14 mai 2008
Le Doulos
De: Jean-Pierre Melville
Avec: Jean-Paul Belmondo, Serge Reggiani, Michel Piccoli, Jean Desailly, Fabienne Dali, Marcel Cuvelier, Philippe Nahon, Charles Bayard, René Lefèvre, Monique Hennessy,...
Pays: France, Italie

Année: 1962
Synopsis
A sa sortie de prison, Maurice Faugel vole et assassine le receleur responsable de la mort de sa femme. Après avoir dissimulé le butin, il prépare un nouveau cambriolage avec deux complices, Silien et Rémy. Mais Silien, également ami du commissaire Clain, est un indicateur...
Avis
Melville était un touche-à-tout dans le cinéma français mais c'est avec le film policier qu'il a écrit ses plus belles lettres de noblesse. Parmi eux, il y a Le doulos.
Le doulos, c'est un chapeau. Mais dans le jargon policier, c'est un indicateur ou celui qui porte le chapeau. Voilà pour l'explication du titre.
Au final, on obtient un film policier assez bien construit, dans le milieu des cambrioleurs et voleurs, parfois assassins, où l'amitié possède une place importante mais où les trahisons sont évidemment interdites.
Pour commencer, il faut mettre en avant l'immense casting: Reggiani, Piccoli et Belmondo composent un trio incroyable. Personnellement, j'avais quelques craintes par rapport au personnage de Bebel. S'il ne m'est pas aussi insupportable que Delon par exemple, on ne peut pas dire qu'il figure parmi mes acteurs français favoris comme peuvent l'avoir été d'autres comédiens. La pillule passe même si, encore une fois et à titre personnel, j'aurais préféré voir un autre acteur, Belmondo assure et c'est finalement le principal. On préférera toutefois le jeu de Piccoli ou de Reggiani. A noter que le premier a déjà été dirigé par le metteur en scène dans Léon Morin, prêtre.
Au niveau de la réalisation, on constate une fois de plus que Melville, c'est du solide. Pour preuve: le premier plan-séquence plutôt réussi. Même si on n'atteint pas la précision et la maturité dont le réalisateur avait fait preuve pour L'armée des ombres.
Cette oeuvre, d'un point de vue de l'histoire donne directement le ton: "Il faut choisir... mourir... ou mentir?" La citation de Celine ouvre le film et nous indique comment sont les personnages. Chacun possède sa propre personnalité et ment. Une oeuvre noire, véritable hommage au polar américain que Melville aimait tant. Le français fera des émules chez Tarantino ou Woo encore qui affectionnent tant le cinéma de ce cinéaste. On obtient avec Le doulos, une oeuvre assez complexe, parfois compliquée mais admirablement bien construite.
S'il ne s'agit nullement de la meilleure oeuvre de Melville, on obtient un classique du polar français. Ce n'est déjà pas si mal...
Note: 4/5
11 mai 2008
La Prisonnière du désert (The Searchers)
De: John Ford
Avec: John Wayne, Jeffrey Hunter, Vera Miles, Ward Bond, Natalie Wood, John Qualen, Olive Carey, Harry Carey Jr., Lana Wood,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1956
Synopsis
Texas 1868. La famille d'Aaron Edwards est décimée par une bande de Comanches qui attaquent son ranch et enlèvent ses deux fillettes. Ethan, le frère d'Aaron, découvre le drame et se lance sur les traces des ravisseurs avec deux autres compagnons.
Avis
Une porte s'ouvre, un personnage s'avance. La caméra est subjective et on aperçoit au loin un cavalier qui approche avec comme toile de fond les décors de la Monument Valley. Un premier plan-séquence superbe qui vaut au fond rien qu'à lui seul, la vision du film.
Une fois encore, Ford fait confiance à John Wayne. La prisonnière du désert marque la 16ème collaboration (sur 24!) entre les deux protagonistes. Mais il n'est pas le seul à retrouver une nouvelle le réalisateur américain: Jeffrey Hunter et Vera Miles avaient également pour habitude de tourner avec Ford. L'oeuvre se base également sur une histoire vraie, adaptée tout d'abord en roman par Alan Le May. Une fille blanche a été enlevée en 1836 par des Comanches. Elle deviendra la femme du chef avant d'être retrouvée par les Blancs et reconduite à la "civilisation" malgré ses réticences.
Les Indiens... Justement, c'est probablement-là que se situe le plus gros problème. Ils apparaissent plutôt primaires. Et puis, Aaron Edwards, le personnage de Wayne, est probablement ce qui se fait de mieux en matière de racisme contre les Peaux-Rouges. Malgré que leurs attaques sont rusées, ils demeurent assez idiots, vils, et prêts à tout pour se faire de l'argent par exemple.
Fort heureusement, et en contre-partie, Aaron Edwards n'est pas exempt de tous reproches puisque c'est un homme raciste. Et le personnage est assez torturé. Il apparaît peut-être comme un justicier au début, mais ses actes en font finalement un homme que l'on détesterait aisément. Ainsi, une fois qu'il retrouve sa nièce, il veut la tuer car elle a adopté les us et coutumes des Indiens. On n'assiste donc pas à un simple western manichéen. D'ailleurs, John Ford a tout sauf été raciste et le film Les Cheyennes en est probablement la meilleure preuve.
