17 novembre 2009
Tout sur ma mère (Todo Sobre Mi Madre)
De: Pedro Almodovar
Avec: Cecilia Roth, Penelope Cruz, Marisa Paredes, Antonia San Juan, Candela Pena, Rosa Maria Sarda, Fernando Fernan Gomez, Toni Canto, Eloy Azorin,...
Pays: Espagne, France

Année: 1998
Synopsis
Manuela vit seule avec Esteban, son fils, qui fête ses 17 ans. Au sortir du théâtre, Esteban souhaite obtenir un autographe de l'héroïne de la pièce, la comédienne Huma, mais il est renversé par une voiture. Désespérée, Manuela fuit Madrid pour Barcelone. Décidée à exaucer le dernier voeu de son fils, elle part à la recherche de l'homme qu'elle a aimé et quitté, il y a dix-huit ans, le père de son fils. En chemin, elle connaîtra Huma et retrouvera le père qui se nomme Lola.
Avis
Pedro Almodovar est un cinéaste adulé par beaucoup. Il n'est pas rare de voir un de ces films primés dans l'un ou l'autre festival. Il fallait donc qu'un jour je m'attaque au cinéaste espagnol. Résultat des courses, je suis très déçu, Almodovar ne semble pas être un cinéaste taillé pour moi.
Pourquoi ? Des raisons assez simples à mes yeux. Tout d'abord, je tiens à préciser que des films à nature pessimistes ne me dérangent pas. J'ai même tendance à les aimer. Mais quand c'est trop, c'est vraiment trop. Plus on avance dans l'histoire, et plus ça devient catastrophique pour les personnages. Gare aux spoilers: une femme qui perd son fils, une lesbienne qui perd sa copine, cette même femme qui s'en va se marier dans un petit village mais qui continue à se shooter, une religieuse qui couche avec un transsexuel. Elle chope le sida, attends un gosse et meurs à l'accouchement. Le père de cette fille qui perd totalement la tête, le transsexuel, mère des deux gamins (le premier qui meurt et celui qui naît) qui est lui aussi malade et qui va bientôt mourir. Il aurait plus manqué que le clebs ait deux pattes en moins pour avoir droit à la totale. Non sérieusement, il ne faut pas abuser. Ce qui me dérange aussi chez Almodovar, c'est que ce sont tous des cas spéciaux, il y a pas une personne ayant un statut un peu normal. Ce sont des putes, des transsexuels ou des curés. C'est parfois difficile de s'identifier aux personnages. Il vaut mieux ne pas avoir des tendances suicidaires lorsqu'on visionne ce film, car on ne va pas jusque la fin pour se décider à aller se chercher une corde. Enfin, dans le script, il y a quand même beaucoup d'éléments qui sont prévisibles. Et je m'interroge toujours sur le fond. Ou Almodovar a-t-il vraiment voulu nous emmener? Qu'a-t-il voulu nous dire? A-t-il souhaité qu'on ait pitié des personnages? Bref, je suis très perplexe à ce niveau aussi.
Mais attention, il y a aussi de très bonnes choses. Premièrement, je trouve que le metteur en scène sait parfois nous offrir d'excellents plans. Ainsi, je retiens celui de la mort du fils qui nous est offert de façon subjective, en se mettant dans la peau du gamin. Il y a aussi celui du train, avec la voix off, où on le voit passer et repasser ensuite. Façon très simple de symboliser le temps qui passe. Et puis, même si j'ai eu du mal à m'accrocher aux personnages, j'ai apprécié la composition des actrices que l'on sent très à l'aise avec Almodovar. La réputation était donc fondée. Dommage que je n'ai pas pu m'attacher aux différents personnages donc.
Bref, je reconnais chez le cinéaste ibère une volonté d'instaurer une âme dans ses films. Ce n'est pas un manchot mais c'est une oeuvre à laquelle je n'adhère pas.
