cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

09 février 2010

2 soeurs (Janghwa, Hongryeon)

2_soeursDe: Kim Jee-woon

Avec: Yeom Jeong-a, Im Soo-jung, Moon Geun-young, Kim Kab-su,...

Pays: Corée du Sud


Année: 2003

Synopsis

Après une longue absence, Su-mi et sa jeune soeur Su-yeon reviennent dans la demeure familiale, grande maison isolée de la campagne. Ramenées par leur père, elles sont accueillies par leur belle-mère, dont le comportement suscite des réactions épidermiques chez les deux soeurs. Après plusieurs événements étranges, les rapports entre la belle-mère et les deux adolescentes s'enveniment cruellement...

Avis

Cela faisait assez longtemps que je l'avais vu. Kim Jee-woon signe, avec son cinquième film, l'oeuvre qui est probablement la plus aboutie de toute sa filmographie.
Choisissant avec son film de choisir le côté plus psychologique que l'horreur pure à la Ring, le metteur en scène touche à plusieurs genres mais se rapproche beaucoup plus d'un Robert Wise et sa Maison du diable. Il va nous plonger très clairement dans le drame psychologique avec une étude de l'âme de Su-mi. Certes, quelques moments se révèleront un peu plus inquiétants, nous feront un petit peu suer mais ce n'est pas le but premier recherché par Kim Jee-woon.
Il va très lentement asseoir son récit. Il prends le temps d'instaurer une ambiance qui est remarquable et en nous cloisonnant dans un seul et même endroit pour la grande majorité du film: la maison au bord du lac. Le trajet qui nous conduit là-bas révèle un paysage coréen remarquable. La scène des deux jeunes filles trempant les pieds dans l'eau montre le côté reposant et bucolique du lieu. Tout va changer avec la rencontre de la belle-mère.
Les relations entre Su-mi et la marâtre sont très envenimées. Le spectateur se construit des certitudes. Chose à laquelle Kim Jee-woon va s'amuser à démonter petit à petit.
Premièrement, nous constatons que le récit n'est pas linéaire mais bien décomposé dans le temps. Certains éléments qui nous paraissaient tenir logiquement dans la construction que nous pensions logiques dans le temps tiennent finalement encore mieux la route quand nous comprenons qu'ils sont en système de flashbacks.
Ensuite, et c'est peut-être là que ceux qui n'ont pas vu le film devraient s'arrêter de lire car il risque d'y avoir des spoilers, c'est une démolition de l'idée que nous nous étions fait de Su-mi et de la belle-mère qui est réalisée. Tout d'abord, on constate que Su-mi souffre de schizophrénie. Il n'est pas rare que nous la voyons dans la peau de la belle-mère. Car en effet, durant tout le film, elle se l'imagine encore vivante. Du moins au début, jusqu'à ce que son père lui rappelle la douloureuse vérité, apprenant au passage un point que le spectateur ne connaissait pas. C'est d'ailleurs à partir de là que Kim Jee-woon va commencer la démolition de nos certitudes. Le spectateur va devoir réaliser un questionnement important sur les choses qu'il a vu. Quand la belle-mère apparaît-elle réellement, quels passages montrent la soeur de Su-mi comme une forme de fantôme ou quand elle est encore vivante ? Quid du fantôme hantant les lieux? L'oeuvre aborde de multiples thèmes comme la difficulté de réaliser un deuil, les problèmes psychologiques qui peuvent en découdre, etc.
Kim Jee-woon réalise une oeuvre dense, complète, aux chemins tortueux et où le téléspectateur peut se perdre et qui devra réaliser une recherche pour retrouver la bonne route. L'atmosphère créée par le metteur en scène et son équipe est également très réussie. Une oeuvre tellement riche qu'une fois finie on a qu'une envie: y replonger dedans pour en comprendre parfaitement le mécanisme.

Note: 5/5

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07 février 2010

Heroïc Duo (Shuang xiong)

heroic_duoDe: Benny Chan

Avec: Ekin Cheng, Leon Lai, Francis Ng, Karena Lam, Samuel Pang,...

Pays: Hong-Kong


Année: 2003

Synopsis

Un officier de police irréprochable dérobe un million de dollars dans un coffre d'un commissariat. Kin, membre de la force spéciale G4, est persuadé que l'officier a été hypnotisé. Il fait alors appel à un psychologue emprisonné pour meurtre afin de trouver le vrai coupable.

