La culture sous toutes ses formes

Un blog sur le cinéma (surtout!), mais également sur des livres, des documentaires, des mangas, des séries et un peu de musique. Et pourquoi pas un jour sur les jeux vidéos?

18 mai 2013

Malveillance (Mientras duermes)

Malveillance

De: Jaume Balaguero

Avec: Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan, Petra Martinez, Iris Almeida, Carlos Lasarte, Pep Tosar, Margarita Roset, Oriol Genis, Carlos Fernandez, Roger Morilla, Maria Dolors Vidal,...

Pays: Espagne

Année: 2011

Synopsis

César est un gardien d’immeuble toujours disponible, efficace et discret. Disponible pour s’immiscer dans la vie des habitants jusqu’à les connaître par cœur ; discret quand il emploie ses nuits à détruire leur bonheur ; efficace quand il s’acharne jusqu’à l’obsession sur Clara, une jeune femme insouciante et heureuse…

Avis

César est un gentil concierge. Toujours avenant, prêt à rendre service et poli. Il connait bien tout le monde dans l'immeuble dans lequel il vit. Mais César il est malheureux. En fait, il le dit lui-même, il est né comme ça. Alors pour être moins malheureux, César s'amuse à rendre les locataires tristes, à s'immiscer dans leur vie et à faire en sorte qu'eux soient moins heureux. Comme ça, il est un peu moins malheureux César.

Balaguero est le fameux bonhomme derrière la saga à la caméra épileptique qu'était Rec. D'ailleurs l'immeuble dans lequel travaille César possède des petites ressemblances à celui du film précédemment cité. Et si Malveillance se veut nettement plus classique dans sa mise en forme, Balaguero nous plonge dans l'univers d'un psychopathe en puissance, d'un Jason ou d'un Freddy espagnol, se cachant derrière un quidam.

Une grande partie de l'histoire nous est racontée par César lui-même, en un flashback sur les événements qui le poussent à avoir envie de se suicider. Si l'introduction ouvre assez bien l'appétit, on peut regretter que Balaguero nous présente trop vite à quel point le personnage est dérangé. D'un point de vue global, il manque de l'audace tant dans la forme que dans le fond.

Même si Balaguero ne sort pas des sentiers battus, il propose au moins une oeuvre qui entraine son spectateur. Nous sommes d'ailleurs bien loin d'un film d'épouvante ou d'horreur. Le cinéaste ne lorgne presque jamais là-dessus, hormis sur l'une ou l'autre scène, mais c'est très rare. C'est plutôt un thriller haletant pour savoir si on va enfin parvenir à arrêter César. La police enquête et on se rapproche de plus en plus de lui.

Tout ce que l'on peut dire, c'est que Balaguero a créé un personnage totalement démoniaque derrière de traits banals. L'homme est un véritable monstre racontant d'ailleurs tous ses exploits à sa mère alitée. On reste quand même bouche bée face à une telle méchanceté, mais toujours contenue dans ce qu'on voit à l'écran. Hormis peut-être dans le sang qui gicle lors du seul meurtre du bonhomme. Mais pas question de voir le viol sur la femme, par exemple, droguée.

Au final, Malveillance est un film plutôt réussi, ne renouvelant certainement pas les codes du genre, mais qui parvient à trouver sa place, grâce à un personnage absolument barré.

Note: 3.5/5

 

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16 mai 2013

L'honneur des Prizzi (Prizzi's Honor)

L'honneur des Prizzi

De: John Huston

Avec: Jack Nicholson, Kathleen Turner, Robert Loggia, John Randolph, Anjelica Huston, William Hickey, Lee Richardson, Lawrence Tierney, CCH Pounder, Stanley Tucci,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1985

Synopsis

Lorsque Charley, italien, et Irene, polonaise, se rencontrent, c'est le coup de foudre. Ils s'aiment, ils se marient. L'histoire commence ici. Charley est l'executeur d'une des plus celebres familles de la mafia, les Prizzi, et la belle Irene exerce en free-lance la meme dangereuse activite.