Ethan Edwards est un solitaire, justicier à ses heures mais également tourmenté par tout ce qu'il a pu vivre. De plus, il semble avoir eu des ennuis avec la justice dans d'autres états. C'est un homme qui est fait pour l'aventure et la scène finale, lorsqu'il ramène sa nièce à la maison, on obtient une nouvelle fois un superbe plan-séquence de Ford: la caméra est placée dans la demeure et tout le monde rentre un par un dans la maison, excepté Edwards. La porte se referme alors et le film s'achève comme il a commencé. Edwards a certes pardonné à sa nièce d'être devenue une indienne mais lui a décidé de continuer une vie d'aventures.
Bref, La prisonnière du désert n'est pas parfait, on est bien loin de la qualité de L'homme qui tua Liberty Valance mais tout de même, Wayne + Ford + Western = très bon résultat dans la plupart des cas. Même si ici, on constate l'un ou l'autre défaut...
Note: 4/5
08 mai 2008
Les Chiens de paille (Straw dogs)
De: Sam Peckinpah
Avec: Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, T.P. McKenna, Del Henney, Ken Hutchinson, Jim Norton, Donald Webster, Len Jones, Sally Thomsett, Colin Welland,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1971
Synopsis
David, mathématicien américain et réservé, retourne habiter avec sa femme dans l'arrière pays anglais, pour fuir la violence chaotique des Etats-Unis. Mais quand David engage une équipe locale pour réparer sa grange, celle-ci commence à harceler le couple, mais passif, David ne fait rien pour arrêter ces hommes. Cela continue et s'intensifie, jusqu'au jour où ils le poussent à bout...
Avis
Voilà probablement le plus célèbre film de Peckinpah. Il faut dire que Straw Dogs fut censuré un temps en Grande-Bretagne à cause de la violence qu'il contenait et de notamment une scène de viol assez longue, trop insoutenable pour l'époque. Il n'en falllait pas moins pour que le film jouisse d'une certaine réputation, d'autant qu'un film non moins violent est sorti presqu'en même temps, à savoir Orange mécanique de Stanley Kubrick. Cependant, force de constater qu'entre les deux, c'est bel et bien le dernier qui réalisera la meilleure oeuvre, Straw dogs possédant l'un ou l'autre défaut bien trop gros que pour jouer dans la même catégorie.
Cependant, il existe des qualités indéniables. Ainsi, commençons par le duo formé par Dustin Hoffmann et Susan George. C'est bien simple, on ressent une énorme complicité entre les deux protagonistes, au point même qu'on se poserait la question de savoir s'ils sont uniquement un couple qu'à l'écran. La prestation de Hoffmann est remarquable tout au long de l'oeuvre. Pour Susan George, il est un peu plus compliqué de la situer car son personnage est assez ambigu. Certes, il est clairement volontaire au début mais on a l'impression que Peckinpah et George ne savent pas eux-mêmes jusqu'à quel point. J'y reviendrai plus tard.
D'un point de vue de la réalisation, on observe une maîtrise également parfaite de la part de Peckinpah. Tout d'abord, il parvient à instaurer une atmosphère assez étrange qui perdure tout le long de l'oeuvre. La campagne anglaise, les personnes qui la composent, une justice parfois différente, des façons de vivre qui n'ont également rien à voir,... Bref, n'importe qui trouvera l'ambiance étrange. Personnellement, c'est un village qui n'inspire pas confiace et qui est composé de personnes assez rudimentaires.
Ensuite, la scène du viol aurait pu être abominable, comme l'a été celle de Irréversible de Gaspard Noé. Fort heureusement, pour ne pas trop éprouver le spectateur, Peckinpah a l'excellente idée de nous proposer des flashs sur David (parti à la chasse avec quelques villageois, ce qui n'était qu'un prétexte pour l'éloigner de la maison) et de jouer la carte de la distanciation. Cependant, il faudra revenir un peu plus tard sur la façon dont le viol a été provoqué et qui rentre une nouvelle fois dans la façon dont le personnage de Susan George est traité et est très ambigu.
Enfin, on terminera par la scène finale, assez remarquable en soi. Ainsi, la vengeance de David est assez incroyable car il s'agit à la base d'un homme calme, ne répondant à aucune provocation qui finit par exploser (au sens figuré évidemment). Ainsi, il combat un à un, tous ceux qui l'ont provoqués et qui lui ont fait du mal. Mais c'est aussi le parallèle avec l'un des personnages, ancien pédophile et également recherché par les villageois qui est intéressant. Il faut donc mesurer l'importance de la dernière scène où ce personnage dit qu'il ne sait plus ou est chez soi et où David répond que ce n'est pas grave, pour lui non plus. On comprend alors qu'il ne reviendra jamais dans ce village et qu'il abandonne sa femme.
Sa femme... Justement, parlons-en. Certes, c'est bien triste le viol qui lui arrive. Mais on dirait vraiment que Peckinpah veut que le viol, ben au fond, c'est la faute à la bonne femme. Tenues aiguicheuses, relation avec un ancien villageois, provocations envers d'autres villageois (elle écarte les jambes alors qu'elle est en jupe, passe seins nus devant les ouvriers,...). Bref, elle joue la provocation mais de manière volontaire. Alors, il est clair que les hommes ne sont pas mieux. Certes, ils ne sont que des personnages en quête de chair fraîche mais tout de même, le rôle de la femme n'est pas négligeable dans le viol. D'ailleurs, la relation avec son mari va devenir de plus en plus tendue au fil du temps, puisqu'elle semble retomber amoureuse de son ancien amant et cela se remarque très facilement, puisque avant de se faire violer par le second, elle aura une relation avec celui-ci qui même s'il l'a un peu forcée au début, elle ne finira pas par y rechigner. Ca devient nettement plus flagrant lors du combat final entre son mari David et son ancien amant où elle prendra vraiment parti pour le dernier et qu'il y trouvera une certaine tristesse. Bref, voici un personnage très ambigu qu'il me semble que Peckinpah n'a pas géré parfaitement au point même que l'on se pose la question de savoir s'il n'était pas mysogine... En dehors de cela, on obtient un très bon film et qui démontre une fois de plus que ce metteur en scène était très talentueux.
