué par Gabin, se rappelle avec mélancolie ses voyages en Chine. L'ivresse qu'il prenait lors des voyages en mer a été remplacé par l'ivresse d'une bonne bouteille de vin. De l'autre, il y a Fouquet, jeune père, séparé, qui rêve de tauromachie et de redevenir un père pour sa fille. Mais il a peur. Il se réfugie dans l'alcool, alors qu'Albert a arrêté, pour sa femme. Deux hommes dont l'esprit est torturé. Mais il y a pourtant beaucoup d'humour dans cette oeuvre. Des signes de légèreté alors que derrière se cache des malaises profonds. Albert a fait énormément de sacrifice pour son épouse. Il semble ne plus vivre. En faisant plaisir à sa femme, il a définitivement rompu avec sa personnalité. L'arrivée de Fouquet lui permet de retrouver un semblant de vie.
La fin est remarquable. Triste aussi. Si pour Fouquet, les choses s'arrangent, pour Albert, le vieil homme entra dans un long hiver, comme le dit si bien la phrase de conclusion. Elle résume parfaitement les choses. L'hôtelier va recommencer son errance. Il va de nouveau se renfermer avec sa femme, où il ne vivra plus qu'à travers es souvenirs. Une fin magnifique, vraiment. Le tout est mis en boîte de manière parfaite par Verneuil. Ce dernier aborde un de mes thèmes préférés au cinéma.
Probablement l'un des meilleurs films français qu'il m'ait été donné de voir. Certainement un chef-d'oeuvre.
Note: 5/5
01 juillet 2009
La colline des hommes perdus (The Hill)
De: Sidney Lumet
Avec: Sean Connery, Harry Andrews, Ian Bannen, Alfred Lynch, Ossie Davis, Roy Kinnear, Jack Watson, Ian Hendry, Sir Michael Redgrave,...
Pays: Grande-Bretagne
Année: 1965
Synopsis
Monumental bloc de béton posé dans le brûlant désert africain durant la Seconde Guerre Mondiale, la "colline" est un camp d'enfermement à la brutalité inouïe, véritable purgatoire façonné par l'homme.
Avis
C'est joli l'Afrique quand même: ses déserts, sa chaleur, ses quelques palmiers, le calme et puis son camp d'enfermement avec sa colline... De quoi passer des vacances de rêve... Ou pas.
Il faut dire que ce camp, c'est loin d'être de tout repos. Entre des gardes qui vous font faire les exercices, il faut supporter la vie avec les autres prisonniers, les gardiens eux-mêmes et puis grimper la colline sous une chaleur intenable.
La mise en scène de Lumet est très réussie car elle a le grand avantage de démontrer les tensions qui existent. Pire encore, elle fait ressentir l'horreur du camp au téléspectateur. Il est lui-même éproûvé. Les tortures ne sont pas seulement destinées aux héros que l'on suit. Elles semblent vouloir nous toucher. Lumet veut que l'on se sente aussi dans le camp. Ca fonctionne plutôt très bien. Le téléspectateur veut du repos lui-aussi. Il en a assez de voir ces pauvres bougres torturés psychologiquement et physiquement à longueur de journée.
Les solutions pour sortir du camp ne sont pas nombreuses. L'évasion est plutôt proscrite. Vous n'avez aucune chance. Il reste encore le suicide ou mourir à cause des différentes épreuves que l'on vous fait subir. Mais pour profiter de la vie après, c'est plutôt déconseillé. Il reste donc à attendre sagement de purger sa peine, à moins de devenir totalement fou avant.
L'oeuvre vaut donc essentiellement le détour pour la torture qui est imposée aux hommes. Elle est faite de manière à la fois horrible (car elle nous éproûve nous aussi) mais en respectant quelque peu la dignité humaine. Pas de scènes horribles de tortures. Juste les dégâts que l'on voit sur les pauvres hommes. Ce qui les rend totalement attachants dans le sens où même s'ils sont jugés comme criminels pour l'armée, ce sont des hommes avec un bon fond pour la plupart.