Note: 1.5/5
05 novembre 2009
Speed
De: Jan de Bont
Avec: Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels, Alan Ruck, Glenn Plummer, Beth Grant, James Hawthorne, Carlos Carrasco, Natsuko Ohama, Richard Lineback,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1994
Synopsis
Un jeune policier est au prise avec un maître-chanteur, artificier à la retraite, qui menace de faire sauter un autobus dans lequel il a placé une bombe qu'il peut faire exploser à distance.
Avis
Nondidju! Ce film a déjà 15 ans! Speed fait partie de ces films, au défauts notoires et ne parvenant pas atteindre le statut de chef-d'oeuvre, qui font pourtant leur bonhomme de chemin à travers le temps.
Bon, pour faire rapide, je vais vite exposer les plus grosses carences du film pour moi. Tout d'abord, il y a quelques erreurs techniques, surement dues au fait que Jan de Bont en est à son tout premier film en tant que réalisateur. Du moins comme long. Il s'était d'abord essayé au court-métrage puis décidé de devenir directeur de la photographie où il va réaliser une longue carrière de plus de vingt ans, avant donc cette oeuvre-ci, en 1994. Il y a un chouette petit exemple. Jeff Daniels, au début du film, se prend une balle en pleine jambe gauche. Lorsqu'il reçoit sa décoration, deux ou trois scènes plus tard, on le voit boîter de l'autre jambe. Ce passage m'a toujours fait rire.
Ensuite, je trouve quand même que les scènes dans le bus sont tellement bien foutues que tout ce qui se passe avant et après parait un peu plus fade. Attention, je trouve quand même ça bien foutu, mais ça empêche pour moi d'élever un film beaucoup plus haut que ce qu'il n'aurait pu être. Parce que sérieusement, je me suis éclaté grave avec les scènes dans le bus, la tension, le couple Reeves et Bullock qui fonctionne à merveille, le thème musical, Dennis Hopper dans son rôle de méchant est incroyable, bref, c'est un très bon moment vraiment.
En fait, il vaut mieux qualifier le film comme étant le parfait moment pour tout spectateur lambda, qui n'a pas envie de se prendre la tête. D'ailleurs, il est rediffusé couramment à la TV, preuve qu'il satisfait souvent les spectateurs.
Note: 3.5/5
23 octobre 2009
Impitoyable (Unforgiven)
De: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris, Jaimz Woolvett, Saul Rubinek, Frances Fisher, Anna Thomson, David Mucci, Rob Campbell, Anthony James, Tara Frederick,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1992
Synopsis
William Munny a tiré une croix sur son passé de criminel et de hors-la-loi. Seuls comptent maintenant ses enfants et la ferme qu'il exploite avec peine. Mais la perspective d'une prime pour abattre les auteurs d'un crime odieux ramène Munny au coeur de la violence. Et le paisible fermier redevient un tueur impitoyable...
Avis
Ca faisait quelques années maintenant que j'avais acheté ce DVD. Pourtant, durant tout ce temps, je ne m'étais jamais décidé à vouloir le regarder. Pourquoi? Je ne sais pas. Peut-être parce que le western, même s'il ne m'a jamais déçu, ne figure pas parmi mon genre préféré. Surtout quand il n'est pas fait par Leone. Les western demeurent souvent assez classique, Leone ou encore Andrew Dominik avec son Jesse James étaient parvenu à faire un western que je qualifierais de différent à celui d'un Ford ou d'un Peckinpah.
Pourtant, j'aurais pu foncer plus tôt. Car, quand on y songe, Eastwood, c'était quand même le Monsieur western de Leone. Ca aurait dû me tenter. Et puis, parce que le Clint de ces dernières années, il a fait de sacrés films. Pour moi, ils sont tous de très haut niveau (du moins, sur ceux que j'ai vu.). Mais non, j'ai préféré attendre... Je me demande toujours pourquoi... Mais en contrepartie, la découverte si tardive de Impitoyable a été un énorme plaisir. Peut-être même que d'avoir attendu si longtemps, m'a permis de mieux apprécier le film, d'avoir attendu d'acquérir une forme de maturité cinématographique que je n'avais pas encore lors de l'achat de cette oeuvre.
