03 août 2008
Walk the line
De: James Mangold
Avec: Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Shelby Lynne, Ginnifer Goodwynn, Robert Patrick, Dallas Roberts, Dan John Miller, Larry Bagby, Tyler Hilton, Waylon Payne, Shooter Jennings, Sandra Ellis Lafferty, Dan Beene, Jonathan Rice,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2005
Synopsis
Le film évoque le parcours d'un homme qui, au-delà de ses colères, des ravages de la dépendance et des tentations de statut de star, a tout dépassé pour devenir une icône. C'est aussi le parcours d'un homme qui, du fond de la période la plus noire de sa vie, a été porté par une histoire d'amour fusionnelle avec June Carter. Leur passion a nourri son art tout au long de sa vie. Cette saga est marquée par les thèmes qui feront la force de la musique de Cash et de son style minimaliste: la mort, l'amour, la trahison, le péché, l'espoir et la foi.
Avis
James Mangold fait partie de ces cinéastes qui parviennent à faire gentiment leur nom dans le monde du septième art. Sans être réellement exceptionnel, le monsieur a tout de même réussi quelques oeuvres très sympathiques voire même très réussies. De plus, Mangold s'essaie à tous les genres que ce soit au film d'action avec Copland, au drame (Une vie volée) en passant par le thriller (Identity). Ce n'est donc pas étonnat de le voir s'attaquer à tout autre chose avec le biopic de l'un des plus célèbre chanteur américain, à savoir Johnny Cash, chanteur country à la voix remarquable mais également très grand guitariste (la chanson One en est le plus grand exemple). En fait, on pourrait même dire qu'il s'attaque à deux chanteurs puisque June Carter, qui opérait également dans la country, n'est pas oubliée. Mais le personnage central du film reste bel et bien Johnny Cash. Enfin, c'est probablement avec Walk the line (c'est le titre d'une chanson de Cash) que Mangold s'est fait le plus connaître du grand public.
En effet, l'oeuvre bénéficia d'un bon tremplin grâce aux oscars et à la récompense de Reese Witherspoon pour son rôle. Elle remporta aussi un Gloden Globe et un Bafta. On notera aussi que Shelby Lynne qui joue le rôle de la mère de Cash dans le film est une une chanteuse rock qui réalise ici ses débuts au cinéma.
Les choix de Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon ont été respectivement fait par Cash et Carter. Cependant, ils ne verront jamais le résultat final. Ils décèderont chacun avant la fin du tournage. Et c'est bien dommage car il faut bien avouer que les deux acteurs réalisent une performance extraordinaire. Si pour le premier, on savait qu'il possédait un réel talent, la seconde nous a très agréablement surpris. Tout d'abord, pas de playback, ils ont appris à chanter et à jouer de la guitare. Bref, on est assez bluffé de ce point de vue là. D'autant que Joaquin Phoenix possède quelques points communs avec Cash, comme le décès d'un frère. Le tournage fut si éprouvant pour Phoenix qu'il finira quelques temps à l'hôpital, éprouvé par les points communs qui rejoignent les deux hommes.
Tant mieux car dans la mise en scène, si Mangold n'est pas mauvais, il faut bien avouer qu'il n'y a rien de très transcendant. Ca reste très classique et parfois un peu mou. C'est à mon sens le plus gros défaut du film. Parce que question reconstitution des concerts de Cash, on est loin du glamour. On a été également très fidèle à ce niveau. Mangold s'est également servi de deux livres autobiographiques de Cash. La reconstitution de sa vie est soignée et c'est un bon point aussi, évidemment. On retiendra toutefois la scène du concert dans la prison, devant plus de deux mille détenus et qui relancera la carrière du chanteur country. Le titre Cocaine Blues interprété pour l'occasion est d'ailleurs devenu un classique. D'ailleurs, le film sera présenté dans la même prison de Folsom, 38 ans après la venue de Johnny Cash.
Enfin, il ne faut pas spécialement apprécier la country pour aimer le film. Au fond, on suit les péripéties d'un personnage qui est parti de rien. Il a connu le succès, en a perdu un peu les pédales, est devenu une vraie épave humaine avant de pouvoir se relancer. L'ascension, l'apogée, la chute et enfin la rédemption. Il semble que chaque personne vivant un destin réellement exceptionnel connaisse ces quatre passages marquants dans une vie.
Enfin, on est nous même assez marqué par le personnage. Il n'est pas toujours très honnête, il est parfois détestable (notamment sur la façon dont il traite quelques fois June Carter avant leur relation. Il faut dire qu'il en était éperdument amoureux).
Bref, s'il possède quelques petits défauts, on assiste ici à un biopic très intéressant, susceptible d'intéresser un large public. Certes, certains n'aimeront pas le style de musique country, trouveront de cette manière le film assez rebuttant mais on admirera l'excellente composition des acteurs ou tout simplement la vie de Johnny Cash. Dommage que son talent se soit éteint pour de bon il y a cinq ans...
Note: 4/5
20 juillet 2008
7h58 ce samedi-là (Before the devil knows you're dead)
De: Sidney Lumet
Avec: Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke, Marisa Tomey, Albert Finney, Brian F. O'Byrne, Rosemary Harris, Aleksa Palladino, Michael Shannon, Amy Ryan, Sarah Livingston,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New-York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que Charles, le père, passe un test de conduite, sa femme Nanette ouvre la bijouterie familiale. Leur fils ainé, Andy, s'inquiète pour le contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d'habitude, Hank, son frère cadet, se noie dans ses problèmes d'argent. Les deux frères décident d'organiser le cambriolage de la bijouterie de leurs parents. Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer dans la vie des Hanson.