L'autre aspect intéressant de l'oeuvre, c'est bel et bien la rivalité et la guerre des nerfs que se livrent les personnages de Sean Connery et de Harry Andrews. Bien sûr, le premier endosse le rôle du gentil, qui va tenter d'aider ses hommes. Tandis que le second est une véritable crapule. Un homme qui prend plaisir à faire souffrir les autres. Connery est également très loin de l'image classe qu'il donne dans les James Bond, cassant quelque peu le mythe.
Lumet voit deux possibilités de combattre l'homme. Utiliser la psychologie, un peu comme lui, mais sans utiliser la violence, chose à laquelle le personnage d'Andrews utilise énormément. Soit, utiliser la violence. Mais Connery verrait plutôt cela comme une défaite. Car l'homme se rabaisserait à celui d'être sauvage. Il redeviendrait de la sorte un animal. En cela, le final du film est terrible.
Inutile donc de vous dire qu'il s'agit probablement d'une des plus grandes oeuvres de Lumet. Un classique à ne pas oublier dans votre dvdthèque.
Note: 5/5
01 juin 2009
Signes de vie (Lebenszeichen)
De: Werner Herzog
Avec: Peter Brogle, Wolfgang Reichmann, Athina Zacharopoulou, Wolfgang von Ungern-Sternberg, Wolfgang Stumpf,...
Pays: Allemagne de l'Ouest
Année: 1967
Synopsis
Chargé de surveiller un dépôt de munitions, Stroszek, un jeune soldat allemand sombre peu à peu dans la folie, et devient un danger pour son entourage...
Avis
Evidemment, tout le monde connaît la haute estime que j'ai pour Werner Herzog et ses oeuvres. Fitzcarraldo et Aguirre, la colère de Dieu font figure d'immanquables. Il est logique que nous nous intéressions donc à ses débuts. Premier long-métrage après s'être fait la main sur quelques courts, Herzog nous pond Signes de vie, une oeuvre qui indique très clairement la voie qui sera suivie par le cinéaste allemand tout au long de sa carrière.
Produit par sa propre boîte de production, le metteur en scène s'entoure d'une équipe greco-allemande. Le déroulé de son histoire se passe d'ailleurs dans un petit village grec, bien paisible, au bord de la mer. Pour ce faire, on se doit de saluer la formidable musique qui est signée Stavros Xarhakos. Une composition lente, douce et quelque peu mélancolique, en parfaite conjonction avec les thèmes centraux de l'oeuvre.
Nous le savons aussi, le cinéaste a toujours aimé des personnages au tempéramment différent. Des hommes totalement en marge de la société dans laquelle ils vivent. Le terme société n'est pas à prendre dans un sens global. On peut très bien le réduire à la notion de groupe. Les thèmes récurrents sont déjà présents: enfermement, isolement, folie,...
Le cas de Stroszek est un peu différent. Des blessures physiques, au coeur des combats de la Seconde Guerre Mondiale l'ont profondément affecté moralement. L'homme épouse une grecque, et se retrouve affecté avec deux autres soldats à la surveillance d'un dépôt de munitions. La vie est tranquille. Beaucoup trop même. Le jeune homme va alors se renfermer sur lui-même, se poser des questions existentielles. Il devient alors un danger pour les autres car il rentre de plus en plus dans la folie. Le point d'orgue étant évidemment quand il chasse les personnes logeant dans le fort avec lui pour s'enfermer et menacer la ville. S'amusant à faire éclater des deux d'artifice la nuit, les habitants et autres soldats ne craignent qu'il mette sa principale menace à exécution à savoir faire sauter le dépôt.
