17 novembre 2008
The Fountain
De: Darren Aronofsky
Avec: Hugh Jackman, Rachel Weisz, Ellen Burstyn, Mark Margolis, Alexander Bisping, Ethan Suplee, Cliff Curtis, Stephen McHattie, Fernando Hernandez, Sean Patrick Thomas, Donna Murphy, Richard McMillan, Lorn Brass,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2006
Synopsis
Tommy et Izzi sont amoureux. Terriblement amoureux. Face à une fin ineluctable, Tommy se bat contre la maladie d'Izzi. Elle commence alors l'écriture d'un livre, une épopée sur la quête de l'immortalité...
Avis
Troisième long-métrage d'un metteur en scène très remarqué après ses deux premiers films qui étaient Pi et Requiem for a dream. Si avec le premier, il s'agissait d'une révélation, le second a fait office de confirmation. Darren Aronofsky est bel et bien un de ces réalisateurs sur lequel il faudra compter pour le futur. Avec The Fountain, il change une nouvelle fois de registre après un thriller mathématique et un drame sur la dépendance. Place cette fois à une histoire d'amour intemporelle.
Cette oeuvre possède aussi un aspect métaphysique qui nous ramène droit à ce que fait un Tarkovski. Mais n'est pas le maître russe qui veut. Une histoire d'amour avec des mêmes personnages, qui se passerait dans le passé, maintenant et dans le futur. Tout est question aussi d'une histoire d'un livre que l'Izzi de notre époque écrit et où les personnages de son livre sont ceux du film. Voilà, c'est un peu résumé. Nul doute que l'histoire réelle et le récit du livre se mêlent. C'est assez aisément compréhensible. Ce n'est pas pour autant mauvais mais on atteint pas un degré de complexité qu'on a déjà pu constater chez d'autres cinéastes. Au final, ça nous donne une belle histoire d'amour de la part d'un metteur en scène qui entretient justement une romance avec l'actrice principale Rachel Weisz. C'est donc une très belle déclaration même si le projet couve dans la tête de Aronofsky depuis 1999 et initialement, cela devait être Cate Blanchett qui devait tenir le rôle. Le hasard a bien fait les choses. Un des autres thèmes de ce film est l'immortalité. Tout d'abord, on atteindrait une certaine forme d'amour immortel puisque Tommy essaie de tout faire pour sa belle. Mais il y a tout simplement la renaissance tout court. La mort ne serait qu'un passage. L'immortalité semble atteinte de différentes manières. On a un personnage qui devient arbre, un médecin qui repousse les limites de la science et un brave gars qui garde l'arbre de vie en...vie. Bref, on a quand même l'impression que c'est pas aussi maîtrisé que chez d'autres cinéastes. Aronofsky ne tient pas parfaitement son sujet entre les mains. La tentative est cependant louable. Et puis, on peut le reconnaître, c'est quand même agréable de voir un cinéaste s'essayer à différents genres. Ca ne peut évidemment pas parfaitement réussir à chaque fois et connaître un immense succès public. Mais attention, ce n'est pas mauvais du tout (à mes yeux du moins) mais ce n'est pas ce qui se fait de mieux en la matière. De plus, les deux histoires les plus intéressantes, à savoir le passé et le futur sont celles qu'on voit le moins. Celle se déroulant au présent est un peu plus banale.
D'un point de vue mise en scène, Aronofsky abandonne totalement le montage clipesque qui en avait fait sa force pour ses deux précédents films. Place désormais à une réalisation plus mature, plus portée sur le cinéma même avec toutefois deux ou trois plans hors du commun. Visuellement, le film est magnifique. Il suffit de voir comment le futur est mis en scène pour s'en apercevoir. D'une rare beauté, on peut assister à de magnifiques contrastes (il suffit de se souvenir du plan où Jackman fait du yoga et du taï-chi. Pour pouvoir réaliser cela, il a suivi un entraînement de 14 mois). On connaît aussi toutes les difficultés que l'oeuvre a connue pour se faire. Un budget qui a été réduit de manière considérable, passant de 75 millions de dollars à 35 millions. Exit à cause de cela, la grande bataille entre les conquistadors espagnols et les mayas. Place à un affrontement plus réduit. Il est certes réussi mais nous fait regretter de ne point en voir plus. Le film a connu d'énormes difficultés à trouver les deux acteurs principaux. Brad Pitt devait tenir le rôle de Tommy mais un différend artistique avec Aronofsky a poussé l'acteur à tourner Troie plutôt que ce film. The Fountain restera au même stade pendant deux ans. Pour cela, Blanchett ne tournera pas pour cette oeuvre. Bref, que de problèmes ont émaillés la production et le tournage. On terminera toutefois avec une note un peu plus positive puisque Clint Mansell compose à nouveau la musique d'un film d'Aronofsky. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
Darren Aronofsky possède un talent indéniable. Le jeune homme doit encore mûrir un peu. Cependant, il semble que ses capacités artistiques soient de plus en plus reconnues dans le monde du cinéma. The Wrestler, son prochain film, vient de remporter le Lion d'or au festival de Venise. Méritait-il cette récompense? On le saura le 18 février 2009 (du moins pour les Français, les Belges devront certainement patienter un peu plus longtemps...). En attendant, The Fountain est une oeuvre sympathique mais qui ne marquera pas l'histoire du septième art.
Note: 3.5/5
15 novembre 2008
Election 1 (Hak Se Wui)
De: Johnnie To
Avec: Cheung Siu Fai, Lam Ka Tung, Wong Tin Lam, Simon Yam, Tony Leung Ka Fai, Maggie Shiu, Yuen Bo, David Chiang, Hoi-Pang Lo, Chung Wang, Louis Koo, Nick Cheung, Suet Lam, Lam Man-wai, Ho-Yin Wong, Yuen Bun,...
