cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

04 juillet 2009

Le sacrifice (Offret)

sacrificeDe: Andreï Tarkovski

Avec: Erland Josephson, Susan Fleetwood, Valérie Mairesse, Allan Edwall, Gudrün S. Gisladottir, Sven Wollter,...

Pays: France, Grande-Bretagne, Suède


Année: 1986

Synopsis

Aidé par son jeune fils, Alexandre plante un arbre sur une île. Il fait ensuite la connaissance d'un facteur philosophe. Mais il y  aussi Maria, la servante aux pouvoirs étranges, et la télévision, qui annonce une catastrophe. Alexandre prie Dieu, puis met le feu à sa maison. On vient le chercher en ambulance. A la fin, son fils se couche au pied de l'arbre.

Avis

Comme vous commencez à le savoir, Tarkovski j'adore. Il n'y a rien de ce que j'ai vu que je n'aime pas. Ce qui m'attire chez lui? C'est que ses oeuvres sont de véritables questionnements métaphysiques, de la poésie, de magnifiques images mais aussi, un peu comme David Lynch, une nécessité de revoir plusieurs fois ses films pour en apprécier toutes les facettes. Et encore ce n'est pas toujours suffisant. Mais pour moi, Tarkovski n'est pas un simple cinéaste mais bien un artiste.
Dans ce film, pas trop compliqué d'accès, à hauteur de Stalker, le metteur en scène nous plonge en pleine introspection spirituelle, sur le sens de la vie et sur la place de la religion chez l'être humain. Ici, nous avons affaire à un homme extrêmement croyant qui va demander à Dieu qu'il accepterait de tout perdre si tout redevenait comme avant. Avant la terrible catastrophe. Mais quelle est l'origine, la cause de ce qui provoque ainsi ce sentiment d'apocalypse. Le bruit d'un avion militaire se fait attendre avant que tous les médias n'annoncent que l'impensable est arrivé. Le message d'un président qui conseille à tous ses citoyens de rester cloîtrés chez eux. Toujours est-il que l'on peut prédire une grande catastrophe nucléaire. L'artiste était-il visionnaire? Un an plus tard, Tchernobyl éclate.
Le plaisir matériel humain est clairement dénoncé. Le personnage central est prêt à y renoncer comme je l'ai dit un peu plus haut. L'incendie de la maison est probablement le moment le plus fort du film. Tarkovski devait être extrêmement croyant puisqu'il croit à une puissance suprême. Ce qui se passe dans l'oeuvre semble aisément le montrer. Ce film est un appel vers la nature. Un appel à aimer les choses simples de la vie et d'aimer ce que la nature nous offre de plus beau. Le personnage déteste le jardin quand il est retouché par l'homme. Cette nature que Dieu a créé est déjà un chef-d'oeuvre, nul homme ne doit la saccager avec ses mains. Cet arbre planté est également un signe de renouveau. Une sorte de passage à témoin. Le père plante l'arbre avec son fils. A la fin, seul le fils est près de l'arbre. Il représente l'avenir. L'arbre est encore jeune. L'espérance pour Tarkovski de voir des jours meilleurs. Son film est d'ailleurs dédié à son fils.
Comme d'habitude chez le cinéaste russe, une mise en scène très lente, composée de très longues séquences ou de plans-séquences. Il bénéficie aussi de l'aide de techniciens qui ont travaillé pour Ingmar Bergman. Ce dernier a d'ailleurs offfert son île pour permettre à Tarkovski de le réaliser. La plupart des comédiens sont également suédois. Il parait aussi que l'oeuvre est un hommage à Bergman. Je ne connais pas encore assez ce cinéaste mais il semble également que Tarkovski et lui aimaient avoir des personnages torturés. Leurs films sont très souvent psychologiques (aucun doute pour le russe à ce niveau-là).
Le sacrifice est malheureusement le dernier film du cinéaste. Il décédera moins d'un an après l'avoir réalisé. Si je me souviens bien, il ne verra même pas sa sortie en salles. Toutjours est-il qu'il réalise comme oeuvre-testament, un véritable chef-d'oeuvre, posant encore une fois des questions sur les rapports qui existent entre l'homme et la nature, sur ce que fait l'homme de son intelligence et des avancées technologiques qu'il opère et appelle celui-ci à ne pas oublier d'où il vient.

Note: 5/5

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01 juillet 2009

La colline des hommes perdus (The Hill)

colline_perdusDe: Sidney Lumet

Avec: Sean Connery, Harry Andrews, Ian Bannen, Alfred Lynch, Ossie Davis, Roy Kinnear, Jack Watson, Ian Hendry, Sir Michael Redgrave,...

Pays: Grande-Bretagne

Année: 1965

Synopsis

Monumental bloc de béton posé dans le brûlant désert africain durant la Seconde Guerre Mondiale, la "colline" est un camp d'enfermement à la brutalité inouïe, véritable purgatoire façonné par l'homme.

