29 août 2007
Ring (Ringu)
De: Hideo Nakata
Avec: Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada, Yoko Takeuchi, Yoichi Namata, Chihiro Shirai,...
Pays: Japon 
Année: 1997
Synopsis
Un soir, seules à la maison, deux lycéennes se font peur en se racontant une mauvaise blague. Une étrange rumeur circule à propos d'une cassette vidéo qui, une fois visionnée, déclenche une terrible malédiction: une mort annoncée sept jours plus tard. Une journaliste enquête mais très vite, le maléfice la rattrape...
Critique
Tout le monde connaît la version américaine signée Gore Verbinski, The ring, déjà moins savent qu'il s'agit d'un remake du film japonais réalisé en 1997 par Hideo Nakata et ils sont très peu à avoir vu cet "original".
Au Japon, par contre, Ringu, a été un véritable phénomène de mode et le film est devenu très rapidement culte. Il n'était pas rare à la télévision japonaise, que lors d'émissions, des jeunes étudiants et étudiantes, regardaient un film d'horreur lorsqu'à, à un moment, une fille aux longs cheveux noires sortaient d'une cachette et venaient à effrayer complètement les jeunes. Comparé à l'Occident, le Japon possède une autre culture de la peur et de la façon d'effrayer le téléspectateur. Si aux USA ou en Europe, on joue sur l'ambiance et sur une action brève et rapide pour faire monter l'adrénaline, en Asie et particulièrement au Japon, c'est tout autre. En effet, on joue réellement plus sur le suspens et sur la vision de ce qui effraie la personne. Ainsi, pour le cas du film de Nakata, on met en place une légende, on y parle d'une fille, elle n'apparaît que très tardivement dans le film mais on la voit très lentement arriver vers nous. Ainsi, la tension monte au fur et à mesure que la jeune fille aux longs cheveux noirs s'approche de sa victime. Pour cela, Nakata n'a pas fait dans l'excès. Une réalisation sobre, efficace, et comme le veut le code du genre, avec de longs passages nocturnes ou dans la pénombre. Ambiance oblige! On saura également apprécier le film maudit, véritable oeuvre culte en lui-même par son côté très étrange, bien évidemment. Mais quand on a une façon de voir les choses pour créer la tension, il y a parfois un revers à la médaille. Si au Japon, le film a fait fureur, en Europe, on ne peut pas dire qu'on soit habitué par ce genre. En effet, tellement habitué par la façon dont les Américains font des films d'horreur, il ne sera pas étonnant d'entendre des gens trouver l'oeuvre de Nakata totalement nulle puisque celle-ci ne fait pas peur et que l'on voit beaucoup trop la fille. A chacun sa façon de voir les choses.
On notera aussi que le scénario joue sur deux fronts. Premièrement et bien sûr, sur celui de l'horreur et de la faculté à faire peur, mais également sur l'énigme à résoudre pour les deux personnages principaux. Si d'habitude, c'est assez idiot ailleurs, on est quand même assez pris par cette enquête un peu plus intelligente que pour d'autres films. On pourrait presque s'avancer aussi sur le fait que le réalisateur nippon semble vouloir critiquer une chose avec la télévision. En effet, toutes les personnes touchées au début par la malédiction sont des jeunes personnes. Serait-ce la façon de dire de Nakata que les jeunes à l'heure actuelle sont mis en danger par une télévision qui leur fait montrer n'importe quoi, qui tombe parfois dans une surenchère de l'horreur et du politiquement incorrect? Si ce n'est pas clairement dit, on n'en semble parfois pas loin.
Dans l'ensemble, Nakata signe un film très réussi, auquel il ne manque que très peu de choses pour en faire son chef-d'oeuvre. Ad contrario, son oeuvre est devenue culte, d'abord au Japon, ensuite dans le monde entier, grâce au remake. Et puis, par rapport au film de Verbinski, on laissera à Nakata et ses compères le fait d'avoir trouvé l'idée de réaliser une telle oeuvre...
Note: ****
26 août 2007
Kingdom of Heaven
De: Ridley Scott
Avec: Orlando Bloom, Liam Neeson, Jeremy Irons, Eva Green, Brendan Gleeson, David Thewlis, Marton Csokas, Ghassan Massoud,...
Pays: Allemagne, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 2004
Synopsis
France, XIIème siècle. Le jeune Balian se voit confier la périlleuse mission de partir en croisade afin de préserver la paix à Jérusalem. La ville connaît un équilibre fragile grâce à son roi chrétien, Baudouin IV, et à la modération du légendaire chef musulman, Saladin. Mais le fanatisme religieux menace aux portes de la ville et contraint Balian à s'engager dans la guerre.
Critique
Après l'énorme succès que fut le péplum Gladiator (probablement le dernier tout grand film de Ridley Scott à l'heure actuelle), il était donc logique que l'on confie au réalisateur britannique une autre grande épopée historique. Exit le monde antique et ses Romains, dites bonjour aux chevaliers et à leurs croisades.
Autant être franc directement, on est bien loin du film qui avait comme tête d'affiche Russel Crowe en 2000. Et Kingdom of Heaven n'est pas dénué de défauts. Premièrement, le choix du casting: certes, les seconds rôles sont excellents (Jeremy Irons, Brendan Gleeson, Ghassan Massoud ou encore Edward Norton, dans le rôle du Roi lépreux, sont vraiment très bons et il n'y a absolument rien à leur reprocher), ce n'est pas le cas pour les deux têtes d'affiche. Premièrement, la demoiselle Eva Green a beau posséder un joli minois, elle est d'un jeu extrêmement plat et ne convainc vraiment personne dans son rôle de Sybille. Et que dire de Orlando Bloom? A part qu'il a, tout le long du film, un regard mélancolique et triste et qu'il est impossible aussi de se défaire, à cause de cela, de l'image que l'on gardait de lui dans Le Seigneur des Anneaux, celle de l'elfe Legolas. De plus, il est incapable de changer les expressions de son visage. Certes, il fallait amener du public, peut-être même plus féminin, mais d'autres choix auraient été possibles. On est vraiment bien loin de la prestance et du charisme que possédait Russel Crowe.