Pays: Hong-Kong ![]()
Année: 2005
Synopsis
Les grandes figures de la Wo Shing Society, la plus ancienne triade de Hong-Kong, s'apprêtent à élire un nouveau leader. Des rivalités naissent entre deux candidats. L'un est très lié aux traditions de la Triade, l'autre veut les boulerverser, quitte à utiliser la violence et la fraude.
Avis
Johnnie To est un grand cinéaste. Il suffit de voir Breaking News pour s'en convaincre puisqu'on peut aisément le comparer à Heat de Michael Mann. Avec Election, oeuvre réalisée en deux films, To s'attaque une fois encore au monde de la Mafia chinoise: les triades. Pour ce premier opus, pas question d'avoir un film pétaradant. L'oeuvre surprend par son côté qu'on va dire calme. Beaucoup de blas-blas, on assiste à la façon dont va être élu un chef d'une triade. Comment on devient le parrain. Attention, ce n'est pas parce qu'il y a très peu d'action qu'on se retrouve devant un film ennuyant. Au contraire, il exite un équilibre intéressant. Ca parle beaucoup mais on se retrouve devant des personnages forts. Ils possèdent pour la plupart énormément de charisme et de talent. Bon, maintenant, de là à dire s'il faut en ressortir un, ce sera très compliqué. Parce que déjà il me faudra énormément de temps pour retrouver quel nom d'acteur est celui du bon personnage (ah, on m'annonce que grâce à Allociné, je n'ai pas besoin de chercher...). Disons que le candidat qui remporte l'élection est très doué. L'univers de la Triade sert essentiellement au metteur en scène de démontrer que l'homme est facilement corruptible. Johnnie To s'explique: "Ambitions et convoitises régentent tout. C'est par le biais de l'implacable rivalité entre les deux prétendants au rôle de leader que nous observons la perte des traditions et des valeurs de discipline, anéanties par l'ambition et la cupidité. Le film illustre le triste spectacle, et la continuelle répétition, de la corruption des valeurs humaines fondamentales par le pouvoir et la cupidité."
Il faut aussi avouer qu'au point de vue de la mise en scène, l'oeuvre cartonne une fois de plus. On constatera que si les scènes d'action se font rares, elles sont toujours très bien faites. Je retiens essentiellement une course-poursuite qui se fait un peu comme un jeu de chat et de la souris. Très bien faite avant de finir en une scène monumentale. De plus, la musique accompagne très bien l'ensemble du film. Toutefois, même à ce niveau, l'oeuvre reste en-deçà de ce que j'ai pu voir avec Breaking News.
Initiaelement prévu pour durer trois heures, ce premier opus aura été coupé de moitié. Johnnie To a pris une très bonne décision puisque l'oeuvre se trouve dans un format assez excellent. Ni trop long, ni trop court. Election 1 dépeint un univers où la corruption et la trahison vont de paires. En bref, on se retrouve devant une oeuvre réussie, qui n'est certainement pas la meilleure du genre ou la plus réussie en matière de traitement de la mafia mais qui nous permet d'appréhender la suite d'une bien belle manière...
Note: 4/5
14 octobre 2008
Adaptation
De: Spike Jonze
Avec: Nicolas Cage, Meryl Streep, Chris Cooper, Jane Adams, Jim Beaver, Brian Cox, John Cusack, Gary Farmer, Judy Greer, Cara Seymour, Curtis Hanson, Maggie Gyllenhaal,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2002
Synopsis
Charlie Kaufman écrit comme il vit: avec peine et difficulté. Son frère jumeau vit comme il écrit: avec décontraction. La vie de John attend d'être adaptée au cinéma. Susan écrit à propos de la vie mais est incapable de vivre la sienne.
Avis
Après un premier long-métrage très remarqué (Dans la peau de John Malkovich), il était normal que Spike Jonze soit attendu au tournant.
Si son premier film avait pour sujet central John Malkovich et par conséquent le septième art, il en est de même pour Adaptation, où le metteur en scène collabore à nouveau avec Charlie Kaufman, ce dernier devenant incontournable à Hollywood.
Issu du milieu de la publicité (Nike, Coca-Cola, Sprite, Nissan et d'autres encore ont fait appel à lui) et du clip musical (il a collaboré avec Björk, Fatboy Slim, REM, Daft Punk,...), il fait partie de ces metteurs en scène qui se sont fait les mains via le petit écran et qui décident de rejoindre le grand (Michel Gondry ou Ridley Scott sont également issus de la publicité).
Alors Adaptation, c'est quoi au fond? C'est le récit de quatre personnes qui sont de près ou de loin liées au cinéma. Chacune de ces personnes possédent leurs petits problèmes. Charlie et John Kaufman sont scénaristes pour le cinéma. John doit voir sa vie adaptée au cinéma. Et Susan doit voir le roman qu'elle a écrit (et qui tient pour vedette John) porté sur grand écran. Bref, le septième art est toujours présent. Le scénariste Charlie Kaufman (le vrai) possède un égo assez démesuré que pour porter sa vie sur grand écran. Ou du moins voir son nom, prénom et métier figurer au cinéma. Il va même jusqu'à pousser le vice à créer un autre scénariste pour ce films et qui serait également son jumeau. La vie se mêle au cinéma. Et l'inverse est vrai. C'est encore une fois une critique assez drôle que nous sert Kaufman et par conséquent Jonze. Charlie Kaufman (le personnage cette fois) est un scénariste certes génial et doué mais qui ne parvient pas à écrire facilement. Sa vie ne l'est pas. Encore une fois mais dans le film lui-même, le cinéma se mêle à la réalité. Kaufman va même jusqu'à aller à un séminaire pour apprendre à écrire un scénario parfait. Doit-on y voir une satire? De la moquerie? Toujours est-il que Kaufman demeure génial. Impossible aussi de ne pas oublier les producteurs ou ces gens qui pressent les scénaristes pour avoir au plus vite leurs écrits. Si ceux-ci n'apparaissent pas comme étant des bourreaux asoiffés d'argent, ils demeurent toutefois des gens qui n'oublient pas que rentabiliser leur boîte est le plus important.