Avis

C'est joli l'Afrique quand même: ses déserts, sa chaleur, ses quelques palmiers, le calme et puis son camp d'enfermement avec sa colline... De quoi passer des vacances de rêve... Ou pas.
Il faut dire que ce camp, c'est loin d'être de tout repos. Entre des gardes qui vous font faire les exercices, il faut supporter la vie avec les autres prisonniers, les gardiens eux-mêmes et puis grimper la colline sous une chaleur intenable.
La mise en scène de Lumet est très réussie car elle a le grand avantage de démontrer les tensions qui existent. Pire encore, elle fait ressentir l'horreur du camp au téléspectateur. Il est lui-même éproûvé. Les tortures ne sont pas seulement destinées aux héros que l'on suit. Elles semblent vouloir nous toucher. Lumet veut que l'on se sente aussi dans le camp. Ca fonctionne plutôt très bien. Le téléspectateur veut du repos lui-aussi. Il en a assez de voir ces pauvres bougres torturés psychologiquement et physiquement à longueur de journée.
Les solutions pour sortir du camp ne sont pas nombreuses. L'évasion est plutôt proscrite. Vous n'avez aucune chance. Il reste encore le suicide ou mourir à cause des différentes épreuves que l'on vous fait subir. Mais pour profiter de la vie après, c'est plutôt déconseillé. Il reste donc à attendre sagement de purger sa peine, à moins de devenir totalement fou avant.
L'oeuvre vaut donc essentiellement le détour pour la torture qui est imposée aux hommes. Elle est faite de manière à la fois horrible (car elle nous éproûve nous aussi) mais en respectant quelque peu la dignité humaine. Pas de scènes horribles de tortures. Juste les dégâts que l'on voit sur les pauvres hommes. Ce qui les rend totalement attachants dans le sens où même s'ils sont jugés comme criminels pour l'armée, ce sont des hommes avec un bon fond pour la plupart.
L'autre aspect intéressant de l'oeuvre, c'est bel et bien la rivalité et la guerre des nerfs que se livrent les personnages de Sean Connery et de Harry Andrews. Bien sûr, le premier endosse le rôle du gentil, qui va tenter d'aider ses hommes. Tandis que le second est une véritable crapule. Un homme qui prend plaisir à faire souffrir les autres. Connery est également très loin de l'image classe qu'il donne dans les James Bond, cassant quelque peu le mythe. 
Lumet voit deux possibilités de combattre l'homme. Utiliser la psychologie, un peu comme lui, mais sans utiliser la violence, chose à laquelle le personnage d'Andrews utilise énormément. Soit, utiliser la violence. Mais Connery verrait plutôt cela comme une défaite. Car l'homme se rabaisserait à celui d'être sauvage. Il redeviendrait de la sorte un animal. En cela, le final du film est terrible.
Inutile donc de vous dire qu'il s'agit probablement d'une des plus grandes oeuvres de Lumet. Un classique à ne pas oublier dans votre dvdthèque.

Note: 5/5

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28 juin 2009

L'ennemi intime

ennemi_intimeDe: Florent-Emilio Siri

Avec: Benoît Magimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing, Marc Barbé, Vincent Rottiers, Lounès Tazairt, Mohamed Fellag, Abdelhafid Metalsi, Guillaume Gouix, Eric Savin,...

Pays: France, Maroc http://www.entre2voyages.com/voyage/images/maroc/drapeau-maroc.jpg

Année: 2006

Synopsis

Algérie, 1959. Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la réalité vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemis qu'eux-mêmes.