Ensuite, pour le scénario, il y a du bon et du nettement moins bon. Tout commence alors que Balian n'est que simple bûcheron quelque part en France (ce qui est une erreur historique, puisque le jeune homme a toujours vécu sur l'actuelle terre d'Israël. Il y a d'autres petites fautes, notamment dans l'armement utilisé mais dans l'ensemble, le film de Scott est réellement correct d'un point de vue historique). Tout d'un coup, un chevalier arrive et lui apprend qu'il n'est autre que son père. Ce dernier repart quasiment aussitôt vers Jérusalem et demande à son fils de l'accompagner. Balian est quelque peu énervé, surtout que les paroles d'un curé l'excède encore plus. Il tue le curé, boute le feu à sa maison, prends son cheval et part rejoindre son père sur les routes. Fait incroyable, il le retrouve en même pas une minute. Il apprend à manier les armes. Ca tombe bien, le petit camp est attaqué et le père est blessé. Balian est par après fait chevalier tout juste avant que son gentil papa ne décède de ses blessures. Par après, notre jeune héros prend un bateau qui, manque de pot, sombre. On ne sait trop comment il survit mais en tout cas, il est le seul à se relever sur la plage. Par chance, un cheval a également survécu au naufrage. Il retrouve le Roi à Jérusalem et il peut, en plus, prendre possession des terres qui appartenaient à son père. Wouaw! Quel destin! Et tout ça en même pas trente minutes de film alors que celui-ci dure plus de deux heures. Un peu léger, un peu trop rapide, en d'autres termes, une introduction au récit qui est totalement bâclée. Par après, il faut bien avouer que le scénario reste assez classique mais pour une oeuvre de ce type, c'est plutôt normal. Non, le plus intéressant dans le script reste quand même cette volonté des scénaristes et du réalisateur de prendre à parti le danger que représentent les religions. Ou plutôt l'extrémisme religieux qui est à la base, pour Scott et ses compères, de toutes les dérives du monde. On voit clairement que pour eux, les Croisades ont surtout eus comme résultat le pillage, les meurtres, les batailles sanglantes et tout ça au nom de la religion. L'acquisition des richesses d'un autre peuple qui se fait au nom de la religion, qu'elle soit catholique ou musulmane dans ce cas-ci. Pour un blockbuster de ce genre, c'est plutôt pas mal de tenter de faire passer un petit message de ce type. D'autant que ça rehausse quelque peu la qualité du film et essentiellement de son scénario.
D'autres bons points sont à souligner dans l'oeuvre de Ridley Scott. Tout d'abord, la mise en scène du réalisateur est excellente, nerveuse lors des combats (mémorable prise de Jérusalem) et les effets spéciaux sont assez impressionnants. Enfin, on est assez séduit par la musique signée Harry Gregson-Williams.
On regrettera donc que cette version cinéma n'ait pas livré tout le potentiel que le film de Scott détenait. La version director's cut semble vraiment plus appropriée et plus longue d'une demi-heure, devrait effacer les défauts scénaristiques présents au début de l'oeuvre, même si cela n'effacera pas les performances médiocres des deux acteurs principaux. En attendant, il n'y a pas de honte à le dire, le film de Scott possède des qualités indéniables qui font qu'il peut s'apprécier sans problèmes...
Note: ***
22 août 2007
Le Labyrinthe de Pan (El Laberinto del Fauno)
De: Guillermo Del Toro
Avec: Sergi Lopez, Maribel Verdu, Ivana Baquero, Doug Jones, Alex Angulo, Ariadna Gil, Roger Casamajor, Cesar Bea, Frederico Luppi, Manuel Solo,...
Pays: Espagne, Etats-Unis, Mexique

Année: 2006
Synopsis
Espagne, 1944. La guerre civile est finie depuis cinq ans. Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe.
Critique
Boudé à Cannes et remportant trois Oscars dans des catégories plus mineures (meilleure photographie, meilleurs décors et meilleurs maquillages), il semble que Le Labyrinthe de Pan n'ait pas été reconnu à sa plus juste valeur par certains professionnels du monde du septième art.
Si Guillermo Del Toro avait jusque-là réussi des films corrects (voir Cronos ou encore Hellboy) entre oeuvres de grands publics et oeuvres plus personnelles, il n'avait pas encoré réaliser son chef-d'oeuvre. C'est désormais fait...
Il faut dire que c'est un projet qui tenait à coeur au réalisateur mexicain qui a mis plus de vingt ans avant de pouvoir le réaliser. "A la base, le scénario du Labyrinthe de Pan ressemblait à ma toute première version de L'échine du diable, et aurait dû être mon tout premier film si j'avais réussi à trouver le budget nécessaire pour le réaliser à l'époque," raconte Guillermo Del Toro. "Il y était question de la révolution espagnole et l'histoire parlait d'une jeune femme enceinte qui rejoignait son mari dans une maison restaurée par ce dernier. En visitant la demeure, la future mère découvrait un jardin en forme de labyrinthe, où elle croisait un satyre. Elle faisait l'amour avec la bête qui lui proposait de sacrifier son enfant pour que le labyrinthe puisse fleurir. Si la femme avait accepté, elle aurait vécu pour l'éternité aux côtés du satyre. Même si au final, des ressemblances demeurent, la nouvelle version du Labyrinthe de Pan est malgré tout très différente, mon côté sentimental ayant finalement pris le dessus."
