11 octobre 2009
L'énigme de Kaspar Hauser (Jeder für sich und gott gegen alle)
De: Werner Herzog
Avec: Bruno S., Walter Ladengast, Brigitte Mira, Hans Munsaus, Willy Semmelrogge, Michael Kroecher, Reinhard Hauff,...
Pays: Allemagne de l'Ouest 
Année: 1974
Synopsis
26 mai 1828. Sur la grand-place de Nuremberg apparaît un étrange jeune homme, sale, illettré, marchant et parlant avec beaucoup de difficultés. Il peut à peine écrire son nom: Kaspar Hauser. Chacun s'interroge sur sa véritable identité.
Avis
Werner Herzog, en mode mauvais film: épisode 2. Je déteste quand des films se la jouent dès le départ, présomptueux. Ca te sort trois quatres phrases philosophiques, sur des petits sous-titres sans grosses raisons apparentes. Des trucs pseudos-philosophiques Ca m'a un peu fait penser à du Godard, qui te parle de trucs qui n'ont jamais grand chose avoir avec le sujet principal du film.
C'est d'ailleurs pareil quand ça parle. Et une fois que ça commence, ça ne s'arrête pas. C'est d'un ennui assez mortel, Kaspar Hauser pose des questions sur tout et n'importe quoi. Tentative aussi de remise en cause de la religion, mais aussi de certaines idées établies. Le monstre effraie les gens mais il est bien plus humain que la plupart des personnes jugées normales.
Enfin, et heureusement, tout n'est pas aussi mauvais que dans La ballade de Bruno. Herzog réalise par moment des choses que j'adore avec un cinéma très contemplatif, où il filme la nature, de manière silencieuse avec comme seul fond sonore de la musique, qui est généralement celle de grands compositeurs classiques. En fait, on peut aisément constater que l'oeuvre est assez inégale. Quand ça parle, ça parle énormément. Quand ça se tait, ça se tait pour de bon. On voit même de très longs plans de Kaspar qui se gratte les pieds, des petits boutons qu'il peut avoir, de sa façon de se tenir, de manger, bref, c'est vraiment sans juste milieu. Plutôt déroutant pour le téléspectateur.
Côté acteurs maintenant: bon Bruno S., c'est vrai qu'il a un physique assez à part à lui tout seul et que pour le personnage, il s'accorde plutôt très bien. Donc, c'est déjà mieux que ce que j'avais vu avec Stroszek. Pour le reste, seconds rôles assez corrects mais rien de plus.
De toute façon, dans le genre de films sur les monstres, on a trouvé bien mieux ailleurs. Trop mitigé que pour convaincre cette Enigme de Kaspar Hauser.
Note: 2/5
23 septembre 2009
La ballade de Bruno (Stroszek)
De: Werner Herzog
Avec: Bruno S., Eva Mattes, Clemens Scheitz, Wilhelm von Humburg, Burkhard Driest, Claytor Szlapinski, Ely Rodriguez,...
Pays: Allemagne 
Année: 1977
Synopsis
Bruno Stroszek vient de sortir de prison. Il recueille Eva, une prostituée, et s'attire des ennuis. Afin d'échapper à ses ennemis, il décide de partir en Amérique avec jeune femme et Clemens, son voisin...
Avis
A la question, est-ce que Benoît pourra un jour ne pas aimer un film de Werner Herzog, la réponse est oui. Le grand vainqueur: La ballade de Bruno ou Stroszek dans sa langue originale.
Je ne vais pas m'épancher de trop sur ce film, pas envie de faire une salade alors que ça ne vaut vraiment rien. Que dire? Si ce n'est qu'Herzog nous fait une sorte de cinéma social, presque à la frères Dardenne sauf quand même que ce n'est pas filmé aussi lentement ou avec une caméra portée en permanence à l'épaule.
Qu'a à dire Herzog tout le long d'une heure quarante? Et bien pas grand chose... Disons que son idée de base, de voir des Européens tenter leur chance aux USA avec les rêves en tête et le fait qu'il ne se réalisent pas est là pour détruire le mythe du rêve américain. Voilà pour l'idée de départ mais le traitement est assez lourd. Enfin, il est même très lourd. Tout est fait pour s'apitoie sur le sort de Bruno. Il ne lui arrive que des malheurs à ce pauvre hère. Il n'a pas de sous, son ami est arrêté, sa pute l'abandonne pour un chauffeur routier... Bref, du mélo en plein et continuellement. C'est très mais alors très fatigant. C'est du pathétique en plein plutôt, si je veux être honnête.