Avis

Comparé à Platoon de Oliver Stone, L'ennemi intime de Florent-Emilio Siri demeure toutefois assez loin de l'oeuvre américaine. Beaucoup de différences émaillent les deux films. Siri n'a jamais fait la guerre d'Algérie. Stone a fait celle du Vietnam. Si l'oeuvre de ce dernier est parfois parfois proche du documentaire (réalisme des scènes, soldats plongés dans une vraie guerre, Stone ayant même créé un camp d'entraînement pour ses acteurs,...), l'oeuvre de Siri en est un peu plus loin, mettant en avant l'émotion des soldats et réalisant un film servant bien plus à la mémoire et visant à parler d'une guerre que la France a très longtemps voulu ignorer.
Ainsi, Siri revient sur un conflit qui n'en a pas vraiment été un. Le mot guerre n'était pas utilisé par les soldats français. Il était intéressant de constater que des Algériens servaient pour la France et par conséquent, combattaient des compatriotes. Il s'agissait aussi de soldats qui avaient endossé l'uniforme lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Revenons-en au film. Siri dépeint les atrocités d'une guerre. Il n'a pas peur de montrer, toutefois avec retenue, les horreurs commises. Massacres, exécutions sommaires, tortures,... La guerre d'Algérie a été une guerre affreuse, comme toutes les autres. Siri n'accuse pas seulement les gens du FLN mais également les soldats de la nation française qui étaient loin d'être des anges.
Pourtant, Siri tient à démontrer que la plupart de ces soldats restaient des hommes avant tout. Et par conséquent, ils possédaient des sentiments comme les autres. La perte de copains, les atrocités vues voire commises usaient le moral des hommes. Le metteur en scène français le rend très bien. Il y a cette fameuse scènes "des bidons" que les soldats ne veulent pas que l'on utilise. Il s'agit en fait de napalm largué par un avion. La mort de l'ennemi est donc affreuse, vu qu'ils sont brûlés vifs. La séquence est d'ailleurs très bien faite. L'appel est lancé. La caméra passe alors dans une sorte de vue aérienne. Nous sommes l'avion qui va larguer sa bombe. La musique d'Alexandre Desplat est très réussie lors de ce moment. Comme l'ensemble de sa composition, très calme, qui n'attaque pas les tympans. Tout est mélodieux. La réussite est au rendez-vous à ce moment-là.
Siri apporte également de la distanciation à certaines scènes de massacres. Les tortures sont montrées mais c'est très rare de nous retrouver choquer. Les cris, entendus de loin, résument la situation.
La construction des deux personnages principaux est assez classique. D'un côté on a un idéaliste en la personne de Terrien et de l'autre, il y a le personnage de Dougnac, qui est nettement plus réaliste et qui sait quels sacrifices doivent être faits. Pourtant, Siri parvient à insérer une sorte de flux intéressant. Dans le personnage de Terrien, il y a toujours une sorte de rêve où l'on voit des jambes d'hommes courir. Chez Dougnac, la guerre semble faire des ravages importants. Dans les deux cas, les deux hommes vont perdre quelque chose de très important. Terrien va perdre ses rêves et son idéalisme. Attention spoiler: il va alors aller au rendez-vous avec la mort. Tandis que Dougnac, fidèle soldat, va déserter pour échapper à cette mort (FIN du spoiler).
En gros, il manque pas grand chose dans le film de Siri pour en faire un immanquable. Peut-être la faute d'une réalisation parfois trop classique bien que cela ne dérange nullement. Ou peut-être aussi parce qu'il manque un vrai personnage fort dans ce film même si Dupontel et Magimel se débrouillent parfaitement. Peut-être que l'aspect politique, totalement délaissé dans l'oeuvre, manque totalement, bien qu'on a évidemment compris de quoi voulait parler Siri (et il le fait admirablement bien, créant même une scène très émouvante sur la fin de l'oeuvre). Sur le sujet, il s'agit probablement d'un des meilleurs films avec La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo.

Note: 4/5

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23 juin 2009

Sex Academy (Not another Teen Movie)

sex_academyDe: Joel Gallen

Avec: Jaime Pressly, Mia Kirshner, Randy Quaid, Chris Evans, Chyler Leigh, Eric Christian Olsen, Deon Richmond, Eric Jungmann, Ron Lester, Cody McMains, Sam Huntigton, Joanna Garcia,...

Pays: Etats-Unis  

Année: 2001

Synopsis

Jake Wyler, le footballeur le plus populaire du lycée John Hughes High, prend le pari insensé de transformer Janey Briggs, une artiste au physique ingrat, en une reine de bal.
Le plan démarre sur les chapeaux de roues, mais ne va pas tarder à déraper. Jake va se faire prendre à son petit jeu. Par ailleurs, sa soeur obsédée, l'ami d'enfance de Janey et même les pom-pom girls vont tout mettre en oeuvre pour que Jake perde son pari.

Avis

Après American Pie (faut vraiment que je vois les deux autres, ça va saigner!), je m'attaque à un autre film qui a bercé mon adolescence. Alors a-t-il bien vieilli dans mon esprit quelque plus adulte (allons bon à qui vais-je faire croire ça...)?
Réponse: oui.
Pourquoi ?
Quelques raisons assez simples:

- l'oeuvre s'évertue à se moquer des autres films de teenagers. Ainsi, certaines situations sont de totales pastiches d'autres oeuvres dont American Pie, par exemple. Le début est d'ailleurs une référence directe au plus célèbre des films pour ados. La fille qui se masturbe et qui se fait prendre, d'une manière exagérée bien évidemment.
- les acteurs sont caricaturaux dans le bon sens du terme. La belle gueule, la poufiasse, la nympho, le black de service (excellent d'ailleurs), le meilleur ami amoureux (un vrai malade), etc. Que de bons points, on sent bien que les gars qui ont écrits le scénario se sont bien inspirés des autres films.
- les gags. Dans 85% des cas j'ai encore fonctionné à 100%. Il faut dire que ce sont des gags par situation, qui se moquent d'autres oeuvres du genre. La fille qui se masturbe et la façon dont elle se fait prendre. Référence directe à American Pie comme je l'ai dit. Sauf qu'ici, il n'y a pas que le père comme dans l'oeuvre de Weitz. Mais il y a le frère, les grands-parents, le clebs, le curé et les paroissiens. Ou encore:
"- Il serait temps que tu sortes avec des mecs."
"- Tu le sais bien. C'est pas mon genre."
"- Oh sois sympa Jenny, papa est strict là-dessus. Tant que tu diras non au sexe j'en serais privé moi aussi."