Il faut bien avouer aussi que la mise en scène de Jonze est réussie. La scène de l'accident est particulièrement réussie. Le reste du temps, elle reste parfaite, avec parfois de longs plans. On aurait pu craindre un montage clipesque, étant donné les origines du monsieur, mais il n'en est (heureusement) rien. Certes, le film de Jonze est réussi sur la forme, mais il l'est tout autant sur le fond et on le doit essentiellement à Kaufman. On réussit à s'attacher aux personnages, on constate leurs problèmes et on est touché par ceux-ci. Pour cela, le travail des acteurs est également incroyable. On notera juste comme défaut, des petites lenteurs et des baisses de rythme sur la fin. Dommage car on aurait pu atteindre le chef-d'oeuvre sans cela.
Revenons aux acteurs. Meryl Streep est une fois de plus parfaite. Chris Cooper est totalement déjanté et ça lui réussit bien. Je voulais cependant porter un peu plus mon attention sur Nicolas Cage qui tient une double casquette et qui remplit sa mission à merveille. On l'avait presque oublié mais Cage peut être un très bon acteur, capable de faire des choix de films réussis (il suffit aussi de se rappeler ses prestations dans Rusty James ou encore dans Lord of War). Ici, ce n'est pas du tout facile car il doit composer entre deux personnages aux mentalités et à la psychologie qui sont totalement différentes. Bref, je trouvais que le travail qu'il avait effectué méritait à lui seul le coup d'oeil. Pour l'anecdote, on retiendra aussi un passage (un peu plus dévoilé) de Maggie Gyllenhaal. Et comme l'oeuvre parle du septième, on retrouve quelques guest stars qui font un bref passage à l'écran et qui jouent leur propre rôle. John Cusack fait partie de ceux-là.
Au final, on constate que Spike Jonze est un metteur en scène plein de talent. Il l'avait annoncé avec Dans la peau de John Malkovich et il semble le confirmer avec Adaptation. Si, certes, ce n'est pas parfait, le jeune réalisateur s'inscrit pleinement dans la liste de ces cinéastes qu'il faut suivre de près...
Note: 4/5
07 octobre 2008
Cloverfield
De: Matt Reeves
Avec: Lizzy Caplan, Jessica Lucas, T.J. Miller, Michael Stahl-David, Mike Vogel, Odette Yustman, Anjul Nigam, Margot Farley, Theo Rossi, Brian Klugman, Kelvin Yu, Liza Lapira,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
New-York - Une quarantaine de ses amis et relation ont organisé chez Rob une fête en honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La fête bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble.
Avis
Grâce à une campagne marketing audacieuse et réussie, il était impossible de ne pas avoir entendu ne fut-ce qu'une fois parler de ce fameux Cloverfield. Rares sont les bandes-annonces à susciter tant de passion chez les cinéphiles. D'abord intitulé 06-02-08, de nombreuses personnes se sont longtemps demandées ce qui pouvait bien attaquer New-York, de nuit. Impossible aussi de ne pas y voir une quelconque comparaison avec le 11 septembre 2001, blessure qui n'est toujours pas refermée chez de nombreux américains. Mais le film vaut-il tout le bruit qu'il y en a eu autour? Cette campagne marketing n'était-elle pas aussi réussie que pour masquer un véritable camouflet? Alors foutage de gueule du public ou non?
Et bien non... Là où Cloverfield n'aurait pu être qu'un banal film de monstres servi magnifiquement par une grandiloquente promo, on obtient une oeuvre qui dépoussière totalement le genre (du moins aux USA car The Host, oeuvre coréenne de Bong Joon-ho apportait un énorme plus dernièrement aux films de monstre).
Alors quoi de neuf apporté par Reeves mais également par J.J. Abrams, véritable parrain du projet. La cause de la création de Cloverfield s'explique assez facilement. Abrams a toujours été fasciné par l'engouement que suscite encore aujourd'hui Godzilla au Japon. Le producteur US regrettait de ne pas voir un tel monstre exister au pays de l'Oncle Sam.
C'est désormais chose faite. Et de très belle manière qui plus est. Plusieurs éléments sont à prendre en compte dans la qualité de l'oeuvre de Reeves. Primo, la mise en scène est particulièrement astucieuse. Pour apporter un certain réalisme, tout le film est mis en scène à la manière d'un Projet Blair Witch. Mais en mieux fait. Ca bouge certes dans tous les sens, c'est filmé par un des protagonistes mais ça reste absolument regardable. Pas question de nausée ici comme certaines caméras à l'épaule peuvent l'être. De plus, tous les acteurs sont des inconnus. Cela ajoute aussi une certaine pointe de réalisme, le spectateur s'identifiant plus facilement et rentrant également plus aisément dans l'histoire.
Deuxio, c'est aussi un film de monstre qui est assez intelligent. L'équipe du film a très bien compris l'importance que l'image possède à l'heure actuelle. Ainsi, Rob demande à son ami Hud la raison pour laquelle il continue à filmer. Ce dernier répond qu'il faut que les gens sachent. "Tu seras là pour leur raconter" répond Rob. Hud aura le mot de la fin en disant que ce ne sera pas suffisant. De plus, les avancées technologiques sont bien prises en compte. C'est filmé avec une petite caméra mais on voit également beaucoup de personnes prendre leur GSM et commencer à filmer les dégâts causés par l'envahisseur. Ensuite, il est assez facile de constater que l'oeuvre fait une référence directe au 11 septembre. New-York est attaquée et il y a également cette scène saisissante où la poussière envahit les rues après l'effondrement d'un building. Sorte d'exutoire pour Reeves et ses comparses? Leur manière à eux de faire le deuil de ce tragique événement?