Venons-en toutefois au film même. Premièrement, c'est sacrément bien foutu. La mise en scène d'Eastwood est précise, nous offre des plans merveilleux. Bref, de ce côté-là, rien à redire. Ensuite, j'ai eu cette impression qu'Eastwood nous donnait un western qui serait une forme d'adieu au genre. Une volonté de tourner la page avec ce personnage qu'il a incarné et qu'il retrouve encore une fois aujourd'hui. C'est d'abord un fermier que l'on découvre, qui ne veut plus entendre son passé mais qui accepte une dernière mission, en dépit de toutes les promesses qu'il a pu se faire. Ainsi, il confronte son personnage à un jeune bandit qui voit en Munny un héros. Toutefois, Munny lui-même n'accepte pas d'être pris de la sorte. Il n'est pour lui qu'une vulgaire canaille responsable de la mort d'hommes, de femmes et d'enfants. Une désacralisation totale du personnage mais également de celui qu'il a pu être chez Leone.
Et pourtant, malgré un casting d'enfer aussi (mention spéciale à Gene Hackman), il me manquait un petit quelque chose pour élever ce film au rang des chefs-d'oeuvres du genre. Une forme de scène démentielle, extraordinaire et qui resterait gravée dans nos mémoires. Eastwood nous la donne tout à la fin, avec cette fusillade finale. Tension incroyable, duel inégal, des fripouilles qui mériteraient de passer de vie à trépas sans que notre sale bandit ne subisse le même sort. Suspense à son paroxysme, la fusillade débute, elle sera Impitoyable...
Note: 5/5
14 octobre 2009
Memento mori
De: Kim Tae-yong, Min Kyu-dong
Avec: Kim Min-sun, Park Yeh-jin, Lee Young-jin, Kim Min-hee, Gong Hyo-jin, Paik Jong-hak,...
Pays: Corée du Sud ![]()
Année: 1999
Synopsis
Dans la cour de son lycée de jeunes filles, Min-ah trouve le journal intime de Hyo-shin et Shi-eun, mémoire de leur amitié profonde et ambigüe. Au fil des pages, elle entre dans le monde des amantes et découvre leur intimité et leur secret. Le suicide de Hyo-shin provoque l'émoi dans l'établissement. Passé et présent se confondent tandis que le journal déploie de plus en plus sa fascination morbide. Les couloirs du lycée chuchotent la présence d'une âme vengeresse, la panique s'installe...
Avis
Il est quand même difficile de faire un film de fantômes, en sachant déjà tout ce qui a déjà pu être fait dans le genre. Oh chance, l'oeuvre des deux metteurs en scène coréens ont décidé d'ajouter un fond plutôt particulier dans ce genre: l'acceptation des différences sexuelles chez les jeunes et dans un sens plus global, s'accepter en tant qu'adolescent.
L'histoire se déroule dans un lycée de filles. Ca aura le don d'ennuyer quelques-uns puisque l'on a quand même droit à quelques réactions d'adolescentes surexcitées. Mais dans l'ensemble ça se passe plutôt bien.
Les rapports homosexuels entre deux femmes, dans un lycée de filles, ça a le don de susciter de sacrés commentaires, très souvent désobligeants, dans une société coréenne probablement pas aussi ouverte, encore, que chez nous. L'avantage, c'est que ça ne tombe pour ainsi dire jamais dans le cliché. Et c'est vraiment une très bonne chose. Les metteurs en scène préfèrent plancher pour une réalisation qui préfèrent la suggestion à la monstration. On verra à peine un baiser entre les deux filles (et encore, l'une n'était pas trop d'accord pour qu'il se passe de la sorte) et on ne verra pas non plus la scène du suicide. Ou tout du moins on ne la voit jamais sauter. Par contre, la cohue que provoque la mort de la jeune fille dans les secondes qui suivent est incroyablement bien rendue. A noter que le cadavre est lui-même montré, ce qui était peut-être évitable.