Mais ce n'est pas tout évidemment.
"- Eyh je serai sûrement en retard pour vous récupérer."
"- Pourquoi tu vas passer un entretien pour trouver un travail?"
"- Mais non mon trésor, c'est que je serai comme qui dirait probablement trop bourré pour vous récupérer."
"- Ah, tu as raison, il ne faut pas que tu conduises quand tu es ivre."
"- Si je vais conduire, c'est que juste que je serai trop déchiré pour me souvenir que je dois venir vous chercher."
"- D'accord ! Au revoir papa!"
Par moments, on frôle même le politiquement incorrect. Il y a cette scène formidable où le père de Jake apprends que c'est fini avec sa petite amie. Il insiste également pour que son fils aille à la même université que lui. C'est alors qu'il propose une surprise coquine à son fiston qui n'est autre que... sa mère! Le père sort, le fils est limité accablé et la mère lui demande: "tu préfères au-dessus ou en-dessous ?" Inutile de vous dire l'écoeurement du jeune homme. C'est un humour qui ne peut évidemment pas fonctionner avec tout le monde mais tout de même... J'aime quand ça joue sur des situations improbables, qu'on aille chercher des petits gags stupides de ce genre que quand on plonge dans le scato. Chose que le film n'évite par moment pas... Bien dommage d'ailleurs. La scène où la jeune fille est au toilette est à mettre en lecture rapide sur l'ordinateur. La discussion entre Mitch et le prof est assez faible. Et enfin, je déteste quand ça chante une musique à l'eau de rose dans une oeuvre pour ados qui n'a que pour but de faire rire. Ce sont les principaux défauts du film. Pour le reste, j'ai encore quelques gags en tête mais je ne vous le dirais pas. Le film fonctionne encore mieux quand on le regarde entre potes.

Note: 3.5/5

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13 juin 2009

Quand passent les cigognes (Letiat Jouravlij)

quandpassentlescigognesDe: Mikhaïl Kalatozov

Avec: Tatiana Samoilova, Alexei Batalov, Vassili Merkouriev, Alexandre Chvorine, Svetlana Kharitonova, Constantin Nikitine, Valentin Zoubkov, Antonina Bogdanova, Boris Kokovkine, E. Kouprianova, Valentina Ananina, Valentina Vladimirova et Nikolaï Smortchkov

Pays: Ex-URSS

Année: 1957

Synopsis

A Moscou, en 1941, Veronika et Boris s'aiment. Mais quand le pays entre en guerre, le jeune homme s'engage et part pour le front russe. Veronika, sans nouvelles de son fiancé et confrontée aux avances du cousin de Boris, est de plus en plus seule et désemparée. Pourtant, ele attend et espère toujours le retour de celui qu'elle aime. Trouvera-t-elle la force de faire les bons choix et de survivre à la séparation.