Avis
Le retour de Lumet à son genre de prédilection, à savoir le thriller, et qui lui a fait écrire ses plus belles lettres de noblesse après s'être essayé à la comédie avec Jugez-moi coupable mettant en scène Vin Diesel.
Présenté au festival de Deauville, l'oeuvre se distingue par un scénario qui permet de suivre un à un les différents protagonistes de l'histoire, avec leur propre point de vue. De cette manière, on revit certaines scènes selon le personnage qu'on suit. Concept intéressant, qui n'est certes pas nouveau en la matière mais qui peut s'avérer très réussi quand il est bien utilisé. C'est justement le cas ici, puisqu'on revit essentiellement les mêmes scènes que lorsque les deux frères se retrouvent en même temps à l'écran. De plus, de cette manière, tout ne s'inscrit pas dans une suite logique, décomposant ainsi la trame des événements. Une manière de sortir du lot vraiment réussie. Mais en même temps, le plus gros point faible à mes yeux provient d'une partie du scénario lui-même. Le scénariste Kelly Masterson (dont c'est le premier scénario, peut-être prêche-t-il encore par manque d'expérience) nous fait comprendre qu'il existe une certaine tension entre le frère aîné Andy et le père Charles. Malheureusement, on en sait à peine plus. On n'obtiendra pas de réelles explications quand au pourquoi de cela. C'est à mon sens une grosse faiblesse car Andy va tenter de se rédempter en avouant l'inavouable à son père quand au cambriolage de la bijouterie (il faut préciser que leurs discordances ne proviennent pas de cette affaire). Les explications d'Andy vont amener le père à commettre une chose incroyable et irréversible.
Ce qu'il y a d'intéressant aussi, c'est la façon assez intelligente dont Lumet et son scénariste démontre que l'argent peut corrompre tout le monde et que certains sont vraiment prêt à tout pour se procurer les précieux billets verts.
Bien sûr, comme Lumet nous l'a habitué avec certains films, 7h58 ce samedi-là possède quelques scènes d'action assez réussies. Elles se distinguent de tout ce qui se fait par le fait qu'elles restent assez personnelles. Elles ne touchent que les protagonistes de l'histoire, des personnages centraux aux personnages secondaires. Pas question ici de voir débarquer des hélicoptères de la police, des centaines de flics armés ou la télévision comme ce fut le cas pour Un après-midi de chien par exemple. Ici, le rôle des policiers et des médias se limitent à constater les dégâts ou à relater les événements qui se sont produits précédemment.
un petit mot sur le casting tout de même car il y a deux ou trois acteurs qui sortent aisément du lot. Philip Seymour Hoffman en premier lieu. Mais lui, ça devient une habitude et il prouve qu'il demeure l'un des meilleurs acteurs actuellement bien qu'il me semble toujours mésestimé à Hollywood. Inutile de présenter Albert Finney qui est également incroyable dans le rôle du père tourmenté. Enfin, un peu en deçà des deux nommés précédemment, Ethan Hawke qui m'a agréablement surpris. On regrettera aussi que Marisa Tomey n'apparaisse pas plus souvent à l'écran car elle possède au moins un certain charme et que de plus, elle joue un rôle très important dans l'histoire, liant indubitablement le destin des deux frères, puisqu'elle sera à l'origine d'un changement dans leur relation.
Lumet signe donc une oeuvre réussie, un retour presque inespéré pour ce dinosaure du cinéma américain. On est certes encore loin de ce qu'il a pu réaliser dans les années 70 ou au début de sa carrière, mais ne boudons pas notre plaisir, on se retrouve devant un thriller qui se démarque quelque peu des productions actuelles et de ce qu'Hollywood peut habituellement nous servir. En espérant que ce retour à la qualité se confirmera...
Note: 4/5
12 juillet 2008
Asterix & Obelix: Mission Cléopâtre
De: Alain Chabat
Avec: Christian Clavier, Gerard Depardieu, Jamel Debbouze, Alain Chabat, Monica Bellucci, Claude Rich, Gérard Darmon, Edouard Baer, Dieudonné, Isabelle Nanty, Jean Benguigui, Marina Foïs, Edouard Montoute,...
Pays: France 
Année: 2001
Synopsis
Jules César défie Cléopâtre de construire un palais en trois mois. Conscient du défi, l'architecte Numérobis court chercher ses amis Panoramix, Astérix et Obélix. De son côté, Amonbofis, jaloux de ne pas avoir été choisi, veut absolument faire échouer son concurrent !
Avis
Probablement la meilleure comédie française depuis un bon bout de temps et Le dîner de cons que cet Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre. De plus, il s'agit aussi de l'adaptation la plus réussie du célèbre petit gaulois. Tant mieux pour nous, fans de cinéma et d'Astérix.
Aux commandes, Alain Chabat qui sait s'y prendre pour faire rire le public.
Premièrement, Chabat dispose d'un casting assez démentiel: Clavier, Depardieu, Bellucci, Jamel Debbouze, Gerard Darmon, Edouard Baer, etc. De plus Chabat s'octroie le rôle de César, l'empereur dirige aussi bien les Romains (face caméra) que les comédiens. Au final, tous s'en sortent de manière exemplaire.