Et puis, à partir de cela, l'histoire tombe dans un film de fantômes, certes non banal mais dont on cherche quand même la raison. Soit. Peut-être parce que le journal intime des deux filles a été "emprunté" par une des autres écolières. En tout cas, sans forcément faire peur l'oeuvre crée une tension non-négligeable.
Perfectible, en effet. Bon moment, certainement. N'hésitez-pas si vous pouvez le découvrir.
Note: 3.5/5
17 septembre 2009
USS Alabama (Crimson Tide)
De: Tony Scott
Avec: Denzel Washington, Gene Hackman, George Dzundza, Viggo Mortensen, James Gandolfini, Matt Craven, Ryan Philippe, Rocky Carroll, Jaime Gomez, Steve Zahn, Michael Milhoan,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1995
Synopsis
En plein coeur d'une crise mondiale, l'USS Alabama reçoit des ordres non confirmés pour lancer ses missiles nucléaires, déclenchant la Troisième Guerre mondiale. La tension monte en flèche lorsque le commandant très respecté du sous-marin et son sous-officier brillant s'opposent sur la validité de leurs ordres, et se confrontent pour le contrôle du sous-marin.
Avis
Je continue un peu le petit tour des films de sous-marins qui me plaisent tant. Montons à bord de l'USS Alabama, film de Tony Scott, metteur en scène du génial True Romance, oeuvre qu'il aurait pu élever vers les sommets s'il n'avait pas gâché la fin. Alors qu'en est-il pour ce thriller sous les profondeurs?
Et bien c'est plutôt bien réussi, Scott réussissant son coup de nous offrir un divertissement de qualité mais qui n'est pas exempt de tout reproche. D'ailleurs, les événements de la fin du film me rappellent que j'avais vu celui-ci étant plus jeune. Preuve qu'il m'avait laissé quelques souvenirs dans ma mémoire.
Commençons par l'énorme point positif qui est cette formidable confrontation entre deux acteurs monstrueux que sont Gene Hackman et Denzel Washington. Le premier est un fin commandant expérimenté, privilégiant avant tout la manière forte à l'hésitation et à la discussion. Le second est tout l'opposé. Jeune second, sorti il n'y a pas très longtemps de l'université d'Harvard pour y apprendre des éléments de politique, il privilégie la négociation à la force. Et quand une guerre nucléaire est proche, il s'agit de savoir réagir promptement et surtout sans se tromper. C'est donc sous un climat international sous tension que nos deux hommes vont se confronter et tour à tour prendre le commandement du sous-marin. La tension, justement, est plutôt bien rendue mais toutefois, elle n'est pas suffisante à mes yeux que pour me faire suer, ou être totalement accroché à l'écran de la TV. En plus, de rebondissement en rebondissement, de prise de pouvoir à une autre, ça tue un peu trop le tout. C'est pas emmerdant, mais ça aurait mérité plus de psychologie par moment. De plus, on sent quand même une mise en scène un peu trop hollywoodienne. On sait parfaitement bien qu'en dépit du compte à rebours ou quoi que ce soit, ça va bien se terminer. Ce film aurait été un sacré chef-d'oeuvre si la guerre nucléaire éclatait et que finalement le commandant au pouvoir se trompe. Mais bon, comme j'ai dit, c'est vraiment la confrontation entre les deux hommes qui fait tout le film et qui à mon sens, le rend vraiment très bon.Parce que pour rester honnête, même si ce n'est pas parfait, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Outre les deux rôles cités ici, les autres acteurs se débrouillent pour rendre le tout crédible (on constatera que Viggo Mortensen n'est pas mauvais du tout), que quelques scènes sont vraiment bien foutues et que le thème musical signé Hans Zimmer est grandiose.
Le film se conclut sur une note qui dit qu'à partir de 1996, c'était le président des USA et seulement lui qui aurait le droit de tirer un missile nucléaire. On se dit alors qu'on a de la chance que Bush n'ait pas eu à se poser la question de l'utiliser ou non... Ceci dit, bon petit film que ce USS Alabama.