Note: 4/5
Mon top
Voilà mon top, assez dérisoire par rapport à d'autres, mais j'ai encore beaucoup de bonnes choses à voir...
Comme pour beaucoup de monde, il s'agit d'un choix qui porte essentiellement sur le côté affectif, tout en n'essayant de ne pas oublier les grandes valeurs qui composent le film...
1/ Aguirre, la colère de Dieu Werner Herzog
1972
2/ 2001, l’odyssée de l’espace Stanley Kubrick
1968
3/ Il était une fois en Amérique Sergio Leone
1984
4/ La ligne rouge Terrence Malick
1998
5/ Metropolis Fritz Lang
1925
6/ Avalon Mamoru Oshii
2001
7/ Taxi Driver Martin Scorsese
1976
8/ Orange mécanique Stanley Kubrick
1971
9/ Citizen Kane Orson Welles
1940
10/ Le bon, la brute et le truand Sergio Leone
1966
11/ Blade Runner Ridley Scott
1982
12/ Rusty James Francis Ford Coppola
1983
13/ Fenêtre sur cour Alfred Hitchcock
1954
14/ American Beauty Sam Mendes
1999
15/ M le maudit Fritz Lang
1931
16/ Psychose Alfred Hitchcock
1960
17/ L’armée des ombres Jean-Pierre Melville
1969
18/ Fight Club David Fincher
1999
19/ Folies de femmes Erich von Stroheim
1922
20/ Les temps modernes Charlie Chaplin
1936
21/ Sueurs froides Alfred Hitchcock
1958
22/ Elephant Man David Lynch
1980
23/ Sonatine Takeshi Kitano
1993
24/ Docteur Folamour Stanley Kubrick
1963
25/ Underground Emir Kusturica
1995
26/ Casablanca Michael Curtiz
1942
27/ Das Boot Wolfgang Petersen
1981
28/ Les lumières de la ville Charlie Chaplin
1931
29/ A l’Ouest rien de nouveau Lewis Milestone
1930
30/ Le Seigneur des Anneaux: le retour du Roi Peter Jackson
2003
31/ Bonnie & Clyde Arthur Penn
1967
32/ Trainspotting Danny Boyle
1996
33/ Le mécano de la Général Clyde Bruckman, Buster Keaton
1927
34/ Le cuirassé Potemkine Sergei M. Eisentein
1925
35/ Fitzcarraldo Werner Herzog
1982
36/ Les fils de l’homme Alfonso Cuaron
2005
37/ Lawrence d’Arabie David Lean
1962
38/ Delivrance John Boorman
1972
39/ In the mood for love Wong Kar-waï
2000
40/ Boulevard du crépuscule Billy Wilder
1949
41/ Pulp Fiction Quentin Tarantino
1994
42/ Terminator 2 : le jugement dernier James Cameron
1991
43/ Excalibur John Boorman
1980
44/ L’homme qui tua Liberty Valance John Ford
1961
45/ Le parrain Francis Ford Coppola
1972
46/ Le testament du Docteur Mabuse Fritz Lang
1932
47/ La passion du Christ Mel Gibson
2003
48/ Pink Floyd The Wall Alan Parker
1982
49/ 2046’ Wong Kar-waï
2004
50/ Les sept samouraïs Akira Kurosawa
1954
51/ Les sentiers de la gloire Stanley Kubrick
1957
52/ Memento Christopher Nolan
2000
53/ Amadeus Milos Forman
1984
54/ Aliens James Cameron
1986
55/ JFK Oliver Stone
1991
56/ Certains l’aiment chaud ! Billy Wilder
1959
57/ Battle Royale Kinji Fukasaku
2000
58/ Star Wars: l’empire contre-attaque Irvin Keshner
1980
59/ Le dictateur Charlie Chaplin
1940
60/ Kill Bill : volume 1 Quentin Tarantino
2003
61/ The Player Robert Altman
1992
62/ Le labyrinthe de Pan Guillermo Del Toro
2006
63/ Elephant Gus Van Sant
2003
64/ La horde sauvage Sam Peckinpah
1969
65/ La 317ème section Pierre Schoendoerffer
1964
66/ Turkish Delights Paul Verhoeven
1972
67/ Seven David Fincher
1995
68/ Au-delà de la gloire Samuel Fuller
1980
69/ Twin Peaks – fire walks with me David Lynch
1991
70/ Brazil Terry Gilliam
1984
71/ Princesse Mononoké Hayao Miyazaki
1997
72/Le nom de la rose Jean-Jacques Annaud
1986
73/ Rencontres du troisième type Steven Spielberg
1977
74/ Le dernier des mohicans Michael Mann
1991
75/ Jarhead Sam Mendes
2005
76/ Un après-midi de chien Sidney Lumet
1975
77/ Memories of murder Bong Joon-ho
2003
78/ Heat Michael Mann
1995
79/ AB-Normal Beauty Oxide Pang
2004
80/ A cause d’un assassinat Alan J. Pakula
1974
81/ Breaking News Johnnie To
2004
82/ Old Boy Park Chan-wook
2003
83/ Little Big Man Arthur Penn
1970
84/ Octobre Sergei M. Eisenstein
1927
85/ Reservoir dogs Quentin Tarantino
1991
86/ La grande bouffe Marco Ferreri
1973
87/ Mission Roland Joffé
1985
88/ Die Hard John McTiernan
1988
89/ Alien Ridley Scott
1979
90/ Les grandes gueules Robert Enrico
1965
91/ Le Nouveau Monde Terrence Malick
2005
92/ Le tombeau des lucioles Isao Takahata
1988
93/ Né un 4 juillet Oliver Stone
1989
94/ La bataille d’Alger Gillo Pontecorvo
1966
95/ L’anguille Shôhei Imamura
1997
96/ Blue Velvet David Lynch
1986
97/ Ghost in the Shell Mamoru Oshii
1995
98/ Mémoires de nos pères Clint Eastwood
2006
99/ The big Lebowski Joel Coen
1997
100/ Ed Wood Tim Burton
1995
03 mai 2008
Le dernier métro
De: François Truffaut
Avec: Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Jean Poiret, Andrea Ferreol, Paulette Dubost, Sabine Haudepin, Jean-Louis Richard, Maurice Risch, Heinz Bennent, Laszlo Szabo, Richard Bohringer, Alain Tasma,...