Bon, il y a toutefois deux ou trois choses qui sont correctes. Les acteurs font ce qu'ils peuvent même si j'ai pas trop apprécié Bruno S. Eva Mattes est par contre assez douée et j'avais un peu de sympathie pour le vieux Clemens Scheitz. Herzog offre aussi deux ou trois jolis plans de la ville de New-York. Mais c'est tout. Pour le reste, je me suis donc intégralement ennuyé.
Je peux toutefois remercier le metteur en scène allemand, grâce à lui, je n'ai eu aucun mal à m'endormir après.
Note: 1/5
31 juillet 2009
L'ami américain (Der Amerikanische Freund)
De: Wim Wenders
Avec: Bruno Ganz, Dennis Hopper, Lisa Kreuzer, Gérard Blain, Nicholas Ray, Samuel Fuller, Peter Lilienthal, Daniel Schmid, Jean Eustache, Sandy Whitelaw, Lou Castel,...
Pays: Allemagne de l'Ouest, France

Année: 1977
Synopsis
Atteint de leucémie, Jonathan Zimmermann, propriétaire d'un atelier d'encadrement à Hambourg, se sait irrémédiablement condamné. Il rencontre un jour l'américain Tom Ripley, trafiquant de tableaux. Ce dernier présente à Jonathan l'un de ses amis, qui lui propose de tuer un inconnu contre une forme somme. Jonathan accepte, offrant ainsi une "assurance vie" et un avenir à sa famille. C'est le début d'une spirale inéluctable...
Avis
Découverte de l'univers de Wenders avec L'ami américain, film regroupant des acteurs mondialement connus comme Dennis Hopper et Bruno Ganz.
Je ne vais pas dire que je ressors mitigé de ce film car il m'a semblé plus positif que négatif mais je dirai plutôt qu'il obtient la moyenne mais sans plus. Je me pose donc la question de savoir si Wenders est un cinéaste que je pourrais aimer en général.
Commençons donc par ce film. Tout d'abord, il fat saluer l'interprétation des deux acteurs principaux (sans oublier les autres évidemment). Hopper et Ganz dominent le film même si j'ai une légère préférence pour le comédien allemand.
Côté de la mise en scène, il faut bien avouer que Wenders manie très bien la caméra. Il propose d'ailleurs des plans assez remarquables par moment, essentiellement de paysages. Parce qu'il faut bien avouer que les différentes vues de la ville d'Hambourg ne sont pas magnifiques. La photographie est vraiment laide quand il réalise des plans de la métropole allemande. Pour le reste, il n'y a pas de soucis.
Ensuite, même si je ne me suis pas ennuyé, il faut bien dire que le scénario du film n'est pas des plus originaux. Certes, le personnage de Ganz est malade, condamné à mourir. Mais il ne possède pas vraiment de rebondissement. Tout s'imbrique logiquement, le script est un peu cousu de fil blanc. Sans pour autant désintéresser le téléspectateur vu que celui-ci suivra le film, si on aime le cinéma lent bien évidemment, jusqu'au bout.
En fait, je vais m'en arrêter là car ce film ne m'a fait ni chaud ni froid. Je reconnais quelques qualités chez Wenders mais je sens aussi que je n'ai pas touché à ce qui fait le joyau de sa filmographie comme Les ailes du désir ou Paris, Texas. Je ne me sens donc pas découragé à le découvrir mais ce film ne m'a pas non plus encouragé vivement. Bref, j'ai l'impression que cette oeuvre est plutôt mineure dans tout ce que le cinéaste a pu faire.
Note: 3/5
21 mai 2009
The Wicker Man
De: Robin Hardy
Avec: Edward Woodward, Britt Ekland, Diane Cilento, Ingrid Pitt, Christopher Lee, Lindsay Kemp, Russell Waters, Aubrey Morris, Irene Sunters, Walter Carr, Ian Campbell,...