Avis

Sympathique polar que ce film de Benny Chan. Certes, il n'invente rien, c'est du classique mais il y a quand même une volonté de se démarquer de ce qui a déjà été fait.
Ainsi, Chan et ses scénaristes décident d'ajouter une dimension plutôt surréaliste dans ce vol et dans l'histoire qui va suivre: l'hypnose. Le tout est ficelé de manière correcte pour que le téléspectateur puisse y croire. D'ailleurs, l'ensemble de l'oeuvre tient totalement la route, avec un script qui ne multiplie pas les rebondissements mais dont les événements qui se succèdent restent logiques et ne sont pas forcément devinables. Il demeure juste un problème sur la fin où le film tombe un peu trop dans la surenchère de l'action (bien que réussie d'ailleurs). Il y a quinze minutes de trop à mon sens. Le final est assez mal équilibré aussi au niveau de l'émotion. Chan et son équipent tirent un peu trop sur la corde pour nous toucher totalement. Bon, voilà mon opinion pour l'ensemble du fond, où l'on a aussi de sympathiques moments entre celui qui est un "meurtrier" (vous comprendrez mes guillemets si vous voyez le film) et le policier qui va lui aussi se retrouver à un moment dans la peau du pourchassé. Sans oublier qu'il y a les histoires d'amour, des relations entre les gens et le tout avec une légère psychologie derrière. Le tout englobé par cette histoire d'hypnose.
Bon, venons-en au côté plus formel, Benny Chan est un très bon faiseur de films, l'action est très bien rendue et il sait faire exister la tension comme il se doit. Côté casting, il est super sympa avec deux acteurs principaux (Ekin Cheng et Leon Lai) qui savent tenir la baraque. A noter une BO qui est vraiment sympa aussi.
Bref, je ne m'étends pas de trop sur ce film, car en matière de polar, ce Heroïc Duo tient incroyablement la route et tient tête à pas mal d'oeuvres du même genre qui sortent à Hollywood. Ca ne se réclame pas trop intelligent, ça dure environ 100 minutes et ça vous fera passer un agréable moment en soirée et on ne lui demande que ça!

Note: 3.5/5

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05 février 2010

Sympathy for Mr. Vengeance (Boksuneun naui geot)

sympathyformrvengeance1De: Park Chan-wook

Avec: Song Kang-ho, Shin Ha-kyun, Bae Donna, Lim Ji-eun, Han Bo-bae, Kim Se-dong, Lee Da-yeon,...

Pays: Corée du Sud

Année: 2002

Synopsis

Ryu est un ouvrier sourd et muet, dont la soeur est en attente d'une opération chirurgicale. Son patron, Dongjin, est divorcé et père d'une petite fille. Young-Mi, la fiancée de Ryu, est une activiste gauchiste. Lorsque Ryu perd son emploi et voit diminuer les chances d'opération de sa soeur, elle lui propose de kidnapper la fille de Dongjin. La rançon obtenue servirait à pouvoir soigner la soeur de Ryu. Mais le plan parfait tourne à la catastrophe...

Avis

Autant j'avais adoré OldBoy, autant j'avais très apprécié Lady Vengeance, autant ici, je suis plutôt déçu par Sympathy for Mr. Vengeance. C'est vraiment très moyen même s'il y a des choses à sauver.
Bon, commençons peut-être par le négatif. Dans les deux autres volets sur la vengeance, j'avais quand même le souvenir d'un côté décalé qui était très présent et qui n'existe pas voire très peu ici. D'ailleurs, je l'ai même trouvé plutôt malsain. Ensuite, le scénario est assez basique avec un kidnapping et une situation qui vire à la catastrophe. Bon, c'est du déjà vu et le metteur en scène a bien du mal à sortir son bébé du lot. Bon, dans le fond il y a quand même du bon car le film n'est pas manichéen pour un sou. Personne n'est présenté comme étant totalement bon ou totalement mauvais. C'est déjà une chose qui se respecte et qui permet de continuer à suivre le film. Car Ryu est présenté comme sympathique au début, avec tous ses problèmes physiques et Dongjin est présenté comme étant le méchant vu qu'il vire des ouvriers (ouh c'est pas bien!). Ensuite, au fur et à mesure des événements, les rôles vont avoir tendance à s'inverser et c'est vraiment une bonne idée. Bref, sur ce coup-là, il faut saluer l'idée du metteur en scène.
La réalisation n'est pas mal du tout (enfin j'ai toujours considéré Park Chan-wook comme étant un bon technicien) et le film est porté par un casting vraiment bon, qui fait tout ce qui peut pour sortir le film de la banalité. Ils y parviennent puisqu'on résiste à couper le film bien avant grâce en partie à eux.
Et puis, le film est assez bancal. Entre les scènes réussies qui durent que trop peu de temps et les passages qui nous semblent interminables car ils ne font pas avancer de manière claire le récit, Sympathy for Mr. Vengeance est très clairement inégal.
Je ne vais pas m'étendre sur ce film car il existe un problème. Il y a tellement une impression de déjà vu que celui-ci se fond totalement dans la masse des oeuvres du genre. Certes, on lui dénichera bien des qualités lors de sa vision mais il est fort à parier qu'au fil du temps, le film disparaisse de votre mémoire, laissant peut-être au passage des bribes de scènes.