Avis

Décidément ce n'est pas encore avec ce film que je vais me considérer en bons termes avec John Huston. L'honneur des Prizzi porte un regard relativement décalé sur le monde de la mafia et une tentative d'histoire originale entre deux tueurs à gages qui se voient proposer un bien drôle de contrat.

Le gros problème de l'oeuvre de John Huston porte sur son manque de crédibilité. A titre personnel, il m'a été impossible de croire à ce que je voyais durant la première heure de ce film. Déjà, les deux personnages qui tombent amoureux au premier coup d'oeil, non merci. C'est déjà sûr de me perdre en partie. Et puis même, comment les héros du film ne se rendent pas compte de l'improbabilité des événements. Comment peut-on être con à ce point du côté de Charley pour croire la femme blanche comme neige et honnête comme une sainte ?

Ensuite, l'oeuvre oscille vraiment entre le film de mafia sérieux et la comédie. Difficile de s'y retrouver et on a l'impression que Huston lui-même ne savait pas quel ton adopter. Maintenant, il faut reconnaître que cette tentative de décalage apporte un bon plus parce qu'imaginez si ça avait été uniquement sérieux, l'oeuvre n'aurait absolument rien apporter à un genre qui a connu ses lettres d'or avec Coppola, Scorsese ou, de moindre mesure, De Palma.

Cependant, il y a quand même quelque chose qui fonctionne. A force de souligner le ridicule de ce monde, on en vient à se demander ce qui va se passer par la suite. En plus, le film peut compter sur des acteurs impeccables (peut-être un peu moins Nicholson, qu'on a déjà vu inspirer), essentiellement les seconds rôles.

Finalement, l'oeuvre se laisse regarder, mais souffre d'un manque de crédibilité flagrant que pour accrocher réellement.

Note: 2.5/5

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14 mai 2013

Tsar (Tzar)

Tsar

De: Pavel Lounguine

Avec: Piotr Mamonov, Youri Kuznetzov, Oleg Yankovsky, Alexandre Domogarov, Alexeï Makarov, Ivan Okhlobystin, Ramilia Iskander, Anastassia Dontsova, Alexander Ilyine, Oleg Sokolov,...

Pays: Russie http://franural.free.fr/drapeau_russie.gif

Année: 2009

Synopsis

1565. Ivan le Terrible, tsar de Russie, subit une défaite dans la longue guerre qui l'oppose à la Pologne. Il ne voit autour de lui que trahison. Pour lutter contre les traîtres, il crée une garde personnelle, "les Chiens du tsar", dont le signe de reconnaissance est une tête de chien accrochée à leur selle. "Les Chiens du tsar" plongent la Russie dans un bain de sang. Effaré, le métropolite - le chef de l'Eglise russe - se réfugie dans un monastère. Ivan le Terrible croyant comprendre et interpréter les signes, voit le Jugement dernier approcher...

Avis

Après le très beau et bon L'île, j'attendais pas mal du prochain film de Pavel Lounguine, Tsar. Evocation ici d'une partie du règne de Ivan le Terrible et de sa confrontation face au métropolite Philippe II. Un métropolite est une fonction assez haute de l'Eglise orthodoxe en Russie.

Lounguine propose une oeuvre assez superficielle en fin de compte, en dépit de ce qu'on pourrait croire. D'un côté, nous avons Ivan, leader terriblement pieux qui pense voir de nombreux signes de fin du monde et qui tient à se protéger en éliminant tout le monde et en répandant le sang et la terreur, notamment avec sa garde personnelle, les chiens du Tsar. De l'autre côté, Philippe, promu bien malgré lui métropolite par le Tsar, est un ami d'enfance justement de Ivan et tente, en vain, de le raisonner.

