cinéma...

Simples avis sur des films que j'ai eu la chance de voir et dans la continuité de ce que j'ai commencé sur mon autre blog! A noter que tous les films présentés dessus font partie de ma DVDthèque.

27 novembre 2008

Capitaine Conan

capitaine_conanDe: Bertrand Tavernier

Avec: Philippe Torreton, Samuel Le Bihan, Bernard Le Coq, Catherine Rich, François Berléand, Claude Rich, Claude Brosset, André Falcon, François Levantal, Roger Knobelspiess, Frédéric Pierrot, Olivier Loustau, Laurent Bateau, Christophe Odent,...

Pays: France

Année: 1996

Synopsis

Les Balkans, septembre 1918. Alors que l'armistice est signé en France, seule l'armée d'Orient n'est pas démobilisée et reste en état de guerre. Casernés dans Bucarest, les soldats sèment le désordre, pillent et tuent. Norbert a la délicate mission de faire condamner les coupables, les hommes du capitaine Conan, son ami à qui l'on doit, sous le commandement de Franchet d'Esperrey, la prise du mont Sokol. Malgré la fureur de Conan, qui défend ses soldats envers et contre tout, Norbert fait son devoir.

Avis

Les films sur la Première Guerre mondiale sont assez rares. Le sujet est nettement moins traité au cinéma que ne fut les deux autres conflits auxquels les Etats-Unis ont participé par après. En tant qu'amateur d'histoire, on ne peut qu'apprécier de voir ce sujet traité. D'autant qu'il s'intéresse à des poilus un peu moins connus par rapport à d'autres: les nettoyeurs de tranchées. Il s'agissait de groupes de soldats, qui étaient envoyé à part et plus de manière à s'infiltrer pour nettoyer les tranchées comme c'est si bien dit. Les combats se faisaient souvent au corps à corps. Je vous laisse imaginer la boucherie qui pouvait s'ensuivre...
Le film de Tavernier est intéressant sur ce point de vue. D'ailleurs, dans l'ensemble les scènes de combat sont réalistes. Sans tomber dans une violence trop voyeuriste. On notera aussi que Tavernier n'oublie pas de signaler, de manière furtive néanmoins, la participation des soldats des colonies françaises dans le conflit. D'autant que le conflit à l'Est de l'Europe est plus méconnu. On retient essentiellement la Somme, l'Yser et la bataille de Verdun chez nous. Une ouverture sur le conflit qui permet de se démarquer. Et qui nous permet d'apprendre des choses.
Malheureusement, le film de Tavernier se fait assez long et manque parfois de rythme. L'oeuvre tourne à un moment donné autour d'une sombre histoire de vol avec violence qui aurait été commise par des hommes du capitaine Conan. Ces moments sont assez longs. Surtout qu'ils ne remettent en cause que l'amitié entre Conan et Norbert. C'est un peu dommage de s'éloigner de la sorte du conflit alors qu'on aurait pu parler des conditions de vie que les hommes connaissaient dans les tranchées. Ou remettre en cause l'injustice que les généraux faisaient connaître à leurs soldats. Même si, sur ce dernier point, il faut bien avouer que Tavernier n'oublie pas tout. A travers Conan, on comprend que les officiers supérieurs sont tous pourris. Néanmoins, en suivant Norbert qui semble gracier à tort et à travers, on oublie que de nombreux soldats furent exécutés pour des crimes qu'ils n'ont parfois (souvent) pas commis. Bref, le principal défaut du film demeure son manque de rythme.
Côté acteur, on est servi par un duo de choc: Torreton - Le Bihan. Le premier m'était totalement inconnu. Sa qualité d'interprétation force cependant le respect. Samuel Le Bihan est à mes yeux méconnaissable quand on constate les rôles qu'il possède aujourd'hui. On notera les apparitions remarquées de Bernard Le Coq, Claude Rich et François Berléand (qui est un acteur que j'apprécie peu habituellement même si je dois lui reconnaître un certain talent).
Le film connaîtra un succès critique intéressant. Il remportera quelques Césars. De là à se demander si c'est mérité, je ne sais pas. Toujours est-il que c'est un bon film même si ce n'est pas le meilleur du genre.

Note: 3.5/5

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24 novembre 2008

eXistenZ

existenzDe: David Cronenberg

Avec: Jennifer Jason Leigh, Jude Law, Ian Holm, Don McKellar, Callum Keith Rennie, Sarah Polley, Robert A. Silverman, Christopher Eccleston, Willem Dafoe, Oscar Hsu, Kris Lemche, Vik Sahay, Kirsten Johnson,...