Deuxièmement, au niveau des moyens, il n'a manqué de rien. Jugez plutôt: 500 ouvriers pour construire les décors au Maroc, 2000 figurants, plus de 11 kilomètres de tissus pour la confection des costumes, 5000 sandales, une douzaine de perruques pour Bellucci, 1500 autres pour les figurants,... Durant le tournage (au Maroc, à Malte pour les scènes aquatiques et à Epinay pour les scènes en studio), Chabat et les siens subiront deux tempêtes de sable. A l'époque, le film bat le record du plus gros budget pour un film français puisqu'il s'élève à 50,3 millions d'Euros (en effet, le troisième volet des aventures d'Asterix au cinéma coûtera la bagatelle de... 70.000.000 d'Euros !!!). Asterix et Obelix: Mission Cléopâtre fera en France plus de quatorze millions d'entrées.
Niveau humour, ça part de partout. On est quasiment à du gag à la minute et ça part avec des références à la BD et à l'imagination débordante pour trouver des noms de personnages qui n'y figurent pas (par exemple, Itinéris), à la chanson française (Barracuda et Alexandrie), au cinéma en général (Star Wars comme exemple où Dieudonné se prend pour le Dark Vador de la légion romaine), la peinture (le radeau de la méduse de Géricault imité ici par les pirates), les jeux de mots en tout genre,... Bref, on en a pour son argent et ça fait plaisir. Evidemment, il faut bien avouer que quand on sert un peu de gags, il y en a bien un ou deux qui se trouvent être un peu plus légers voire un peu trop longuets. Mais rassurez-vous, ils entâchent à peine la qualité de l'oeuvre de Chabat. Mais là où le cinéaste français a peut -être le mieux réussi son coup, c'est qu'il est parvenu à être fidèle à la BD. On y retrouve l'histoire dans ses grandes lignes mais également dans les plus légères. Evidemment, mettre sur pellicule une oeuvre qui ne fait qu'une quarantaine de pages, il fallait bien inventer des choses sur le côté. Et là aussi, comme vous avez pu le lire précédemment, le cinéaste français l'a très bien fait. Seuls quelques farces sont manquées (à titre personnel, j'ai trouvé certaines de Jamel un peu ennuyantes comparée aux autres. Mais j'ai adoré son combat final contre Darmon).
Comme toujours dans les comédies de toute façon, il faut accrocher à l'humour que le cinéaste propose. Si vous adhérez, vous aimerez, sinon, passez votre chemin.
Quoi qu'il en soit, il est très difficile dans le cas de cette comédie de ne pas adhérer à au moins quelques gags. Chabat y a mis tous les moyens nécessaires pour réussir cette adaptation d'Asterix. Le succès a d'ailleurs été au rendez-vous et il sera très très très compliqué de réussir un meilleur volet du célèbre gaulois que celui mis en scène par Alain Chabat... Pour preuve, le troisième opus n'a pas convaincu grand monde...
Note: 4.5/5
02 juillet 2008
Les autres (The others)
De: Alejandro Amenabar
Avec: Nicole Kidman, Fionnula Flanagan, Christopher Eccleston, Alakina Mahn, James Bentley, Eric Sykes, Leane Cassidy, Renee Asherson,...
Pays: Espagne 
Année: 2001
Synopsis
Dans les années 40, alors que son mari est parti à la guerre, Grace, une jeune femme pieuse, élève seule ses enfants. Ils vivent dans un manoir isolé sur l'île de Jersey. Atteints d'un mal étrange, ceux-ci sont obligés de ne plus être en contact avec la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans cette demeure où sont instituées des règles étranges et impératives.
Grâce fait alors appel à quelques serviteurs pour l'aider dans l'accomplissement de sa tâche. Avec ces nouveaux venus, certaines de ces règles insolites vont être bafouées. Les choses vont alors prendre une tournure pour le moins inattendue.
Avis
Alejandro Amenabar fait partie de ces jeunes réalisateurs, qui d'emblée, ont su imposé leur nom dans le monde du septième art. Avec des oeuvres comme Tesis ou Ouvre les yeux (remaké par Cameron Crowe), il a su donner un tout autre souffle au cinéma espagnol dominé depuis quelques temps par le metteur en scène de Volver ou de Tout sur ma mère, Pedro Almodovar.
Les autres se démarque toutefois du reste de la filmographie d'Amenabar. En effet, il a pour la première fois un casting qui n'est pas composé par des interprètes espagnols, ce qui a contribué à le rendre un peu plus connu du grand public. Il faut dire qu'à l'affiche, on retrouve l'actrice Nicole Kidman, dont le seul nom parvient à attirer les personnes au cinéma. De quoi fameusement aider Amenabar et son oeuvre, à connaître un succès qui n'est de toute façon plus que mérité. De plus, l'oeuvre est produite par Cruise (qui a été l'acteur princpal dans le remake d'Ouvre les yeux, a produit ce film et a proposé Kidman comme actrice). Amenabar a accepté et il n'en a jamais regretté son choix puisqu'il ne voit finalement personne d'autre maintenant qui aurait pu interpréter Grace. De plus, l'actrice reste l'une de ses meilleures expériences de tournage, Amenabar étant totalement séduit par son professionnalisme.
Mais il faut bien avouer que c'est, dans ce cas-ci, l'ensemble du casting qui est tout bonnement impressionnant. A commencer par les deux enfants, parfaits dans leur rôle de frères et soeurs malades, ne supportant pas le soleil. Mais au fond, que dire des trois servants, eux aussi excellents et mystérieux dans leur rôles. Grâce à leur personnage, à leur jeu, on ne sait s'ils sont bons ou mauvais et si leurs intentions sont positives ou non. Bref, de ce côté-là, aucune inquiétude à avoir, Amenabar s'est parfaitement entouré donc.