Pays: Grande-Bretagne 
Année: 1973
Synopsis
Le sergent Howie de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l'Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée d'une jeune fille. Ce qui commence comme une enquête de routine tourne rapidement à la confrontation entre le policier dévot et les étranges coutumes et rituels ayants cours à Summerisle.
Avis
Avec la sale manie qu'a pour le moment Hollywood de faire des remakes à-tout-va de films, on a tout de même un gros point positif à dégager. Ca fait parler des films originaux. Ainsi, je n'avais jamais entendu parler de The Wicker Man avant la sortie du remake avec Nicolas Cage.
Pour une fois donc, je remercie un remake. Parce que j'ai découvert avec la version de Robin Hardy une oeuvre totalement remarquable.
Premièrement, j'ai trouvé l'ambiance créée par le metteur en scène comme étant incroyable. Il règne sur cette île une étrange façon de voir la vie. Il semble que le temps se soit arrêté, que la civilisation n'a jamais atteint ce bout du monde.
C'est aussi le choc entre deux cultures. Celle d'un policier croyant, toujours vierge et attendant le mariage pour sauter le pas. Il considère les autres religions comme étant fausses, qualifiant les pratiquants de païens. Une façon de vivre comme à l'aube de l'antiquité, où les druides étaient rois et leur conseils précieux. Des rites et fêtes comme à l'époque sont d'ailleurs célébrées. Inconcevable pour le policier. Cette différence ne s'arrête pas là. La religion catholique qui empêche toute forme de plaisir par des voeux de toute sorte se voit confrontée à une liberté des moeurs qui est tout bonnement abjecte pour notre détective. Il se retrouve en face d'une population qui a placé le sexe et la façon dont les enfants sont procréés au centre de l'éducation. Tout est débaûche. Scènes d'amour dans l'herbe entre plusieurs couples, une vilaine tentatrice qui va tenter de faire plonger notre ami dans le mal (magnifique et envoutante Britt Ekland. Probablement la scène la plus remarquable du film) ou encore ce professeur chantant avec ses élèves une chanson des plus équivoques... Bref, c'est deux mondes totalement différents qui s'affrontent. Une oeuvre qui dénote bien de ce qui se passe dans les années 70 avec une libération totale de l'être humain, l'époque des hippies, des jeunes qui profitent du monde, etc avec en face les gens opposés à cela.
Bien plus que cela, on sentirait presque dans le discours de Hardy que cette jeunesse a bien raison de profiter, que l'éducation religieuse cache bien trop des choses et qu'elle est totalement dépassée face à la modernité. Ca se montre peut-être via les rites d'une ancienne religion, elle aussi qualifiée de mal.
Certes, il n'en faut pas non plus arriver comme au final. Les fêtes païennes étant ce qu'elles sont, il faut toujours un petit sacrifice. Mais cette oeuvre est oppressante comme il le faut. On a envie de voir le policier s'en sortir, en dépit du fait que même s'il est le "bon" personnage dans son histoire, certains éléments de sa personnalité semblent être dénoncées et la fin ne fait qu'appuyer cette vision vu que le catholicisme périt dans les flammes face à la liberté des moeurs de cette population...
Note: 5/5
18 mars 2009
Pat Garrett et Billy le Kid (Pat Garrett and Billy the Kid)
De: Sam Peckinpah
Avec: James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Jason Robards, Richard Jaeckel, Katy Jurado, Chris Wills, R.G. Armstrong, Harry Dean Stanton, Sam Peckinpah, Luke Askew, John Beck, Richard Bright,...
Pays: Etats-Unis
Année: 1973
Synopsis
En 1881, au Nouveau-Mexique, dans le repaire de Fort Sumner, Pat Garrett retrouve Billy, son ancien compagnon de route, et lui annonce qu'il est devenu shérif. Pat lui recommande alors de quitter les environs, sinon il sera dans l'obligation de l'éliminer. Billy ignore son conseil. Commence alors une poursuite impitoyable entre le policier et le jeune hors-la-loi.