Mais venons-en directement au film, où nous sommes directement plongé dans cet univers très spécial que le réalisateur a créé avec toute son équipe. Il est vrai que les décors, les maquillages et les moments où la fillette se met à rêver sont très réussis. On retrouve également dans la réalisation la patte caractéristique de Guillermo Del Toro, qui se sert d'objets ou d'arbres pour passer d'un endroit à un autre et de couper sans qu'on s'en aperçoive (il a déjà utilisé ces techniques dans les deux films qu'il m'a été donner de voir de ce metteur en scène, j'imagine qu'il l'a fait pour les autres...). Dans l'ensemble, tout ce qui touche à la technique est d'une réussite exemplaire.
Mais venons-en surtout à tout ce qui entoure le film, aux messages que celui-ci contient. Premièrement, il y a ce mélange de rêves, d'imagination à la dure réalité du monde. La guerre, les horreurs commises par l'homme,... Mais le plus étrange au fond, c'est que le monde des rêves qu'imagine Ofélia n'est pas forcément plus beau que celui du monde des hommes. Ainsi, les trois épreuves qu'elle a à passer contiennent des moments assez durs et pas aussi jolis que l'on pourrait, nous, l'imaginer. Le crapeau qui détruit l'arbre, le Pale Man (Del Toro s'est d'ailleurs inspiré d'une peinture de Francisco Goya, celle où Saturne dévore son fils. Le dessinateur Arthur Rackham est d'ailleurs une autre source d'inspiration pour le metteur en scène qui a écrit le scénario du film) où encore la dernière épreuve qui consisterai à ce que l'on tue un bébé. Mais on peut également se poser des questions sur la véritable ambition de Pan, celui qui dit à Ofélia qui elle est vraiment. Mais, mine de rien, les rêves constituent un échappatoire très important pour la jeune fille. Son imagination débordante lui permet d'espérer et de croire, au fond, en un monde meilleur. Car le monde réel qui sert de base à Del Toro n'a rien de marrant. La guerre civile d'Espagne vient à peine de s'achever. Les Franquistes sont toujours à la recherche des résistants et ne se montrent d'aucune pitié. En particulier le beau-père d'Ofélia, véritable monstre, être sanguinaire et qui se déteste lui-même pour ses actes mais également pour le fait qu'il n'atteindra probablement jamais la renommée et la popularité que son père, un ancien général mort au combat, possédait. La psychologique du capitaine Vidal est donc assez fouillée. Il est avec Ofélia, le véritable personnage central du film. L'un représente le mal et l'autre l'innocence. Les autres personnages sont nettement plus secondaires. Carmen, la mère d'Ofélia, est la personne qui tente de faire prendre conscience à sa fille que les contes de fées n'existent pas et que plus vite elle s'en rendra compte, moins elle en souffrira. Mercedes, la servante, joue un double jeu mais elle est très importante pour Ofélia car elle a un rôle très protecteur envers Ofélia.
Il est également très important de souligner que le Capitaine Vidal représente le fascisme et est probablement le plus grand monstre du film, bien plus que tous ceux qui sont imaginés par la jeune Ofélia. Pour cela, Guillermo Del Toro a son idée quand à la représentation qu'il fait du fascisme par rapport aussi à l'innocence que représente la jeune enfant: "À mes yeux, le fascisme est une représentation de l'horreur ultime et c'est en ce sens un concept idéal pour raconter un conte de fées destiné aux adultes. Car le fascisme est avant tout une forme de perversion de l'innocence, et donc de l'enfance. Pour moi, le fascisme représente en quelque sorte la mort de l'âme car il vous force à faire des choix douloureux et laisse une trace indélébile au plus profond de ceux qui l'ont vécu. C'est d'ailleurs pour cette raison que le véritable monstre du film est le Capitaine Vidal, qui est incarné à l'écran par Sergi Lopez. Un monstre bien réel comparé à ceux qui évoluent dans le labyrinthe. Le fascisme vous consume à petit feu, pas forcément physiquement, mais au moins spirituellement."
Mais le plus intéressant réside au fond dans la fin du film. Bien que l'on sache dès le début ce qu'il advient d'Ofélia (certains jugeront que c'est un défaut et qu'alors, l'oeuvre de Del Toro ne vaut donc pas la peine), la fin est réellement porteur d'un message d'espoir. Les rêves d'enfants, leurs croyances pour les contes de fées sont, pour Del Toro, essentielles. Cela leur permet d'avoir un éxutoire, un échappatoire au monde cruel qu'est celui des hommes. Au point même que la mort de la jeune enfant, aussi terrible soit-elle, ne lui semble pas si dramatique, car perdue dans ses rêves, elle sourit alors qu'elle va passer de vie à trépas. Del Toro tient un discours assez paradoxal: l'imagination des enfants est importante mais éphémère et qu'un jour ou l'autre un "retour" brutal dans la réalité se fera. Cependant, ceux-ci sont nécessaires car ils leur permettent d'échapper au tracas du monde des humains.
Du côté des acteurs, il y en a deux à retenir. La Jeune Ivana Baquero, tout d'abord, qui est tout bonnement extraordinaire dans ce rôle assez difficile pour une jeune enfant. Ensuite, et probablement le meilleur de tous dans ce casting hispanique. Il est tout bonnement incroyable dans ce rôle du capitaine sanguinaire. Mais dans l'ensemble, tous les seconds rôles sont parfaits.
Del Toro signe à la fois une oeuvre aussi belle que cruelle (certains passages étant très violent), un véritable conte pour adultes, un film qu'il voulait réaliser aussi depuis très longtemps. Del Toro vient de réaliser son chef-d'oeuvre et le public ne s'en plaindra pas...