Côté mise en scène, l'espagnol est également très doué. On constate qu'il a d'emblée réussit à instaurer une ambiance très spéciale, un univers où l'on se rend directement compte que les gens de ce manoir vivent reclus sur eux-mêmes. Amenabar, de plus, introduit énormément de moments de silence, sans musique, sans paroles, qui viennent rajouter un côté encore plus inquiétant, anormal à cette famille vivant dans cette grande maison. De plus, et preuve du talent d'Amenabar, il signe lui-même la musique de son film, qu'il faut bien avouer est assez réussie (tout comme Les autres d'ailleurs!).
Enfin, on le retrouve aussi à l'écriture du scénario. Intelligent, prenant, laissant des indices au fur et à mesure de l'avancement du film, Amenabar est également doué pour ce rôle. Cependant, on pourrait dire que le metteur en scène espagnol laisse un peu trop d'indices et de ce fait, gâche un peu le twist final qu'il veu montrer sur la fin. Personnellement, je préfère rester gentil car Amenabar a réellement travaillé son oeuvre sérieusement et propose un film de qualité. De plus, c'est plus des doutes qui nous submergent plutôt que des certitudes, et toujours à titre personnel, j'ai quand même été surpris par la fin.
On peut, à mon sens, réellement parler de grand film avec Les autres. Amenabar maîtrisant son film parfaitement et les acteurs étant également très bons, on peut dire que l'espagnol risque de faire partie des grands metteurs en scène du septième art si l'ensemble de ses oeuvres gardent un niveau comparable...
Note: 5/5
29 juin 2008
Dark Water (Honogurai mizu no soko kara)
De: Hideo Nakata
Avec: Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Mirei Oguchi, Azami Mizukawa,...
Pays: Japon 
Année: 2002
Synopsis
Récemment divorcée, Yoshimi Matsubara décide d'emménager dans un nouvel appartement avec sa fille de 6 ans. Alors que son mari s'acharne à récupérer la garde de leur fille, Yoshimi perd progressivement pied dans un immeuble qui se révèle être insalubre mais qui devient surtout le théâtre d'événements étranges et effrayants.
Avis
Hideo Nakata est tout de même un réalisateur trop souvent oublié. S'il a fait un petit détour par les Etats-Unis pour signer le remake de Ring 2, ce qui lui a permet de se faire connaître par un plus large public, il a évidemment écrit ses lettres de noblesse dans son pays natal, le Japon, en réalisant tout d'abord Ring, véritable phénomène de mode, mais surtout Dark Water, chef-d'oeuvre du film d'horreur que l'on pourrait qualifier d'intelligent...
Tout d'abord, il faut bien avouer que l'histoire est savamment construite. L'ambiance qui se dégage de ce film l'est tout autant. On est un cran au-dessus que pour Ring. Primo, la tension s'accentue au fur et à mesure. Secundo, si l'oeuvre ne fait jamais vraiment peur, elle parvient à introduire un suspens très intéressant, très prenant et au moyen de plusieurs indices comme le sac rouge ou la petite fille aux longs cheveux noirs habillée d'un manteau jaune (encore une fois, il faut rappeler que la fille aux longs cheveux noirs est véritablement synonyme d'horreur au Japon et effraie les plus jeunes au pays du Soleil Levant). Tertio, la fin de Dark Water est tout bonnement incroyable, pas réellement un revirement ou quelque chose dans ce genre-là mais une clôture assez différente de ce que l'on connaît. Expliquons-nous (spoiler): on voit ce qu'on croit être la fille de Yoshimi dans l'ascenceur. Ensuite, au fond du couloir, on voit la fille de Yoshimi qui sort de l'appartement. La mère se rend alors compte que ce qu'elle tient dans ses bras n'est pas sa fille mais bel et bien le fantôme. Yoshimi choisit alors de se sacrifier, ce qui implique deux choses importantes: de cette façon et en acceptant d'accompagner le fantôme dans une mort certaine, elle sauve sa fille. Le fantôme recherchait une mère de substitution. Ensuite, et chose assez rare dans les films d'horreur ou d'épouvante de ce genre: on cherche des explications, on cherches des solutions mais on ne combat pas vraiment le fantôme. On n'essaie ici nullement de l'éliminer par la force ou par d'autres moyens. Puisqu'un spectre est quelque chose de déjà mort, et que dans le cas de celui-ci, il recherche activement à combler un désir de maternité, on est bien obligé de se sacrifier pour sauver ce qui peut l'être, et dans ce cas-ci, la fille de Yoshimi.
On constate aussi que l'eau est un thème récurrent chez Nakata puisque dans Ring, la fille était jetée dans un puits. Et puis contrairement, à ce dernier on assiste tout de même à une oeuvre nettement plus intelligente dans le sens om Nakata, à travers le personnage de Yoshimi, dépeint habilement les problèmes que connaît la société japonaise: divorce, difficultés à trouver de l'emploi, société où les gens sont véritablement reclus sur eux-mêmes (Yoshimi ne possède au fond aucun ami), système scolaire que l'on peut juger trop strict, etc.
On terminera par le jeu des acteurs, qui est tous très juste et on retiendra peut-être plus aisément celui de la petite fille puisqu'elle est bien malgré elle l'élément central de l'histoire. On ajoutera pour terminer que Kenji Kawai a encore signé une B.O. réussie et il prouve une fois encore qu'il est à compter parmi les meilleurs compositeurs dans le monde.