Avis
La nature humaine est vraiment étrange. Alors que cela fait quelques années que ce blog est en route, il a fallu que je découvre un film sur Jesse James pour que je m'attaque à deux autres célèbres personnages du Far West. Billy the Kid et Pat Garrett. Pourtant, l'oeuvre de Peckinpah trainaît depuis quelques très longs mois sur la pile de DVD à voir qui reste très longue chez moi. Est-ce parce que L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford m'a énormément plu que je me suis enfin décidé à m'y attaquer, je ne sais pas.
Toujours est-il que je suis très très déçu par cette oeuvre de Peckinpah. D'ailleurs, vous allez constater que j'ai vraiment du mal à parler des films que je n'aime pas. Ou du moins qui m'ont ennuyé. Car c'est vraiment le cas pour celui-ci. Pourquoi?
Et bien premièrement, je me suis vraiment ennuyé. De très longs moments que j'ai trouvé inutile. Des séquences qui étaient totalement évitables. L'oeuvre veut également jouer sur un côté psychologique et philosophique mais je l'ai trouvé assez raté. Je ne ressens pas une intensité comme j'ai pu la trouver chez des cinéastes comme Tarkovski, Herzog, Malick ou encore Dominik. On ne peut pas être doué partout Monsieur Peckinpah, on ne vous reprochera pas d'avoir tenté.
Mais là où je trouve vraiment que Pat Garret et Billy le Kid foire, c'est d'avoir confié le rôle du gangster Billy à... Kris Kristofferson! Alors, honnêtement, je crois que c'est l'acteur qui m'a le plus insupporté sur tous les films que j'ai vu. Pourtant, j'en ai déjà croisé des mauvais mais celui-là mérite vraiment une palme. D'abord, il n'y peut rien c'est vrai, mais il a une tête pour être leader d'un boy's band et non un bon vieux gangster de l'Amérique profonde du Far West. Il n'a, en plus de cela, absolument pas les épaules, la carrure, le charisme ou encore la stature pour jouer le personnage de Billy The Kid. Non honnêtement, grosse erreur de casting sur ce coup-là. Il ne possède, à mon sens évidemment, aucun talent. J'aurais d'ailleurs nettement préféré voir Bob Dylan jouer ce rôle.
D'ailleurs, Dylan est à classer du côté des points positifs du film. Que ce soit devant la caméra comme à la musique qui est sublime. Tout n'est pas mauvais non plus dans la mise en scène de Peckinpah ou dans la construction de son récit. On a droit à quelques très beaux moments et à de magnifiques plans. Malheureusement, ils sont trop rares... On retiendra aussi l'excellent James Coburn, même si je le préfère cez un Leone plutôt que chez Peckinpah.
Je suis donc au final assez déçu par cette oeuvre que je qualifierai de très moyenne. Dans le même genre, d'autres films sont nettement plus réussi...
Note: 2/5
24 décembre 2008
Un frisson dans la nuit (Play Misty for me)
De: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Jessica Walter, Donna Mills, John Larch, Don Siegel, Jack Ging, Irene Hervey, James McEachin, Clarice Taylor, Duke Everts, Jack Kosslyn,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1971
Synopsis
Dave Garver est animateur radio. Chaque soir, une auditrice lui demande de diffuser son disque préféré: Misty.
Quand Evelyn Draper organise un rendez-vous avec Dave dans un de ses lieux nocturnes favoris, ils entament une relation torride. Mais, le jour où David décide de mettre fin à leur relation, l'obsession d'Evelyn tourne à la violence. Rapidement, toute la vie de Dave devient la cible de sa folie meutrière.
Avis
Clint Eastwood, dans les années 70, est essentiellement connu pour ses rôles dans les western de Leone. Son visage à la fois angélique et mystérieux couplé à son talent l'ont propulsé au rang de star. Il faut dire aussi que Eastwood a surtout touché à ce genre. Au début des années 70, il se lance à la réalisation de son premier long-métrage. Petite surprise, celui-ci semble être un hommage à Hitchcock. On est donc bien loin des plaines désertiques et des colts à six coups...
Bref, on retrouve Clint derrière et devant la caméra. Question de la mise en scène, ça demeure bon dans l'ensemble. Pas de coup de génie mais on sent que le garçon a du talent. Il a dû aussi apprendre avec des gens comme Leone. Bref, on retiendra tout de même des plans larges très réussis et l'un ou l'autre plan très beau.