Note: 3.5/5
11 septembre 2009
Kids return (Kidzu ritan)
De: Takeshi Kitano
Avec: Masanobu Ando, Ken Kaneko, Leo Morimoto, Hatsuo Yamaya, Mitsuko Oka, Ryo Ishibashi, Koichi Shigehisa, Michisuke Kashiwaya, Yûko Daike, Atsuki Ueda, Ren Osugi,...
Pays: Japon 
Année: 1996
Synopsis
Itinéraire de deux copains d'école qui tentent de s'en sortir par l'intermédiaire de la boxe.
Avis
Ca faisait un petit temps que je n'avais plus vu un film de Kitano. Pourtant, les deux premières oeuvres que j'avais vue de lui ne m'avait pas déplu. Pour rappel, Sonatine fait partie de mes cent films préférés tandis que Getting any ? proposait une oeuvre de comédie déjantée, à la japonaise, et tout simplement débile mais assez sympathique.
Je me demande vraiment pourquoi car au vue de ce Kids Return, Kitano est un cinéaste taillé sur mesure pour moi. L'histoire va bien plus loin que l'itinéraire de la boxe. L'un des deux jeunes garçons possède un réel talent tandis que l'autre est plutôt mauvais et va vite s'y détourner pour intégrer le monde des yakuzas. Dans ce dernier cas, Kitano adore parler de cet univers car il lui rappelle son enfance. Il faut dire que Kitano a grandi dans un quartier qui regroupait soit des hommes d'affaires, soit des yakuzas. Voilà pour la petite parenthèse qui nous explique pourquoi le metteur en scène nippon aime tant parler de ce milieu.
Bref, ça parle de personnes qui sont au ban de la société. Ils sont différents et ne vouent pas leur vie aux études. Kitano, malgré les apparences, fait un film sur la jeunesse au Japon. Et sur les choix qui se présentent à eux. Soit on travaille et on est voué à une grande carrière, soit on fait comme nos deux jeunes héros et on est voué à l'échec selon les profs. On se lance alors soit dans le sport pour s'en sortir, soit on finit dans le milieu du crime. Mais ce n'est pas tout, il y a ces jeunes qui finissent par devenir des 'racailles' ou bien qui tentent de faire comme leurs modèles. Des jeunes en quête d'identification. Le tout est souvent montré de manière anodine. Avec une certaine forme de respect. Ou tout du moins, ne pas être trop lourd dans le propos ou être exagéré. Il y a même de l'humour (comme souvent chez Kitano), essentiellement chez les deux ou trois jeunes qui tentent de faire comme leur ami.
Mais chez le cinéaste nippon, et c'est un peu une marque de fabrique, ses oeuvres sont empreintes de pessimisme. Ici, il n'est pas question de les voir s'en sortir autrement que par le système scolaire et donc le système de la société japonaise. Et ce n'est pas leur innocence qui nous fera dire le contraire.
Kitano signe une oeuvre magnifique, émouvante, dont l'histoire reste longtemps dans nos mémoires. Un très grand film. Plus encore...
Note: 5/5
08 septembre 2009
Festen
De: Thomas Vinterberg
Avec: Ulrich Thomsen, Henning Moritzen, Thomas Bo Larsen, Paprika Steen, Birthe Neumann, Trine Dyrholm,...
Pays: Danemark, Suède
![]()
Année: 1998
Synopsis
Dans un manoir danois, famille et amis sont réunis à l'occasion du dîner d'anniversaire d'Helge, patriarche qui célèbre ses 60 ans. Parmis les invités, Christian, Michael et Hélène, les trois enfants d'Helge, un peu déboussolés depuis la mort de leur soeur Linda un an auparavant. Au fil de la soirée, ce qui devait être une agréable cérémonie se transforme en règlement de comptes...
Avis
Ma foi, une agréable surprise que Festen, film majoritairement danois, faisant partie du "Dogme95", et qui fut récompensé à Cannes en 1998. Il y a du bon, du moins bon mais au final, c'est une oeuvre assez forte que pour marquer les esprits.