Enfin, on va parler du monstre lui-même. D'où vient-il? Comment un monstre aussi gros a-t-il pu passer inaperçu autant de temps? Là aussi, le traitement réalisé par Abrams et Reeves est assez réussi. Là où on aurait pu penser qu'ils délaissaient totalement ce point, on constate qu'en fait, ils nous laissent des indices très discrets mais présents. Il faut également rattacher ces indices à la promo du film. En effet, la promo semble avoir mis en avant le fait que le monstre venait de l'eau et s'en était prise à une base pétrolière japonaise. Or cette firme japonaise est celle où Robert Hawkins part travailler. Le nom de l'entreprise apparaît à un moment dans le film. Or, lorsque New-York subit pour la première fois les attaques, cela vient de Manhattan. Un pétrolier coule. La Statue de la Liberté est totalement détruite. Et il y a également ce pont détruit où le monstre jaillit de l'eau. Cette thèse de l'eau est également supposée par Hud où l'on a retrouvé un vieux poisson fossile vivant à Madagascar. Ce poisson provient d'une espèce (le coelacanthe) qu'on croyait éteinte depuis des millions d'années. Mais tout de même, comment une bête de cette taille, résistant aux bombes n'a-t-il jamais été aperçu plus tôt? Il faut alors se rendre directement à la fin de l'oeuvre, à des moments plus tendres entre deux protagonistes du film. La caméra filme la mer. On voit alors rapidement tomber quelque chose dans l'eau. On se situe quelques semaines avant l'attaque sur New-York. Le monstre viendrait alors de l'espace? Il faut être très attentif pour le voir tomber mais on le remarque. Passez-le en vitesse lente, il se voit plus aisément. Le gros monstre est également accompagné par des sortes d'arachnides (leur forme m'a un peu rappelé Starship Troopers, d'où la raison du nom que je leur donne), plus petites et qui semblent posséder un certain intérêt en la chair humaine. Elles semblent également être à la solde du plus gros. Un peu comme une reine qui posséderait ses ouvrières.
Bref, Cloverfield, en un peu moins de nonante minutes, remplit parfaitement son rôle et mieux encore. Nouveau souffle dans le genre, plus intelligent qu'il n'y parait, campagne marketing parfaitement élaborée qui a permis au film de connaître un énorme succès, et bien d'autres choses encore (notamment la musique du générique final, seul moment musical d'ailleurs, signée Michael Giacchino)... Cloverfield n'est n'y plus ni moins que le meilleur film de monstre depuis Aliens, le retour...
Note: 5/5
16 août 2008
Printemps, été, automne, hiver... et printemps (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom)
De: Kim Ki-duk
Avec: Oh Young-Su, Kim Ki-Duk, Kim Young-Min, Seo Jae-Kyung, Ha Yeo-Jin, Kim Jong-Ho, Kim Jung-Young, Ji Dea-Han, Choi Min, Park Ji-A, Song Min-Young
Pays: Corée du Sud ![]()
Année: 2003
Synopsis
Un vieux moine partage sa solitude avec un enfant. Le temple dans lequel ils vivent est au milieu d'un lac entouré de montagnes. Le rythme des saisons accompagne les cycles de la vie du jeune disciple. Au printemps, arrive la perte de l'innocence. Il connaît en été la passion qui consume l'esprit et le sens. En automne, il découvre la jalousie et les pulsions destructrices qu'elle déclenche. L'hiver est la saison de la rédemption et de l'expérience. Et, quand le printemps est de retour, le disciple est devenu maître à son tour...
Avis
Kim-Ki-duk est à mon sens capable du meilleur comme du moins bon. Surfant sur la même façon de faire un cinéma depuis un certain temps, en abordant généralement le même type de thème et malheureusement, souvent traité de manière équivoque, le cinéaste coréen s'était largement essoufflé, à mon sens, avec Samaria en 2004. Entretemps, il s'était toutefois essayé à un autre type de cinéma, bien plus spirituel (oui encore plus de ce qu'il faisait) et nettement moins voyeuriste.
Premièrement, il est impossible de ne pas parler de la plastique du film. Kim Ki-duk est également peintre. Et ça se ressent énormément dans Printemps, été, automne, hiver... et printemps. On a droit à des plans de paysages qui sont vraiment magnifiques. Honnêtement, il y a des images réellement sublimes, on voit rarement de si beaux plans au cinéma. Dans l'ensemble, on assiste de toute façon à une excellente mise en scène de la part du cinéaste coréen. Malheureusement, il retombe de temps en temps dans ses travers. Il y a un côté pervers, voyeuriste qui se retrouve une fois de plus dans cette oeuvre. On peut évidemment faire allusion au moment où les deux enfants font souffrir les animaux, par simple jeu. La nature humaine est cruelle, Kim Ki-duk ne manque pas de le souligner. Mais même dans la démonstration de la cruauté, on peut y insérer des limites.
Le metteur en scène rend ici hommage à la culture boudhiste. Lui-même membre de cette religion (il était d'abord athée puis chrétien avant d'adhérer au culte de Boudha), il semble vouloir démontrer que la foi possède encore des vertus que la science en général ne peut atteindre. Ainsi, on semble vouloir guérir mentalement une femme. Peu importe ces pêchés, le moine l'aidera. Pareil pour le jeune enfant qui, après un long apprentissage et étant devenu grand, part dans la vie moderne avec cette même femme dont il est éperdûment tombé amoureux. Un amour qui le poussera au crime, lorsqu'il apprendra plus tard qu'elle voit un autre homme. Une critique à ses yeux d'une société coréenne qui relègue toujours la femme au second plan, qui démontré d'un certain égoïsme de l'homme par rapport à la femme. Un traitement qui n'est pas neuf chez le metteur en scène coréen.