Note: 2.5/5

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03 février 2010

Le retour (Vozvrashcheniye)

le_retourDe: Andreï Zviaguintsev

Avec: Vladimir Garine, Ivan Dobronranov, Konstantin Lavronenko, Nataliya Vdovina,...

Pays: Russie


Année: 2003

Synopsis

La vie de deux frères est soudain bouleversée par la réapparition de leur père, dont ils ne se souvenaient qu'à travers une photographie vieille de douze ans. Est-il vraiment leur père? Pourquoi est-il revenu après tant d'années? Les enfants chercheront des réponses à leurs questions sur une île déserte et désolée, après un voyage avec cet homme dont ils ne savent rien.

Avis

Il est des cinéastes qui, dès leur premier film, parviennent à frapper très très fort et à se faire d'emblée reconnaître. On peut citer l'exemple de Sam Mendes qui avait d'entrée su imposer son nom dans le milieu du septième art. Andreï Zviaguintsev a réussi à faire pareil. Certes, les retombées médiatiques de son film ont été moins importantes que celles d'un Mendes pour rester dans le même exemple. Il faut dire que le cinéma russe n'a pas le même écho chez nous. Pourtant, avec son premier film, Le retour, le cinéaste a réussi à faire un joli petit bonhomme de chemin, avec comme récompense suprême, le Lion d'Or à Venise en 2003.
L'oeuvre aborde les relations entre un père et ses fils. Le père a toujours été absent et revient comme par miracle dans la demeure familiale. Le plus intéressant, c'est qu'on va constater l'évolution de la relation entre les deux jeunes et le père mais surtout, le film possède une seconde lecture plus chrétienne.
Aussi bien la forme que le fond est assez froid et austère. Impossible pour nous en tant que spectateur de s'attacher au début sur ce père, totalement autoritaire, qui vient bouleverser la vie de nos deux jeunes hommes. L'aîné des deux est quand même plus enclin à lui parler que le cadet. Le premier y voit une sorte de personne qui est à respecter par le charisme et l'autorité qu'elle dégage. Le second ne supporte au contraire pas cela. De quel droit cet homme doit-il être considéré comme un père? Pour lui, avec son frères, ils ont vécu toute une vie sans avoir de papa. Pourquoi maintenant devraient-ils l'accepter ainsi, d'autant que ce père n'a jamais été là. Le film pose subtilement des questions sur ce que c'est d'être père. Un des autres intérêts est que Zviaguintsev ne dévoile rien de l'homme. Impossible pour le spectateur de se faire une idée, de comprendre les motivations de son départ et de son retour. Pourtant, il est impossible de détester l'homme car on sent dans sa froideur une volonté de bien faire, même si c'est très compliqué de le ressentir. En tout cas, je n'ai pas ressenti de l'animosité de la part de cet homme pour ses enfants. Tout au plus, il ne sait pas du tout s'y faire, avec des règles qu'il érige et qui ne devrait pas appliquer quand on revient de nul part comme c'est le cas. D'autant que le metteur en scène va laisser deux indices qui laissent à penser que le père est parti pour de bonnes raisons. Premièrement, on retrouve une photo de lui avec sa femme et ses enfants dans la voiture, preuve qu'il avait des sentiments pour eux et ensuite, en allant sur l'île avec ses deux fils, il va déterrer un coffret qu'il a enterré là auparavant. Peut-être que dans celui-ci, il y avait toutes les réponses aux questions que l'on est en droit de se poser. Mais cela, le spectateur ne le saura jamais.
Ensuite, il n'est pas, me semble-t-il, totalement idiot de voir une petite référence christique à ce film. Tout d'abord il y a ce père qui ressuscite aux yeux de ses enfants avec comme objectif de les éduquer. Ensuite, on a une représentation du père couché dans un lit qui est totalement identique à celle d'une peinture du Christ.
D'un point de vue formel, à présent, j'ai déjà dit quel e film était aussi froid que le personnage du père. Une austérité qui rappelle parfois Pavel Lounguine. L'oeuvre se montre de temps en temps onirique et fort silencieuse comme chez Stalker de Andrei Tarkovski. D'ailleurs, les deux enfants s'appellent Andrei et Ivan (voir le film L'enfance d'Ivan). Mais rassurez-vous, le metteur en scène trouve son propre style et ce sont juste des choix qui rappellent les deux autres cinéastes soviétiques. A noter que la photo du film est magnifique.
A noter que les trois acteurs sont vraiment incroyables. Le rôle du père est tenu de main de maître par Konstantin Lavronenko. Comme j'ai déjà dit, il dégage une forme de prestance et de charisme. Mais les deux jeunes acteurs sont vraiment doués aussi. Andrei, l'aîné est joué par Vladimir Garine. Malheureusement, l'adolescent est décédé le jour où Zviaguintsev montrait le film à l'équipe technique. Il s'est accidentellement noyé à l'âge de seize ans. Mais le petit cadet, Ivan, est probablement celui qui impressionne le plus. Joué par Ivan Dobronranov, il tient facilement tête à Lavronenko, lui volant presque la vedette. Une prestation d'acteur vraiment pleine pour ce jeune garçon.
Au final, Zviaguintsev livre un film plein, intéressant, intelligent aussi. Une réussite qui mérite bien son trophée à la Mostra de Venise. Une oeuvre qui mérite aussi d'être découverte par un plus large public. Un  grand metteur en scène est peut-être né, il lui faudra confirmer.