Avis

Les romances, c'est loin d'être mon genre préféré. Certains films parviennent toutefois à m'émouvoir ou tout simplement à me faire adhérer à 100% à une histoire que j'aurais de prime à bord qualifier de cucul, gnangnan et j'en passe... La chance pour Kalatozov, c'est que son film est probablement le plus beau que j'ai vu dans le genre. Une belle claque, tant visuelle que scénaristique. L'oeuvre était d'ailleurs à la pointe de ce qui se faisait en matière technique à l'époque.
Le film débute par deux jeunes amoureux qui vagabondent le long d'un fleuve. Ils sont jeunes, insouciants, amoureux. Le spectre de la guerre n'est pas loin mais qu'importe. Boris sait qu'il devra remplir son devoir si les Allemands arrivent non loin de Moscou. Les premiers plans sont sublimes, d'une force incroyable et d'une belle poésie. Nos jeunes tourtereaux regardent alors des grues (et non des cigognes, le titre français est erroné sur ce point. Le choix était volontaire car le mot grue ne sonnait pas bien. Ils l'ont remplacé par cigogne) qui migrent et qui semblent fuir l'hiver rigoureux qui va s'annoncer mais peut-être aussi la guerre. Le fil rouge est lancé.
S'ensuit alors de magnifiques scènes, d'un amour simple. La jeune fille arrive alors à son appartement. Kalatozov va alors démontrer le savoir-faire technique qu'il a imaginé avec son caméraman. Nous voyons Boris courir après Veronika dans les escaliers. La caméra suit la course du jeune homme sans coupure en étant pas dans les escalier mais bien en plein milieu. Le caméraman était suspendu dans le vide avec sa caméra. Formidable plan, qui constituait alors en une véritable innovation.
De plus, sous le régime de Khrouchtchev, c'est le signe d'un assouplissement en matière de propagande. Elle est d'ailleurs quasiment absente du film. Les cinéastes avaient donc droit à une liberté nettement plus grande même si elle n'était pas encore totale. Ici, pas question d'un grand héroïsme ou d'une dénonciation ignoble des Allemands. Leur arrivée se marque juste dans le paysage. De simples plans qui sont petit à petit remplis par des abris ou des hérissons (trois poutres métalliques croisées en leur milieu et ancrées dans du béton) sensés freiner l'avancée des chars ou des hommes.Les bombardements ne sont pas montrés. Nous les suivons avec les citoyens dans le métro. Et nous constatons après les dégâts. Lorsque Boris est au combat, le seul moment du front qui nous est montré est celui où ils sont dans des bois. Les Allemands ne sont jamais montrés et sont un peu des fantômes. Des fantômes du passé qu'il ne faut probablement pas ressurgir. Les plaies d'une URSS qui a souffert sont encore béantes. Lorsque Boris sera touché, ce sera par une balle perdue. Les différentes scènes qui suivent l'effondrement de l'homme sont remarquables et démontrent d'une virtuosité technique remarquable. Il faut également souligner l'incroyable musique du film qui correspond toujours et de manière exacte aux images.
Le pays souffre. Nous le suivons avec les gens mais plus particulièrement Veronika et tous les malheurs qu'elle peut connaître. Desctruction de sa maison, perte de membres de sa famille. Et de plus, elle va perdre son homme Boris. Elle va devoir faire face aux avances du cousin de Boris. Elle finira par craquer. Elle l'épousera mais pas par amour. Il faut dire que le cousin va se montrer très violent lors d'un bombardement, étant presque sur le point d'abuser de la jeune femme.
Pourtant, elle n'abandonne jamais l'espoir de retrouver son Boris. Jamais non plus le cinéaste ne va accuser la jeune femme d'avoir été épouser son cousin. En dépit pourtant du discours du médecin, père de Boris, oncle du cousin et qui héberge la jeune femme depuis la mort de ses parents. Les propos virulents n'entâchent pourtant en rien Veronika. Au contraire, nous nous trouvons à l'accabler de plus en plus. Elle hébergera un enfant, abandonnera son mari et gardera toujours cet espoir. Un espoir fou, impossible de le revoir. Elle comprendra enfin lors du retour de tous les soldats du front. Déçue certes, mais s'étant probablement faite une raison lorsqu'on a annoncé sa mort. Un regard vers le ciel. Les grues reviennent. La paix et l'amour sur l'URSS aussi...

Note: 5/5

PS: je pars en vacances du 16 au 27 juin donc je ne mettrai pas de mises à jour et je ne saurais visiter vos blogs normalement. J'étais déjà absent à cause des examens mais tout devrait rentrer en ordre début juillet. Bonnes vacances pour certains.

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09 juin 2009

La mélodie du malheur (Katakuri-ke no kôfuku))

La_m_lodie_du_malheurDe: Takashi Miike

Avec: Kenji Sawada, Keiko Matsuzaka, Shinji Takeda, Naomi Nishida, Tetsuro Tamba, Naoto Takenaka, Tamaki Miyazaki, Takashi Matsuzaki,...

Pays: Japon

Année: 2001

Synopsis

Les Katakuris tiennent une auberge que l'isolement et le manque chronique d'hôtes menacent de fermeture... Jusqu'au jour où des clients se présentent, seulement voilà, le lendemain de leur arrivée, les Katakuris les retrouvent raides morts. Pourquoi? Comment? Autant de questions auxquelles la famille ne cherche pas de réponses, préférant enterrer leurs convives vites faits bien faits...

Avis

Miike, c'est le cinéma de la folie. Une façon d'aborder et de faire des films que j'apprécie énormément. La mélodie du malheur ne déroge pas à cette règle. Pourtant, je dois bien avouer ne pas avoir autant accroché que pour les autres oeuvres du cinéaste.
Premièrement, le titre du film renvoie évidemment à une autre oeuvre bien connue qui est La mélodie du bonheur de Robert Wise. Le hic, c'est que je n'ai pas vu ce film. Pourquoi ? Parce que les comédies musicales sont l'un des seuls genres de film que je déteste. Je n'accroche pas, je n'adhère pas. Donc, forcément, ça n'allait pas fort fonctionné avec moi, cette oeuvre de Miike. Véritable référence au genre, les moments musicaux ne manquent pas. Pour ceux-là, je reste très mitigé puisqu'il y a certains passages où je me suis vraiment ennuyé ferme, trouvant certaines musiques un peu too much pour moi. Tandis que d'autres étaient vraiment réussi et m'emballaient. Bref, bilan un peu contradictoire à ce niveau. Je ne suis pas vraiment fermé à découvrir les comédies musicales mais il ne faudrait aucun temps mort ou aucun moment faible pour ne pas que je décroche.
Ensuite, je dirais qu'il y a quand même vingt bonnes minutes qui sont assez faiblardes, ennuyantes et parfois totalement inutiles.
Enfin, dernier gros point négatif, je cherche toujours ce que Miike a voulu nous faire passer comme messages, à trouver quel était le but de son film dans certains cas. Si je peux y voir certains éléments comme probants, comme une bonne petite critique de la société japonaise, un bon résumé de celle-ci. Je cherche par moment à savoir pourquoi il a mélangé tant de genres. Je me questionne sur le rôle des zombies. Bref, même maintenant, certains points demeurent très flous, en dépit d'avoir vu le film en entier trois fois.
Mais ad contrario, il y a des choses que j'ai aimé, bien entendu. Outre les quelques passages musicaux comme j'ai pu le mentionner un peu plus tôt, il y a quand même encore un côté barré que j'apprécie chez Miike. Par ailleurs, il y a toujours un fond. Ainsi, la fin ne nous dit-elle pas qu'il faut profiter de la vie avant que celle-ci ne s'achève (sans côté moralisateur évidemment)? La vie est courte, il faut réaliser ses projets. Enfin, j'ai adoré les séquences qui sont un peu comme des pâtes à modeler. J'essaie de chercher le rapport avec le film en général mais je dois bien avouer que ce sont celles qui m'ont le plus plu.
Bref, je n'ai pas envie de descendre Miike. Si certains ont des réponses à m'apporter, qu'ils n'hésitent pas. Je ne me suis pas ennuyé totalement sur ce film et puis le cinéaste possède une réelle volonté artistique. Peut-être que cette oeuvre n'était pas pour moi...