Pays: France 
Année: 1980
Synopsis
Paris, septembre 1942. Lucas Steiner, le directeur du théâtre Montmartre, a dû fuir parce qu'il est juif. Sa femme Marion Steiner dirige le théâtre et engage Bernard Granger, transfuge du Grand Guignol, pour jouer à ses côtés dans "La disparue", que met en scène Jean-Louis Cottins. Jusqu'au soir de la générale, la troupe subit les menaces du virulent critique de "Je suis partout", Daxiat, dont l'ambition est de diriger la Comédie Française. Et si, par amour pour sa femme, Lucas Steiner avait fait semblant de fuir la France et était resté caché dans la cave de son théâtre pendant la guerre...
Avis
Partisan avec Godard, Chabrol et consorts de La Nouvelle Vague, François Truffaut a contribué à la renommée du cinéma à travers le monde des années 60 aux années 80. Allons plutôt vers la fin de sa carrière avec une de ses oeuvres les plus connnues, à savoir Le dernier métro.
Composé d'un casting impressionnant avec comme têtes d'affiche Gérard Depardieu et Catherine Deneuve et des seconds rôles non moins intéressants comme Jean Poiret ou Andrea Ferrol, l'oeuvre de Truffaut nous rappelle à quel point le cinéma français possèdait des acteurs de talent. Elle semble bien loin cette époque où Depardieu et Deneuve faisaient des prestations magnifiques comme pour Le dernier métro. D'ailleurs, l'oeuvre compte énormément sur ses acteurs pour transcender l'ensemble. Ainsi, les prestations des acteurs demeurent ici très importantes car, il faut bien l'avouer, si la mise en scène de François Truffaut ne souffre d'aucun défauts majeurs, elle n'en demeure pas moins (trop?) classique. Il faut donc pour cela que les acteurs fassent d'énormes efforts et que le scénario suive. Fort heureusement, c'est le cas ici. Impossible pour moi de me rappeler d'un Gérard Depardieu aussi excellent et magistral qu'ici. Et que dire de Catherine Deneuve ?
On le constate, scénaristiquement parlant, l'oeuvre est très bien construite. Premièrement, Le dernier métro est un film qui déclare clairement son amour pour le théâtre. L'ensemble de l'histoire ou presque se déroulant au théâtre Montmartre à Paris. L'amour de Truffaut pour ce genre y est clairement déclaré. D'ailleurs, doit y voir une corrélation entre le fait que le metteur en scène français décide de laisser au second plan sa réalisation pour mettre en avant le jeu des acteurs ? De plus, on peut constater qu'il existe aussi d'autres relations entre les personnages que ce soit lors des scènes de théâtre que dans la vie. Ainsi, Depardieu et Deneuve sont des couples sur scène. On constate qu'au fur et à mesure de la relation que les sentiments dépassent ceux du simple jeu théâtral. D'ailleurs, on peut ajouter aussi l'immense importance de la chanson d'Edith Piaf, Mon amant de Saint-Jean, qui possède également un rapport avec les personnages. Si la mise en scène est classique, on constate que le scénario est parfaitement travaillé. Ensuite, on pourrait continuer sur le fait que Truffaut avait une passion pour les livres et qu'elle se ressent aussi ici. Bref, François Truffaut est un homme cultivé et il le montre très bien ici, sans réelle vantardise. Pour information, le titre du film vient du fait que durant l'Occupation, les Français subissaient un couvre-feu et qu'ils ne devaient absolument pas rater le dernier métro. On terminera enfin par le cas Lucas Steiner, qui vit sa pièce de théâtre de sa cave. Il vit les émotions qui y transparaît à travers celle-ci. Et que dire aussi sur le seul critique de film vraiment présent et qui apparaît comme un véritable salaud.
L'oeuvre de Truffaut est vraiment excellente et on regrettera peut-être une mise en scène un peu trop classique bien qu'il me semble qu'elle soit totalement justifiée par rapport à l'hommage théâtral qu'il veut faire passer. Une grande oeuvre qui a le mérite de nous rappeler à quel point le cinéma français a pu être très bon.
Note: 4.5/5
25 avril 2008
Natural City
De: Min Byeong-cheon
Avec: Yu Jin-Tae, Lee Jae-eun, Seo Rin, Jeong Eun-pyo, Jung Doo-hong, Ko Ju-hye, Yung Chan,...