Note: 5/5

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01 février 2010

Le sorilège du scorpion de Jade (The Curse Of The Jade Scorpion)

le_sortilege_du_scorpion_de_jadeDe: Woody Allen

Avec: Woody Allen, Dan Aykroyd, Helen Hunt, Charlize Theron, Elizabeth Berkley, David Ogden Stiers, Brian Markinson, John Tormey, John Schuck, Kaili Vernoff, Brian Markinson,...

Pays: Etats-Unis


Année: 2001

Synopsis

En 1940, à New York, Betty Ann Fitzgerald a été engagée pour moderniser la compagnie d'assurance North Coast. Cette énergique arriviste enquêtrice affiche d'emblée ses ambitions en déclarant la guerre aux méthodes de travail quelque peu obsolètes de C.W. Briggs, le meilleur détective de la boîte. Afin d'apaiser les tensions, Chris Magruder, le patron de la North Coast, les incite à participer à une fêter organisée pour l'anniversaire d'un des collaborateurs de C.W. Briggs. Au cours de la soirée, le magicien Voltan hypnotise C.W. Briggs et Miss Fitzgerald à l'aide du scorpion de Jade. Le sortilège va entraîner les deux ennemis jurés dans de rocambolesques aventures.

Avis

Ce film, mineur dans la carrière de Woody Allen, est parfois fort critiqué par les fans de la première heure du monsieur. Et ça se comprends. C'est du Woody en beaucoup plus léger, en moins stressé (à mes yeux) et surtout en moins égocentrique (c'est toujours à mes yeux aussi). Au moment où j'écris ces lignes, j'ai également vu Whatever Works et je n'ai pas fonctionné du tout, zappant totalement la fin. Mais c'est une autre histoire. Revenons à nos moutons. Ou plutôt à notre scorpion.
Faut bien avouer qu'Allen a vraiment su s'entourer, en plus de jouer lui-même: l'accent va être mis sur les actrices qui sont quand même remarquables. Helen Hunt, tout d'abord, dont il est inutile de la présenter, est celle qui va tenir tête à notre détective et dont la personnalité est totalement à l'opposé de celle d'Allen. Choc des générations, choc de style mais deux grands personnages quand même. Allen, alias C.W. Briggs, est un petit bonhomme, un fin limier, un homme aux idées un peu perverses mais qui a une petite forme de sympathie aux yeux du public. Pour une fois, et c'est totalement personnel ce qui est écrit ici, son personnage n'est pas supérieur aux autres. Au contraire, il est vu avec autant de dérision que les autres. Dans Whatever Works, on a droit à un ronchon qui se plaint de tout et qui n'hésite pas à faire valoir sa connaissance à la jeune demoiselle. Dans Annie Hall, je me souviens aussi d'un homme qui se plaint très souvent de sa femme. Sinon, pour en revenir aux autres acteurs, il faut bien avouer que Charlize Theron apporte beaucoup de charme à l'oeuvre. Le reste du casting est un peu moins connu mais reste tout de même super sympa.
Sinon, c'est encore un Allen qui joue avec beaucoup d'humour. Il y a pas mal de fantaisie et de bonne humeur dans Le sortilège du scorpion de Jade. Et puis il y a quand même un second degré assez important. Ne fut-ce que la fantaisie par laquelle les crimes arrivent: l'hypnose...