Devant la caméra, Eastwood sort du lot par rapport à ses comparses. Aussi froid que pour ses westerns, sont personnage est un peu un anti-héros. Malgré le fait que Dave Garver est un animateur de radio, il ne demeure pas moins un coureur de jupons et ne s'est pas gêné pour tromper plusieurs fois la femme avec qui il était en couple. Il serait néanmoins dommage de sous-estimer les interprétations féminines pour ce film. Il faut bie admettre que Jessica Walter est parfaite dans son rôle de la fêlée. Oui, on peut l'appeler comme ça. Son obsession pour l'animateur radio en est maladif. Elle est prête à tout pour l'obtenir.
Du côté du scénario, et au risque de me répêter, Eastwood signe une oeuvre hitchcockienne. C'est aussi la preuve que "le blondin" peut s'essayer à d'autres genres que le western. Petit à petit et de manière classique pour ce genre, Eastwood fait monter la tension. La terreur monte de plus en plus tout comme la violence au fur et à mesure des minutes qui s'égrènent. Et si le jeune metteur en scène ne chamboule en rien le genre, il faut bien avouer que tout se laisse suivre de très belle manière. En gros, on peut dire qu'il s'agit d'un sous-hitchcock mais... de qualité.
En gros, Un frisson dans la nuit n'est certainement pas le meilleur film de Clint Eastwood en tant que cinéaste. Mais cette oeuvre démontre à quel point le jeune homme est talentueux et que cela peut donner de très bons espoirs pour la suite de sa carrière. Trente-cinq ans plus tard, le public ne s'est pas trompé. Eastwood est devenu un grand cinéaste. Un incontournable. Des chefs-d'oeuvre ont émaillé sa carrière... En 1971, une légende était en marche.
Note: 3.5/5
PS: je vous souhaite à toutes et tous un très Joyeux Noël!
21 décembre 2008
Annie Hall
De: Woody Allen
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Tony Roberts, Carol Kane, Paul Simon, Janet Margolin, Shelley Duvall, Christopher Walken, Colleen Dewhurst, Donald Symington, Beverly D'Angelo, Jeff Goldblum,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1977
Synopsis
A l'aube de ses quarante ans, Alvy Singer fait le bilan de la situation. Une introspection sur sa dernière rencontre, Annie Hall, qui vient de le quitter, et un hommage à la ville qu'il aime, New-York.
Avis
Cela faisait longtemps qu'on me "bassinait" les oreilles pour que je regarde enfin un Woody Allen. On m'en disait tellement de bien que c'en était honteux que je ne franchisse pas le pas. J'ai enfin décidé de me lancer. Je n'avais pas trop envie non plus de commencer avec ses films récents. J'ai choisi Annie Hall. Parce qu'il paraît que c'est un de ses chef-d'oeuvre. Et que c'est un film "allenien" par excellence. Verdict ? Une certaine déception...
Commençons par les points positifs. L'humour d'Allen me plait. Il est assez drôle. Il est fait d'humour avec des phrases bien trouvées ou des situations innovantes. Ainsi, l'un des aspects techniques qui est remarquable avec Annie Hall, c'est bel et bien sa mise en scène. Allen trouve le moyen d'inviter clairement le spectateur dans l'oeuvre. Il en fait presque un acteur à part entière. Il s'adresse directement à la caméra, comme s'il nous regardait et nous parle. On peut le dire que c'est innovant tout simplement et très intéressant. Dans l'ensemble, les quinze à trente premières minutes sont remarquables. Honnêtement, on pouvait penser qu'on se dirigeait vers un chef-d'oeuvre grandiose. Surtout qu'avec Annie Hall, Woody Allen se confie totalement. Il y parle de ses peurs et notamment l'une des plus importante qui est celle de la mort. Bref, l'oeuvre sonne comme une sorte d'autobiographie, de psychologie ou le patient c'est Woody Allen, et le psychologue serait le spectateur. Autre preuve d'une oeuvre très personnelle: le metteur en scène new-yorkais a eu une liaison avec l'actrice Diane Keaton. Voilà pour les points positifs...