Rêvant d'atteindre les étoiles avec ses feux d'artifice, Stroszek sera finalement arrêté par ses anciens camarades. Les rêves de gloire tournent courts et le dernier plan, à bord d'un camion, montre un paysage qui s'éloigne. Il semble que l'on emmène l'homme vers un asile. Le rêve est définitivement clos.
Herzog signe un film correct, très bien servi par ses comédiens. Peter Brogle n'atteint nullement le talent de Klaus Kinski mais il demeure très crédible. Il est entouré parfaitement par des seconds rôles de bon niveau. Il manque encore au jeune cinéaste de l'audace mais aussi de l'expérience et par conséquent de la maturité pour signer un fim parfait. Il manque un souffle épique que l'on retrouvera dans ses chef-d'oeuvres. Pourtant, à la mise en scène, tout est déjà millimètré. Le noir et blanc est d'ailleurs superbe et permet de nous montrer des paysages magnifiés par cette utilisation.
Note: 3.5/5
18 mai 2009
Procès de Jeanne d'Arc
De: Robert Bresson
Avec: Florence Carrez-Delay, Jean-Claude Fourneau, Roger Honorat, Marc Jacquier, Michel Herubel, Jean Gillibert, André Régnier, Arthur Le Bau, Marcel Darbaud, Philippe Dreux, Paul-Robert Mimet, Gérard Zingg,...
Pays: France 
Année: 1962
Synopsis
Du début des audiences au supplice final, le film suit au plus près les minutes authentiques du procès.
Avis
Le premier film de Bresson que j'avais vu ne m'avait que moyennement plu. Je le trouvais assez ennuyeux et me demandait pas mal où le metteur en scène français voulait en venir. D'autant que les comédiens n'étaient pas du tout remarquables. Malgré tout, Pickpocket m'avait laissé entrevoir pas mal de qualités chez Bresson, notamment dans la mise en scène.
Je m'étais donc promis de revoir une oeuvre du cinéaste français. Procès de Jeanne d'Arc m'intéressait depuis longtemps, étant donné que je suis un grand fanatique d'histoire et que la légende entourant "la pucelle". C'est donc logiquement que je me suis tourné vers ce film, d'autant qu'il traite du procès de Jeanne d'Arc, en se basant des écrits du réel procès. Pourtant, un sentiment assez étrange s'est vite dégagé lors de la vision de cette oeuvre. Je me suis rendu compte que c'était un film qui pouvait être vu sans être vu... Je m'explique: 80% des séquences sont celles du procès, rejouées par les acteurs. Le tout est dit dans une ambiance très calme. Le jeu des acteurs est assez plat, me donnant parfois l'impression de reciter leur texte appris par coeur. Ca manque de présence et ça oublie d'injecter du vivant à ce que ça dit. Ensuite, on peut très bien se passer des images du film pendant toute cette période étant donné qu'on enchaîne calmement entre des plans sur Jeanne d'Arc et des plans sur ses juges. Ce ne sont que des plans fixes, sans réelle recherche pour la plupart. Ce qui veut dire que quand on assiste au déroulement du procès, on peut chipoter à autre chose tant que le son est assez fort pour qu'on comprenne ce qu'ils se disent. C'est un peu comme à la radio...
Fort heureusement, Robert Bresson est assez malin. Entre des séquences du procès on retrouve Jeanne dans sa cellule avec des éléments assez importants. Il varie ainsi le rythme qui aurait pu être très monotone.
Toutefois, les dix ou quinze dernières minutes du film sont certainement les meilleures. C'est bel et bien quand Jeanne est conduite au bûcher et lorsqu'elle est brûlée. Le plan final est assez remarquable et semble clairement démontrer que l'oeuvre de Bresson est bel et bien un pamphlet contre le monde ecclésiastique.
Au final, je ne me suis pas ennuyé, j'ai trouvé le film assez intéressant mais certaines personnes seront loin d'avoir cette impression. Les acteurs sont moyens et les séquences de procès alourdissent davantage l'oeuvre qu'elles ne la servent.