Le cycle des saisons accompagne le cycle de la vie de cet homme. Comme le montre si bien de toute façon le résumé du synopsis. Le moine passer de l'élève au maître et lui aussi, il viendra à inculquer ses connaissances à un autre enfant, déposé devant chez lui.
Une fois encore Ki-Duk nous sert une oeuvre silencieuse. La musique, excellente de bout en bout, nous envoûte et nous emmène quelque peu dans un voyage initiatique à la culture boudhiste, au milieu de merveilleux décors. On nous entraîne dans un monde où le temps semble s'être arrêté. Où cette notion même du temps ne semble pas avoir d'importance pour le moine.
Au niveau des acteurs, on signalera que Ki-duk s'essaie pour la première fois devant l'écran. Il joue le moine devenu adulte. On peut dire que ce n'est pas totalement réussi. Il n'est pas le plus marquant. Il est bien loin de la prestation du vieux moine.
Au final, le plus gros défaut reste bel et bien cette tendance voyeuriste que Kim Ki-duk ne parvient finalement pas à se défaire totalement. Pour le reste, on se retrouve bel et bien devant une oeuvre réussie et magnifique. Gageons qu'il puisse continuer sur cette voie.
Note: 4/5
13 août 2008
Bobby
De: Emilio Estevez
Avec: Sharon Stone, Elijah Wood, Demi Moore, Anthony Hopkins, Laurence Fishburne, Ahston Kutcher, Helen Hunt, Heather Graham, Christian Slater, William H. Macy, Lindsay Lohan, Emilio Estevez, Martin Sheen, Freddy Rodriguez, Joy Bryant, Jeridan Frye, Brian Geraghty, Shia Labeouf,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2006
Synopsis
Le 5 juin 1968, à minuit, le sénateur démocrate Robert F. Kennedy, ancien Ministre de la Justice, candidat démocrate à la Maison Blanche et probable successeur de son frère JFK, était assassiné dans les couloirs de l'Hôtel Ambassador de Los Angeles.
Avis
La famille Kennedy a toujours enflammé les passions. Qui n'a jamais entendu parler de la malédiction Kennedy ? John Fitzgerald assassiné en 1963 à Dallas alors qu'il briguait un nouveau mandat de président. Son frère assassiné cinq ans plus tard après un meeting alors qu'il se portait candidat à la présidence. Jackie Kennedy qui décèdera au milieu des années 90 d'un cancer. Et enfin, le fils de John et Jackie qui mourra fin des années 90 dans un accident d'avion. Forcément, c'est bel et bien l'histoire de l'ancien président américain qui a le plus touché le monde entier. Des centaines de livres sont sortis sur le monsieur, sur d'éventuels complots, etc. Un film a également été réalisé par Oliver Stone, intitulé tout simplement JFK, surnom du monsieur. Mais il est vrai que Robert Kennedy est quelque peu oublié dans tout ça et son histoire évolue plutôt dans l'ombre de son frère. Emilio Estevez a voulu réparer cette injustice et réalise un film se concentrant uniquement sur le jour de l'assassinat de Robert. Le film s'intitule Bobby (surnom du monsieur) et on peut probablement y voir une sorte d'hommage à l'oeuvre de Stone.
L'oeuvre s'intéresse donc qu'à ce triste jour du 5 juin 1968. On va donc suivre pas moins de 22 (!!!) personnages qui vivront de près ou de loin l'assassinat et qui seront tous à leur manière touché par cet événement. Mais le problème, c'est qu'on a du mal à s'attacher aux personnages. Ils sont bien trop nombreux. De plus, on peut dire qu'on se fout pour la plupart éperdûment de leur destin vu que c'est celui de Robert Kennedy qui nous intéresse. Et puis étant donné qu'on ne réussit pas à s'attacher à eux, il est normal de ne pas non plus parvenir à s'émouvoir face à eux. Pourtant, quelques-uns parviennent néanmoins à ressortir du lot grâce essentiellement aux acteurs qui les incarnent: Hopkins, Moore, Fishburne, Hunt ou encore Rodriguez font partie de ceux-là. Ce sont d'ailleurs des excellentes interprétations que pour ces personnages. Même Demi Moore se surpasse pour une fois sans à avoir à montrer sa plantureuse plastique.
L'oeuvre mêle ensuite images de fiction et images de documentaire. Procédé déjà utilisé par Stone sur JFK. Le problème se situe que dans une grosse partie du film, on trouve les images du documentaire nettement plus réussies que l'oeuvre en elle-même. Jusqu'à la dernière demi-heure tout de même où la tension s'accroît. C'est probablement la partie la plus réussie de Bobby, en matière de fiction toutefois car dans l'ensemble, si la mise en scène n'est pas mauvaise, elle reste assez académique et ne porte pas vraiment le film aux nues. On ne voit également pas trop non plus où veut en venir Estevez. Quel est le but de son film ? Si dans JFK, Stone voulait démontrer que la thèse du complot était plus que plausible, qu'en est-il pour Bobby?
Si ce n'est simplement retracer que la dernière journée de Robert Kennedy, quel est le réel intérêt de l'oeuvre? C'est dommage, on sent clairement que dans le dernier discours du film utilisé par Estevez et de Kennedy, bien sûr, il veut rendre hommage au bonhomme. On peut dire que la chose n'est faite qu'à moitié, et encore, grâce essentiellement aux parties documentaires de l'oeuvre. Ne jetons tout de même pas la dernière partie de fiction qui se situe lors de l'arrivée de Kennedy à l'hôtel Ambassador (seul moment où l'on voit furtivement Kennedy joué par un autre personnage. Sinon, les apparitions du candidat à la Maison-Blanche était toujours celle des documentaires. C'est probablement l'un des aspects les plus réussis du film d'Estevez).
Au final, Bobby est une oeuvre plutôt décevante. Pas vraiment ratée mais pas forcément bien faite non plus. Assez inégal au final, on en arrive à la conclusion que de voir l'oeuvre d'Estevez ou un documentaire est équivalent. Par chance, quelques acteurs et une dernière demi-heure sauvent la fiction.