Pays: Corée du Sud ![]()
Année: 2003
Synopsis
2080. Deux espèces se partagent désormais le monde: l'homme et des créatures artificielles à son image, les cyborgs. Commando d'une unité d'élite chargée de retirer de la circulation les cyborgs défectueux ou rebelles, R tombe pourtant amoureux de celle qu'il aurait dû éliminer, la belle Ria. Si, sous trois jours, R ne peut greffer la puce mémoire de Ria dans un nouveau corps, celle-ci mourra. Une seule solution pour éviter l'inéluctable: faire appel à Croy, un inquiétant scientifique qui prétend connaître le moyen de prolonger la vie au-delà de ses limites. Mais, dans son ombre, se profile la silhouette de Cyper, un cyborg de combat en quête d'immortalité...
Avis
Ah, ils sont rares quand mêmes les films asiatiques qui s'essaient au genre de la science-fiction. Tout du moins, ils sont peu nombreux à arriver jusqu'en Europe, plutôt habituée à voir venir des oeuvres de type polar ou d'horreur. Alors, réjouissons-nous quelque peu et passons directement à l'autopsie.
Premièrement, on sent très fort diverses influences d'un cinéma venant du même genre. Les références les plus directes restent Blade Runner de Ridley Scott et Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Avouons également qu'il y a pire et que ces deux oeuvres se sont imposées comme étant des incontournables dans leur genre. D'ailleurs l'histoire s'en ressent énormément. C'est à la fois un avantage, preuve que le film possède des ambitions et qu'il n'a pas envie d'être une simple oeuvre déjà vue... Ah mais, voilà le plus gros problème de l'oeuvre de Min Byeong-cheon. A force de vouloir se baser sur des grands classiques, on en oublie d'obtenir une identité propre. Et finalement, nos craintes de déjà vu se confirment, avec tous les inconvénients que cela peut supposer, à savoir un scénario déjà vu et l'ennui que cela peut provoquer. D'autant que sans être méchant, Natural City est un sous-produit comparé aux aînés dont il s'inspire.
Cependant, tout n'est pas mauvais. La réalisation est correcte. On a même droit à quelques scènes de combat assez mouvementées et bien filmées. Niveau des effets spéciaux, il n'y a aucun souci. C'est même probablement le côté le plus positif de l'oeuvre puisqu'on a droit à des plans assez magnifiques qui n'auraient jamais existés sans l'évolution technologique. Pour cela, Natural City se rapproche un peu de Casshern, sans pouvoir non plus atteindre la beauté visuelle de ce dernier. On notera enfin que la musique possède une touche mélancolique en parfait accord avec les thèmes abordés par l'oeuvre. Une composition musicale assez jolie ceci dit en passant.
Je ne vais pas donc aborder de manière approfondie les différents sujets qui sont l'immortalité, les sentiments que peuvent ressentir les différents cyborgs, etc. Tout cela a été mieux fait par d'autres films bien que la tentative de Min Byeong-cheon soit louable car cette fois-ci, c'est un humain qui tombe amoureux d'une cyborg.
Au final, on obtient tout de même une petite oeuvre sympathique bien qu'inégale. Le genre de films qu'on regarde une fois, tout en sachant qu'on peut trouver pire dans le domaine mais qui n'atteint pas non plus les chef-d'oeuvres du genre. Natural City se regarde une fois, on apprécie, nous donne envie de revoir Blade Runner ou Ghost in the Shell. Pas mal, mais pas suffisant pour atteindre la cour des grands...
Note: 3/5
19 avril 2008
Hot Fuzz
De: Edgar Wright
Avec: Simon Pegg, Nick Frost, Jim Broadbent, Bill Nighy, Timothy Dalton, Robert Popper, Joe Cornish, Martin Freeman, Chris Waitt, Eric Mason, Billie Whitelaw,...
Pays: Grande-Bretagne 
Année: 2007
Synopsis
L'agent de police Nicholas Angel, un super flic londonien, est muté dans la petite ville de Sandford où il ne se passe jamais rien. Dans cet environnement à première vue libre de tout forme de criminalité, il est surtout exaspéré par son partenaire lourdaud, Danny, fils du commissaire local et mordu de films d'action.
C'est alors que le village est terrorisé par une série d'événements atroces... Danny voit enfin ses rêves les plus fous - des courses-poursuites en voiture, des fusillades explosives... - se réaliser!
Ils ne sont peut-être que de simples policiers ruraux, le bras de la loi s'étend loin...
Avis
Ils sont fous ces Anglais ! Surtout Wright accompagné des deux joyeux lurons que sont Simon Pegg et Nick Frost. Vous l'avez compris, ils sont de retour et après s'être attaqués aux films de zombies, les voilà qu'ils s'intéressent au genre policier.