On est donc bien loin du remake raté, signé Salles, et qui prouve que ce Dark Water a lui aussi connu un succès au Japon. Assez logique car on est clairement devant un film qui assume à la fois un côté de divertissement pur (l'histoire d'horreur), et à la fois un statut d'oeuvre intelligente (dénonciation de certaines carences de la société nippone). On peut clairement dire que Dark Water est un chef-d'oeuvre et que s'il y a bien un film à retenir dans la carrière de Nakata, c'est celui-ci...
Note: 5/5
26 juin 2008
Sunshine
De: Danny Boyle
Avec: Rose Byrne, Cliff Curtis, Chris Evans, Cillian Murphy, Troy Garity, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong, Michelle Yeoh,...
Pays: Grande-Bretagne 
Année: 2007
Synopsis
2057, le soleil se meurt. Son agonie menace l'humanité toute entière. Pour sauver la Terre, un équipage de six hommes et deux femmes embarquent sur le vaisseau spatial Icarus II. Leur mission: transporter une bombe stellaire et la faire exploser à l'intérieur de l'étoile afin de la faire revivre. Après avoir perdu tout contact avec la Terre, l'aventure angoissante commence...
Avis
Il faut bien avouer que Danny Boyle est un de ces réalisateurs qui possède une carrière en demi-teinte. Après un succès phénoménal (Trainspotting, véritable chef-d'oeuvre), le metteur en scène britannique a bien du mal à confirmer, signant même des films plutôt ratés (La plage, par exemple).
Cependant, reconnaissons toutefois que si Boyle loupe certains de ses films, c'est parce qu'il affiche une volonté de s'attaquer à plusieurs genre: entre le trip de drogués, l'un ou l'autre thriller, le film de zombies, on ne peut pas tout réussir. Il s'attaque cette fois-ci avec Sunshine au genre de la science-fiction. Comme toute étoile, notre soleil est condamné à mourir. Sauf que cette fois, ça arrive tout de même beaucoup plus tôt que prévu. Ca ne possède en rien quelque chose de réjouissant donc. Cependant, le film ne veut pas se contenter d'être une simple oeuvre de science-fiction. Sur la fin, Sunshine possède des caractéristiques d'un film d'horreur, et d'un thriller à la Alien ou ce dernier est remplacé par un homme se prenant pour Dieu et voulant tuer tous ceux qui veulent réactiver le soleil. En soi, ce n'est pas une si mauvaise idée que cela, mais Boyle ne maîtrise pas totalement son sujet. D'abord, le type survit à de multiples choses tels que des coups de scalpel ou à des bains solaires tellement prolongés que même un cance de la peau n'y survivrait pas... Soit, le scénario possède d'énormes aberrations et de choses non logiques. De plus, c'est assez cousu de fil blanc, on devine aisément la suite des événements. Enfin, soit, ça n'empêche qu'on regarde toutefois l'oeuvre, malgré son scénario assez léger.
Car sur le côté, Boyle a quand même quelques qualités: tout d'abord, il possède un casting international assez étoffé et rendant tout de même un peu plus crédible le voyage dans l'espace, comme ça se passe maintenant d'ailleurs. Ensuite, la plupart des acteurs sont corrects, avantage toutefois non négligeable. Avec une attention plus spéciale pour les comédiens asiatiques et notamment Michelle Yeoh. Ensuite, la photographie du film est assez réussie. On a droit à de très belles images "du soleil", mais également à des plans où il existe une sorte de pièce spéciale où chaque personnage peut créer l'environnement qu'il en a envie. Deux moments très réussis et notamment lors du suicide de l'un des héros de la navette. Enfin, il faut bien avouer que la musique du film, signée John Murphy, est assez réussie et prenante. D'ailleurs, il semble devenir le compositeur fétiche de Boyle puisqu'il a signé les Bandes Originales de Millions et de 28 jours plus tard.
On peut regretter, c'est aussi le fait que les personnage s'entretuent plutôt que s'entraident comme dans Alien. Il est clair que Boyle a voulu rendre une sorte de petit hommage à ce genre de films et notamment à 2001, l'odyssée de l'espace également puisque l'oeuvre possède un côté plus porté sur la donnée philosophique. Qui sommes-nous, au fond, pour pouvoir tenter de redonner vie à une étoile? Nous ne sommes que des être humains, la création doit reprendre ce qui lui appartient et libre à elle de faire mourir les choses. La mort ne fait-elle donc pas partie de la vie ? C'est également l'un des autres côtés positifs de l'oeuvre même si d'autres films sont nettement plus poussés en la matière.
Bref, à mon sens, Sunshine est une oeuvre qui se laisse regarder, en dépit des défauts que celle-ci possède. Il ne s'agit nullement du film le plus désastreux de Boyle mais on est à des millions d'années-lumières toutefois de ce qu'il a pu réaliser avec Trainspotting...
Note: 3.5/5
21 juin 2008
Ratatouille
De: Brad Bird
Avec les voix V.O. de: Lou Romano, Patton Oswalt, Janeane Garofalo, Brad Garrett, Peter Sohn, Brian Dennehy, Ian Holm, Peter O'Toole,...
Avec les voix V.F. de: Guillaume Lebon, Thierry Ragueneau, Camille, Jean-Pierre Marielle, Pierre François Martin-Laval, Michel Dodane, Julien Kramer,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l'opposition de sa famille, ni le fait d'être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine... et le fait d'habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l'occasion! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s'aventurer dans cet univers interdit.