Pays: Canada, France, Grande-Bretagne

Année: 1999

Synopsis

Dans un futur proche, Allegra Geller, créatrice de génie, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au système nerveux: eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à tuer cette grande prétresse de la réalité virtuelle. Un jeune stagiaire marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrénée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mystérieux d'eXistenZ.

Avis

David Cronenberg est un metteur en scène atypique capable du bon (A history of violence) comme du moins bon (La mouche reste pour moi un des films les plus nuls que j'ai vu étant jeune). Ô joie, eXistenZ fait partie de ses oeuvres les plus réussies. Pourquoi? Tentons de l'expliquer dans les lignes qui vont suivre?
Les fictions abordant le thème des jeux vidéos sont peu nombreuses comparé aux adaptations de jeux vidéos même qui elles se font de plus en plus souvent. En fait, il ne m'en vient qu'une seule en tête: Avalon de Mamoru Oshii. C'est donc avec un certain plaisir que l'on peut voir eXistenZ, qui est sorti justement avant le film du cinéaste nippon. Dans un futur proche, les jeux vidéos se connecteraient directement au système nerveux. Rapidement, la frontière entre la réalité et la virtualité va devenir trouble. Dès le départ, Ted Pikul se sent lui-même perdu dans cet univers. Plusieurs fois, il demande à la créatrice Allegra Geller si il est toujours dans le jeu. Petit à petit, le spectateur est lui-même perdu. Et rien ne va vraiment lui permettre de sortir de ce doute. La fin de l'oeuvre est à mes yeux magistrale. L'homme vit-il une vie parallèle à un jeu vidéo? Sait-il lui-même ce qui est réel ou non? La virtualité prenant de plus en plus de place dans la vie humaines (les jeux vidéos, certes, mais aussi Internet avec ces sites communautaires,...). Toutefois, dans un traitement comme celui-là, je préfère Avalon (par pitié, voyez-le si ce n'est déjà fait). Mais l'oeuvre de Cronenberg possède une idée très intéressante, puisqu'on ne trouve pas un seul ordinateur, téléviseur ou téléphone (le seul GSM vu est jeté hors de la voiture par Allegra). Le metteur en scène canadien s'explique:
"Je voulais un monde qui captive le spectateur et l'arrache quelque temps à la réalité. Même si les gens ne remarquent pas l'absence de tels objets, celle-ci contribue au climat d'étrangeté du film. Plutôt que de recourir aux astuces habituelles du cinéma de Science-Fiction, qui consistent à ajouter des choses étiquetées "futuristes", j'ai procédé par soustraction."
Cependant,
eXistenZ possède à mes yeux quelques défauts comme celui d'en faire trop. Ensuite, je trouve la forme des pods totalement ridicules et abjectes (bon, là c'est nettement plus subjectif et personnel mais tout de même). Enfin, point de vue des acteurs, Willem Dafoe est sous-utilisé, pour notre plus grand regret.
Evidemment, ce sont de petits détails mais eXistenZ demeure un très bon film à voir, car traité de manière intelligente.
Revenons sur les acteurs. Rôles très intéressants pour Jennifer Jason Leigh et Jude Law. Deux acteurs qui d'habitude ne me disent absolument rien et dont le jeu ne me fait ni chaud ni froid. Je trouve qu'ils se débrouillent ici très bien. Ian holm est par contre génial tout comme Willem Dafoe. Toujours est-il que ce dernier est essentiellement sous-utilisé (oui je sais, je me répête). On va toucher un mot sur la musique où David Cronenberg fait une fois encore appel à Howard Shore. Pour une réussite musicale de plus...
Sélectionné à Berlin en 1999, le film repartira avec l'Ours d'argent. Preuve que le travail de Cronenberg a été reconnu pour cette oeuvre. S'il ne s'agit probablement pas de la meilleure oeuvre du cinéaste, elle demeure d'un très bon niveau.

Note: 4/5

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21 novembre 2008

Aux frontières du réel: saison 1 (The X Files: 1st Season)

x_files_saison_1Créée par Chris Carter

Réalisateurs: David Nutter, Michael Lange, Daniel Sackheim, Joe Napolitano, Larry Shaw, William Graham, Robert Mandel, Rob Bowman, Michael Katleman, Fred Gerber, R.D. Goodwin et Harry Longstreet 

Avec: David Duchovny, Gillian Anderson, Jerry Hardin, Charles Cioffi, Doug Hutchinson, Henry Beckman, Mitch Pileggi, Zeljko Ivanek, Seth Green, Xander Berkeley, Brad Dourif, Don S. Davis, Bruce Harwood, Tom Braidwood,...