Et ils n'y vont pas de mains mortes les bougres. Tout le genre y passe. Des références aux films parfois un peu plus mauvais. Pour en citer quelques-uns: L'arme fatale, Bad Boys 2 (l'affiche en est d'ailleurs copiée), Die Hard, Point Break (qui semble être vraiment l'oeuvre préférée du personnage de Nick Frost, scène mémorable où il imite Keanu Reeves), et d'autres que j'ai oublié en route. Mais bien plus qu'un film en particulier, c'est tout le genre qui est pris à parti au point-même qu'on peut ressentir une sorte de remise en question de ce dernier. Ainsi, les questions successives de Danny à Nicholas Angel deviennent très vite agaçantes. Il veut savoir si le lieutenant a déjà tiré en sautant avec deux pistolets, avec un seul pistolet, tiré au pistolet lors de courses-poursuites. Bref, Danny est un gros lourdaud qui voit son métier de flic comme il le voit au cinéma. Pourtant, malgré un physique atypique, Nicholas est un policier de très haut-calibre. Il est très fort, détient quelques records et est capable à lui tout seul de faire chuter le taux de criminalité. Il faut dire qu'il effectue environ 400% d'arrestations en plus que ses collègues... Mais encore une fois, Nicholas est loin de posséder le physique de ce genre d'héros que le cinéma d'action hollywoodien nous a habitué. Tout comme il a pris l'habitude de nous servir des films d'action se déroulant dans des grosses villes, Wright choisit l'opposé. Allons directement dans un petit village de campagne, et pas n'importe lequel: le N°1 de Grande-Bretagne, celui où il ne se passe rien. Encore une fois, il s'agit d'une contradiction totale avec ce que Hollywood nous sert. Il y a aussi le fait que Angel, comparé aux autres flics, est envoyé à la campagne pour ses excellents résultats. Généralement, dans les autres films, on les mute ou on les met sur le carreau parce qu'ils ont commis une bavure. Bref, l'humour s'installe ne fut-ce que grâce à cela. Les plus gros moments d'action au début consiste à une querelle de voisinage ou encore à retrouver un cygne. Et puis tout va s'emballer jusqu'aux meurtres qui vont se produire et là, on s'installe clairement dans la comédie d'action. Bref, on se régale entre moments drôles et moments nettement plus jouissifs lors de fusillades démentielles. On notera aussi que le village possède une ambiance vraiment étrange. Ils sont un peu coupés du monde, et on dirait que le temps s'est un peu arrêté. On peut y voir une sorte de ressemblance avec Le village de M. Night Shyamalan à ce niveau-là bien qu'évidemment, ce soit le seul élément qui rapproche un brin les deux films.
D'ailleurs on peut constater une construction qui est identique à ce que Wright avait fait pour Shaun of the Dead. Présentation du héros principal, de son entourage, quelques éléments bizarres mais rien d'inquiétant encore, des événement hors du commun avant que tout ne finisse par "exploser" et ne se termine par une sorte de happy end. Bon évidemment, il existe bien des nuances mais dans les grosses lignes, on peut dire que c'est ça.
Côté casting, les deux héros principaux sont égaux à eux-mêmes. A savoir: géniaux! Simon Pegg possède des grimaces vraiment incroyables. Je pense que la scène où il regarde une pièce de théâtre dans le village où il vient d'arriver est à mourir de rire. De plus, l'oeuvre se paie le luxe d'introduire dans le film Peter Jackson (en Père-Noël fou qui blesse Nicholas Angel. D'ailleurs, dans les endroits les plus verts du village on se croirait dans la communauté des Hobbits. Hommage au réalisateur?), Cate Blanchett jouant le rôle de l'ex petite amie d'Angel. D'ailleurs, pour ces deux personnages, ils portent un déguisement, Blanchett étant habillée avec un costume de la police scientifique récoltant des indices sur une scène de crime. On ne voit que ses yeux.
En bref, Hot Fuzz est une excellente comédie, de même calibre que ne l'était Shaun of the dead. A vous de voir lequel vous préférez. En un mot, on a hâte de voir ce que feront un petit peut les trois lurons au cinéma. Ils sont fous ces Anglais. Définitivement.
Note: 4/5
14 avril 2008
Alien, la résurrection (Alien: Resurrection)
De: Jean-Pierre Jeunet
Avec: Sigourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dan Hedaya, J.E. Freeman, Brad Dourif, Michael Wincott, Dominique Pinon, Gary Dourdan, Kim Flowers, Raymond Cruz,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1997
Synopsis
Deux cents ans se sont écoulés depuis que Ripley s'est sacrifiée sur Fiorina 161. Après maintes tentatives de clonage, les scientifiques ont finalement réussi à créer une réplique parfaite du Lieutenant. Celle-ci présente la particularité de protéger un Alien en son sein et retient toute l'attention des chercheurs. Mais les Aliens nés de la Reine issue de Ripley sont bien plus intelligents que leurs prédecesseurs. Malheureusement, ils n'en prendront conscience qu'après l'arrivée de l'équipage du Betty... Autrement dit de la chair fraîche pour les Aliens.
Avis
Alors que Ripley se suicidait dans le troisième volet de la saga, les producteurs décident toutefois de lancer un quatrième Alien, appelé cette fois-ci, Alien, la résurrection. Normal d'aller nous chercher un titre pareil même si on était en droit de se demander quelle serait la qualité de celui-ci.
Bon, fort heureusement, les producteurs ont été assez intelligents. Le scénario est assez bien construit et demeure au fond assez logique. De plus, ils ont été chercher un jeune réalisateur assez doué qui reste sur deux premiers films de bonne facture. C'est d'ailleurs grâce à Delicatessen que Jeunet se fera remarquer par Hollywood.
Niveau de la réalisation, rien à dire, ça reste de bonne facture. C'est du bon niveau, même si on est en droit de faire la même remarque que pour La cité des enfants perdus, les effets spéciaux ont un peu perdus, il suffit de se rappeler du générique de début et de l'insecte qui se fait écraser pour le constater. Cependant, au niveau des Alien eux-même, le travail reste un peu meilleur que ce qui avait été fait avec le film de Fincher, où la bête devenait finalement moins effrayante que les deux précédents opus qui ont travaillés avec des effets spéciaux qui étaient nettement moins développés. Enfin, on reprend le coup classique des trois autres films, à savoir un lieu restreint, ici c'est une nouvelle fois un vaisseau, et on fait tout pour nous foutre la pétoche avec les mêmes techniques qu'avant. A savoir l'être humain traqué par une bête, le fait qu'il est presque impossible de s'échapper du vaisseau. De plus, les pertes vont s'accroître très rapidement.