Enfin... des trois Allen que j'ai pu voir, c'est celui que j'ai préféré. C'est vrai, ce n'est certainement pas le film qui est le plus représentatif de son oeuvre mais tout de même, un excellent moment de plaisir.

Note: 3.5/5

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30 janvier 2010

L'orphelinat (El Orfanato)

el_orfanatoDe: Juan Antonio Bayona

Avec: Belen Rueda, Fernando Cayo, Roger Princep, Mabel Rivera, Montserrat Carulla, Andres Gertrüdix, Edgar Vivar, Geraldine Chaplin, Alejandro Campos, Georgina Avellaneda,...

Pays: Espagne, Mexique


Année: 2007

Synopsis

En retournant sur les lieux de son enfance, un mystérieux orphelinat de bord de mer, Laura et son mari réveillent l'imagination de leur fils adoptif, Simon, qui soudain disparaît. Aspirée dans un univers cauchemardesque, Laura doit alors affronter les souvenirs du passé et vaincre les fantômes de l'orphelinat.

Avis

Il est intéressant de constater à quel point le cinéma hispanique ou des cinéastes de cette origine ont réussi à nous fournir des films d'horreur ou à suspens qui sont très prenants. Les autres de Alejandro Amenabar, Rec de Jaume Balaguero, quelques films de Guillermo Del Toro ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodovar (ah non, pardon, lui n'a rien à faire là même si la vision de la vie du cinéaste espagnol dans ce film est horrible sont des exemples probants. Il faut désormais ajouter L'orphelinat de Juan Antonio Bayona à cette liste. Le genre est bien représenté chez nos amis hispaniques, d'autant que ce film possède quelques atouts pour vous convaincre.
Si l'on se réfère au succès public que le film a eu, devenant au passage le meilleur film espagnol au box-office et le succès critique ou du milieu (7 Goyas remportés), cette oeuvre avait vraiment tout pour me plaire. D'autant que je suis plutôt avide du genre.
Bon, ce film m'a énormément fait penser à celui de Amenabar. Pourtant, le scénario de L'orphelinat a été écrit bien avant celui de Les autres. C'est un film qui crée petit à petit une ambiance, bien servi par l'interprétation de Belen Rueda et une atmosphère musicale vraiment prenante. Franchement, Bayona prends son temps, nous offre parfois de superbes plans, grâce aussi à une superbe photo et quelques moments de tension ou de suspense sont vraiment prenants. Et puis il y a quand même l'une ou l'autre séquence qui sont vraiment bien foutues. Celle où le médium vient dans la maison (formidable petit rôle pour Geraldine Chaplin) ou encore les dix ou quinze dernières minutes qui sont vraiment pas mal non plus même si je trouve que le film s'étire un peu inutilement. D'autant que le final nous fait partager entre joie et tristesse. Un peu de la même manière que le film d'Amenabar, sauf que je trouve ce dernier parfait dans le genre avec une sacrée Nicole Kidman au casting.
Bon, faut pas chipoter quand même, cette oeuvre est quand même vachement réussie pour un premier film. surtout que Bayona est incroyablement bien entouré. J'ai bien pris mon pied, pas vu le temps passer et je vous le conseille fortement.