Pays: Canada, Etats-Unis

Années: 1993-1994

Synopsis

Deux agents du FBI enquêtent sur des affaires classées X Files et où le paranormal entre souvent en jeu.

Avis

S'il y a bien une série que j'aimais étant petit, c'est The X Files. Certes, je ne comprenais pas tout, je ne suivais pas épisode par épisode la trame de l'histoire mais tout de même, quelque chose m'attirait. L'univers et l'ambiance créés par Carter, les histoires touchant au paranormal et aux ovnis qui m'ont toujours intéressées. Bref, quelques éléments qui font que petit déjà j'appréciais cette série. Devenu maintenant plus grand, cette série me passionnerait-elle encore autant ?
Et bien, la réponse est affirmative. Rien d'étonnant me direz-vous. Toutefois, il faut bien reconnaître que cette première saison n'est pas parfaite même si elle lance de manière admirable la série culte. Après un très bon épisode pilote, on constate que l'histoire se met petit à petit en place, explorant plusieurs formes de paranormal, sans se contenter de nous parler de jolis ovnis ou petits bonhommes verts. On va en apprendre un peu sur Mulder. Scully va également, se dévoiler petit à petit, essentiellement sur la fin de cette première saison. Bref, on s'attache lentement mais sûrement aux deux personnages principaux. Un bémol tout de même: Scully en devient, à mes yeux, agaçantes quand elle ne jure que par la science, tout le temps, là où la tournure des événements, des épisodes ne laisse vraiment qu'à penser qu'il s'agit du paranormal ou de quelque chose d'inexplicable par la science qui domine. En fait, on donne beaucoup trop d'arguments à Mulder que pour laisser vraiment Scully défendre comme il se doit son point de vue. Ca arrive quelques fois mais beaucoup plus rarement qu'on ne pourrait imaginer.
Point de vue des épisodes, comme je l'ai dit, il y en a pour tous les goûts. Ce qui est très fort dans cette série, c'est l'ambiance qui est créée. Peu importe le sujet de l'enquête, on se retrouve vraiment dans une atmosphère étrange ou bizarre. Dès le départ, Carter et sa kyrielle de réalisateurs ont fait fort. On va aussi retenir que quelques personnages secondaires vont jouer un rôle très importants pas la suite. On en dévoile mais pas trop. En fait, dans l'ensemble, j'ai trouvé qu'il y avait peut-être deux ou trois épisodes un peu faiblard, qui me donnait l'impression de ne pas trop avancer dans cette histoire ou tout du moins on se contente de montrer une belle enquête de Mulder et Scully. Toujours est-il que ces épisodes ne sont pas mauvais et ils nous permettent de nous attacher un peu plus aux deux personnages. Mais, à titre personnel, il y a comme un goût de trop peu pour ceux-là. Où est-ce tout simplement parce que l'histoire en elle-même, le côté paranormal qui en découle m'a moins attiré que pour d'autres épisodes? Les épisodes où apparaissent Deep Throat (un personnage) sont réellement excellents à titre d'exemple.
Point de vue acteur, on va se contenter essentiellement de David Duchovny et Gillian Anderson. Pour ces deux-là, la série va réellement faire office de révélation. Ils vont être connu dans le monde entier, vont devenir de véritables stars. Il faut dire que malgré les convictions opposées, le couple fonctionne très bien. Etant donné qu'il s'agit de la première saison, on ne peut pas dire non plus qu'il y ait de grosses guest-stars invitées. On termine en touchant un mot sur la musique de Mark Snow, qui a créé un générique devenu culte aujourd'hui mais dont le travail sur l'ensemble des épisodes est totalement remarquable. Un série culte est en marche...

Note: 4/5

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17 novembre 2008

The Fountain

thefountainposterDe: Darren Aronofsky

Avec: Hugh Jackman, Rachel Weisz, Ellen Burstyn, Mark Margolis, Alexander Bisping, Ethan Suplee, Cliff Curtis, Stephen McHattie, Fernando Hernandez, Sean Patrick Thomas, Donna Murphy, Richard McMillan, Lorn Brass,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2006

Synopsis

Tommy et Izzi sont amoureux. Terriblement amoureux. Face à une fin ineluctable, Tommy se bat contre la maladie d'Izzi. Elle commence alors l'écriture d'un livre, une épopée sur la quête de l'immortalité...