Niveau du scénario, l'histoire progresse toujours de manière logique par rapport à ce qui s'est produit dans les précédents épisodes. Avec cette fois la différence que les Aliens sont nettement plus intelligents que leurs prédécesseurs (en témoigne la scène où deux Aliens décident de tuer un de leur congénère pour pouvoir le faire saigner et ainsi créer un trou dans le sol et ainsi s'échapper. Et oui, vous n'aviez pas oublié que leur sang était acide ?). De plus, Ripley elle-même, est nettement différente qu'avant. Ayant possédé un Alien en son sein, il se trouve qu'elle possède une relation encore plus étroite avec ceux-ci qu'avant. Elle possède également des réflexes et des sens nettement plus développés. On retrouve toujours l'androïde chargé ici d'éliminer les Alien. Une étroite relation va d'ailleurs se créer entre Ripley et le robot. Peut-être parce qu'il s'agit aussi de de deux personnages qui sont certes très différents mais dont certains aspects de leur personnalité les rapproches assez. Ils ne sont pas des êtres humains comme les autres, ils sont solitaires de cette manière. Alien, la résurrection a aussi le mérite de poser des questions quant au clonage. Le moment où l'on voit toutes des copies de Ripley qui ont échoué et qui souffrent posent des interrogations d'ordre morale quant au bien fondé de ce genre de choses. De plus, la brebis Dolly venait tout juste d'être clonée en 1996. L'un des meilleurs passages de l'oeuvre reste bel et bien le moment où Ripley découvre son bébé, à savoir un Alien et que celui-ci lui obéit en tout point. La relation qui s'établit est vraiment celle d'une mère envers un enfant et le sacrifice que Ripley va devoir faire en devient au fond émouvant. On terminera enfin par le clin d'oeil de Jeunet qui nous présente à la fin du film un Paris dévasté et apocalyptique (ce qui semble être une référence avec son début de carrière où le monde ne vit pas dans la paix et où l'être humain se retrouve en grande difficulté).
Côté acteurs, outre Sigourney Weaver et Winona Ryder, on constate que Jeunet a été cherché des acteurs qu'il apprécie énormément, à savoir Ron Perlman ou encore Dominique Pinon. D'ailleurs, c'est aussi la première fois que d'autres êtres humains finissent par survivre définitivement aux Aliens avec Ripley.
Un très bon film donc qui clôture la saga Alien. Du moins provisoirement, puisqu'une nouvelle franchise va être créée avec un autre célèbre extraterrestre du cinéma, à savoir Predator. Mais les Alien vs. Predator n'atteindront jamais la qualité des oeuvres dont ils s'inspirent et ressemblent bien plus à des navets qu'autre chose. On regrettera aussi un petit manque de rythme de temps à autre dans le film de Jeunet. Mais au final, on obtient probablement l'une des meilleures quadrilogie de tous les temps...
Note: 3.5/5
11 avril 2008
Dead or Alive 2 (Dead or Alive 2 - Tobosha)
De: Takashi Miike
Avec: Riki Takeuchi, Sho Aikawa, Edison Chen, Shinya Tsukamoto,...
Pays: Japon 
Année: 2000
Synopsis
Alors qu'il s'apprête à assassiner un chef yakuza, Okamoto se fait devancer par un autre. Il empoche tout de même la somme qui lui était promise et retourne vers son île natale. Là-bas, il tombe sur un mystérieux meurtrier. Un homme qu'il connaît en fait très bien, vu qu'il s'agit de son ami d'enfance, Sawada. Pendant un court moment, les deux hommes se replongent dans leur passé. Mais les yakuzas et les triades sont à leur poursuite.
Okamoto propose alors à Sawada de reprendre du service et de jouer les tueurs à gage afin de pouvoir offrir des vaccins aux enfants des pays défavorisés.
Avis
Suite du premier volet Dead or Alive qui était déjà une réussite. Suite qui n'en est pas vraiment une puisqu'on ne reprend absolument pas l'histoire où on l'avait laissé à la fin du premier volet. En fait, outre le fait que les deux acteurs principaux sont les mêmes, il n'y a rien qui renvoit au précédent opus.
Encore une fois, on tourne autour du monde des yakuzas avec tout ce que cela suppose: assassinats, filles faciles, fusillades, morts, sang, meurtres gratuits et violents, viols, etc. Bref, on reste dans le même style que pour le premier opus même si on peut dire que c'est un peu moins hard que pour le premier opus. Du moins, Miike nous avait habitué à "pire". Ca reste cependant tout autant jouissif. Car en effet, même si ça reste violent, on ressent une certaine exagération dans cette violence. Jamais les yakuzas ne passent pour des types normaux. Mais même si l'histoire tourne encore autour du monde des mafieux japonais, le film s'intéresse essentiellement à deux tueurs à gage, anciens amis d'enfance qui se retrouvent dans leur village et évoquent alors leurs souvenirs et ce qu'il s'est passé depuis qu'ils ne se voient plus. Ils décident alors de faire équipes ensemble pour éliminer les triades et donner l'argent de leurs contrats à des associations venant en aide aux enfants des pays défavorisés. C'est alors que Miike met de temps en temps des images issues de reportages de JT ou de documentaires. Bref, des tueurs au grand coeur qui se mettent à tuer les méchants pour la bonne cause.