Note: *****
20 août 2007
L'anguille (Unagi)

De: Shôhei Imamura
Avec: Koji Yakusho, Misa Shimizu, Fujio Tsuneta, Mitsuko Baisho, Sho Aikawa, Akira Emoto,...
Pays: Japon 
Année: 1997
Synopsis
Takuro Yamashita, après huit ans passés en prison pour le meurtre de sa femme adultère, est mis en liberté conditionnelle sous la responsabilité d'un bonze. Il ouvre un salon de coiffure dans la banlieue de Tokyo mais reste obstinément mutique, ne se livrant qu'à l'anguille qu'il a apprivoisée durant sa captivité. Keiko, une jeune femme qu'il sauve du suicide, devient son assistante et égaie le salon et la vie tranquille du solitaire Takuro. Mais le passé ressurgit pour chacun d'eux, avec ses démons...
Critique
La palme d'or du 50ème festival de Cannes, ex-aequo avec Le goût de la cerise d'Abbas Kiarostami, n'est autre qu'un film japonais signé Shôhei Imamura: L'anguille. Le réalisateur nippon est alors en proie au doute. Son oeuvre précédente, Pluie noire, a été un énorme échec commercial. S'ensuit pour Imamura un long silence de sept ans. C'est en se basant de la nouvelle Scintillement dans l'ombre d'Akira Yoshimura, qu'est né ce film. Pour l'aider dans cette tâche, son fils co-écrit le scénario.
Le cinéaste va surtout s'attarder sur une partie de Tokyo que nous ne connaissons pas et qui est très rarement montrée à la télévision. Sa banlieue et ses pêcheurs, paysans, ouvriers,... Bref, on s'attarde nettement sur les gens simples qui font partie d'une classe sociale non aisée. Mais c'est bien plus que cela, on va réellement intégrer la psychologie de Takuro. On va tenter de comprendre son acte mais également sa tentative de rédemption qu'il cherche à gagner aussi bien des autres que de lui-même.
Ainsi, sur l'ensemble du film, la réalisation est d'une sobriété sans égale, nous dévoile des paysages alors inconnus de Tokyo. Ainsi, on se retrouve en pleine nature, la caméra s'arrête parfois sur les paysages pour nous en dévoiler toute leur beauté. Et ad contrario, la scène du meurtre est brève mais violente. Mais L'anguille, c'est avant tout l'histoire d'un homme qui a connu la trahison de la part de sa femme. Une lettre lui apprend qu'elle le trompe. Il veut alors retrouver sa dignité et en les surprenant, il perd totalement ses moyens, blesse l'amant et assassine son épouse. Comprenant la gravité de son geste, il se rend immédiatement à la police. Le réalisateur ne s'attarde pas sur son passage en prison. On va alors suivre la réinsertion de l'ancien prisonnier dans la société. Nul doute qu'elle est difficile. Il tente tant bien que mal de garder son secret. Quelques voisins se lient d'amitié avec l'homme mais il reste taiseux. On comprend dès lors que l'homme est mal dans sa peau, qu'il ne se sent pas bien avec les autres. Son anguille, animal qu'il a apprivoisé durant sa détention et qui est devenue sa seule confidente (car elle lui répond et qu'elle ne juge pas), sait tout de l'homme. On a d'ailleurs des moments plus psychédéliques avec celle-ci, lorsque Takuro plonge dans l'aquarium pour y rattraper quelque chose (par exemple). Au fur et à mesure qu'on avance dans le film, on se rend compte que l'homme n'a toujours pas digéré son acte. Ca se traduit à un moment donné lorsque le personnage dit: "Je l'aimais mais je l'ai tuée. Je ne comprends pas."
Un autre point très important dans l'oeuvre, c'est bel et bien lorsqu'il sauve une jeune femme du suicide. Keiko, pour le remercier, va devenir son assistante au salon. La relation entre les deux personnes est très difficile au début. Celle-ci parle énormément avec l'homme alors que ce dernier ne lui répond que très peu et est plutôt fuyant. Mais mine de rien, c'est cette jeune femme qui va sauver Takuro et qui va surtout l'aider psychologiquement. L'homme semble réellement guérir lorsque celui-ci accepte de dire qu'il est le père de l'enfant que la jeune femme porte en elle.
L'anguille est très intéressant car le film démontre que chaque être humain recherche sa place dans la société et que celle-ci doit être digne. Il tient aussi à dénoncer le fait que l'homme juge parfois trop souvent et trop hâtivement. C'est en recherchant cette place que Takuro a commis l'irréparable. L'oeuvre de Shôhei Imamura est réellement réussie. En vrai film d'auteur, le réalisateur s'attarde bien plus sur le fond que sur la forme (même si on pourra dire que certains plans sont superbes). Une oeuvre immanquable pour tous les fans du cinéma nippon et asiatique.
Note: *****
18 août 2007
Pulsions (Dressed to kill)
De: Brian DePalma
Avec: Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen, Keith Gordon, Dennis Franz, David Margulies, Ken Baker, Susanna Clem,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1980
Synopsis
Thérapeut de renom à Manhattan, le Dr. Robert Elliott doit faire face au moment le plus terrifiant de son existence lorsqu'un meutrier psychotique agresse les femmes de son entourage à l'aide d'un rasoir... dérobé dans son cabinet. Elliot est résolument décidé à trouver le meurtrier avant qu'il ne tue d'autres victimes.