Avis

Troisième long-métrage d'un metteur en scène très remarqué après ses deux premiers films qui étaient Pi et Requiem for a dream. Si avec le premier, il s'agissait d'une révélation, le second a fait office de confirmation. Darren Aronofsky est bel et bien un de ces réalisateurs sur lequel il faudra compter pour le futur. Avec The Fountain, il change une nouvelle fois de registre après un thriller mathématique et un drame sur la dépendance. Place cette fois à une histoire d'amour intemporelle.
Cette oeuvre possède aussi un aspect métaphysique qui nous ramène droit à ce que fait un Tarkovski. Mais n'est pas le maître russe qui veut. Une histoire d'amour avec des mêmes personnages, qui se passerait dans le passé, maintenant et dans le futur. Tout est question aussi d'une histoire d'un livre que l'Izzi de notre époque écrit et où les personnages de son livre sont ceux du film. Voilà, c'est un peu résumé. Nul doute que l'histoire réelle et le récit du livre se mêlent. C'est assez aisément compréhensible. Ce n'est pas pour autant mauvais mais on atteint pas un degré de complexité qu'on a déjà pu constater chez d'autres cinéastes. Au final, ça nous donne une belle histoire d'amour de la part d'un metteur en scène qui entretient justement une romance avec l'actrice principale Rachel Weisz. C'est donc une très belle déclaration même si le projet couve dans la tête de Aronofsky depuis 1999 et initialement, cela devait être Cate Blanchett qui devait tenir le rôle. Le hasard a bien fait les choses. Un des autres thèmes de ce film est l'immortalité. Tout d'abord, on atteindrait une certaine forme d'amour immortel puisque Tommy essaie de tout faire pour sa belle. Mais il y a tout simplement la renaissance tout court. La mort ne serait qu'un passage. L'immortalité semble atteinte de différentes manières. On a un personnage qui devient arbre, un médecin qui repousse les limites de la science et un brave gars qui garde l'arbre de vie en...vie. Bref, on a quand même l'impression que c'est pas aussi maîtrisé que chez d'autres cinéastes. Aronofsky ne tient pas parfaitement son sujet entre les mains. La tentative est cependant louable. Et puis, on peut le reconnaître, c'est quand même agréable de voir un cinéaste s'essayer à différents genres. Ca ne peut évidemment pas parfaitement réussir à chaque fois et connaître un immense succès public. Mais attention, ce n'est pas mauvais du tout (à mes yeux du moins) mais ce n'est pas ce qui se fait de mieux en la matière. De plus, les deux histoires les plus intéressantes, à savoir le passé et le futur sont celles qu'on voit le moins. Celle se déroulant au présent est un peu plus banale.
D'un point de vue mise en scène, Aronofsky abandonne totalement le montage clipesque qui en avait fait sa force pour ses deux précédents films. Place désormais à une réalisation plus mature, plus portée sur le cinéma même avec toutefois deux ou trois plans hors du commun. Visuellement, le film est magnifique. Il suffit de voir comment le futur est mis en scène pour s'en apercevoir. D'une rare beauté, on peut assister à de magnifiques contrastes (il suffit de se souvenir du plan où Jackman fait du yoga et du taï-chi. Pour pouvoir réaliser cela, il a suivi un entraînement de 14 mois). On connaît aussi toutes les difficultés que l'oeuvre a connue pour se faire. Un budget qui a été réduit de manière considérable, passant de 75 millions de dollars à 35 millions. Exit à cause de cela, la grande bataille entre les conquistadors espagnols et les mayas. Place à un affrontement plus réduit. Il est certes réussi mais nous fait regretter de ne point en voir plus. Le film a connu d'énormes difficultés à trouver les deux acteurs principaux. Brad Pitt devait tenir le rôle de Tommy mais un différend artistique avec Aronofsky a poussé l'acteur à tourner Troie plutôt que ce film. The Fountain restera au même stade pendant deux ans. Pour cela, Blanchett ne tournera pas pour cette oeuvre. Bref, que de problèmes ont émaillés la production et le tournage. On terminera toutefois avec une note un peu plus positive puisque Clint Mansell compose à nouveau la musique d'un film d'Aronofsky. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
Darren Aronofsky possède un talent indéniable. Le jeune homme doit encore mûrir un peu. Cependant, il semble que ses capacités artistiques soient de plus en plus reconnues dans le monde du cinéma. The Wrestler, son prochain film, vient de remporter le Lion d'or au festival de Venise. Méritait-il cette récompense? On le saura le 18 février 2009 (du moins pour les Français, les Belges devront certainement patienter un peu plus longtemps...). En attendant, The Fountain est une oeuvre sympathique mais qui ne marquera pas l'histoire du septième art.

