apocalyptoDe: Mel Gibson

Avec: Rudy Youngblood, Raoul Trujillo, Dalia Hernandez, Jonathan Brewer, Morris Birdyellowhead, Carlos Emilio Baez, Ramirez Amilcar, Israel Contreras, Israel Rios, Maria Isabel Diaz,...

Pays: Etats-Unis


Année: 2006

Synopsis

Patte de Jaguar vit une existence idyllique brutalement brisée par une horde d'envahisseurs venue piller son village. Capturé et emmené au terme d'un périlleux voyage à travers la jungle pour être offert en sacrifice, il découvre un monde gouverné par la peur et la cruauté... Aidé par la chance, il parvient néanmoins à s'échapper. Commence alors une impitoyable chasse à l'homme. Poussé par l'amour qu'il porte à sa femme et à sa famille, Patte de Jaguar devra affronter ses plus grandes peurs pour sauver ceux qu'il aime.

Avis


Mel Gibson derrière une caméra pour un film, clap quatrième. Ce n'est pas la première fois que je vois Apocalypto. J'avais été le voir au cinéma et l'avais revu ensuite en DVD sans que j'en fasse pour autant un billet sur ce blog. Pour cette troisième fois, il était temps que je me décide à y écrire un petit quelque chose sur un cinéaste que j'adore, essentiellement pour ces deux derniers films. Le ton est ainsi donné.
Premièrement, j'aime beaucoup cette oeuvre pour l'ambiance, le rythme et tout le travail sonore qui a été réalisé. Le fait que l'on soit dans la langue maya aide grandement. Ensuite, c'est un film qui démarre très rapidement, avec une présentation des personnages qui est faite de jolie manière avec beaucoup d'humour. Gibson nous montre une tribu qui vit en harmonie et qui va se retrouver saccagée par la grande civilisation maya. Les décors sont somptueux. Le rythme est sans temps mort.
Une fois nos amis capturés, il s'ensuit un périple à travers la jungle jusqu'au moment suprême où l'on arrive dans la cité. Entre-temps, une prophétie parlant d'un jaguar annoncera le déclin et la chute de l'empire. Gibson ne peut s'en empêcher, son oeuvre va mêler mythologie et réalité. Peu importe s'il n'est pas fidèle à l'histoire avec un grand H, il faut aller voir plus loin. Tout d'abord, il va nous faire de jolies références sur la vierge Marie en la personne de la brave femme de Patte de Jaguar. Ensuite, la parabole avec notre société est tout à fait évidente. La civilisation maya, cruelle, plus évoluée que les autres dans la région, dominant les plus petites tribus, chassant à outrance, tuant pour le plaisir, consommant de manière immodérée, profitant des plus faibles pour réaliser des tâches qu'ils ne voudraient pas faire. C'est le déclin annoncé de notre société de consommation. Sauf que pour nous, il ne s'agira certainement pas de l'arrivée de conquistadors qui achèvera notre chute. La citation du début confirme cette pensée du philosophe et historien américain W. Durant: "Une civilisation n'est conquise de l'extérieur que si elle est détruite de l'intérieur." Une mise en garde sur notre propre société dont on ne sait si elle est en phase ascendante ou décadente. Bref, l'oeuvre est une réelle réflexion sur notre mode de vie, n'en déplaise aux puristes de Gibson, qui jugeront encore que la violence dont fait preuve le metteur en scène est exacerbée. Elle est pourtant moins importante que dans La passion du Christ. Et honnêtement, juger uniquement Gibson sur cette violence est ridicule quand on sait que 90% des films qui sortent chaque semaine montrent aussi un homme se faire tuer.
La partie de la fuite mêle toujours mythologie et réalité. Sauf que cette fois, on a droit à une course-poursuite effrénée à travers la jungle qui nous amènera au commencement de la fin de l'empire maya.  C'est lors de cette chasse à l'homme qu'on remarquera qu'un énorme travail sur le son a été fait lors de la respiration ou le souffle de Patte de Jaguar dans sa course folle.
Apocalypto signifie nouveau départ. Un signe qu'il est temps que notre société en prenne un, se remette en question et retrouve des valeurs peut-être plus ancestrales mais plus en phase avec la nature, plus écologique et plus respectueuse envers les autres. Un chef-d'oeuvre.

Note: 5/5