Note: 3/5

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01 juin 2009

Signes de vie (Lebenszeichen)

signes_de_vieDe: Werner Herzog

Avec: Peter Brogle, Wolfgang Reichmann, Athina Zacharopoulou, Wolfgang von Ungern-Sternberg, Wolfgang Stumpf,...

Pays: Allemagne de l'Ouest

Année: 1967

Synopsis

Chargé de surveiller un dépôt de munitions, Stroszek, un jeune soldat allemand sombre peu à peu dans la folie, et devient un danger pour son entourage...

Avis

Evidemment, tout le monde connaît la haute estime que j'ai pour Werner Herzog et ses oeuvres. Fitzcarraldo et Aguirre, la colère de Dieu font figure d'immanquables. Il est logique que nous nous intéressions donc à ses débuts. Premier long-métrage après s'être fait la main sur quelques courts, Herzog nous pond Signes de vie, une oeuvre qui indique très clairement la voie qui sera suivie par le cinéaste allemand tout au long de sa carrière.
Produit par sa propre boîte de production, le metteur en scène s'entoure d'une équipe greco-allemande. Le déroulé de son histoire se passe d'ailleurs dans un petit village grec, bien paisible, au bord de la mer. Pour ce faire, on se doit de saluer la formidable musique qui est signée Stavros Xarhakos. Une composition lente, douce et quelque peu mélancolique, en parfaite conjonction avec les thèmes centraux de l'oeuvre.
Nous le savons aussi, le cinéaste a toujours aimé des personnages au tempéramment différent. Des hommes totalement en marge de la société dans laquelle ils vivent. Le terme société n'est pas à prendre dans un sens global. On peut très bien le réduire à la notion de groupe. Les thèmes récurrents sont déjà présents: enfermement, isolement, folie,...
Le cas de Stroszek est un peu différent. Des blessures physiques, au coeur des combats de la Seconde Guerre Mondiale l'ont profondément affecté moralement. L'homme épouse une grecque, et se retrouve affecté avec deux autres soldats à la surveillance d'un dépôt de munitions. La vie est tranquille. Beaucoup trop même. Le jeune homme va alors se renfermer sur lui-même, se poser des questions existentielles. Il devient alors un danger pour les autres car il rentre de plus en plus dans la folie. Le point d'orgue étant évidemment quand il chasse les personnes logeant dans le fort avec lui pour s'enfermer et menacer la ville. S'amusant à faire éclater des deux d'artifice la nuit, les habitants et autres soldats ne craignent qu'il mette sa principale menace à exécution à savoir faire sauter le dépôt.
Rêvant d'atteindre les étoiles avec ses feux d'artifice, Stroszek sera finalement arrêté par ses anciens camarades. Les rêves de gloire tournent courts et le dernier plan, à bord d'un camion, montre un paysage qui s'éloigne. Il semble que l'on emmène l'homme vers un asile. Le rêve est définitivement clos.
Herzog signe un film correct, très bien servi par ses comédiens. Peter Brogle n'atteint nullement le talent de Klaus Kinski mais il demeure très crédible. Il est entouré parfaitement par des seconds rôles de bon niveau. Il manque encore au jeune cinéaste de l'audace mais aussi de l'expérience et par conséquent de la maturité pour signer un fim parfait. Il manque un souffle épique que l'on retrouvera dans ses chef-d'oeuvres. Pourtant, à la mise en scène, tout est déjà millimètré. Le noir et blanc est d'ailleurs superbe et permet de nous montrer des paysages magnifiés par cette utilisation.

Note: 3.5/5

 

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21 mai 2009

The Wicker Man

Wicker_Man_The_02De: Robin Hardy

Avec: Edward Woodward, Britt Ekland, Diane Cilento, Ingrid Pitt, Christopher Lee, Lindsay Kemp, Russell Waters, Aubrey Morris, Irene Sunters, Walter Carr, Ian Campbell,...