Superficiel car le cinéaste s'attaque, il me semble, à trop de choses en même temps. D'un côté, il veut présenter le mysticisme totalement fou du Tsar. De l'autre, il montre l'opposition évidemment plus clémente et plus sensée à ce sujet de Philippe II. Ensuite, les deux hommes vont s'opposer politiquement. Malheureusement, le cinéaste ne se montre pas très fin à ce sujet. D'un côté, on nous présente un Tsar qui ne prend que de mauvaises décisions et de l'autre un homme qui tente de l'en empêcher et de lui ouvrir les yeux. Un peu plus de finesse dans le personnage de Ivan n'aurait pas été de mal. S'il a bien été un fou sanguinaire, il est de coutume de dire que c'était un homme très intelligent, possédant sans aucun doute deux personnalités.

Le point le plus intéressant de l'oeuvre demeure finalement l'enjeu spirituel qui se dégage des deux hommes. D'un côté, un homme qui se montre très pieux, qui pense agir pour Dieu, mais qui n'en fait pas moins le mal autour de lui. De l'autre côté, Philippe, forcément homme d'église, mais qui agit pour le bien. Ce n'est pas toujours très fin, mais la séquence finale prend énormément d'ampleur.

Il reste aussi deux acteurs extraordinaires pour incarner ces deux personnages. A ce titre, Lounguine sait parfaitement s'entourer et sûrement les diriger au mieux. La réalisation n'est pas mal, mais manque parfois de rythme. Un film qui se regarde, mais qui ne marque pas les esprits, contrairement à L'île justement.

Note: 3/5

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12 mai 2013

A Wonderful Night in Split (Ta divna Splitska noc)

A Wonderful Night in Split

De: Arsen Anton Ostojic

Avec: Dino Dvornik, Coolio, Mladen Vulic, Michael Klesic, Marija Skaricic, Nives Ivankovic, Marinko Prga, Vicko Bilandzic, Ante Simun Majstorovic, Ivana Roscic, Pero Vrca, Dara Vukic, Nikola Ivosevic, Franko Strmotic, Mile Vukasovic, Tomislav Petric, Paul Klesic, Nenad Bego, Silvana Stanic,...

Pays: Croatie

Année: 2004

Synopsis

Un soir de réveillon, un vétéran laisse derrière lui une veuve de guerre et son fils traumatisé pour marquer un grand coup dans sa carrière de dealer. Une jeune junkie prostituée issue d'une famille aisée tente désespérément de récolter un peu d'argent. Quelques soldats américains éméchés, en mal de distraction, perturbent le calme des ruelles sombres du quartier médiéval de Split. Et enfin, dans un tout autre état d'esprit, une jeune couple souhaite passer son premier et dernier réveillon ensemble, sans être dérangé...

Avis

La Croatie n'a pas vraiment droit à énormément de publicité par chez nous au point de vue de son cinéma. C'est donc toujours avec une forme de curiosité que l'on découvre une oeuvre qui a droit à une sortie en DVD par chez nous, même à très petit prix. A Wonderful Night in Split, film de Arsen Anton Ostujic, est un film choral évoquant le destin croisé de plusieurs personnages et les liens qu'ils vont avoir lors de la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

La première chose qui étonne, c'est la mise en scène. Ostojic propose une réalisation incroyablement stylisée, avec de longs plans-séquences, suivant généralement les personnages à travers les petites ruelles de Split. Le tout est très propre. Le second élément étonnant est probablement l'utilisation du noir et blanc, très particulier, à mi-chemin entre le traditionnel et ce qui s'est vu dans Sin City.

Nous suivons l'évolution de plusieurs personnages dans cette nuit de fête. Un jeune couple qui s'apprête à vivre leur première fois, un ancien soldat dealer de drogue, une paumée camée, un baron local bientôt mort, un soldat américain suicidaire, tels sont les "joyeusetés" de ce film. Pourtant, difficile de sentir le désespoir tant la mise en scène n'appuie pas là-dessus et ne sombre pas dans quelque chose de pathétique.