Note: 4/5

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28 janvier 2010

Rio Bravo

Rio_BravoDe: Howard Hawks

Avec: John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson, Angie Dickinson, Walter Brennan, Ward Bond, John Russell, Pedro Gonzales-Gonzales, Estelita Rodriguez, Malcolm Atterbury,...

Pays: Etats-Unis


Année: 1959

Synopsis

D'un côté, une force armée qui met tout en oeuvre pour sortir de prison un camarade emprisonné pour meurtre. De l'autre, le shériff John T. Chance et ses deux adjoints: un alcoolique en sevrage, et un vieil éclopé. Leurs maigres rangs sont complétés par un jeune as de la gâchette et une femme au passé obscur, qui n'est pas insensible aux charmes de Chance.

Avis

Sans être mon genre favori, le western possède pour moi pas mal de qualités et j'aime me regarder de temps en temps un de ces films qui flaire bon l'Ouest américain, les bars où les demoiselles se dévêtissent et où les hommes ont la gâchette rapide. Parmi les plus emblématiques du genre, il y a très certainement Rio Bravo de Howard Hawks.
Oui mais voilà, avec le film de Hawks, si vous vous attendez à de l'action, aux hommes à la gâchette facile et aux femmes qui se déshabillent, vous allez être cruellement déçus. Le metteur en scène privilégie ici un huis-clos psychologique plutôt que de l'action. Et pourtant, les 2h30 de film passent très rapidement, grâce à un scénario pointu et une mise en scène qui offre toujours du rythme. On est bel et bien devant l'un des meilleurs westerns jamais créé.
Il faut dire que Hawks est servi par quelques grands noms du genre. John Wayne tout d'abord, qui joue le shérif au grand coeur mais qui n'a peur de rien. Ensuite, il y a Dean Martin, dans un de ses meilleurs rôles, adjoint au shérif mais souffrant de graves problèmes d'alcool. Le vieil éclopé, bien sympathique, prêt à tout pour aider les deux autres hommes. Il y a Ward Bond qui joue l'ami de Chance (le shérif donc) et enfin Angie Dickinson qui vient apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes. A noter aussi que Colorado, un nouvel arrivant qui aidera le shérif et sa bande est joué par Ricky Nelson. Toute cette équipe forme une véritable petite famille, entre une shérif qui porte très bien son nom (comme l'ensemble des personnages d'ailleurs: Colorado étant une fine gâchette par exemple alors que le Colorado est une arme à feu) et les autres. Deux personnages sont en quête de rédemption: le shérif adjoint qui est alcoolique et qui tente de s'en sortir et la jeune femme, qui a un passé plutôt trouble et qui essaie de devenir une autre femme dans cette nouvelle ville.
Cette famille, Howard Hawks va la filmer calmement. Il privilégie donc la psychologie des personnages, comme je l'ai déjà dit là-haut. Une volonté de faire qui me plait nettement plus que si le film avait laissé la part belle à l'action. Car il faut bien avouer qu'elle se fait très rare sur toute la durée de l'oeuvre. Mais il ne dresse pas que le portrait de ces personnages. Il va également confronter nos héros à la bande armée ennemie. Le mal contre le bien même si dans ce dernier, certains de nos personnages n'ont pas connu que le bonheur ou ont été dans le droit chemin. Il n'y a pas de manichéisme non plus vu qu'à un moment donné, le chef de la bande rivale vient quand même pour négocier, même s'il impose ses conditions.
En bref, c'est vraiment un très très grand western et je ne regrette vraiment pas de l'avoir découvert. C'est tout simplement un chef-d'oeuvre qui mérite bien sa réputation.

Note: 5/5

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26 janvier 2010

Je vais bien, ne t'en fais pas.

jeDe: Philippe Lioret

Avec: Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renauld, Aïssa Maïga, Simon Buret, Christophe Rossignon, Eric Hérson-Macarel, Thierry Lavat,...

Pays: France


Année: 2006

Synopsis

Comme elle rentre de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que Loïc, son frère jumeau, suite à une dispute avec son père, a quitté la maison. Loïc ne lui donnant pas de nouvelle, Lili finit par se persuader qu'il lui est arrivé quelque chose. Ce qu'elle va découvrir dépasse l'entendement.