Pays: Grande-Bretagne

Année: 1973

Synopsis

Le sergent Howie de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l'Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée d'une jeune fille. Ce qui commence comme une enquête de routine tourne rapidement à la confrontation entre le policier dévot et les étranges coutumes et rituels ayants cours à Summerisle.

Avis

Avec la sale manie qu'a pour le moment Hollywood de faire des remakes à-tout-va de films, on a tout de même un gros point positif à dégager. Ca fait parler des films originaux. Ainsi, je n'avais jamais entendu parler de The Wicker Man avant la sortie du remake avec Nicolas Cage.
Pour une fois donc, je remercie un remake. Parce que j'ai découvert avec la version de Robin Hardy une oeuvre totalement remarquable.
Premièrement, j'ai trouvé l'ambiance créée par le metteur en scène comme étant incroyable. Il règne sur cette île une étrange façon de voir la vie. Il semble que le temps se soit arrêté, que la civilisation n'a jamais atteint ce bout du monde.
C'est aussi le choc entre deux cultures. Celle d'un policier croyant, toujours vierge et attendant le mariage pour sauter le pas. Il considère les autres religions comme étant fausses, qualifiant les pratiquants de païens. Une façon de vivre comme à l'aube de l'antiquité, où les druides étaient rois et leur conseils précieux. Des rites et fêtes comme à l'époque sont d'ailleurs célébrées. Inconcevable pour le policier. Cette différence ne s'arrête pas là. La religion catholique qui empêche toute forme de plaisir par des voeux de toute sorte se voit confrontée à une liberté des moeurs qui est tout bonnement abjecte pour notre détective. Il se retrouve en face d'une population qui a placé le sexe et la façon dont les enfants sont procréés au centre de l'éducation. Tout est débaûche. Scènes d'amour dans l'herbe entre plusieurs couples, une vilaine tentatrice qui va tenter de faire plonger notre ami dans le mal  (magnifique et envoutante Britt Ekland. Probablement la scène la plus remarquable du film) ou encore ce professeur chantant avec ses élèves une chanson des plus équivoques... Bref, c'est deux mondes totalement différents qui s'affrontent. Une oeuvre qui dénote bien de ce qui se passe dans les années 70 avec une libération totale de l'être humain, l'époque des hippies, des jeunes qui profitent du monde, etc avec en face les gens opposés à cela.
Bien plus que cela, on sentirait presque dans le discours de Hardy que cette jeunesse a bien raison de profiter, que l'éducation religieuse cache bien trop des choses et qu'elle est totalement dépassée face à la modernité. Ca se montre peut-être via les rites d'une ancienne religion, elle aussi qualifiée de mal.
Certes, il n'en faut pas non plus arriver comme au final. Les fêtes païennes étant ce qu'elles sont, il faut toujours un petit sacrifice. Mais cette oeuvre est oppressante comme il le faut. On a envie de voir le policier s'en sortir, en dépit du fait que même s'il est le "bon" personnage dans son histoire, certains éléments de sa personnalité semblent être dénoncées et la fin ne fait qu'appuyer cette vision vu que le catholicisme périt dans les flammes face à la liberté des moeurs de cette population...

Note: 5/5

Posté par batman1985 à 00:48 - Années 1970 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2009

Procès de Jeanne d'Arc

proces_de_jeanne_d_arcDe: Robert Bresson

Avec: Florence Carrez-Delay, Jean-Claude Fourneau, Roger Honorat, Marc Jacquier, Michel Herubel, Jean Gillibert, André Régnier, Arthur Le Bau, Marcel Darbaud, Philippe Dreux, Paul-Robert Mimet, Gérard Zingg,...

Pays: France

Année: 1962

Synopsis

Du début des audiences au supplice final, le film suit au plus près les minutes authentiques du procès.