Ostojic fait évidemment partie d'une génération qui a trop bien connu la guerre des Balkans, la destruction et la violence. Ici, à travers son film, ce sont ces inquiétudes sur son pays, la Croatie qui ressortent. Des inquiétudes, mais également des constats. La Croatie, à la sortie de la guerre, est en ruines. Les feux d'artifices du Nouvel An rappellent étrangement les bombes qui s'abattent sur les villes. Une vieille femme hurle son désespoir (au début on peut croire qu'elle se remémore la guerre, mais on découvrira plus tard pourquoi). C'est aussi une jeunesse désabusée ou des personnes plus âgées qui ne voient que la drogue ou la fuite pour sortir d'une forme de misère.

Ostojic est également assez doué pour les faux-fuyants. Il donne une idée d'une situation et la chamboule par après, grâce à la découverte plus précise d'un autre personnage, comme pour la vieille femme par exemple. L'oeuvre se termine avec les deux jeunes tourtereaux sous un trip de LSD. Le jeune garçon évoque la volonté de pouvoir voler et rejoindre Neverland. Il saute d'un toit et se met effectivement à voler. Ostojic propose probablement l'envie de retrouver une forme d'innocence pour cette jeunesse, mais aussi la possibilité pour eux d'évoluer dans un monde qui leur offre de vraies chances.

Il manque cependant une puissance narrative dans ce film que pour en faire un tout grand. Peut-être aussi le constat un peu noir rebutera certains. Mais n'oublions pas encore d'où viens Ostojic et ce qu'il a connu. En fait son film est avant tout assez poétique et un bel exercice de style. Pour une première, c'est vraiment pas mal.

Note: 3.5/5

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10 mai 2013

Le pont de la rivière Kwaï (The Bridge on the River Kwai)

Le pont de la rivière Kwaï

De: David Lean

Avec: Alec Guinness, William Holden, Jack Hawkins, Sessue Hayakawa, James Donald, Geoffrey Horne, André Morell, Heihachiro Okawa, Percy Herbert, Harold Goodwin, Peter Williams, M.R.B. Chakrabandhu,...

Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1957

Synopsis

En 1943, un régiment anglais interné dans un camp de prisonniers en Birmanie est affecté a la construction d'un pont en pleine jungle. Après s'être opposé à ce projet, le colonel cède aux exigences japonaises. Il ignore que les Américains préparent le dynamitage du pont...

Avis

David Lean est considéré comme l'un des meilleurs cinéastes par certains. Je constate alors avec effroi (oui, j'exagère un peu) que je n'ai toujours vu que le génial Lawrence d'Arabie. Je décide donc de me pencher sur sa carrière en m'attaquant au fameux Le pont de la rivière Kwaï, film de guerre, retraçant la construction de ce pont par les prisonniers britanniques.

Evidemment, il y a énormément de liberté par rapport à l'histoire avec un grand h. D'ailleurs, on pourrait reprocher à Lean de présenter une version largement édulcorée de cet événement de la Seconde Guerre mondiale. Exit les atrocités des Japonais qui viennent même à s'abaisser par moment au niveau de leurs prisonniers. En réalité, l'intérêt du film de Lean ne se retrouve pas dans les conditions de détention des prisonniers. Pour rappel plus de treize mille soldats alliés mourront dans la construction de la voie de la mort.

Mais il serait quand même faux d'affirmer que Lean occulte totalement ce fait. L'oeuvre débute par des soldats enterrant des compagnons et on y constate des Alliés souffrant de la chaleur et des conditions de détention. A cela s'ajoute la maladie. Il est aussi évident que le colonel japonais montre de la poigne face aux officiers britanniques. Mais, Lean va essentiellement s'intéresser dans un premier temps au duel de poigne et de contrôle des troupes qui va opposer le colonel japonais à son homologue britannique. C'est au premier qui cèdera.