Pour conclure, je me demande toujours pourquoi Bresson est rentré dans l'histoire du cinéma français. J'ai trouvé par exemple le film du presque homonyme Luc Besson bien plus intéressant sur le sujet de Jeanne d'Arc. Même si celui-ci est bon...
Note: 3.5/5
24 mars 2009
Le voyage fantastique (Fantastic voyage)
De: Richard Fleischer
Avec: Stephen Boyd, Raquel Welch, Edmond O'Brien, Donald Pleasence, Arthur O'Connell, William Redfield, Arthur Kennedy, Jean Del Val, James Brolin,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1966
Synopsis
L'histoire retrace l'incroyable odyssée sous-marine d'une équipe de médecins à travers le corps humain. Leur objectif est d'atteindre le cerveau pour y réaliser une opération extrêmement délicate. Après avoir été réduits à la taille de microbes, les médecins devront lutter contre les éléments du corps du patient et combattre un saboteur au sein de leur équipe afin de pouvoir mener à bien leur mission fantastique!
Avis
Les vikings de Fleischer restait pour moi un excellent souvenir cinématographique. Un cinéaste capable d'offrir du divertissement intelligent sans temps mort. D'autant que même si c'était parfois loin de la vérité et que les clichés ne manquaient pas, un film ayant les vikings comme héros principaux n'étaient pas pour me déplaire, en grand fan d'histoire que je suis. Alors quand il s'attaque au genre fantastique et science-fiction, je ne pouvais qu'être heureux, vu qu'il s'agit d'un de mes genres préférés.
Pourtant, je suis assez déçu. J'en attendais peut-être trop de Fleischer mais toujours est-il que j'ai une assez bonne raison pour justifier cela. En fait, que ce soit dans le synopsis qui l'annonce ou dans le film, où dès le début, il semble qu'il y ait des médecins qui soient opposés à d'autres, on comprend rapidement qu'il y aura dans ce voyage un saboteur. D'ailleurs, Fleischer le montre directement, puisque c'est annoncé par certains personnages. Le problème, c'est que le metteur en scène va le faire de manière assez grossière. Il va tellement vouloir discréditer le saboteur et nous faire croire que c'est un autre que l'on ne rentre pas dans le jeu. Du moins, ça a été mon cas. Il est dès lors très difficile de se prendre au jeu que le metteur en scène veut qu'on adhère. A cause de cela, j'ai vécu certaines séquences avec un ennui assez profond. Tiens, ça me fait penser que le début n'est pas des plus réussis, du moins, le passage de la miniaturisation des personnes et du vaisseau. Trop lent et trop long à mes yeux, ce n'est pas vraiment passionnant. Bien qu'il faut admettre que les effets spéciaux sont réussis pour l'époque.
Pourtant, je l'annonce assez tôt, je vais mettre la moyenne au film. Grâce aux effets spéciaux justement qui vont permettre la formidable aventure. Je dois dire que j'ai été vraiment pris par les quelques séquences se déroulant dans le corps humain. Pour ce faire, l'équipe du film a été cherché énormément de conseils auprès de scientifiques et de médecins pour tenter de coller au plus près de la réalité. Ce film m'a rappelé 2001: l'odyssée de l'espace, lorsque le vaisseau au tout début passer à travers les différents globules et où l'on voit différentes couleurs. Ensuite, je ne sais pas si certains d'entre vous connaissent, mais ça m'a rappelé le dessin animé éducatif Il était une fois... la vie. Au passage, j'adorais ce dessin animé qui a été décliné en plusieurs genre comme les découvreurs, l'histoire, l'Amérique, etc. J'aimerais bien les revoir tiens.