Le "Dogme95, c'est quoi, me direz-vous? Et bien c'est une charte qui a été créée par Thomas Vinterberg, justement, et Lars von Trier dans laquelle ils doivent se soumettre à certaines règles sur la manière de filmer les choses et sur certains éléments de l'histoire. Quelques exemples? Tout traitement optique ou filtre est interdit, le film doit être en couleur, interdiction d'utiliser de la musique sauf si elle est jouée pendant qu'on tourne ou encore une obligation de voir la caméra portée à l'épaule ou tout du moins, ne devant jamais quitter la main. Il en existe encore d'autres mais vous pourrez trouver de plus amples informations sur le site wikipédia.
Bon venons-en tout de même à Festen, qui respecte évidemment la charte. Cette caméra portée à l'épaule, assez nerveuse (on n'est pas chez les Dardenne non plus), m'a un peu décontenancé au début. Je vais même dire que je n'appréciais pas de trop sur le coup mais ça se tasse finalement au fur et à mesure que le film avance. Mais je recherche toujours l'utilité et le but de cette règle dans la charte. Mais qu'importe, ils avaient certainement voulu faire leur petite secte à eux sur le moment (rires).
Bon, j'aime aussi quand un film se la joue taiseux mais ici, en dépit du fait que ça parle pas mal, ça va toujours à l'essentiel, c'est toujours justifié et l'oeuvre avance essentiellement à cause de cela. Ce sont pour moi deux défauts (que certains jugeront comme des qualités).
Mais là où Vinterberg est très fort c'est pour installer une ambiance très malsaine au fur et à mesure de la soirée. Là où tout semblait bien commencer durant la fête, le couperet de terribles révélations va tomber. Toutefois, je peux vous annoncer que le sujet principal est assez lourd. Et qu'il a évidemment une énorme importance dans certains événements du passé. Bref, l'ambiance est vite plombée et sur la fin on n'a plus du tout le coeur à la fête.
Côté acteurs, j'apprécie de plus en plus Ulrich Thomsen que je considère vraiment comme étant un acteur intéressant. Les seconds rôles sont parfaits. Et Vinterberg, de manière osée et virulente, met très bien en avant l'hypocrisie qu'il peut régner dans certaines familles. Un bon film tout simplement.
Note: 3.5/5
16 juillet 2009
Le dernier combat
De: Luc Besson
Avec: Pierre Jolivet, Jean Bouise, Fritz Wepper, Jean Reno,...
Pays: France 
Année: 1983
Synopsis
Quatre hommes ayant échappé à l'apocalypse luttent sauvagement pour leur existence et celle d'une femme qui est cachée quelque part...
Avis
Quand on regarde une carrière d'un réalisateur, on est parfois très surpris de certaines oeuvres qu'il a pu réaliser, bien avant d'être connu. Prenons le cas de Luc Besson, par exemple. Devenu l'un des français les mieux cotés aux Etats-Unis, il a servi quelques blockbusters américains intéressants et a produit énormément de daubes françaises.
Prenons le tout premier film du metteur en scène et qu'y constatons-nous?
Que tout d'abord, le petit Besson ne manquait pas d'audace à l'époque. Un film en noir et blanc et entièrement muet ! Bigre, c'est que ça se démarque déjà pas mal de ce qui pouvait se faire au début des années 80. Ensuite, c'est lent, très lent. Pour peu, on se croirait chez du Tarkovski (non faut quand même pas déconner, mais ça vous donne un ordre d'idée). Pas un gramme d'action ou presque. Nous sommes loin, très loin des productions actuelles. Ce n'est pas pour autant plus mauvais. Oui, parce que vous pourrez le constater à travers les pages, si l'envie vous en dit, que ce que fait Luc, j'aime bien.