Cet aspect est assez intéressant car il va permettre d'aborder la seconde partie de manière totalement différente. Une fois que les conditions du colonel Nicholson sont acceptées par Saïto, l'officier britannique va alors se mettre au service des Japonais pour la construction de ce fameux pont. Et on peut même y voir un excès de zèle. En réalité, on sent au fur et à mesure que l'on avance que Nicholson s'approprie, bien malgré lui, la construction de cet édifice. Et pour y parvenir il maintient une discipline auprès de la troupe. L'oeuvre pose bien la question de ce que l'on serait prêt à faire par rapport aux ordres que l'on reçoit et à quelle fin peut être utilisée la discipline.

Pour moi le film demeure trop long. La faute essentiellement à l'histoire qui se divise en deux. Si l'histoire de l'officier britannique est intéressante, celle de l'Américain l'est nettement moins par moment. Notamment dans sa mission pour aller détruire le fameux pont avec d'autres soldats. Leur marche dans la jungle est un peu trop longue et si, évidemment, leur but va de pair à l'histoire que l'on raconte du colonel Nicholson, la raccourcir n'aurait pas été désagréable.

Malgré tout le film comporte de nombreuses séquences cultes et parfois même drôles (le moment où l'on dévoile la véritable identité du soldat américain). A cela s'ajoute un casting cinq étoiles et une photographie remarquablement bien travaillée. La réalisation de Lean suit magnifiquement bien et si on excepte les quelques défauts, on est bien face à un grand film.

Note: 4/5

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08 mai 2013

Plus fort que le diable (Beat The Devil)

Plus fort que le diable

De: John Huston

Avec: Humphrey Bogart, Jennifer Jones, Gina Lollobrigida, Robert Morley, Peter Lorre, Ivor Barnard, Marco Tulli, Edward Underdown, Bernard Lee, Juan de Landa, Saro Urzi, Aldo Silvani,...

Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie

Année: 1953

Synopsis

Un bateau navigue vers les côtes d'Afrique. A son bord, des passagers plus ou moins assortis veulent acquérir des terres pour en extraire de l'uranium.

Avis

De ce que j'ai vu à l'heure actuelle de John Huston, je suis loin d'avoir été impressionné par son Moby Dick, totalement vieux jeu et démodé, ou par Le faucon maltais, pourtant si renommé. Ce n'est certainement pas Plus fort que le diable qui va me faire changer d'opinion sur le bonhomme. L'oeuvre se vaut être un mélange de film d'aventures, de comédie et de romance, mais le tout est mal équilibré.

En effet, difficile de savoir ce qu'a voulu réellement faire Huston sur la question. Disons qu'à force de vouloir toucher à tout, le cinéaste se perd quelque peu. D'autant que la réalisation est vraiment sans génie, une succession de plans fixes pour montrer des personnages qui parlent entre eux. Au final, c'est une oeuvre finalement trop bavarde. Et c'est par là qu'elle se distingue.

L'histoire est celle de personnages qui se mettent à poursuivre des chimères. Des éléments tels que devenir riche, tomber amoureux d'un autre homme que son époux. L'oeuvre réserve aussi un retournement final plutôt mal amené. Le genre de choses dont Huston semblait être friand. Reste heureusement une histoire qui ne manque pas de rythme (assez étrangement d'ailleurs), peut-être amené par l'humour qui peut se dégager des seconds personnages.

L'oeuvre peut s'appuyer sur un casting de classe pour les seconds rôles, dont Peter Lorre, le fameux tueur d'enfants de M le maudit de Fritz Lang. Par contre, le casting féminin est assez ridicule, on a toujours l'impression qu'elles surjouent là où Humphrey Bogart semble être nettement plus sur la réserve. En tout cas, il me semble particulièrement effacé par rapport à d'autres.