Bref, d'un côté j'ai été totalement scotché grâce à l'énorme travail rendu pour ce voyage à l'intérieur du corps humain et de l'autre, je me suis plutôt ennuyé sur le côté de l'histoire où l'on doit dénicher le saboteur. Je le répète, Fleischer commet à mon goût une erreur de débutant. Sinon, c'est pas trop mal, ça n'a pas mal vieilli et les acteurs sont corrects. C'est le genre de films qui se regardent tranquillement un dimanche soir. Toutefois, si vous possédez Les vikings, privilégiez celui-ci...
Note: 3/5
18 janvier 2009
La maison du diable (The haunting)
De: Robert Wise
Avec: Julie Harris, Claire Bloom, Richard Johnson, Russ Tamblyn, Fay Compton, Lois Maxwell, Rosalie Crutchley, Valentine Dyall, Diane Clare,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1963
Synopsis
"Ce fut dès le début une maison diabolique, une bâtisse construite sous une mauvaise étoile." Ce lieu, c'est Hill House, un manoir vieux de 90 ans. La demeure est inhabitée, c'est du moins ce que l'on croit. Mais ne restez pas là, entrez.
Avis
Robert Wise fait partie de ces cinéastes dont je ne connaissais encore que la renommée. Il me fallait donc rattraper ce retard surtout que le monsieur a réalisé quelques oeuvres de renom. Parmi celles-ci, citons Le jour où la Terre s'arrêta (remaké fin de l'année passée justement avec Keanu Reeves dans le rôle principal), West Side Story, La mélodie du bonheur, La cannonière du Yang-Tsé et bien évidemment La maison du diable.
Wise revient au genre avec lequel il avait commencé, c'est-à-dire le cinéma fantastique. Pour La maison du diable, tout est réellement travaillé et soigné. Par exemple, la bande-son joue un rôle extrêmement important dans ce film. Elle permet à Wise de terrifier le spectateur de la sorte. Pour que ses acteurs s'imprègnent bien de l'ambiance, il les faisait tourner avec la musique en arrière-plan.
Une autre caractéristique très importante de cette oeuvre, c'est bel et bien la maison. Elle semble vivante. Elle est vivante à en croire Wise. D'ailleurs, on se demande si les personnes choisies pour vivre dans la maison ou du moins, le scientifique et ses assistants, sont bien venues là par hasard. Si pour le scientifique, c'est certain que non, il semble que le choix d'une des filles ait été voulu par la maison. Elle semble avoir un certain pouvoir sur les personnes. La jeune fille quant à elle possède quelques affinités avec la maison du diable. Cette ambiguité demeure d'ailleurs très importante, elle permet au téléspacteur de se poser constamment la question de savoir qui domine l'autre. Est-ce la maison qui décide de qui va survivre ? Ou est-ce les personnes grâce à leur ingéniosité ?
L'oeuvre possède d'ailleurs une anecdote assez intéressante. Le château qui a servi au tournage du film est entouré d'une légende. Une jeune femme, désespérée de ne pas pouvoir épouser l'homme qu'elle aime, se jeta du haut du balcon, un vendredi. Son fantôme hanterait encore la demeure. Pour cette raison, Robert Wise ne prendra aucune prise les vendredi.
Rapide mot sur les acteurs qui, me semble-t-il, ne sont pas des plus connus pour l'époque. Ou du moins pas tous. Julie Harris a joué dans le film A l'Est d'Eden. Claire Bloom a au contraire comme grand film que celui de Wise. Côté masculin, Richard Johnson a tourné récemment avec Woody Allen pour Scoop. Son plus grand rôle reste également celui dans La maison du diable. Russ Tamblyn a tourné aussi dans West Side Story pour Wise. Bref, ce sont des acteurs qui n'ont pas forcément réalisé une grande carrière mais qui ont tourné dans l'un ou l'autre grand film.