Avis
Un Pixar, c'est comme le vin. Chaque année, on s'attend à un grand cru. De temps en temps, il subsiste des déceptions et on se dit que ce n'est pas une bonne année. La cuvée 2007 présentée par Brad Bird est fort heureusement, l'une des meilleures que la société d'animation nous ait présentée depuis son existence.
Les raisons sont multiples: une fois encore l'inventivité et l'imagination débordante de Pixar font mouche. D'un point de vue visuel, il faut bien avouer que ça en jette un max. Les décors sont très réussis, la fluidité des scènes l'est tout autant. Ensuite, l'histoire ne connaît aucun temps mort. On ne s'ennuie pas une seule seconde. Voilà comment on pourrait résumer Ratatouille en deux ou trois phrases. Cependant, l'oeuvre mérite un avis un peu plus long.
Revenons à l'aspect visuel et les dessins. Le film est réalisé par Brad Bird, qui est loin d'être un inconnu dans le monde des dessins animés et de l'animation: pour Pixar, il a déjà mis en scène Les indestructibles, loin d'être le plus mauvais de la société mais pas pour autant le meilleur. Ensuite, il n'est autre que le créateur du film Le géant de fer. Et si mes souvenirs sont bons, il fait également partie des metteurs en scène de la série Les Simpson. Bref, le monsieur est loin d'être un jeune premier. Et comme-ci ça ne lui suffisait pas, il est en train de réaliser son premier film "live", 1906, qui évoquera le tremblement de terre qui a secoué la Californie cette même année. Revenons toutefois à l'animation qui est ici parfaite pour Ratatouille. On a droit à d'excellentes scènes et à des plans-séquences parfois longs, qui demeurent assez impressionnants. Et puis, les dessins en viennent à émerveiller le plus adulte d'entre nous.
Niveau du choix du personnage, choisir un rat était tout de même un pari si pas risqué, il faut bien dire osé, étant donné la mauvaise réputation qu'on donne à cet animal. Ainsi, les créateurs ont encore fait des recherches et n'ont par exemple pas omis de signaler que les rats demeurent des animaux assez propres, en dépit des endroits sales dans lesquels ils ont l'habitude de pulluler. En effet, ce sont des animaux qui ont l'habitude de faire leur toilette, de la même façon que les chats. Et puis, il faut bien avouer que Rémy est attachant. Tout comme son comparse humain. Ils sont complémentaires et honnêtement, c'est un duo qui fonctionne à merveille entre les gaffes de l'un et le génie culinaire de l'autre.
Ensuite, il faut bien avouer que d'un point de vue du script, et comme mentionné plus haut, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Il arrive toujours quelque chose à un de nos deux héros sans que ça ne fasse pour autant "too much". Et puis, il faut bien avouer que Paris est formidablement mis en image, sans clichés et évidemment, reconnaissons-le, le choix de la cuisine française n'est pas inopportun étant donné l'excellente renommée donc celle-ci fait preuve.
A titre personnel, je dois bien avouer que ça faisait longtemps qu'un film d'animation ne m'avait pas autant émerveillé, fait rire et détendu comme jamais. A mon sens, Brad Bird vient de signer l'un des meilleurs Pixar et reconnaissons-le, il s'agit d'un chef-d'oeuvre de l'animation... Quand je vous disais que 2007 était une excellente cuvée...
Note: 5/5
16 juin 2008
Battle Royale 2 Requiem (Batoru rowaiaru II: rekuiemu)
De: Kinji et Kenta Fukasaku
Avec: Tatsuya Fujiwara, Ai Maeda, Shugo Oshinari, Ayana Sakai, Riki Takeuchi, Aki Maeda, Haruka Suenaga, Matsuki Kato, Sonny Chiba, Takeshi Kitano,...
Pays: Japon 
Année: 2002
Synopsis
Trois ans se sont écoulés depuis Battle Royale, un jeu de la mort organisé par le gouvernement japonais pour mater une jeunesse de plus en plus turbulente. Aujourd'hui, la situation est plus grave encore car un groupe terroriste constitué de mineurs, les Wild Seven, multiplie les attentats. Une seule solution: Battle Royale 2.
Avis
Suite du génialissime Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem avait été commencé par Kinji Fukasaku et achevé majoritairement par son fils Kenta, suite au décès du premier.
Si le premier critiquait clairement la société japonaise, le second s'attaque cette fois-ci à la politique externe des Etats-Unis. Il faut aussi dire que cette suite s'inscrit après les attentats du 11 septembre et l'invasion de l'Afghanistan par les Américains. L'oeuvre veut défendre ces peuples opprimés, attaqués par la toute-puissance occidentale. Cependant, elle le fait trop naïvement et son discours anti-américain est bien trop manichéen. Seule l'idée pouvait être correcte. Cette suite ne parvient pas à faire oublier Battle Royale, et est pas conséquent, bien trop faible.
De plus, on a l'impression que le réalisateur a voulu concrétiser un rêve de gosse, une lubie un peu ridicule qui est de voir les enfants combattre les injustices des adultes. Ca fait un peu niaiseux. Voire même totalement stupide puisque ces enfants sont de toute façon condamnés à devenir des adultes (heureusement, Fukasaku souligne ce point). En bref, au niveau du scénario, certaines choses sont passables mais d'autres sont totalement ridicules. Plutôt moyen voire mauvais de ce côté-là.