Note: 3.5/5
    

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15 novembre 2008

Election 1 (Hak Se Wui)

electioncinehkhdDe: Johnnie To

Avec: Cheung Siu Fai, Lam Ka Tung, Wong Tin Lam, Simon Yam, Tony Leung Ka Fai, Maggie Shiu, Yuen Bo, David Chiang, Hoi-Pang Lo, Chung Wang, Louis Koo, Nick Cheung, Suet Lam, Lam Man-wai, Ho-Yin Wong, Yuen Bun,...

Pays: Hong-Kong

Année: 2005

Synopsis

Les grandes figures de la Wo Shing Society, la plus ancienne triade de Hong-Kong, s'apprêtent à élire un nouveau leader. Des rivalités naissent entre deux candidats. L'un est très lié aux traditions de la Triade, l'autre veut les boulerverser, quitte à utiliser la violence et la fraude.

Avis

Johnnie To est un grand cinéaste. Il suffit de voir Breaking News pour s'en convaincre puisqu'on peut aisément le comparer à Heat de Michael Mann. Avec Election, oeuvre réalisée en deux films, To s'attaque une fois encore au monde de la Mafia chinoise: les triades. Pour ce premier opus, pas question d'avoir un film pétaradant. L'oeuvre surprend par son côté qu'on va dire calme. Beaucoup de blas-blas, on assiste à la façon dont va être élu un chef d'une triade. Comment on devient le parrain. Attention, ce n'est pas parce qu'il y a très peu d'action qu'on se retrouve devant un film ennuyant. Au contraire, il exite un équilibre intéressant. Ca parle beaucoup mais on se retrouve devant des personnages forts. Ils possèdent pour la plupart énormément de charisme et de talent. Bon, maintenant, de là à dire s'il faut en ressortir un, ce sera très compliqué. Parce que déjà il me faudra énormément de temps pour retrouver quel nom d'acteur est celui du bon personnage (ah, on m'annonce que grâce à Allociné, je n'ai pas besoin de chercher...). Disons que le candidat qui remporte l'élection est très doué. L'univers de la Triade sert essentiellement au metteur en scène de démontrer que l'homme est facilement corruptible. Johnnie To s'explique: "Ambitions et convoitises régentent tout. C'est par le biais de l'implacable rivalité entre les deux prétendants au rôle de leader que nous observons la perte des traditions et des valeurs de discipline, anéanties par l'ambition et la cupidité. Le film illustre le triste spectacle, et la continuelle répétition, de la corruption des valeurs humaines fondamentales par le pouvoir et la cupidité."
Il faut aussi avouer qu'au point de vue de la mise en scène, l'oeuvre cartonne une fois de plus. On constatera que si les scènes d'action se font rares, elles sont toujours très bien faites. Je retiens essentiellement une course-poursuite qui se fait un peu comme un jeu de chat et de la souris. Très bien faite avant de finir en une scène monumentale. De plus, la musique accompagne très bien l'ensemble du film. Toutefois, même à ce niveau, l'oeuvre reste en-deçà de ce que j'ai pu voir avec Breaking News.
Initiaelement prévu pour durer trois heures, ce premier opus aura été coupé de moitié. Johnnie To a pris une très bonne décision puisque l'oeuvre se trouve dans un format assez excellent. Ni trop long, ni trop court. Election 1 dépeint un univers où la corruption et la trahison vont de paires. En bref, on se retrouve devant une oeuvre réussie, qui n'est certainement pas la meilleure du genre ou la plus réussie en matière de traitement de la mafia mais qui nous permet d'appréhender la suite d'une bien belle manière...

Note: 3.5/5

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12 novembre 2008

Apocalypse Now redux

Apocalypse_Now_Redux_Poster_C130213De: Francis Ford Coppola

Avec: Marlon Brando, Robert Duvall, Martin Sheen, Frederic Forrest, Albert Hall, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Christian Marquand, Aurore Clément, Harrison Ford, Dennis Hopper, G.D. Spradlin, Jerry Ziesmer, Scott Glenn, Bo Byers,...

Pays: Etats-Unis

Année: 1979

Synopsis

Alors que les Etats-Unis s'embourbent au Vietnam, les services secrets confient au lieutenant Willard la mission de traquer et de tuer le colonel Kurtz. Ce dernier, devenu un psychopathe sanguinaire, vit à la frontière cambodgienne, entouré d'une tribut de renégats qui le vénère comme un Dieu. Dans sa quête, Willard va être confronté aux horreurs de la guerre et à la cruauté de l'homme. Un voyage qui va le conduire au bout de lui-même et de la folie.