Comme d'habitude aussi avec Miike, on a droit à un final déjanté (oui oui encore plus que tout ce qu'il y a eu auparavant). Il faut dire que les deux tueurs ont la possibilité de se transformer en ange. Ironie quand tu nous tiens puisqu'il s'agit quand même d'assassins. Il est vrai aussi que les retours sur l'enfance sont également importants et que les vrais anges se situent peut-être en eux. Comme d'hab aussi, Miike nous livre une réalisation parfaite, frénétique et démontre qu'il est probablement dans le top du cinéma asiatique et qu'il est peut-être même le meilleur réalisateur nippon en activité à l'heure actuelle. Mais au final, il est très difficile de parler d'un film de Miike. Surtout de ceux-ci. Ils possèdent leur propre ambiance, leur propre univers et se démarquent très facilement de la plupart des productions mondiales actuelles.
Niveau des acteurs, on retrouve un duo qui fonctionne encore très bien. Si dans le premier opus, ils étaient ennemis, c'est en tant qu'amis qu'on les retrouve donc ici. Le reste du casting est également bon même s'ils sont tous de parfaits inconnus pour nous. Riki Akeuchi a quand même eu la possibilité de jouer dans Battle Royale 2 Requiem, ce qui lui permet d'être un peu plus reconnu pour le public européen que nous sommes.
Comme vous l'avez compris, on a droit à une nouvelle oeuvre jouissive, qui n'est pas exempt de tous reproches mais qui demeure très bonne. En attendant, il reste toujours assez difficile d'en parler tant tout est bizarre, étrange et que rien n'est normal dans une oeuvre de Miike. Un film de ce cinéaste, on n'en parle pas, on le vit...
Note: 4/5
05 avril 2008
Intacto
De: Juan Carlos Fresnadillo
Avec: Leonardo Sbaraglia, Eusebio Poncela, Max von Sydow, Monica Lopez, Antonio Dechent,...
Pays: Espagne 
Année: 2001
Synopsis
Tomas, un jeune voleur, est l'unique survivant d'une effroyable catastrophe aérienne. Il pourrait bien être l'instrument de la vengeance de Federico, qui a survécu à un tremblement de terre et a découvert qu'il possède le pouvoir de voler la chance aux êtres humains en les touchant. Il a le Don. Samuel est le survivant absolu, celui qui a tout perdu sauf la vie pendant les pires heures de la Seconde Guerre mondiale. Il est théoriquement intouchable et dirige à présent un casino avec l'aide de Federico.
Lorsque celui-ci rompt leur association, Samuel le bannit du paradis et lui retire sa capacité à voler leur chance aux autres. Federico veut à tout prix défier le Maître à son propre jeu. Pour cela, il va se lier à Tomas. Sur le chemin qui va les conduire vers le casino et Samuel, Tomas et Federico vont suivre un parcours initiatique désespéré.
Avis
Il existe des films dont l'idée de base est excellente mais dont la mise en pratique est absolument mauvaise. Pas de chance, Intacto fait partie de ceux-là.
On assiste donc à la base à une sorte de thriller agrémenté de fantastique. En effet, le don peut être repris par d'autres le possédant étant plus fort ou bien une personne possédant le don, si elle touche quelqu'un, elle lui vole toute sa chance. Donc, l'idée de départ est très sympathique. Maintenant, il y a deux éléments que le réalisateur doit parvenir à faire pour donner énormément d'ampleur à son film. Premièrement, nous faire croire à ce don. Le problème, c'est qu'on a quand même du mal à l'accepter et à le croire. D'autant qu'aucune raison vraiment valable ne vienne justifier la possession de celui-ci. On l'a à la naissance ou non. C'est donc une affaire de chance. C'est un peu maigre quand même comme raison. Ensuite, comme second élément, c'est de parvenir à nous captiver tout au long de l'histoire. Là aussi, le réalisateur échoue. La réalisation est vraiment plate, c'est filmé sans vie. On a l'impression qu'il devait filmer parce qu'il devait le faire. Il n'y a pas vraiment d'intensité et encore plus rarement de l'émotion. Les deux seuls bons moments étant peut-être lorsqu'un des supposés élus traverse une autoroute les yeux bandés et la scène finale assez intéressante.
D'un point de vue du scénario, donc et toujours hormis cette idée de départ, le reste est assez mauvais. Aucune vie, donc on s'ennuie ferme. On trouve le temps très long et en plus, tout est construit de telle manière que l'on devine tout. Il n'y aucun moment qui parvient à nous émouvoir, aucun moment où l'on trouve un tant soi peu de suspens. C'est lourd et prévisible.
Niveau des acteurs, on peut dire que Max von Sydow tire un peu son épingle du jeu. Il est assez intéressant et ses passages parviennent quelque peu à nous réveiller de notre torpeur et de notre ennui. Les autres acteurs demeurant au même niveau que le film. Comme quoi, ça a au moins le mérite d'être constant.
Et oui, Intacto, en dépit de ces nombreux défauts a reçu le prix de meilleur premier film en Espagne. Il ne reste plus qu'à plaindre le cinéma espagnol alors car ils doivent vraiment avoir une très mauvaise génération de cinéastes en devenir... Toutefois, il parait que la seconde oeuvre de Fresnadillo, 28 semaines plus tard, a trouvé son public. Et peut-être qu'il s'agissait ici d'une simple erreur de parcours. Au fond, certains grands cinéastes ratent bien parfois leurs premières oeuvres...
Note: 1/5