D'un point de vue de la mise en scène, ça reste fort heureusement correct. Un gros point négatif toutefois est à signaler. Cette suite reprend tous les moments forts et les moments-clés du premier opus. Inutile de dire que pour cela, on aurait nettement préféré revoir Battle Royale plutôt que de découvrir cette suite assez moyenne. La scène du bus, l'explication du règlement, les colliers et l'élève qui meurt avant les autres (avec cependant une nouveauté assez sympathique),... Bref, tout ce qui a fait la renommée de Battle Royale est quelque peu copié ici. Dommage...
On peut aussi trouver que la scène de débarquement fait un peu trop copie de Il faut sauver le soldat Ryan, et que de temps en temps dans cette séquence, la caméra tremble trop au point même de déranger le spectateur.
Ensuite, les personnages. On retrouve les deux vainqueurs du précédent jeu, ou du moins qui ont réussi à survivre à l'enfer. Si Shuya est encore un des personnages-clés, sa compagne l'est nettement moins puisqu'elle apparaît seulement à la fin du film. Pour le reste, il s'agit de nouveaux acteurs. Et là, on peut regretter que tous ne soient des stéréotypes d'une jeunesse en mal de vivre, décadente ou tout simplement d'être pour la plupart de futurs voyous en puissance. Une seule sort du lot, c'est Ai Maeda, soeur de Aki Maeda et qui joue ici la fille de Kitano. Ce dernier qui apparaît d'ailleurs dans une excellente scène, remontant à lui tout seul quelque peu le film. Car il faut bien avouer que si Riki Takeuchi est un très chouette acteur, complètement déjanté et que ses rôles dans les Dead or Alive de Takashi Miike sont réussis, son personnage de professeur est tellement fou qu'on a l'impression qu'il en fait beaucoup trop. Et puis il contraste tellement par rapport au calme et à la maîtrise de soi de Kitano qu'il ne parvient pas à faire totalement oublier le génie d'acteur du dernier. Sinon, quand on a une vingtaine de personnages dont la moitié passent au moins cinq minutes à l'écran, il est normal de constater que certains se débrouillent beaucoup mieux que d'autres.
Au final, tout dans ce film est moyen. Voire très. Et on possède aussi l'impression que c'est le genre d'oeuvres que plus on regarde, plus on remarque les défauts et ça devient au fil du temps de plus en plus mauvais. Battle Royale 2 Requiem aura quand même réussi une chose: donner envie de revoir le formidable premier opus...
Note: 2.5/5
14 juin 2008
Minority Report
De: Steven Spielberg
Avec: Tom Cruise, Colin Farrell, Samantha Morton, Max von Sydow, Kathryn Morris, Peter Stormare, Blake Bashoff, Spencer Treat Clark, Joel Gretsch, Steve Harris, Patrick Kilpatrick, Daniel London, William Mapother, Lois Smith,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2002
Synopsis
Washington, 2054. La société du futur a éliminé le meurtre en se dotant du système de prévention/ détection/ répression le plus sophistiqué du monde. Mais quand l'ordinateur du département "Précrime" renvoie au chef John Anderton sa propre image, l'impensable se produit: d'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger... Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite...
Avis
S'il y a bien une oeuvre de Spielberg que l'on devrait retenir dans cette première décennie du 21ème siècle, ce serait Minority Report.
Il faut dire qu'on est dans une oeuvre clairement axée sur le grand public mais qui est loin d'être un simple film idiot. Au contraire, Spielberg nous sert du divertissement intelligent.
Basé sur un roman de Philip K. Dick, c'est Tom Cruise qui contacta Spielberg alors qu'il était sur le tournage de Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick pour savoir si le metteur en scène américain serait intéressé pour mettre en scène l'oeuvre de K. Dick. Bien sûr, Spielberg accepta et tant qu'on parle de Kubrick, on a toujours su que les deux hommes entretenaient de bonnes relations et on ne peut s'empêcher de penser que deux ou trois éléments ramènent à l'univers de Kubrick. Le plus marquant reste la scène où John Anderton décide de se faire placr des yeux d'un autre. L'outil qui lui sert à écarter et à maintenir les paupières ouvertes ressemblent étrangement à celui qui était utilisé dans Orange mécanique. Ce dernier film qui était lui-même basé sur un roman de Burgess. Il s'agit justement du nom d'un des personnages de ce Minority Report... Enfin, un gros plan sur une pupille renvoit directement à ce qu'on avait dans 2001, l'odyssée de l'espace.
Cette oeuvre s'inscrit également dans l'après 11 septembre. L'Amérique est sous tension, et des décisions gouvernementales permettent une surveillance plus accrue des citoyens pour déjouer les pièges terroristes. Même si ici, il ne s'agit pas de terrorisme mais bien de meurtre, Spielberg dénonce au fond cette surveillance exagérée qui entraîne au fond une perte de liberté. Et c'est également normal pour lui si le départment Précrime disparaît à la fin de l'oeuvre.
Il faut également avouer que Minority Report est très bien construit et n'a pas peur de prendre à contre-pied les spectateurs. Loin d'être avare en rebondissements, il réserve quelques surprises au public, qui risque cependant parfois de perdre pied et de ne plus trop savoir où il en est. Car il faut bien avouer que le film n'est pas toujours simple et que certains moments peuvent sembler assez flous aux yeux d'une majorité de téléspectateurs.