Critique
Brian DePalma est un sacré cinéaste puisqu'il manie la caméra de main de maître. Mais c'est également un cinéphile averti et il n'a jamais été avare en références ou en hommage à certaines oeuvres ou cinéastes. Ainsi, il est impossible de ne pas se souvenir à la formidable scène des escaliers dans son film Les incorruptibles qui nous renvoyaient dans les années 20 à l'époque de Eisenstein et de son fameux Cuirassé Potemkine. Cependant, DePalma a eu une période où il rendait bien plus qu'un hommage à Alfred Hitchcock, il signait une véritable déclaration d'amour envers ce cinéaste. Pulsions compte parmi ses oeuvres dédiées au Britannique.
En effet, le film est construit de la même manière qu'un Psychose. On s'attache tout d'abord à un personnage central. Un être troublé et qui consulte un psychologue. On a le temps de se faire un avis sur la personnalité de la personne jusqu'à ce que celle-ci, comme dans l'oeuvre de Hitchcock soit assassinée. Les points communs ne s'arrêtent pas là. Il y a le membre de la famille qui mêne son enquête en parallèle avec la police, le thème de la schizophrénie est abordé, et on a même droit, à une explication de ce que cela signifie.
Alors, remake ? Pas du tout et c'est probablement la grande force de Pulsions. C'est que même en s'inspirant de Hitchcock, le film possède sa propre aura. Et pour plusieurs raisons : tout d'abord, la réalisation de Brian DePalma est réellement impressionnante. Outre le split-screen qui est devenu la marque de fabrique de ce metteur en scène, certains scènes sont à épinglés tant elles sont impressionnantes. Ainsi, ce jeu de séduction dans le musée, avec la caméra qui filme les protagonistes ou alors celle-ci devenant carrément l'oeil de la personne. Encore une autre ? La scène du meurtre dans l'ascenceur est également très intéressante. Ensuite, par son scénario qui, s'il s'inspire des grandes lignes de Psychose, possède également des sujets ou des moments que l'on ne retrouve pas dans l'oeuvre hitchcockienne. En effet, l'autre thème central demeure probablement celui de la sexualité mais qui est troublée. Une femme ne ressentant pas de désir, une prostituée,... En outre, c'est aussi dans le scénario que l'on retrouve des passages qui s'avèrent inutiles à la construction du récit. Pas de gros défauts mais ils font quand même perdre un gage de qualité à l'oeuvre de DePalma.
Enfin, vient l'interprétation des acteurs. Avec un Michael Caine qui se distingue dans ce personnage partagé entre deux personnalités. Ca n'atteint pas la performance qu'Anthony Perkins avait délivré (tiens, recomparons à Psychose) mais il faut avouer qu'il était très difficile voire impossible de faire mieux. On retrouve enfin Nancy Allen qui a déjà tourné auparavant avec Brian DePalma dans Carrie au bal du diable.
Probablement pas un chef-d'oeuvre, le film reste néanmoins excellent et demeurera un très bel hommage au maître qu'était Hitchcock. Si DePalma ne peut sûrement pas être comparé au britannique, il est quand même important de dire que les deux hommes possèdent des qualités de metteurs en scènes indéniables.
Note: ****
14 août 2007
Ed Wood
De: Tim Burton
Avec: Johnny Depp, Martin Landau, Sarah Jessica Parker, Bill Murray, Patricia Arquette, Jeffrey Jones, Vicent D'Onofrio, Lisa Marie,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1995
Synopsis
Ed Wood est un cinéaste excentrique qui ne parvient pas à percer dans le monde du cinéma. En compagnie d'un groupe d'acteurs hétéroclites et plus bizarres les uns que les autres, de la reine du téléfilm d'horreur, d'un lutteur suédois colossal et de Bela Lugosi, la légende déchue du cinéma, Ed cultive l'art de faire de mauvais films avec un raffinement inédit.
Critique
Voilà probablement l'un des films les plus étranges que Tim Burton ait pu réaliser. Pourquoi? Parce que tout d'abord, il sort un petit peu de l'ambiance gothique et baroque qui le caractérise sans pour autant renier son cinéma, et ensuite, parce qu'il s'attaque à la biographie du plus mauvais cinéaste de tous les temps: Ed Wood.
D'ailleurs, l'oeuvre commence de la même manière que celle de Plan 9 from outerspace, le film culte de Wood, tant celui-ci était mauvais. Cette oeuvre de Burton a d'ailleurs dérouté tous les fans. Ou est passé le Burton qui avait réalisé Edward aux mains d'argent ou encore L'étrange Noël de Monsieur Jack? Beaucoup n'ont pas reconnu leur cinéaste fétiche et le film ne connut pas le même succès que les oeuvres précédentes du génial réalisateur. Pourtant, Ed Wood est un film remarquable, alliant avec brio oeuvre de simple divertissement et oeuvre contenant un message. Premièrement, on est plus qu'amusé par ce personnage. Ed Wood était considéré comme un homme enthousiaste, adorant le cinéma mais qui ne savait pas en faire. On peut le dire, on suit ses péripéties et ses tentatives de créer des films avec un contentement non dissimulé. Ce personnage nous amuse et est très attachant (formidable Johnny Depp). De plus, la biographie que réalise Burton est très proche de la réalité. Du célèbre pull-over rose en angora qu'Ed Wood adorait porter (il était travesti mais n'était pas pour autant homosexuel, il aimait les femmes) ou alors de ses faits de gloire durant la seconde guerre mondiale, on y est proche de la vérité. Mais le plus intéressant reste la formidable manière dont est montrée la façon dont Ed Wood aurait réalisé Plan 9 from Outerspace. De plus, Ed Wood avait lui aussi ses réalisateurs et acteurs fétiches. Il vénérait essentiellement Orson Welles et Bela Lugosi. Le dernier tournera d'ailleurs dans tous les films d'Ed Wood, même à titre posthume.