Note: 3/5
10 août 2008
Silent Hill
De: Christophe Gans
Avec: Radha Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden, Deborah Kara Unger, Kim Coates, Tanya Allen, Alice Krige, Jodelle Ferland, Christopher Britton, Colleen Williams, Ron Gabriel, Eve Crawford,...
Pays: Etats-Unis, France, Japon

Année: 2005
Synopsis
Contre l'avis de son mari, Rose décide d'emmener sa fille Sharon à Silent Hill, une ville abandonnée qui semble irrésistiblement attirer l'enfant. Alors qu'elles pénètrent dans cet univers lugubre Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu ne ressemble à rien de ce qu'elle connaît. Noyée dans le brouillard, peuplées d'étranges créatures, régulièrement envahie par les ténèbres, Silent Hill va peu à peu livrer ses terrifiants secrets...
Avis
Silent Hill est un nom qui résonne bien plus aux oreilles des gamers que des cinéphiles. En effet, le mythique jeu vidéo est porté sur grand écran. Malheureusement les amateurs de cinéma seront relativement déçu par cette adaptation qui reprend les différents jeux. Ainsi l'histoire se base principalement sur celle de Silent Hill, l'ambiance et les décors à Silent Hill 2 et enfin différents plans de caméras ont été emprunté à Silent Hill 4: The Room.
Toutefois, les fans ne voulaient pas d'une saga ratée ou gâchée comme c'est déjà arrivé avec Resident Evil ou d'autres adaptations de ce type. Ainsi, Christophe Gans a reçu des lettres de menaces de mort écrites par les fans du jeu vidéo. Cependant, on ne peut pas dire que l'oeuvre soit spécialement réussie. Seule l'ambiance ainsi que les décors sont assez fidèles à l'esprit, à savoir glauque et mordide. Sinon, on ne peut pas dire que Gans porte le film vers le haut avec sa mise en scène. D'autant que l'oeuvre emprunte donc des plans de caméra issus du jeu vidéo même. On peut donc dire que le metteur en scène français n'a absolument rien avoir là-dedans pour certaines scènes si ce n'est de postposer ces plans des cinématiques du jeu vidéo vers le film. On peut pointer un autre élément intéressant: Rose voit ses vêtements changer légèrement de couleur selon l'environnement et l'ambiance. Ainsi, si elle ne se change jamais dans le film, elle a néanmoins eu droit à la bagatelle d'une garde-robe de 100 éléments différents. Evidemment, ça ne change rien au fait que Gans met en scène assez platement les choses, en dépit aussi de quelques effets spéciaux assez réussis (notamment la femme brûlée vive ou tout simplement les différents "monstres" du film). On retiendra aussi des scènes parfois un peu plus réussies (si si, ça peut arriver) où la tension monte quelque peut bien que ce ne soit pas non plus la grosse frousse.
Du côté des acteurs, on va essentiellement retenir l'interprétation de la jeune Jodelle Ferland (qu'on a déjà vu dans Tideland de Terry Gilliam). Cette jeune fille possède pas mal de talent et pourrait encore faire parler d'elle si elle gère bien sa carrière et le succès. Dans ce cas-ci elle est assez effrayante dans son rôle et on ne peut s'empêcher de penser à des héroïnes de films japonais tels que Ring et Dark Water en ce qui concerne la ressemblance avec les modèles de personnages horrifiques du pays du Soleil Levant. Ce qui n'est évidemment pas étonnant vu que le film est produit en partie par des Japonais. Pour les reste du casting, ça reste assez correct. Radha Mitchell assume bien son rôle tandis que Sean Bean n'est pas mauvais dans son second rôle. Car pour Silent Hill, les héros principaux ne sont que des femmes. Ce serait dommage de ne pas évoquer la musique qui est quand même assez réussie et qui est si par Jeff Danna.
Au final, on obtient un film assez moyen et inégal. En fait, si on veut vraiment goûter à l'ambiance de Silent Hill, il vaut tout simplement mieux jouer au jeu vidéo: plus long, plus fun et plus réussi...
Note: 2.5/5
07 août 2008
MIIB (Men in Black II)
De: Barry Sonnenfeld
Avec: Tommy Lee Jones, Will Smith, Lara Flynn Boyle, Johnny Knoxville, Rosario Dawson, Tony Shalhoub, Rip Torn, Patrick Warburton, Jack Kehler, Tim Blaney, Michael Jackson, Rick Baker,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2002
Synopsis
Quatre ans ont passé, Jay a poursuivi sa carrière auprès de l'organisation des Men in Black tandis que Kay a retrouvé le confort de la vie civile.
Au cours d'une enquête, Jay met à jour un complot diabolique manigancé par Serleena, un monstre kylothien qui se cache sous les traits d'un top modèle en lingerie fine. Quand Serleena prend tout le bâtiment des MIB en otage, Jay se résout à faire appel à son ancien collègue. Mais pour que Kay puisse sauver la planète, il faudrait d'abord qu'il retrouve la mémoire...
Avis
Après un premier opus qui avait connu un succès, avouons-le, plutôt mérité, l'agent J et l'agent K sont de retour pour de nouvelles aventures. On retrouve toujours Sonnenfeld derrière la caméra, Smith et Jones reprennent leur rôle, le petit chien est encore là mais malheureusement, la sauce ne prends pas aussi bien qu'avant...