A mes yeux La maison du diable de Wise est un chef-d'oeuvre. Un important film d'horreur qui a marqué toute une génération et qui fait encore des émules actuellement. Si l'oeuvre n'est pas à proprement parlé horrifique, elle est très réussie sur la question psychologique. J'entends par là que La maison du diable ne cesse d'interroger le téléspectateur sur la maison, sur le fait qu'elle est vivante et sur son pouvoir sur les habitants. C'est en cela que le film est incroyable. L'oeuvre connaîtra également deux remake, évidemment moins réussi que celui-ci. Le premier s'appele La maison des damnés et fut tourné en 1973 par John Hugh. Le second est celui de Jan de Bont et est Hantise. Wise remportera deux Oscars plus tard pour l'oeuvre La mélodie du bonheur: celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.
Note: 5/5
08 décembre 2008
Le journal d'une femme de chambre
De: Luis Bunuel
Avec: Jeanne Moreau, Georges Géret, Daniel Ivernel, Françoise Lugagne, Muni, Jean Dezenne, Michel Piccoli, Claude Jaeger, Françoise Bertin, Andrée Tainsy, Jean-Claude Carrière,...
Pays: France, Italie

Année: 1964
Synopsis
Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun.
Avis
Luis Bunuel est un cinéaste totalement inconnu pour moi. Je découvre ainsi ce metteur en scène avec Le journal d'une femme de chambre, grâce à l'action du quotidien Le Soir en partenariat avec Les cahiers du cinéma, de proposer un livre avec un DVD du cinéaste évoqué. Bilan final pour Bunuel: avis mitigé...
Commençons par les points positifs. Tout d'abord, la mise en scène du réalisateur espagnol est tout bonnement remarquable. Tout est précis, bien cadré. Honnêtement, la première scène qui est un travelling horizontal à partir d'un train me laissait à penser du meilleur. Malheureusement, l'oeuvre ne suit pas de la même manière sur tous les plans. J'y reviendrai. Mais d'un point de vue de la mise en scène, c'est du très haut niveau. Pour cela, la réputation de Bunuel n'est pas du tout usurpée.
Ensuite, je dirais que les acteurs sont très bons aussi. Jeanne Moreau en tête évidemment. Bien qu'au début, je pensais qu'elle allait m'agacer à force de répéter "Bien Madame". Elle le disait d'une manière tellement arrogante que ça pouvait en devenir insupportable. Les seconds rôles sont très bons aussi. Voilà les gros points positifs qui font en sorte que je ne descends pas ce film.
Parce qu'autant les acteurs sont bons et jouent très bien leur rôle, autant je ne parviens pas à accrocher à un seul des personnages. Ils possèdent tous des problèmes qui les rendent, à mes yeux, totalement antipathiques. Le vieux de la maison possède des lubies totalement étranges. Il décède rapidement dans le film, ce qui est dommage car cétait peut-être le seul qui parvenait à me faire sourire. Célestine (Jeanne Moreau) est arrogante. L'homme à tout faire est un pédophile et un extrémiste. La fille du vieillard est chrétienne au point d'en devenir presque sectaire. Le mari de la fille est un coureur de jupons et va finir violeur. Le voisin est relativement sympathique mais possède aussi quelques défauts. Bref, Bunuel critique clairement le monde de la bourgeoisie. Mais il semble aussi avoir un avis négatif sur le monde qui entoure celui de cette bourgeoisie. Si j'étais membre de cette classe et que je voyais ce film, je crois qu'il me viendrait à l'esprit des envies de meurtre de Bunuel. Si, certes, ils ne sont pas tous corrects, je doute quand même qu'ils soient tous comme le metteur en scène espagnol le décrit. Pour moi, ce sont deux gros problèmes qui rendent le film très médiocre. Un problème évident dans le message que délivre Bunuel à travers son scénario. Et un autre pour s'attacher aux personnages. Les deux ensemble provoque un ennui et une antipathie qui n'est pas négligeable.