Ensuite, on parlait du fait que Burton donnait un message à tous les spectateurs. Il y fait ici une critique du cinéma hollwyoodien, commercial et qui jette très vite dans l'ombre certaines stars ou qui privilégient certains films. Ainsi, Orson Welles (joué par Vincent D'Onofrio) critique les producteurs véreux qui regrettent l'échec commercial de Citizen Kane (considéré comme le meilleur film de tous les temps) lors d'une entrevue avec Ed Wood. Bela Lugosi est tombé dans l'oubli parce qu'il a refusé de jouer le rôle de Frankenstein, et de plus, sa façon de jouer était devenue obsolète pour les producteurs. Dès lors, pour Lugosi (Martin Landau), le fait de jouer dans les films d'Ed Wood ou encore de se laisser photographier par la presse lors de sa cure de désintoxication prouve que même si c'est en mal, le plus important c'est qu'on en parle. Beaucoup de "vedettes" actuelles font la Une des journaux peoples avec ce genre d'informations. Mais on constatera surtout que le film de Burton est une énorme déclaration d'amour au cinéma, essentiellement d'auteur. Un type de cinéma que le metteur en scène a quitté après le succès de quelques-uns de ses films.
Un dernier mot sur les acteurs, ils sont formidables. Si pour beaucoup de monde, les prestations de Johnny Depp s'arrêtent aux Pirates des Caraïbes, ils devraient s'attarder sur sa performance d'acteur dans cette oeuvre. Il est formidable. Génial. Incroyable. Son meilleur rôle... Il est également très important de souligner les seconds rôles tout aussi extraordinaires, notamment celui de Martin Landau dans celui de Bela Lugosi.
Burton vient de signer un énorme film. Une oeuvre phénoménale qui serait dommage de rater...
Note: *****
11 août 2007
Harrison's flowers
De: Elie Chouraqui
Avec: Andie MacDowell, Elias Koteas, Brendan Gleeson, Adrien Brody, David Strathairn, Alun Amrstrong, Caroline Goodall, Diane Baker, Gerard Butler, Marie Trintignant, Christian Charmetant,...
Pays: France 
Année: 2000
Synopsis
Octobre 1991, Harrison Lloyd, grand reporter-photographe à "Newsweek", est envoyé en Yougoslavie pour couvrir le début du conflit serbo-croate. Porté disparu non loin de Vukovar, sa femme Sarah, refusant de croire à sa mort, part à sa recherche dans l'ex-Yougoslavie en guerre.
Critique
Les films sur la guerre en Yougoslavie sont assez rares. Pourtant, il y en a quand même un assez célèbre qui a réussi a tiré son épingle du jeu, c'est Underground d'Emir Kusturica. Quelques années plus tard, c'est un ancien journaliste sportif, fanatique de cinéma et ancien assistant-réalisateur de Claude Lelouch, qui s'attaque à ce conflit: Elie Chouraqui.
De plus, le metteur en scène français obtient de très beaux moyens pour réaliser l'oeuvre qui s'inspire de l'histoire vraie d'Harrison Lloyd, reporter américain envoyé là-bas pour couvrir ce conflit qu'on considérait encore alors comme mineur. En effet, il y a tout d'abord ce casting international: MacDowell, Koteas, Gleeson, Marie Trintignant, Adrien Brody, Gerard Butler ou encore David Strathairn. C'est plutôt pas mal quand même. C'est d'ailleurs ce qui constitue comme étant probablement la plus grande réussite du film. Certains acteurs tirant leur épingle du jeu comme Strathairn, Gleeson ou encore Brody. Les autres se débrouillant très bien aussi, pas d'inquiétude là-dessus. Pour Trintingant, il s'agit de sa seconde collaboration avec Elie Chouraqui. La première remontant en 1993 avec le film Les marmottes.
Question de la mise en scène, Chouraqui construit son film comme si c'était les journalistes qui avaient côtoyés Harrison et sa femme et qui parle alors de la Yougoslavie. La guerre semble être finie, en tout cas, elle le semble pour eux, qui ne veulent plus y retourner en disant que c'était le pire endroit qu'ils avaient connu au monde. Ensuite, durant les moments en pleine Yougoslavie, Chouraqui aurait pu tomber dans un mélodrame facile et exacerbé. Fort bien lui en a pris de rester sobre et de ne pas insister sur certaines images ou sur certains cas de violence. Sinon, si les scènes de combat sont assez bien filmées et donne parfois une certaine impression de documentaire, cela reste assez classique.
Scénaristiquement parlant, il y a du pour et du contre. Si on se rend bien compte que ce film est nécessaire, quand au rôle joué par les journalistes, photographes ou encore cameramen de guerre, il se trouve que son récit connaît des moments de faiblesse. Tout d'abord, le film est assez lent à démarrer. Du moins, il met un peu trop de temps pour qu'on soit réellement lancé dans l'action. Ensuite, Chouraqui insiste beaucoup sur la relation qui existe entre son père et le fils. Le problème, c'est qu'elle est inexistante. Le fils en voulant à son père de toujours partir. Et à la fin, comme par magie, tout va mieux. Il y a quelques incohérences qui auraient pu facilement être évitables. Cependant, son côté plus sérieux avec la situation de tous les reporters de guerre, qui connaissent les mêmes dangers qu'un soldat, qui sont confrontés au horreurs de la guerre et parfois même la mort qui n'est pas toujours accidentelle a permis de prendre conscience à certaines personnes des difficultés d'un métier comme celui-là.
Dans l'ensemble donc, le film est réussi. Il y a des points faibles qui se situent essentiellement dans le scénario et dans une réalisation qu'on regrettera de ne pas être un peu plus osée dans les moments les plus guerriers par exemple. A voir une fois.