Avis

Le premier film de Bresson que j'avais vu ne m'avait que moyennement plu. Je le trouvais assez ennuyeux et me demandait pas mal où le metteur en scène français voulait en venir. D'autant que les comédiens n'étaient pas du tout remarquables. Malgré tout, Pickpocket m'avait laissé entrevoir pas mal de qualités chez Bresson, notamment dans la mise en scène.
Je m'étais donc promis de revoir une oeuvre du cinéaste français. Procès de Jeanne d'Arc m'intéressait depuis longtemps, étant donné que je suis un grand fanatique d'histoire et que la légende entourant "la pucelle". C'est donc logiquement que je me suis tourné vers ce film, d'autant qu'il traite du procès de Jeanne d'Arc, en se basant des écrits du réel procès. Pourtant, un sentiment assez étrange s'est vite dégagé lors de la vision de cette oeuvre. Je me suis rendu compte que c'était un film qui pouvait être vu sans être vu... Je m'explique: 80% des séquences sont celles du procès, rejouées par les acteurs. Le tout est dit dans une ambiance très calme. Le jeu des acteurs est assez plat, me donnant parfois l'impression de reciter leur texte appris par coeur. Ca manque de présence et ça oublie d'injecter du vivant à ce que ça dit. Ensuite, on peut très bien se passer des images du film pendant toute cette période étant donné qu'on enchaîne calmement entre des plans sur Jeanne d'Arc et des plans sur ses juges. Ce ne sont que des plans fixes, sans réelle recherche pour la plupart. Ce qui veut dire que quand on assiste au déroulement du procès, on peut chipoter à autre chose tant que le son est assez fort pour qu'on comprenne ce qu'ils se disent. C'est un peu comme à la radio...
Fort heureusement, Robert Bresson est assez malin. Entre des séquences du procès on retrouve Jeanne dans sa cellule avec des éléments assez importants. Il varie ainsi le rythme qui aurait pu être très monotone.
Toutefois, les dix ou quinze dernières minutes du film sont certainement les meilleures. C'est bel et bien quand Jeanne est conduite au bûcher et lorsqu'elle est brûlée. Le plan final est assez remarquable et semble clairement démontrer que l'oeuvre de Bresson est bel et bien un pamphlet contre le monde ecclésiastique.
Au final, je ne me suis pas ennuyé, j'ai trouvé le film assez intéressant mais certaines personnes seront loin d'avoir cette impression. Les acteurs sont moyens et les séquences de procès alourdissent davantage l'oeuvre qu'elles ne la servent.
Pour conclure, je me demande toujours pourquoi Bresson est rentré dans l'histoire du cinéma français. J'ai trouvé par exemple le film du presque homonyme Luc Besson bien plus intéressant sur le sujet de Jeanne d'Arc. Même si celui-ci est bon...

Note: 3.5/5

Posté par batman1985 à 00:01 - Années 1960 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2009

Dobermann

dobermannDe: Jan Kounen

Avec: Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Antoine Basler, Dominique Bettenfeld, Romain Duris, François Levantal, Stéphane Metzger, Chick Ortéga, Pascal Demolon, Marc Duret, Ivan Mérat-Barboff, Patrick Rocca, Florence Thomassin, Jean Lescot, Roland Amstutz,...

Pays: France

Année: 1997

Synopsis

D'un côté, le Dobermann, toujours suivi de Moustique, l'Abbé, Pitbull, Léo, Manu et Nat son égérie sourde et muette. Leur truc, c'est les banques, les braquages, la vie à fond la caisse, l'adrénaline jusqu'à l'overdose. Et puis il y a Christini La Hyène, un flic pourri, le boucher de l'antigang, le prince de la bavure. Avec lui tous ces bouffons seraient déjà morts. Ces deux bêtes vont s'entretuer, sans règles. Bienvenue dans le chaos !

Avis

S'il y a bien une oeuvre culte que le cinéma français a offert au cours de ces vingt dernières années, c'est Dobermann de Jan Kounen. C'est pourtant le premier long-métrage de ce cinéaste originaire des Pays-Bas. Pas de quoi s'inquiéter niveau de la mise en scène vu que le metteur en scène a su se faire la main sur divers courts-métrages. Elle est électrique, rapide par moments plus posée pour d'autres. Mais c'est surtout une oeuvre déjantée. La violence est ultra présente. Il y a de très grands instants comme le passage où le motard de la police se voit mettre une grenade en plein dans son casque. Les moments de casse sont bien réalisés. La débauche atteint son paroxysme lors des scènes finales lorsque le Dobermann venge tous ses amis morts de la plus "belle" des manières pour lui sur La Hyène.
Fort heureusement, pour atténuer cet excès de violence qui en dégoûterait pas mal, il y a une forte présence d'humour et d'éléments à prendre au second degré si pas plus... Le nombre de répliques cultes est assez affolant. J'apprécie essentiellement celles du prêtre. A noter que La Hyène en lâche quelques-unes. J'ai adoré aussi le moment où l'on voit le personnage de Romain Duris se servir d'un exemplaire des Cahiers du cinéma comme papier toilette. Le foin que cette affaire a fait. Je me souviens avoir encore lu quelques lignes à propos de cette histoire il n'y a pas si longtemps de cela. Sinon, cela prouve bien aussi que pas mal de journalistes manquent d'auto-dérision. Bref, je suppose qu'ils n'ont pas voulu prendre cette scène comme l'ensemble de l'oeuvre. J'aime particulièrement la fin. Kounen suppose un hélicoptère qui poursuit la voiture de nos héros. Et si le crime ne payait pas ? Le doute est permis.
Un mot rapide sur la musique que j'ai trouvée très réussie et bien en phase avec le genre. Sans oublier le casting absolument génial. Il réunit trois acteurs que j'adore: Vincent Cassel, Monica Bellucci et à mon sens le sous-utilisé Tcheky Karyo. Très bon trio même si le rôle de Bellucci dans le film est nettement plus en retrait. Enfin, tous les seconds rôles sont excellents.
Kounen réussissait clairement son entrée dans le cinéma avec Dobermann...

Note: 4/5

Posté par batman1985 à 00:20 - Années 1990 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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