Un film pas totalement dégueulasse, mais c'est bien la preuve qu'en possédant un bon scénariste (Truman Capote), un réalisateur renommé et des acteurs reconnus qu'on ne fait pas un bon produit au final.

Note: 1.5/5

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06 mai 2013

1984

1984

De: George Orwell

Synopsis

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Avis

1984 est certainement l'un des romans les plus emblématiques de la science-fiction. Du moins à l'époque où il a été écrit tant le constat et les inquiétudes posées par son écrivain, George Orwell, semblent parfois prendre la tournure des événements que l'homme avait posé dans son roman.

Ce n'est pas la première fois que je le lis, mais la dernière lecture remontre facilement à plus de dix ans maintenant et il me semblait assez opportun de poser un nouveau regard dessus, plus mature. C'est pour moi une évidence, Orwell possède un grand sens de l'analyse à la fois des jougs totalitaires, mais également religieux. Il porte un regard assez juste sur les événements passés pour les consacrer au présent.

L'oeuvre est extrêmement sombre. Orwell y dévoile avec force ces inquiétudes, celle d'un monde totalement aseptisé où la classe dirigeante contrôle à la fois la classe moyenne et les prolétaires. A ces derniers, sans éducation, on leur offre les plaisirs simples, la possibilité du bistrot, du sport, de la loterie et une éducation limitée. Pour une classe plus moyenne, plus éduquée, on tend à la contrôle bien plus, à ne pas admettre la moindre erreur sous peine d'élimination. On exacerbe également pour les deux classes les sentiments nationalistes et envers un leader, pas réellement une personne, mais un parti lui-même.

L'être humain en tant qu'individu libre n'a plus réellement sa place. Il doit subir cette société et la suivre, sinon il ne peut vivre qu'en marge de celle-ci et être rapidement éliminé. Certains points d'échos avec notre société actuelle sont grands. Le plus inquiétant demeure peut-être que dans ces craintes, Orwell ne semble trouver de solution pour éviter qu'une telle chose ne se produise.

Peut-être que le personnage principal manque un rien d'envergure que pour plaire totalement et faire de ce livre, LE chef-d'oeuvre. Cette fin, aussi cruelle et pessimiste puisse-t-elle être, montre surtout à quel point avec un travail sur les masses, un parti peut dominer le monde. Car n'oubliez pas que Big Brother vous regarde. D'ailleurs, tout le monde aime Big Brother.

Note: 4.5/5

 

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04 mai 2013

L'Apollonide - souvenirs de la maison close

L'apollonide souvenirs de la maison close

De: Bertrand Bonello

Avec: Hafsia Herzi, Céline Sallette, Jasmine Trinca, Adèle Haenel, Alice Barnole, Iliana Zabeth, Noémie Lvovsky, Judith Lou Lévy, Anaïs Thomas, Pauline Jacquard, Maïa Sandoz, Joanna Grudzinska, Esther Garrel,...

Pays: France

Année: 2011

Synopsis

À l'aube du XXème siècle, dans une maison close à Paris, une prostituée a le visage marqué d'une cicatrice qui lui dessine un sourire tragique. Autour de la femme qui rit, la vie des autres filles s’organise, leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs douleurs... Du monde extérieur, on ne sait rien. La maison est close.

Avis

Il va être assez compliqué pour moi de parler de L'Apollonide, souvenirs de la maison close parce que l'oeuvre possède indubitablement énormément de qualités, mais qu'elles m'ont pour la plupart laissées de marbre. Le film a été présenté en compétition officielle au festival de Cannes.

Bonello me semble être un cinéaste assez cérébral où chaque plan semble vouloir signifier quelque chose. Par exemple, la photographie du film et certains plans sont de véritables hommages à certains peintres. Les actrices prennent des poses qui rappellent des peintures, etc. Cela offre au film un ton assez particulier et en tout cas une manière assez personnelle de se démarquer.