L'oeuvre est également assez noire à tous les niveaux. Spielberg utilise un ton assez granuleux, et on obtient également de très belles séquences lors des souvenirs du Précog, où nous sommes littéralement transportés dans la pupille de ce dernier. Si le film de Spielberg est extrêmement noir (société surveillée de partout, des publicités omniprésentes qui savent à qui elles s'adressent, Anderton et sa femme ayant perdus un enfant, Anderton poursuivi pour un crime qu'il n'a pas encore commis. Mais où commence la notion de crime. Quand l'acte est réalisé ou lorsque celui-ci est pensé ?), on retrouve toutefois le thème assez cher à Spielberg qui est le rôle de l'enfance dans ses films. Ici, il est loin d'être amusant, comme souvent notez où Elliott, par exemple, est un petit garçon qui vit assez mal le divorce de ses parents, qui est plutôt un enfant solitaire et qui plutôt sans compagnons de jeux. Dans le cas de Minority Report, on constate qu'Anderton a perdu son fils unique, enlevé par une personne à la piscine et plus que probablement assassiné. Et s'il s'est porté volontaire pour rejoindre la société Précrime, c'est pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise à nouveau.
Bref, on avait constaté que Spielberg prenait un nouveau tournant avec La liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan. Il faut bien lui reconnaître que pour ce Minority Report, c'est très réussi. Le metteur en scène allant jusqu'à appeler des spécialistes de toute sorte pour savoir à quoi pourrait ressembler la société du futur et ce de manière cohérente. Nul doute qu'on se trouve ici devant un film réussi...
Note: 4/5
01 juin 2008
Team America Police du monde (Team America: World Police)
De: Trey Parker
Avec les voix de: Trey Parker, Matt Stone, Phil Hendrie, Kristen Miller, Masasa,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2004
Synopsis
Team America est une unité d'élite qui se bat sous toutes les latitudes pour assurer notre sécurité. Apprenant qu'un dictateur mégalo s'apprête à livrer des armes de destruction massive à une organisation terroriste, le groupe se lance une fois de plus dans la bataille...
Avis
Ils sont drôles les Américains. Si si, et cette fois-ci dans le bon sens du terme. Rien de tel que de regarder une fois de temps en temps ce Team America Police du monde, véritable pamphlet contre une politique américaine qui se base bien plus sur l'action démesurée que sur la réflexion mais également une sévère critique à tous les détracteurs de cette même politique car ces derniers agissent bien plus par profit. Un des cas les plus particulièrement visé reste Michael Moore.
Et on peut vous dire que ça attaque pas mal. Il faut dire que derrière cette oeuvre, on retrouve Trey Parker mais aussi Matt Stone, tous deux créateurs de la série... South Park, et qui se faisaient déjà une joie d'attaquer leur bien chère société. Une fois encore, ils mettent le paquet et on peut vous dire qu'ils n'y vont pas avec la petite cuillère. D'un côté, on a les ardents défenseurs de la juste cause américaine, ceux qui se disent qu'il faut absolument intervenir de manière armée, partout, au nom de la liberté. Ainsi, plusieurs fois la Team America vient sauver le monde, et le fait de détruire le Louvre, la Tour Eiffel, les pyramides de Gizeh, etc. n'est pas grave, l'important c'est d'empêcher des attentats dans le monde toujours au nom de cette liberté. Et de l'autre côté, on a les ardent défenseurs à une politique de consensus, de discussion, etc. Ces personnes-là sont représentées par la Guilde des Acteurs avec en tête de ce groupe, le meilleur acteur du monde... Alec Baldwin. Et puis, il n'est pas seul, dans sa tâche, Sarandon, Samuel L. Jackson, Ethan Hawke ou encore Matt Damon (capable que de prononcer péniblement son nom) sont là pour l'aider. Et puis, on revient sur Moore, celui-ci est presque traité de communiste et ses actions sont tout aussi propagandistes que ce que fait le gouvernement américain de Bush.
Bush, et si c'est tout son système qui est critiqué, les auteurs ont décidé de ne pas le mettre à l'écran. Un choix au final assez judicieux car le film en aurait, au final, plus perdu au change à le montrer. De plus, on peut penser que pour Stone et Parker, il ne mérite même pas d'être montré à l'écran. On préfère pour cela se concentrer sur Kim Jong-Il, le président nord-coréen. Personnage très drôle au final.
D'ailleurs ils le sont tous puisque Parker et son comparse ont décidé de mettre à l'écran des... marionnettes. Procédé extrêmement rare dans le cinéma actuel. Ils auraient pu choisir le dessin animé mais ils ne l'ont pas fait. Encore une manière de ressortir du lot. Mais il faut aussi avouer que ca ajoute pas mal à la dérision. De voir toujours les fils qui font bouger les marionnettes reste assez risible. De plus, on a droit à quelques scènes assez détonnantes, notamment une relation sexuelle pas piquée des vers se terminant par une position en poirier. Bref, Stone et Parker osent vraiment tout. Même de critiquer Pearl Harbor, Michael Bay et Ben Affleck dans une chanson que l'on pourrait résumer à ceci: seul l'attaque dans le film est bien faite, Michael Bay a raté son film et Ben Affleck a besoin de cours de comédie. Tandis que Cuba Gooding Jr. mérite un plus grand rôle car il est évidemment meilleur qu'Affleck.
En bref, vous l'aviez compris, ce film est totalement irrévérencieux. Un chouette moment d'humour et de décalage dont le trash ne plaira pas à tout le monde (j'ai personnellement parfois eu du mal à rire à certains gags) tout comme le système des marionnettes. Qu'importe, derrière ses énormes conneries, Team America Police du monde cache un film beaucoup plus intelligent qu'il n'y parait.
Note: 3.5/5