Ici, l'oeuvre possède un bien triste message. L'apocalypse est survenue et l'homme semble revenir à l'époque de l'âge de pierre. Plus personne n'est capable de parler. L'être humain est amené à communiquer par signes ou par l'art. Contrairement aux hommes des cavernes, l'homme possède une technologie nettement plus avancée qu'il est encore capable d'utiliser. Mais c'est avant tout le retour à une société totalement archaïque, où l'homme lutte terriblement pour le pouvoir (enfin, ça n'a pas changé de nos jours cela) d'une manière très primaire. Pas de quartier. On opère seul ou alors on forme un clan dont on devient le maître. La femme, ou plutôt femelle dans ce cas-ci, est réduite à sa plus simple expression. On l'enferme pour la préserver des autres. On a tous les droits sur elle. Elle représente la subsistance et donc l'avenir de l'humanité. Pas question de la partager.Mais c'est également dans l'amour que subsiste l'espoir. Et à ce niveau, la fin est trop rapidement expédiée. Comme si Besson voulait en finir au plus vite. Dans la narration, il est parfois brouillon mais peut-on lui en vouloir pour un premier film? Surtout qu'il démontre ici de nombreuses qualités, outre le fond du propos, comme une bonne direction d'acteurs et surtout une mise en scène précise avec une utilisation très jolie du noir et blanc. Revenons aux comédiens justement où l'on découvre un Jean Reno au début de sa carrière. Déjà bon, à mes yeux. Le reste du casting est vraiment parfait, en osmose avec le film, où chacun joue un personnage bien spécifique et marqué (le scientifique, le guerrier, le chef,...). Note sur la musique d'Eric Serra qui est réussie dans l'ensemble même si j'ai trouvé que le thème principal n'était pas du tout en osmose par rapport au film en lui-même. Le dernier combat, ou quand Besson nous faisait du cinéma d'auteur...
Note: 3.5/5
15 mai 2009
Dobermann
De: Jan Kounen
Avec: Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Antoine Basler, Dominique Bettenfeld, Romain Duris, François Levantal, Stéphane Metzger, Chick Ortéga, Pascal Demolon, Marc Duret, Ivan Mérat-Barboff, Patrick Rocca, Florence Thomassin, Jean Lescot, Roland Amstutz,...
Pays: France 
Année: 1997
Synopsis
D'un côté, le Dobermann, toujours suivi de Moustique, l'Abbé, Pitbull, Léo, Manu et Nat son égérie sourde et muette. Leur truc, c'est les banques, les braquages, la vie à fond la caisse, l'adrénaline jusqu'à l'overdose. Et puis il y a Christini La Hyène, un flic pourri, le boucher de l'antigang, le prince de la bavure. Avec lui tous ces bouffons seraient déjà morts. Ces deux bêtes vont s'entretuer, sans règles. Bienvenue dans le chaos !
Avis
S'il y a bien une oeuvre culte que le cinéma français a offert au cours de ces vingt dernières années, c'est Dobermann de Jan Kounen. C'est pourtant le premier long-métrage de ce cinéaste originaire des Pays-Bas. Pas de quoi s'inquiéter niveau de la mise en scène vu que le metteur en scène a su se faire la main sur divers courts-métrages. Elle est électrique, rapide par moments plus posée pour d'autres. Mais c'est surtout une oeuvre déjantée. La violence est ultra présente. Il y a de très grands instants comme le passage où le motard de la police se voit mettre une grenade en plein dans son casque. Les moments de casse sont bien réalisés. La débauche atteint son paroxysme lors des scènes finales lorsque le Dobermann venge tous ses amis morts de la plus "belle" des manières pour lui sur La Hyène.
Fort heureusement, pour atténuer cet excès de violence qui en dégoûterait pas mal, il y a une forte présence d'humour et d'éléments à prendre au second degré si pas plus... Le nombre de répliques cultes est assez affolant. J'apprécie essentiellement celles du prêtre. A noter que La Hyène en lâche quelques-unes. J'ai adoré aussi le moment où l'on voit le personnage de Romain Duris se servir d'un exemplaire des Cahiers du cinéma comme papier toilette. Le foin que cette affaire a fait. Je me souviens avoir encore lu quelques lignes à propos de cette histoire il n'y a pas si longtemps de cela. Sinon, cela prouve bien aussi que pas mal de journalistes manquent d'auto-dérision. Bref, je suppose qu'ils n'ont pas voulu prendre cette scène comme l'ensemble de l'oeuvre. J'aime particulièrement la fin. Kounen suppose un hélicoptère qui poursuit la voiture de nos héros. Et si le crime ne payait pas ? Le doute est permis.