Le second point à noter, c'est que le film est quasiment un huis-clos. On évolue uniquement dans cette maison close où l'on suit les pérégrinations des clients, regardant avec attention et désir les prostitués, confortablement assises dans les divans, buvant le champagne et riant. La seule sortie de la maison est effectuée avec la maitresse des lieux pour prendre le soleil au bord d'une rivière.

En réalité, plus on avance, plus on constate que les sourires des jeunes filles sont de façades, forcés. De la même manière que cette prostituée, symbole de toute la maison, au sourire dessiné par un client sur son visage, après l'avoir coupé au rasoir au niveau des joues. Cette même femme qui pleure des larmes de sperme à la fin alors que les autres prostituées se vengent de l'homme. Ce sont des jeunes filles qui ont fait le choix de devenir prostituées et qui, pensant avoir une forme de liberté, se retrouvent enfermées dans cette maison constamment, accumulant des dettes qu'elles ne peuvent parfois rembourser. Enfermées à jamais dans un mode de vie, devenant des jouets du désir masculin.

Inutile donc de signaler plus que l'oeuvre de Bonello est loin d'être vide de sens. Mais le gros problème, c'est que j'ai ressenti énormément d'indifférence face à ce qui se déroulait. Les jeunes femmes sont trop peu personnifiées. On aurait pu avoir dix actrices différentes que cela aurait été le même. Pourtant, les actrices sont vraiment correctes. Certaines séquences sont trop cérébrales, travaillées, étudiées et parfois Bonello passe à côté dans certains de ses choix. Par exemple, les jeunes femmes dansent en pleurant et le cinéaste incorpore une musique récente dessus, un petit peu comme Coppola fille avait fait pour Marie-Antoinette. Le genre de choix que je n'aime vraiment pas.

La fin du film montre la disparition des maisons closes pour voir évoluer les prostituées dans les rues, mais la même détresse se lit sur le visage de ces femmes. Dommage que je me sois retrouvé totalement indifférent à tout cela, peut-être que le style, trop travaillé, trop tourné vers la peinture, m'a laissé de marbre. Peut-être que de ressentir finalement aucune empathie pour les personnages a joué en défaveur de cette oeuvre, qui je le répète, possède suffisamment de qualités pour trouver un public. Je n'en fais pas spécialement partie.

Note: 2.5/5

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02 mai 2013

La Luna

La luna

De: Enrico Casarosa

Avec: Krista Sheffler, Tony Fucile, Phil Sheridan

Pays: Etats-Unis

Année: 2011

Synopsis

Ce soir, pour la toute première fois, un enfant part travailler avec son père et son grand-père. Dans une vieille barque, ils prennent la mer et rament loin, si loin que lorsqu’ils sont arrivés, la terre est hors de vue. Là, en pleine mer, en pleine nuit, ils s’arrêtent et attendent. Découvrir en quoi consiste l’incroyable travail de ses aînés est une immense surprise pour le petit garçon. Doit-il suivre l’exemple de son père ou de son grand-père ? Entre leurs visions opposées des traditions ancestrales, pourra-t-il trouver sa propre voie ?

Avis

Ce dernier court-métrage Pixar réalisé par Enrico Casarosa est une véritable petite pépite présentée avant le long Rebelle. Prenant à contre-courant tout le monde avec un style incroyablement épuré graphiquement, l'oeuvre évoque un formidable parcours initiatique.

C'est l'histoire d'un jeune petit garçon qui accompagne pour la première fois son père et son grand-père en pleine mer pour effectuer le travail avec eux. Il ne sait absolument rien de leur boulot et la surprise va être de taille. C'est un court-métrage rempli de poésie et aussi d'une forme de romantisme.

On n'est pas dans de l'animation classique à la Pixar. Casarosa va chercher ailleurs ses références et on est parfois plus proche d'un style japonais que d'un court-métrage américain. Graphiquement, l'oeuvre est une très bonne surprise. Le style est en tout cas très particulier et mérite à lui seul le coup d'oeil.