Note: ***
08 août 2007
Trois enterrements (Los tres entierros de Melquiades Estrada)
De: Tommy Lee Jones
Avec: Tommy Lee Jones, Barry Pepper, January Jones, Julio Cesar Cedillo, Dwight Yoakam, Melissa Leo, Vanessa Bauche, Sonny Carl Davis, Jesse De Luna,...
Pays: Etats-Unis, France

Année: 2004
Synopsis
Le corps de Melquiades Estrada, paysan mexicain, est retrouvé en plein désert, où il a été rapidement enterré après son assassinat. Par qui?
Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiades, va mener lui-même l'enquête que les autorités locales refusent d'assumer. Seul garant, dans cette étrange région du Texas, d'une réelle humanité, il va découvrir le meurtrier, lui faire déterrer le corps et offrir à son ami le plus beau voyage de sa vie, vers une sépulture honorable dans son Eldorado natal, le Mexique. Il va aussi offrir à son assassin une magnifique leçon sur la vie des hommes, le sens des valeurs, le respect de la vie.
Critique
Un premier film en tant que réalisateur, ça se fête... Surtout quand celui-ci est d'une grande classe. Cependant, rares sont les jeunes réalisateurs à pouvoir marquer le coup dès une première oeuvre. Il s'agit donc de l'oeuvre des grands. Bonne nouvelle pour Tommy Lee Jones, il en fait partie...
Certes, le monsieur est loin d'être un jeune premier au cinéma. Il possède une filmographie très intéressante en tant qu'acteur et il est inutile de vous le présenter. Des collaborations avec des personnes comme Eastwood, Oliver Stone, Robert Altman ou encore les frères Coen pour leur prochain film, ça démontre quand même que le monsieur possède du talent. Cependant, pour les gens de ma génération, il est surtout l'un des deux hommes en noir dans la saga Men In Black.
Ce n'est qu'après 35 ans de carrière dans le cinéma que Jones prend le risque de passer de devant à derrière la caméra. Premièrement, le bonhomme a du flair et sait s'entourer de la meilleure des manières. Il dispose comme scénariste d'un certain Guillermo Arriaga, qui a démontré tout son talent dans les oeuvres d'Alejandro Gonzales Inarritu. Ensuite, outre également le rôle qu'il dispose dans son propre film, il sait s'entourer d'acteurs pas forcément connu mais dont le talent reste indéniable. Outre Jones, on ne peut citer que Barry Pepper comme "vedette" de ce film.
Derrière la caméra, Jones ne fait pas dans l'excès et est même très prudent. Il ne veut probablement pas faire (trop) d'erreurs. Il tourne d'une manière très classique mais à un point où grâce à la musique, à la quêtes des personnages et à certains paysages tout bonnement magnifiques que cela en devient presque poétique. De plus, s'il reste très sobre derrière une caméra, l'acteur le reste tout autant devant, étalant sa classe naturelle. Par contre, on ne peut être que très surpris par la qualité de l'interprétation de Barry Pepper. S'il avait déjà prouvé qu'il possédait du talent avec certaines oeuvres, il a souvent du passer par des films de seconde zone qui ne sont pas très reluisants. Il trouve en tout cas avec Trois enterrements un très grand second rôle et plus que probablement la meilleure interprétation qu'il a réalisée.
Mais une nouvelle fois, c'est la plume de Guillermo Arriaga qui suscite un intérêt important. Une nouvelle fois, le récit est décomposé et le film n'est pas toujours construit chronologiquement entre scène "directe" et flash-back. Ensuite, hormis l'histoire du film, Arriaga en profite pour parler de la discrimination qui peut exister envers les étrangers. La situation est d'autant plus particulière qu'Arriaga est mexicain et que l'histoire se déroule au Texas. Il est donc inutile de vous faire un dessin. On le sait très bien que beaucoup de Mexicains émigrent vers les USA. Enfin, le voyage que vont effectuer Perkins et le meutrier est absolument fabuleux. Bref, Arriaga signe ici un scénario très réussi et qui démontre une fois encore tout son talent et qu'il est bel et bien l'un des meilleurs scénaristes à l'heure actuelle.
Jones signe donc un film très réussi grâce notamment à un scénario en béton et à une kyrielle d'acteurs tous aussi étonnants les uns que les autres. Quant à moi, vous vous remettez derrière la caméra quand vous voulez...
Note: ****
05 août 2007
Die hard 3 - Une journée en enfer (Die Hard with a vengeance)
De: John McTiernan
Avec: Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Jeremy Irons, Graham Greene, Colleen Camp, Larry Bryggman, Sam Phillips,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1995
Synopsis
Le flic new-yorkais John McClane ne se repose jamais. Il est à présent la cible du mystérieux Simon, un terroriste bien déterminé à faire exploser toute la ville s'il n'obtient pas ce qu'il veut. Accompagné d'un civil impliqué bien malgré lui, McClane se laisse entraîner par Simon dans un jeu mortel à travers la ville.
Critique
Il aura fallu attendre cinq ans avant de voir enfin arriver un nouvel opus des aventures de John McClane. On l'avais vu avec le second épisode, les terroristes voient de plus en plus grand pour ennuyer notre gentil héros. Après un immeuble et un aéroport, c'est toute une ville qui est menacée par un dangereux terroriste dénommé Simon. La ville de New-York est en état d'alerte et c'est de toute urgence qu'on rappelle McClane, mis de côté par la police, pour dénicher Simon.
Mais l'un des héros les plus charismatiques de l'histoire du cinéma a bien changé. Il n'a plus de contacts avec sa femme depuis plus d'un an à cause d'une brouille téléphonique et est devenu alcoolique. Ce n'est donc plus le même homme qui se retrouve face à nous.