Avis

Des pales d'hélicoptères avec comme fond sonore la musique de The End du groupe The Doors. Un plan fixe sur une forêt de palmiers. Des fumigènes, un largage de bombe au napalm. Tout s'embrase. Toujours ces hélicoptères, un fondu nous emmène alors droit sur un ventilateur qui tourne. Nous sommes dans une chambre d'hôtel avec le Lieutenant Willard. Bienvenue dans Apocalypse Now...
Rares sont les films comme celui de Francis Ford Coppola à nous immerger d'une telle manière. L'oeuvre retrace à travers Willard la sale guerre qu'était le Vietnam. Le bourbier. La folie. La mort. Dès le début, on entre dans un univers à part, différent.
D'un point de vue plus technique, quels ajouts y-a-t-il entre la version de 1979 et cette version redux? Deux grosses parties sont à sortir du lot. Tout d'abord, il y a ce fameux passage avec les playmates ou les soldats peuvent avoir quelques rapports privilégiés avec ces jolis brins de filles. Ce qui permet de constater, de renforcer cette idée que dans ce film, tout le monde a des problèmes. Tout le monde est fou. Les filles parlent de leurs malheurs, de leurs tics, de leurs obsessions. Les soldats ne songent qu'à baiser, ne les écoute même pas. Il y en a un qui veut même que la fille reprenne la pose qu'il a vu dans le magazine dans lequelle elle apparaissait.
Le second moment est celui de la plantation française. Ce qui permet de nous rappeler que la guerre du Vietnam, ça nous renvoit à l'Indochine. Elle nous rappelle à quelle point cette région du globe a été importante pour les Français. "Ici, c'est chez nous". Voilà ce qu'ils en disent malgré la défaite. Là aussi, ces gens semblent coupés du monde. Willard aura une relation avec l'une des filles de la demeure. Un léger avant-goût de la folie qu'on retrouvera chez Kurtz et sa secte. Mais au final, on ne distingue plus vraiment qui est fou ou qui ne l'est pas. Qui a raison ou qui a tort? Est-ce Kurtz? Est-ce les supérieurs de Willard? Le lieutenant n'est-il pas devenu fou lui-même? Le Vietnam nous apparaît comme étant la folie à l'état pure. Avec cela, Coppola signe l'une des meilleures oeuvres sur la guerre et la perte de conscience, la démence qu'elle peut engendrer.
Il y a évidement de très grands moments dans le film. J'ai personnellement rarement vu des oeuvres aussi bien mises en boîte. Il y a une multitude de scènes magnifiques, essentiellement avec des plans d'ensemble qui nous montrent toute la région, le coucher de soleil, etc. L'ambiance que crée Coppola est également remarquable. Peut-être est-ce dû au fait que le tournage lui-même fut véritablement mouvementé. La folie semble avoir touché tout le monde et pas seulement les personnages. Le tournage prendra seize mois au lieu de... six semaines. Martin Sheen fera une crise cardiaque. Des problèmes de drogue et d'alcool touchent le plateau. Marlon Brando, en arrivant n'a pour ainsi dire pas lu son script et ne connaît pas les dialogues. Un ouragan frappe le lieu de tournage, situé aux Philippines. Francis Ford Coppola menace plusieurs fois de se suicider et perd quarante kilos. On le dit aussi de plus en plus mégalomane et paranoïaque. Le montage fut également fastidieux puisque Coppola mettra presque trois ans. Revenons toutefois à la mise en scène. L'une des plus belles scènes que j'ai vu au cinéma reste cette fameuse attaque d'hélicoptères sur le village vietcong. En arrière-plan résonne cette incroyable musique de Wagner. Les scènes des prises de vue à partir des hélicos sont splendides. Et j'en oublie...
Que serait le film sans ses acteurs? De Sheen à Ford en passant par l'inévitable Brando, Apocalypse Now redux est composé d'interprètes talentueux. C'est aussi une oeuvre un peu familiale puisque Carmine Coppola signe la musique et Sofia Coppola ainsi que Roman apparaissent lors de la séquence de la plantation française. Eleanor Coppola, la femme du metteur en scène, réalisera un documentaire à propos du tournage de ce film.
Courronné d'une palme d'or à Cannes, de deux Oscars secondaires, de trois Golden Globes et du César du meilleur film étranger, l'oeuvre de Coppola est une franche, très franche réussite. Les mots manquent pour la décrire. Ce film il faut le vivre, le ressentir. Coppola lui-même dira que Apocalypse Now n'est pas un film sur le Vietnam mais le Vietnam!