Un mot rapide sur la musique que j'ai trouvée très réussie et bien en phase avec le genre. Sans oublier le casting absolument génial. Il réunit trois acteurs que j'adore: Vincent Cassel, Monica Bellucci et à mon sens le sous-utilisé Tcheky Karyo. Très bon trio même si le rôle de Bellucci dans le film est nettement plus en retrait. Enfin, tous les seconds rôles sont excellents.
Kounen réussissait clairement son entrée dans le cinéma avec Dobermann...
Note: 4/5
20 avril 2009
The Game
De: David Fincher
Avec: Michael Douglas, Sean Penn, James Rebhorn, Deborah Kara Unger, Peter Donat, Carroll Baker, Armin Mueller-Stahl, Spike Jonze,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1997
Synopsis
Nicholas est un richissime industriel. Son frère lui offre, pour son anniversaire, un jeu mystérieux comportant une seule règle: il n'y a pas de règles! Nicholas hésite, mais décide finalement d'y participer. Sa vie bascule fondamentalement: il se voit confronté à des situations dangereuses, souvent mortelles. Il n'est plus question de gagner ou de perdre, mais juste de survivre.
Avis
J'aime beaucoup Fincher. Vous le savez, il suffit de retourner sur les avis que j'ai fait sur lui pour constater qu'il s'agit à mes yeux d'un cinéaste majeur dans notre cinéma contemporain. Pourtant, il arrive qu'un metteur en scène se plante complètement même quand on est doté de talent. The Game
Qu'est-ce que je n'aime pas dans ce film de Fincher? Beaucoup de choses. D'abord, le choix de l'acteur principal. Je n'y peux rien, c'est viscéral mais Michael Douglas ça ne passe vraiment pas avec moi. J'aurais tellement trouvé judicieux de mettre Sean Penn comme numéro 1 pour ce film, la pilule serait déjà mieux passée. D'ailleurs, l'acteur rehausse un peu le niveau du film mais je me demande toujours comment il a pu atterrir là. Enfin, vous allez me dire que Fincher restait quand même sur Se7en, ce qui n'était pas rien... Quelques scènes sympathiques en plus viennent à sauver le film du naufrage total. Mais il faut bien l'avouer que Fincher s'est déjà montrer beaucoup plus inspiré.
J'ai toujours du mal à parler des films que je n'aime pas. Je trouve cela beaucoup plus compliqué que pour une oeuvre qu'on a aimé. Je suis plutôt un gentil, je déteste démonter le travail des personnes, surtout que je serai probablement incapable de faire ce que les cinéastes font. Mais là, je trouve qu'on assiste à un film un peu foutage de gueule. Le script est très mal foutu. Les scènes se devinent l'une à la suite de l'autre. Cette ambiance totalement sombre est là pour pallier ou du moins tenter de pallier à un scénario creux. Vide même... Non, j'ai été terriblement déçu. Il y a également énormément d'incohérences dans l'oeuvre. Une a été dite par Chris (voir sur le forum en lien sur son blog) où il dit, à raison, qu'à la fin l'un des membres de la société se fait tirer dessus. Douglas ne le voit pas tomber ou se faire toucher, puis quelques minutes plus tard, Douglas dit, en voyant le gars debout, qu'il était mort quelques instants plus tôt. Bref, c'est un exemple parmi tant d'autres mais je pense que l'on pourrait en trouver plein d'autres. Personnellement, je me suis incroyablement ennuyé. J'ai arrêté plusieurs fois le film pour aller faire un tour sur Internet ou me changer les idées. Je suis quand même allé jusqu'au bout. Même la musique de Howard Shore est sans génie et fort plate. Un film à éviter. est la preuve par A+B d'un film totalement raté à mes yeux.
Note: 1/5 (pour Penn et deux ou trois scènes)