Bref, ce film est passable. Il est sûr aussi que certains apprécieront. Bunuel démontre par ailleurs des qualités techniques impressionnantes. Ce qui me donne envie de découvrir autre chose de ce metteur en scène. Toutefois, j'espère que ses autres films ne délivrent pas ce même genre de message. Sinon, je risque bien d'être définitivement déçu de la réputation donnée à Bunuel et à son cinéma...
Note: 2.5/5
03 novembre 2008
L'enfance d'Ivan (Ivanovo Detstovo)
De: Andreï Tarkovski
Avec: Anatoli Solonitsyne, Ivan Lapikov, Nikolaï Grinko, Nikolaï Burlyayev, Valentin Zubkov, Yevgeni Zharikov, Stepan Krylov, Dmitri Milyutenko, Valentina Malyavina, Irma Raush,...
Pays: Ex-URSS ![]()
Année: 1962
Synopsis
L'enfance d'Ivan s'est terminée quand il avait douze ans, le jour où les fascistes exécutent sous ses yeux sa maman et sa petite soeur. C'est ensuite son père qui est tué au front. Devenu orphelin, Ivan est adopté par les soldats et devient vite un éclaireur insaisissable. Au péril de sa vie, l'enfant recueille de précieux renseignements sur l'ennemi. Le jour arrive où il ne rentre pas de mission...
Avis
Premier film du metteur en scène soviétique Andreï Tarkovski et déjà la consécration internationale puisque le metteur en scène repartira avec le Lion d'Argent de la Mostra de Venise.
L'enfance d'Ivan, c'est l'entrée en matière d'un cinéaste et, déjà, on sent vers quel type de cinéma le réalisateur se destine.
Tarkovski aborde d'emblée des thèmes qui lui seront chers par la suite dans son cinéma: un certain onirisme dans les images ou encore une vision de la réalité qui n'est pas totalement réaliste puisqu'elle se mêle à une vision nettement plus surréaliste. Ainsi, la guerre n'est jamais montrée crûment. Peu d'images du conflit lui-même nous sont montrés. Et souvent à travers les yeux d'Ivan. Magnifiques et émouvants moments aussi d'un jeune garçon qui se souvient du massacre de ses proches. La réalité se mêle très souvent au rêve chez lui. Le metteur en scène travaille déjà ces instants entre réel et irréel qui feront de lui un maître, parfois contesté, mais qui a sans aucun doute marqué de son empreinte le cinéma.
L'enfance d'Ivan mêle également des moments entre la vie d'un jeune garçon à celle de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. L'indivualité se mélange au collectif. Le plus grand malheur du vingtième siècle à travers les yeux d'un petit garçon. Sans conteste un film évoquant aussi la perte de l'innocence de l'enfance face aux atrocités que l'homme est capable de commettre. Il est également troublant de constater que le héros du film est du même âge ou presque de celui d'Andreï Tarkovski lors de la guerre. Le metteur en scène doit certainement y faire une certaine projection même s'il ne connaîtra pas personnellement les mêmes malheurs qu'Ivan, il a cerainement dû les connaître lors de cette période bien trouble...
Du côté de la mise en scène, Tarkovski flirte déjà avec les sommets. Certains plans sont déjà d'une poésie rare, d'une saveur que seul le metteur en scène soviétique parvient à réaliser. Visuellement parlant, ce n'est pas parfait, mais c'est déjà très joli. Il suffit pour cela de voir ce plan sublime de l'avion écrasé ou encore de cette croix filmée avec le soleil en arrière-plan. Il sait déjà y faire le bougre... La musique accompagne bien le tout aussi, même si on sent qu'il ne s'agit pas d'Eduard Artemiev, musicien attitré de notre ami.
En bref, L'enfance d'Ivan marque des débuts très réussis pour Tarkovski. Il obtient directement une reconnaissance internationale. Elle est méritée. Cependant, on notera qu'il manque un petit quelque chose pour faire de ce film un chef-d'oeuvre. Peu importe, ils arriveront très rapidement...
Note: 4/5