Note: 5/5 

PS: ça n'a rien avoir avec le film, mais je tenais à rappeler qu'hier, on fêtait les nonante ans de la fin de la Première Guerre mondiale. Les oeuvres réussies sur ce sujet sont assez rares. Je vous conseillerai donc deux films à ce propos. A l'Ouest rien de nouveau de Lewis Milestone qui est magnifique et qui montre vraiment bien la souffrance et les désillusions que vivent les soldats dans les tranchées. L'autre film, c'est Les sentiers de la gloire de Kubrick, absolument incontournable aussi. Pour ceux qui veulent un peu creuser le sujet, je peux leur conseiller Capitaine Conan de Tavernier. Bon film mais pas aussi bon que les deux cités précédemment. Enfin bref, les combattants de la Première Guerre mondiale ayant presque tous disparus (au moment où j'écris ces lignes, il en reste cinq dans le monde), il n'est jamais trop tard que pour s'intéresser à cette période de l'histoire et à rendre un petit hommage (le terme est peut-etre exagéré à ce niveau) à ceux qui ont perdu la vie dans les tranchées qu'ils soient alliés ou allemands.

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06 novembre 2008

Léon

leonDe: Luc Besson

Avec: Jean Réno, Natalie Portman, Gary Oldman, Daniel Aïello, Peter Appel, Willi One Blood, Don Creech, Keith A. Glascoe, Randolph Scott, Michael Badalucco, Ellen Greene, Elizabeth Regen, Carl J. Matusovich, Samy Naceri,...

Pays: France

Année: 1993

Synopsis

New-York, 1994, dans le quartier de la "Little Italy". Léon est un tueur de la pire espèce. Malgré sa sauvagerie, il prend Mathilda sous son aile, une petite fille de douze ans, seule rescapée du massacre de sa famille. Mathilda, décidée à venger la mort de son petit frère, suis un entraînement de tueuse. Elle apprivoise Léon, lui apprend à lire et à écrire, lui redonne goût à la vie.

Avis

S'il y a bien un film que je devrais retenir de la carrière de Jean Réno, c'est bien Léon. Ou d'un point de vue plus général les années 80 et le début des années 90. L'acteur était alors à l'apogée de sa carrière, enchaînant les bons films avec parfois, mais rarement, des moins bons. Dommage qu'aujourd'hui, la tendance ce soit inversée...
Bizarre de constater aussi que Besson, en tant que metteur en scène à cette époque, ça valait quand même quelque chose... Le grand bleu avait connu un succès monstre. Léon connaîtra la même destinée. Par ailleurs, le metteur en scène français réalisera encore quelques bons films par après comme Le cinquième élément ou encore Jeanne d'Arc. Bref autre chose que sa carrière en tant que producteur...
Revenons toutefois à ce film qui marque de manière significative les débuts de Natalie Portman et qui va la faire connaître du grand public. Léon, c'est l'improbable et impossible histoire d'amour entre un tueur à gages, dénué de tous sentiments, et celle d'une jeune fille, connaissant une enfance difficile et à la recherche d'une véritable famille. Au fur et à mesure de leur relation, les deux protagonistes s'attachent, s'apportent mutuellement des choses, vivent une histoire d'amour platonique mais possédant néanmoins une certaine passion. C'est aussi et avant tout une rencontre formidable. Une histoire magnifique. Un scénario rempli de bout en bout. Les qualités essentielles de Léon se retrouvent ici.
Non pas que la mise en scène soit mauvaise, loin de là. Juste quelques faux raccords à gauche ou à droite. Mais rien de bien méchant. Besson sait utiliser une caméra. Il le prouve. A mon sens, ce metteur en scène a fait beaucoup de bien au cinéma français ces dernières années en tant que metteur en scène. Parce qu'en tant que producteur, il aurait plutôt tendance à participer grandement au naufrage. Soit, évitons le sujet. Bref, il y a quelques grandes scènes et la plus marquante demeure, je pense, celle de l'assaut des forces de police contre le bâtiment où est retranché Léon. Un moment monumental courroné de manière parfaite ou presque. Et puis, il y a toutes ces références au cinéma américain d'antan, de la comédie musicale à Chaplin en passant par John Wayne. Preuve que Besson est un cinéphile averti...
Mais ce film, c'est avant tout trois acteurs monstrueux. Jean Réno, tout d'abord. Quelle gueule! Quel charisme. Ahlalalala, il nous manque cet acteur formidable qui a su se faire connaître avec des grands films. Dommage que maintenant, il songe un peu trop à son portefeuille... Ensuite, Natalie Portman. Charmante, sensible, jolie, talentueuse. On peut résumer aisément cette actrice à ces différents termes. Et enfin, un des acteurs fétiches de Besson pour jouer les méchants: Gary Oldman. Il est toujours aussi formidable! Il suffit de voir lorsqu'il fredonne du Beethoven ou qu'il s'énerve. Il est incoyable, une fois de plus. On n'oubliera pas de parler de la musique de Eric Serra, compositeur attitré du cinéaste français.
Léon est à ce jour le meilleur film de Luc Besson. Du moins à mon sens. On retrouve tous les ingrédients de ce qui fait une grande oeuvre en dépit de tous petits défauts dans la mise en scène. Mais rien de bien facheux... Enjoy!