Un autre John dont on est ravi de retrouver derrière la caméra, c'est bien McTiernan. Il faut dire que Die Hard 2 nous avait extrêmement déçu avec un Renny Harlin n'étant pas à la hauteur des espérances de nombreux fans quand à de multiples scènes d'actions (la plupart manquant énormément de punch). Une nouvelle fois, tout se fait dans le respect du temps, c'est-à-dire en moins de 24H. Au niveau du scénario et de des scènes d'action, une ville comme New-York possède énormément d'endroits susceptibles de donner de très bonnes prises. Et avec McTiernan, c'est à nouveau le cas. La réalisation est cette fois à la hauteur et on ne s'en plaindra pas...
Encore une fois, on constatera que le scénario est quand même un peu plus recherché que pour le précédent opus. Outre, les risques d'attentats, le casse et savoir qui est en réalité Simon, ça laisse de quoi entretenir le suspens pour le spectateur. Tant mieux, ça rattrape aussi le scénario assez faiblard du second opus.
Au niveau des acteurs, c'est probablement le film de la série qui possède le plus de stars. Outre Bruce Willis qui retrouve une nouvelle fois donc son rôle, on a droit à Samuel L. Jackson qui est là pour aider notre héros dans ses folles aventures. Il joue donc le gentil black... Enfin, l'autre grosse vedette, c'est bel et bien Jeremy Irons. Il joue le rôle du mystérieux Simon. On peut dire quand même que son personnage manque un peu de cohérence. Ne fut-ce que dans le fait qu'Irons ne possède pas l'accent allemand alors qu'il joue quand même un personnage de l'ex Allemagne de l'Est...
Dans l'ensemble ce Die Hard with a vengeance est une oeuvre très réussie, nettement meilleur qu'un second opus qui restera plus que probablement le plus mauvais épisode de cette saga. Pour la grande communauté de fans qui ont adoré les trois volets, il faudra attendre douze ans avant de voir McClane revenir dans les salles obscures...
Note: ****
03 août 2007
Die hard 2 - 58 minutes pour vivre (Die Hard 2-die harder)
De: Renny Harlin
Avec: Bruce Willis, Bonnie Bedelia, William Atherton, Reginald Veljohnson, Franco Nero, William Sadler, John Amos, Dennis Franz, Tom Bower,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1990
Synopsis
Nous voici à la veille de Noël, et McClane passe quelques jours dans la capitale. Mais un groupe de terroristes venu en ville dans le but d'arracher un baron de la drogue aux griffes de la justice s'est emparé d'un grand aéroport international et prend en otage des milliers de voyageurs. Sur fond de tempête de neige aveuglante, McClane entame une véritable course contre la montre pour vaincre les terroristes et leur chef sanguinaire. Et comme si cela ne suffisait pas, il doit également se battre contre un chef de la police aéroportuaire incompétent et contre le chef borné de la brigade anti-terrorisme de l'armée, tout en sachant que sa femme est prise au piège dans un avion à court de carburant qui tourne en rond au-dessus de leurs têtes!
Critique
Etant donné le succès que connu le premier Die Hard, les producteurs ont vite compris qu'ils pouvaient beaucoup gagner en apportant un second opus à "la série". Cependant, exit cette fois-ci McTiernan, bien trop occupé sur A la poursuite d'Octobre rouge avec Alec Baldwin et Sean Connery. Pour mener le navire, c'est Renny Harlin qui sera chargé de faire de ce Die Hard 2, si pas une réussite artistique, au moins un succès commercial. Le jeune homme s'ayant fait connaître auparavant en signant le film Le cauchemar de Freddy. Mais pour Harlin, c'est également une très lourde tâche que de succéder à McTiernan qui avait placé la barre très haut.
Honnêtement, il faut bien dire que le scénario qui a été élaboré pour ce Die Hard 2 est assez mauvais. Les scènes d'action où l'on voit un Bruce Willis grimper sur un avion ou encore les derniers atterrir les uns derrière les autres sont nettement exagérées. Ensuite, il faut quand même bien dire qu'en matière de rebondissement, c'est assez léger tout comme le fil conducteur où on se doute de toute façon comment tout va se produire. Heureusement, les moments d'humour sont encore présents et c'est un réel plaisir que de retrouver Bruce Willis dans le rôle de John McClane.
Ensuite, au niveau de la mise en scène, on est quand même très loin de la qualité qu'avait mis en place John McTiernan. Non pas que Renny Harlin soit entièrement mauvais mais il faut bien dire que cela manque de cohérence, de punch et tout simplement de talent. A sa décharge, on pourra une nouvelle fois évoquer que ce n'etait pas un cadeau de succéder au réalisateur du premier Die Hard. Mais il faut aussi avouer que certaines scènes d'actions sont plus que respectables et que dans l'ensemble, ça reste regardable bien que ce manque de talent entre ces deux personnes quasiment de la même génération est plus que visible.
Fort heureusement donc, Bruce Willis a repris son rôle. Tant mieux, cela permet au film de gagner en intérêt. On revoit également le gentil black qui l'avait aidé dans le premier, à savoir Reginald Veljohnson. On retrouve également d'autres personnages attachants comme le concierge de l'aéroport. Mais au niveau des méchants, ça n'atteint pas non plus les sommets qui avaient été atteint avec Alan Rickman. Nettement moins charismatiques que pour le premier, ils ont quand même l'avantage d'être plus nombreux et d'être aidés par certains dont on s'y attendait un peu moins.
En gros, Die Hard 2 reste un divertissement regardable, un passe-temps comme on en redemande même si on est déçu de constater que le niveau est largement en-deçà de son prédécesseur. Sans aucun doute le plus mauvais épisode de la série mais il possède quelques qualités qu'on retrouvait déjà dans le premier. Il n'apporte rien de neuf mais au fond qu'importe... Ce sont les aventures de John McClane...
Note: ***