Premièrement, on l'a compris, ce genre de films n'a que pour but de délasser au maximum le spectateur mais tout de même, on sent la chose nettement plus bâclée que le premier. L'histoire me paraît déjà nettement plus inintéressante. Le coup de l'extra-terrestre qui débarque et qui se transforme en top model est un peu gros et n'a que pour but de ramener un maximum de mecs. Heureusement, il reste quelques situations assez drôles. Le clebs apporte toujours la dose d'humour qu'il faut tout comme les facéties de Will Smith. Mais bon d'un autre côté, on doit s'octroyer le privilège de Johnny Knoxville qui est absolument insupportable. Il peut retourner faire son Jackass, ça arrangerait le cinéma en général. Ensuite, il reste tout de même la très jolie scène de fin où on sait enfin à quoi sert la statue de la Liberté. Par ailleurs, il faut quand même avouer que les séquences d'action sont assez réussies mais malheureusement on ne peut oublier le mauvais scénario qui se trouve derrière même si deux points s'avère en fin de compte intéressant: premièrement c'est celui de la fin où pour K nous ne sommes peut-être que le monde d'un autre et ensuite, le coup assez kitsch des fans d'ovnis qui collectionnent tout sur cela et qui en finissent par oublier de vivre leur vie .
Fort heureusement, le duo d'acteurs reste très sympathique. Will Smith porte sur ses épaules toute la première partie du film. Ensuite, il s'efface un peu plus pour laisser la place à Tommy Lee Jones. Le duo fonctionne bien. On est heureux également des apparitions charmantes à l'écran de Rosario Dawson. Pour le reste, les méchants sont nettement moins bien. Je ne reviendrai pas sur le cas Knoxville. Ensuite, Lara FLynn Boyle a un rôle assez bizarre. Accepter de se balader à moitié à poil tout un film mais en même temps essaye de ne pas être uniquement cataloguée à cela est assez compliqué. Donc son rôle est assez réussi car elle s'en sort justement. D'ailleurs, Sonnenfeld a été malin sur le coup puisque Serleena en question lâche une phrase tellement vraie où elle dit que cette planète est prenable une fois qu'on montre ses seins. Enfin, il y a une petite apparition de Michael Jackson qui joue le rôle d'un... extra-terrestre. Bref, assez sympathique sur ce coup-là.
En fait, le gros problème réside dans le scénario. L'histoire en général est assez inintéressante. Hormis les quelques anecdotes sympathiques dont j'ai fait mention plus tôt, il n'égale en rien le premier qui était nettement plus réussi donc. D'une manière générale de toute façon, on trouve des oeuvres nettement plus réussies en manière de détente sympathique. Bref, pas totalement mauvais mais loin d'être exempt de tout reproche en ce qui concerne Men in Black 2.
Note: 3/5
03 août 2008
Walk the line
De: James Mangold
Avec: Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Shelby Lynne, Ginnifer Goodwynn, Robert Patrick, Dallas Roberts, Dan John Miller, Larry Bagby, Tyler Hilton, Waylon Payne, Shooter Jennings, Sandra Ellis Lafferty, Dan Beene, Jonathan Rice,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2005
Synopsis
Le film évoque le parcours d'un homme qui, au-delà de ses colères, des ravages de la dépendance et des tentations de statut de star, a tout dépassé pour devenir une icône. C'est aussi le parcours d'un homme qui, du fond de la période la plus noire de sa vie, a été porté par une histoire d'amour fusionnelle avec June Carter. Leur passion a nourri son art tout au long de sa vie. Cette saga est marquée par les thèmes qui feront la force de la musique de Cash et de son style minimaliste: la mort, l'amour, la trahison, le péché, l'espoir et la foi.
Avis
James Mangold fait partie de ces cinéastes qui parviennent à faire gentiment leur nom dans le monde du septième art. Sans être réellement exceptionnel, le monsieur a tout de même réussi quelques oeuvres très sympathiques voire même très réussies. De plus, Mangold s'essaie à tous les genres que ce soit au film d'action avec Copland, au drame (Une vie volée) en passant par le thriller (Identity). Ce n'est donc pas étonnat de le voir s'attaquer à tout autre chose avec le biopic de l'un des plus célèbre chanteur américain, à savoir Johnny Cash, chanteur country à la voix remarquable mais également très grand guitariste (la chanson One en est le plus grand exemple). En fait, on pourrait même dire qu'il s'attaque à deux chanteurs puisque June Carter, qui opérait également dans la country, n'est pas oubliée. Mais le personnage central du film reste bel et bien Johnny Cash. Enfin, c'est probablement avec Walk the line (c'est le titre d'une chanson de Cash) que Mangold s'est fait le plus connaître du grand public.
En effet, l'oeuvre bénéficia d'un bon tremplin grâce aux oscars et à la récompense de Reese Witherspoon pour son rôle. Elle remporta aussi un Gloden Globe et un Bafta. On notera aussi que Shelby Lynne qui joue le rôle de la mère de Cash dans le film est une une chanteuse rock qui réalise ici ses débuts au cinéma.
Les choix de Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon ont été respectivement fait par Cash et Carter. Cependant, ils ne verront jamais le résultat final. Ils décèderont chacun avant la fin du tournage. Et c'est bien dommage car il faut bien avouer que les deux acteurs réalisent une performance extraordinaire. Si pour le premier, on savait qu'il possédait un réel talent, la seconde nous a très agréablement surpris. Tout d'abord, pas de playback, ils ont appris à chanter et à jouer de la guitare. Bref, on est assez bluffé de ce point de vue là. D'autant que Joaquin Phoenix possède quelques points communs avec Cash, comme le décès d'un frère. Le tournage fut si éprouvant pour Phoenix qu'il finira quelques temps à l'hôpital, éprouvé par les points communs qui rejoignent les deux hommes.
Tant mieux car dans la mise en scène, si Mangold n'est pas mauvais, il faut bien avouer qu'il n'y a rien de très transcendant. Ca reste très classique et parfois un peu mou. C'est à mon sens le plus gros défaut du film. Parce que question reconstitution des concerts de Cash, on est loin du glamour. On a été également très fidèle à ce niveau. Mangold s'est également servi de deux livres autobiographiques de Cash. La reconstitution de sa vie est soignée et c'est un bon point aussi, évidemment. On retiendra toutefois la scène du concert dans la prison, devant plus de deux mille détenus et qui relancera la carrière du chanteur country. Le titre Cocaine Blues interprété pour l'occasion est d'ailleurs devenu un classique. D'ailleurs, le film sera présenté dans la même prison de Folsom, 38 ans après la venue de Johnny Cash.
