ai_intelligence_artificielle,1De: Steven Spielberg

Avec: Haley Joel Osment, Jude Law, Frances O'Connor, Sam Robards, Jake Thomas, Brendan Gleeson, William Hurt, Clara Bellar, Paula Malcomson, Adrian Grenier,...

Pays: Etats-Unis

Année: 2001

Synopsis

Dans un XXIe siècle, où la fonte des glaces a submergé la majorité des terres habitables et provoqué famines et exodes, les robots sont devenus une composante essentielle de la vie quotidienne et assurent désormais la plupart des tâches domestiques. Pourtant, le professeur Hobby veut aller encore plus loin en créant le premier androïde sensible : un enfant capable de développer un vaste répertoire d'émotions et de souvenirs. Peu après cette annonce, David, un robot de onze ans, fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant la découverte d'un remède pour guérir sa grave maladie. Bientôt abandonné par sa mère adoptive, David entame un périlleux voyage à la recherche de son identité et de sa part secrète d'humanité.

Avis

Spielberg... Ca faisait un petit moment qu'il n'avait plus pointé le bout de son nez sur ce blog, alors qu'à l'heure actuelle, il multiplie les projets. C'est avec A.I. Artificial Intelligence qu'il marque ce retour.
Il faut avouer que le début de cette oeuvre, qui fut longtemps promise à un certain Stanley Kubrick qui y avait travaillé dessus, est assez poussif. On se laisse toutefois prendre à cette histoire de Spielberg qui revisite le mythe de Pinocchio. Il faut aussi dire que le sujet m'intéresse un peu plus car avec le trip "Asimov" que je m'octroie à l'heure actuelle, il était intéressant de voir si Spielberg allait user de certaines similitudes ou, au contraire, ignorer totalement le travail de référence effectué par l'écrivain en son temps. On est toutefois très loin du génie de ce dernier.
Spielberg se cantonne en effet à son thème de prédilection qu'est la relation entre une mère et son fils. La relation s'avère être forcément bien plus spéciale puisqu'ici, il s'agit d'une humaine et d'un enfant robot. Dans le cas présent, le robot est un humanoïde très développé, très ressemblant aux enfants humains et paraissant être réel. Difficile pour une femme de ne pas s'émouvoir face à ce jeune robot. D'autant qu'il est lancé pour "remplacer" un fils dans le coma. Tout s'accélère lorsqu'elle le configure enfin pour qu'il l'appelle maman, une action irrévocable qui entraînerait la destruction du robot si la mère décidait de s'en séparer. Et alors qu'on n'y croyait plus, le fils biologique se réveille. On voit alors toute une phase de transformation entre une femme qui ne voulait pas de cet enfant robot au début alors que le mari bien, la phase d'attachement et la douloureuse séparation. Spielberg illustre magnifiquement bien, à travers la scène de la piscine, qu'en dépit de la ressemblance et de l'extrême gentillesse dont fait preuve David (le jeune robot), on choisira toujours l'enfant humain, même si ce dernier fait preuve d'une extrême jalousie et parfois méchanceté envers le jeune robot. C'est à partir de là que David va vouloir absolument se transformer en humain et que Spielberg réalise en quelque sorte un Pinocchio 2.0.
Je parlais plus haut de Asimov, le seul gros point commun que l'on peut trouver est la façon dont les robots peuvent être haï des humains, en plus de voir des robots ne jamais blesser un être humain. La séquence de persécution des robots par les hommes est aussi une parabole du massacre des Juifs par les Nazis (tortures, fosses communes, massacrés au nom de la sacro-sainte chair, décrétée supérieure).
Je trouve toutefois la fin bâclée pour deux grosses raisons. La première c'est qu'on ne sait finalement pas ce qui adviendra du petit David. La seconde, c'est bien l'apparition d'espèces d'extraterrestres, futuristes et hors-propos de la part de Spielberg. Qu'aurait donné le film si Spielberg s'état arrêté à David coincé sous l'eau implorant la statue de la fée de le transformer en réel être humain?
Toutefois, annonçons un casting très réussi avec un Jude Law et un Osment tous deux épatants! On regrettera légèrement de voir des seconds rôles assez peu fouillés sur les 2h20 de film. Mais toutefois, ça reste un Spielberg de bonne facture, assez sous-estimé quand j'en lis certaines choses autour de moi.

Note: 3.5/5