Avis

Voilà un film qui a connu un véritable petit succès chez les téléspectateurs. Il faut dire que le film est servi par un joli casting, avec des acteurs très appréciés du grand public (Kad Merad et Mélanie Laurent), avec une musique qui a fait le tour du monde (Aaron - U-turn) et une histoire bouleversante. Je serai pourtant moins dithyrambique que la plupart des spectateurs.
Question mise en scène, Philippe Lioret est capable de filmer correctement et c'est déjà pas mal. Quelques jolis plans à gauche ou à droite mais rien de bien transcendant.
Coté casting, je dois bien avouer qu'il est super sympa. Premièrement, si Mélanie Laurent n'assure pas trop quand elle se retrouve face à des acteurs américains de gros calibre comme Brad Pitt dans Inglourious Basterds, elle est quand même douée face à ses compatriotes. Je ne chipoterais pas donc sur le César qu'elle a reçu pour son rôle ici. A noter que j'ai trouvé Kad Merad vraiment juste dans ce film, preuve qu'il sait jouer des rôles sérieux et qu'il ne devrait pas avoir trop de problèmes pour persévérer sur cette voie. Mais un des acteurs les plus intéressants est pour moi Julien Boisselier que j'ai trouvé d'un grand naturel.
Venons-en à l'histoire, celle qui a ému pas mal de monde. Il faut bien avouer qu'elle tient la route pendant quelques temps, et puis si on y regarde attentivement, il y a moyen de deviner la fin beaucoup plus tôt que prévu et qu'ensuite des éléments ne collent pas du tout une fois l'oeuvre finie. C'est ici qu'arrivent les spoilers et donc ceux qui n'ont pas vu le film, arrêtez la lecture ici et rendez-vous au prochain paragraphe. Premièrement, Lili rend visite à un ami de son frère au tout début du film. Bizarre que celui-là ne soit pas au courant de ce qui s'est passé avec Loïc. Ensuite, une carte postale du jeune homme est censée être arrivée le... 1er janvier. Tiens, le Nouvel An n'est pas férié maintenant? Surtout que les cartes postales sont très importantes. Bon en dépit de cela, des événements qui s'enchaînent, on vient à se douter de l'issue malheureuse de Loïc.
Mais au final, malgré les quelques défauts et incohérence, l'oeuvre de Lioret se regarde sans mal, touchant un très large public, avec un format court qui est le bienvenu (excellente idée que le film ne dure que 90 minutes), des acteurs sympathiques, Je vais bien, ne t'en fais pas. est un bon moment de détente, dont le succès est peut-être exagéré mais pas forcément démérité.

Note: 3.5/5

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24 janvier 2010

La dolce Vita

LaDolceVitaDe: Federico Fellini

Avec: Marcello Mastroianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée, Magali Noël, Yvonne Furneaux, Lex Barker, Alain Cunny, Annibale Ninchi, Walter Santesso, Valeria Ciangottini, Riccardo Garrone,...

Pays: France, Italie


Année: 1960

Synopsis

Marcello, chroniqueur mondain, fait le tour de Rome afin d'alimenter sa rubrique. Il y rencontre une faune corrompue et dérisoire qui feint de s'amuser et dissimule mal son ennui...