Enfin, il ne faut pas spécialement apprécier la country pour aimer le film. Au fond, on suit les péripéties d'un personnage qui est parti de rien. Il a connu le succès, en a perdu un peu les pédales, est devenu une vraie épave humaine avant de pouvoir se relancer. L'ascension, l'apogée, la chute et enfin la rédemption. Il semble que chaque personne vivant un destin réellement exceptionnel connaisse ces quatre passages marquants dans une vie.
Enfin, on est nous même assez marqué par le personnage. Il n'est pas toujours très honnête, il est parfois détestable (notamment sur la façon dont il traite quelques fois June Carter avant leur relation. Il faut dire qu'il en était éperdument amoureux).
Bref, s'il possède quelques petits défauts, on assiste ici à un biopic très intéressant, susceptible d'intéresser un large public. Certes, certains n'aimeront pas le style de musique country, trouveront de cette manière le film assez rebuttant mais on admirera l'excellente composition des acteurs ou tout simplement la vie de Johnny Cash. Dommage que son talent se soit éteint pour de bon il y a cinq ans...
Note: 4/5
20 juillet 2008
7h58 ce samedi-là (Before the devil knows you're dead)
De: Sidney Lumet
Avec: Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke, Marisa Tomey, Albert Finney, Brian F. O'Byrne, Rosemary Harris, Aleksa Palladino, Michael Shannon, Amy Ryan, Sarah Livingston,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New-York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que Charles, le père, passe un test de conduite, sa femme Nanette ouvre la bijouterie familiale. Leur fils ainé, Andy, s'inquiète pour le contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d'habitude, Hank, son frère cadet, se noie dans ses problèmes d'argent. Les deux frères décident d'organiser le cambriolage de la bijouterie de leurs parents. Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer dans la vie des Hanson.
Avis
Le retour de Lumet à son genre de prédilection, à savoir le thriller, et qui lui a fait écrire ses plus belles lettres de noblesse après s'être essayé à la comédie avec Jugez-moi coupable mettant en scène Vin Diesel.
Présenté au festival de Deauville, l'oeuvre se distingue par un scénario qui permet de suivre un à un les différents protagonistes de l'histoire, avec leur propre point de vue. De cette manière, on revit certaines scènes selon le personnage qu'on suit. Concept intéressant, qui n'est certes pas nouveau en la matière mais qui peut s'avérer très réussi quand il est bien utilisé. C'est justement le cas ici, puisqu'on revit essentiellement les mêmes scènes que lorsque les deux frères se retrouvent en même temps à l'écran. De plus, de cette manière, tout ne s'inscrit pas dans une suite logique, décomposant ainsi la trame des événements. Une manière de sortir du lot vraiment réussie. Mais en même temps, le plus gros point faible à mes yeux provient d'une partie du scénario lui-même. Le scénariste Kelly Masterson (dont c'est le premier scénario, peut-être prêche-t-il encore par manque d'expérience) nous fait comprendre qu'il existe une certaine tension entre le frère aîné Andy et le père Charles. Malheureusement, on en sait à peine plus. On n'obtiendra pas de réelles explications quand au pourquoi de cela. C'est à mon sens une grosse faiblesse car Andy va tenter de se rédempter en avouant l'inavouable à son père quand au cambriolage de la bijouterie (il faut préciser que leurs discordances ne proviennent pas de cette affaire). Les explications d'Andy vont amener le père à commettre une chose incroyable et irréversible.
Ce qu'il y a d'intéressant aussi, c'est la façon assez intelligente dont Lumet et son scénariste démontre que l'argent peut corrompre tout le monde et que certains sont vraiment prêt à tout pour se procurer les précieux billets verts.
Bien sûr, comme Lumet nous l'a habitué avec certains films, 7h58 ce samedi-là possède quelques scènes d'action assez réussies. Elles se distinguent de tout ce qui se fait par le fait qu'elles restent assez personnelles. Elles ne touchent que les protagonistes de l'histoire, des personnages centraux aux personnages secondaires. Pas question ici de voir débarquer des hélicoptères de la police, des centaines de flics armés ou la télévision comme ce fut le cas pour Un après-midi de chien par exemple. Ici, le rôle des policiers et des médias se limitent à constater les dégâts ou à relater les événements qui se sont produits précédemment.
un petit mot sur le casting tout de même car il y a deux ou trois acteurs qui sortent aisément du lot. Philip Seymour Hoffman en premier lieu. Mais lui, ça devient une habitude et il prouve qu'il demeure l'un des meilleurs acteurs actuellement bien qu'il me semble toujours mésestimé à Hollywood. Inutile de présenter Albert Finney qui est également incroyable dans le rôle du père tourmenté. Enfin, un peu en deçà des deux nommés précédemment, Ethan Hawke qui m'a agréablement surpris. On regrettera aussi que Marisa Tomey n'apparaisse pas plus souvent à l'écran car elle possède au moins un certain charme et que de plus, elle joue un rôle très important dans l'histoire, liant indubitablement le destin des deux frères, puisqu'elle sera à l'origine d'un changement dans leur relation.
Lumet signe donc une oeuvre réussie, un retour presque inespéré pour ce dinosaure du cinéma américain. On est certes encore loin de ce qu'il a pu réaliser dans les années 70 ou au début de sa carrière, mais ne boudons pas notre plaisir, on se retrouve devant un thriller qui se démarque quelque peu des productions actuelles et de ce qu'Hollywood peut habituellement nous servir. En espérant que ce retour à la qualité se confirmera...
Note: 4/5