Note: 4.5/5

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03 novembre 2008

L'enfance d'Ivan (Ivanovo Detstovo)

ivan_s_childhoodDe: Andreï Tarkovski

Avec: Anatoli Solonitsyne, Ivan Lapikov, Nikolaï Grinko, Nikolaï Burlyayev, Valentin Zubkov, Yevgeni Zharikov, Stepan Krylov, Dmitri Milyutenko, Valentina Malyavina, Irma Raush,...

Pays: Ex-URSS

Année: 1962

Synopsis

L'enfance d'Ivan s'est terminée quand il avait douze ans, le jour où les fascistes exécutent sous ses yeux sa maman et sa petite soeur. C'est ensuite son père qui est tué au front. Devenu orphelin, Ivan est adopté par les soldats et devient vite un éclaireur insaisissable. Au péril de sa vie, l'enfant recueille de précieux renseignements sur l'ennemi. Le jour arrive où il ne rentre pas de mission...

Avis

Premier film du metteur en scène soviétique Andreï Tarkovski et déjà la consécration internationale puisque le metteur en scène repartira avec le Lion d'Argent de la Mostra de Venise.
L'enfance d'Ivan, c'est l'entrée en matière d'un cinéaste et, déjà, on sent vers quel type de cinéma le réalisateur se destine.
Tarkovski aborde d'emblée des thèmes qui lui seront chers par la suite dans son cinéma: un certain onirisme dans les images ou encore une vision de la réalité qui n'est pas totalement réaliste puisqu'elle se mêle à une vision nettement plus surréaliste. Ainsi, la guerre n'est jamais montrée crûment. Peu d'images du conflit lui-même nous sont montrés. Et souvent à travers les yeux d'Ivan. Magnifiques et émouvants moments aussi d'un jeune garçon qui se souvient du massacre de ses proches. La réalité se mêle très souvent au rêve chez lui. Le metteur en scène travaille déjà ces instants entre réel et irréel qui feront de lui un maître, parfois contesté, mais qui a sans aucun doute marqué de son empreinte le cinéma.
L'enfance d'Ivan mêle également des moments entre la vie d'un jeune garçon à celle de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. L'indivualité se mélange au collectif. Le plus grand malheur du vingtième siècle à travers les yeux d'un petit garçon. Sans conteste un film évoquant aussi la perte de l'innocence de l'enfance face aux atrocités que l'homme est capable de commettre. Il est également troublant de constater que le héros du film est du même âge ou presque de celui d'Andreï Tarkovski lors de la guerre. Le metteur en scène doit certainement y faire une certaine projection même s'il ne connaîtra pas personnellement les mêmes malheurs qu'Ivan, il a cerainement dû les connaître lors de cette période bien trouble...
Du côté de la mise en scène, Tarkovski flirte déjà avec les sommets. Certains plans sont déjà d'une poésie rare, d'une saveur que seul le metteur en scène soviétique parvient à réaliser. Visuellement parlant, ce n'est pas parfait, mais c'est déjà très joli. Il suffit pour cela de voir ce plan sublime de l'avion écrasé ou encore de cette croix filmée avec le soleil en arrière-plan. Il sait déjà y faire le bougre... La musique accompagne bien le tout aussi, même si on sent qu'il ne s'agit pas d'Eduard Artemiev, musicien attitré de notre ami.
En bref, L'enfance d'Ivan marque des débuts très réussis pour Tarkovski. Il obtient directement une reconnaissance internationale. Elle est méritée. Cependant, on notera qu'il manque un petit quelque chose pour faire de ce film un chef-d'oeuvre. Peu importe, ils arriveront très rapidement...

Note: 4/5

Posté par batman1985 à 21:05 - Années 1960 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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