Avis

Ah cette Dolce Vita, dur dur de passer à côté quand on se dit cinéphile. D'autant que la réputation de ce film est grande. Récompensé par une palme d'or à Cannes, l'oeuvre de Fellini est un immanquable du septième art. Et bien pourtant, j'ai trouvé le tout assez mitigé! De grandes choses et d'autres beaucoup plus ennuyantes à mes yeux.
Le problème, c'est que je me suis embêté sur pas mal des segments. En effet, Fellini coupe son film en morceaux où le fil conducteur est Marcelo qui doit choisir entre une vie rangée ou une vie pleine de déchéance. Le problème, c'est que certaines scènes tirent véritablement en longueur, rendant le tout extrêmement ennuyant (je peux donner l'exemple de l'orgie finale, de la fête chez les bourgeois, etc.). En fait, Fellini s'amuse à filmer la déchéance, la déchéance, la déchéance et encore la déchéance au téléspectateur. Le film dure un peu moins de 3 heures et honnêtement, il aurait, à mon sens gagner à être entre 40 minutes et une heure moins long. Fellini devait certainement prendre les téléspectateurs pour des mous du cerveau pour nous montrer autant de scènes de déchéances, tirées en longueur et il voulait être certain que celui-ci comprendrait.
Ad contrario, j'ai trouvé certains passages totalement géniaux. Bon, il y a d'abord la scène dans la fontaine qui est un vrai classique et qui est remarquable. Ensuite, il y a cette jeune fille qui regarde Marcelo tout à la fin du film et où l'on comprends le choix du jeune homme. Sa vie ne sera que déchéance et abandonnera cette demoiselle qu'il connait pourtant mais représentant l'innocence, la pureté et une vie une peu trop rangée pour lui. Bref, quelques segments sont véritablement incroyables et démontrent quand même un certain génie chez Federico Fellini. Il y a aussi un tout grand Mastroianni, bien secondé par d'autres rôles exceptionnels. Impossible de ne pas fondre devant Anita Ekberg qui est une femme vraiment splendide.
Bref, du pour et du contre chez ce cinéaste. Un film mitigé qui prend parfois des allures de chef-d'oeuvre avant de plonger dans des scènes d'un ennui total, où Fellini exagère dans son propos. Le film a ses fans. Je n'en fais pas partie.

Note: 2.5/5

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22 janvier 2010

Les Indestructibles (The Incredibles)

TheIncredibles_posterDe: Brad Bird

Avec les voix en V.O. de: Craig T. Nelson, Holly Hunter, Samuel L. Jackson, Jason Lee, Brad Bird, Spencer Fox, Sarah Vowell, Maeve Andrews, Elizabeth Pena, Wallace Shawn, John Ratzenberger,...

Pays: Etats-Unis


Année: 2004

Synopsis

Bob Paar était jadis l'un des plus grands super-héros de la planète. Tout le monde connaissait "Mr. Indestructible", le héros qui, chaque jour, sauvait des centaines de vies et combattait le mal. Mais aujourd'hui, Mr. Indestructible est un petit expert en assurances qui n'affronte plus que l'ennui et un tour de taille en constante augmentation. Contraint de raccrocher son super costume quinze ans plus tôt à la suite d'une série de lois ineptes, Bob et sa femme, Hélène, ex-Elastigirl, sont rentrés dans le rang et s'efforcent de mener une vie normale avec leurs trois enfants.

Avis

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais les films sur les super-héros ne courent pas les rues sur mon blog. Hormis les Batman de Nolan, Watchmen ou un Spider-man, ça ne fait beaucoup comparé à la flopée de films sur le sujet qui existent. L'oeuvre de Pixar fait la part belle aussi aux scènes d'action à la James Bond, personnage de film que je n'apprécie pas trop non plus.
Et pourtant, Les Indestructibles est un melting-pot des deux. J'avais donc très peu de chance d'apprécier sur papier mais que nenni, j'adore. C'est même le Pixar que j'ai revu le plus souvent depuis sa sortie. Un de mes préférés sans aucun doute.
J'aime d'abord assez bien le thème du film. Celles de super-héros qui vivotent dans leur vie actuelle et qui ont été obligés de se ranger sur ordre du gouvernement. Après un début où l'on voit les exploits de nos héros, il est normal que certains d'entre eux soient très nostalgique comme Bob Paar donc. On peut dire qu'il vivote dans le présent avec les souvenirs d'un passé glorieux. Bref, des personnages has-been qui tentent tant bien que mal de trouver leur place dans la société.
Ensuite, niveau animation, il y a pas à dire ça jette comme d'habitude. Pixar connait vraiment bien son boulot. Mais ça n'a rien d'étonnant à cela. Et puis comme je l'ai dit un petit peu plus haut, ce côté James Bond et super-héros présents ici fonctionne à merveille en tant que dessin animé. Je reproche juste à Pixar d'avoir encore foutu quelques petites longueurs inutiles dans le film. C'est dommage car pour moi, on était encore en route vers un sacré chef-d'oeuvre. Mais tout de même, on est ici face à une famille très attachante où Pixar parvient à encore réussir une sauce composée de gags, d'action, d'émotion et de réussite en matière d'animation. Ce serait dommage de se priver, surtout que pour la première fois depuis qu'ils réalisent des longs, le studio a choisi de mettre les humains comme personnages principaux de leur film.

Note: 4/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 2000 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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