L'histoire est donc celle d'un parcours initiatique où le jeune garçon va vouloir suivre l'exemple de ses deux ainés. Il est évidemment influencé par ce qu'ils font et les deux adultes ont deux méthodes bien à eux pour travailler ou mettre leur casquette sur la tête. C'est face à une difficulté que le jeune garçon va trouver sa voie. Il s'affirme par rapport aux adultes. Le tout possède vraiment une forme de poésie et il s'agit certainement d'un des meilleurs courts de Pixar.

Note: 5/5

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30 avril 2013

Mission : Impossible - Protocole fantôme (Mission : Impossible - Ghost Protocol)

Mission-impossible Protocole fantôme

De: Brad Bird

Avec: Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Paula Patton, Michael Nyqvist, Vladimir Mashkov, Josh Holloway, Anil Kapoor, Léa Seydoux, Tom Wilkinson, Miraj Grbic, Ivan Shvedoff, Brian Caspe, Ving Rhames, Michelle Monaghan,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2011

Synopsis

Impliquée dans l'attentat terroriste du Kremlin, l'agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l'opération "Protocole Fantôme", Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l'agence et de déjouer toute nouvelle tentative d'attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l'agent doit s'engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d'IMF dont il n'a pas bien cerné les motivations…

Avis

N'étant pas un grand fan des Mission: impossible - le premier ne m'ayant pas laissé un souvenir impérissable bien que sympathique - j'ai sauté le deuxième et troisième film pour directement me retrouver avec le quatrième dont la réalisation est laissée de manière surprenante à Brad Bird qui n'a fait ses classes que dans le monde de l'animation, chez Pixar.

Mes seules craintes reposaient dans le fait de retrouver les mêmes défauts que dans le tout premier opus, à savoir un casting assez inégal, de sacrés coups de mous et surtout des situations à mes yeux bien trop irréalistes (le coup de l'hélicoptère avec le TGV me fait toujours sourire). Il est évident que la saga Mission: impossible comporte que cela quasiment, des situations invraisemblables, exagérées, mais la limite de ce que j'accepte avait été dépassée.

Ici, Bird nous envoie à Budapest, Moscou, Dubaï ou encore Bombay en compagnie d'Ethan Hunt et de ses coéquipiers pour une mission vraiment impossible, sauver la planète entière d'un terroriste prêt à faire exploser une ogive nucléaire sur les USA après avoir explosé le Kremlin. A noter que le film se regarde forcément indépendamment des histoires précédentes, même si des liens sont fait avec le troisième, ça se regarde sans problèmes.

Bird offre un film qui n'offre que très peu de temps de pause avec énormément d'action et d'humour. Budapest est très sympathique, le Kremlin hausse le niveau et le top du top est atteint sur la plus haute tour du monde avec une séquence tout simplement gigantesque. Il faut reconnaître que Tom Cruise, en partie producteur et donc grosse vedette à l'écran, assure un maximum dans son rôle.

Il est bien aidé de la sorte par un casting d'acteurs parfaits dans leur second rôle. Simon Pegg ajoute une énorme dose d'humour. Jeremy Renner apporte ses muscles pour aider l'agent Hunt et le charme féminin est assuré de belle manière par Paula Patton. A noter que même la seule actrice française, Léa Seydoux, est convaincante pour son peu de temps d'apparition face à un tel casting international, c'est dire.

Personnellement, j'ai bien pris mon pied entre toutes les séquences d'action, les moments d'humour et le jeu d'acteurs vraiment parfait. Quelques petits défauts à gauche à droite avec notamment une course-poursuite un rien trop longue dans Dubaï avec la tempête de sable ou la mort de la tueuse à gages française, un peu trop vite expédiée à mon goût par la fenêtre. Mais on chipote car Mission: impossible Protocole fantôme est certainement ce qu'il se fait de mieux dans le genre sur ces quelques dernières années.

Note: 4/5

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