Mais quels sont les négatifs? Ciblons-en un à mes yeux et qui est exaspérant au plus haut point. Vu que l'oeuvre est un peu une séance chez un psy, Woody Allen parle et parle et parle encore... A un tel point que c'est très agaçant. On a même des fois envie de mettre en pause ou de couper tout simplement le film tellement c'est énervant. Parfois, ça semble être un calvaire de l'écouter parler, stresser, gesticuler dans tous les sens. Bref, à défaut de m'amuser, Allen m'énerve par moments.
Heureusement, et comme mentionné plus haut, l'oeuvre possède pas mal de qualités. C'est d'ailleurs grâce à elle qu'on tient facilement le coup et qu'au final, on se retrouve en face d'un film de bonne qualité. Sans plus. Annie Hall est bien sympathique mais n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on hurle partout ou presque...
Note: 3.5/5
02 décembre 2008
Le miroir (Zerkalo)
De: Andreï Tarkovski
Avec: Margarita Térékohva, Anatoli Solonitsyne, Nikolaï Grinko, Oleg Yankovsky, Alla Demidova, I. Daniltsev, Larisa Tarkovskaia,...
Pays: Ex-URSS ![]()
Année: 1974
Synopsis
Arrivé à la moitié de sa vie, un homme malade se penche sur son passé. C'est son enfance tout d'abord qui lui revient avec la vision de sa mère attendant le retour improbable de son mari, puis le souvenir de sa femme dont il s'est séparé le hante. Passé et présent se mélangent dans l'esprit d'un homme qui cherchait seulement à être heureux.
Avis
Le Miroir est probablement le film le plus personnel d'Andreï Tarkovski puisqu'il revient sur sa relation avec son père, son enfance et sur ses oeuvres précédentes. Ce film n'est autre qu'une autobiographie.
Il demeure néanmoins assez difficile d'accès. Le metteur en scène russe multiplie certaines références. Il parle de son passé. On va vite signaler que le cinéaste se complaît quelque peu dans la suffisance. Après tout, beaucoup de grands metteurs en scène possèdent un égo démesuré. On retrouve dans Le miroir, l'affiche de Andreï Roublev. Il faut aussi signaler l'incroyable plan-séquence dans lequel apparaît cette référence au second film de Tarkovski. La caméra se ballade dans une maison et y explore les différentes pièces. Ou d'une certaine manière, Tarkovski qui se remémore ses souvenirs. On entre de plein pied dans l'âme humaine. A noter aussi que la maison est celle de l'enfance de Tarkovski. Elle fut reconstruite exprès pour ce film. Les rêves d'enfance ou tout simplement les enfants chez le metteur en scène russe me rappelle, allez savoir pourquoi, son premier long-métrage qu'était L'enfance d'Ivan.
Le récit est construit de manière décomposée. Quand se déroule le présent, le passé ou le futur? On suit un homme, qui se rappelle sur son lit de mort ses souvenirs. La dernière chose qui le rattache à la vie avec ce moineau qu'il tient en main et qu'il ne lâchera qu'une fois mort. Doit-on y voir le symbole d'une âme emprisonnée dans un corps et qui s'élève ainsi vers le ciel une fois passé de vie à trépas? L'âme qui possèderait alors d'une totale liberté sans être attachée par une enveloppe charnelle.
Le téléspectateur est encore une fois plongé avec ce metteur en scène dans un monde onirique. Difficile de percevoir la réalité, l'instant présent du rêve. Toujours est-il que ce personnage, qu'on ne voit presque jamais est l'élément central du film. On le voit enfant. On voit ensuite son fils. On voit sa mère. On voit par après sa femme. L'absence du père se remarque dans les deux cas. Le complexe d'Oedipe semble aussi assez proche. Dans la plupart des relations on est confronté à celle d'une femme avec un enfant masculin. Il suffit aussi de se rappeler la scène du début. Un poste de télévision qui s'allume et un garçon qui souffre d'un problème de bégaiement. Une femme médecin va discuter avec lui. Elle va lui parler de ses souvenirs et l'enfant va réussir à parler beaucoup mieux. Une autre fenêtre sur l'âme du metteur en scène russe. Cette oeuvre, il s'en sert comme exutoire de tous ces moments critiques, difficiles peut-être tragique qu'il a pu connaître.
On revient un moment sur l'absence du père. Elle fut très forte chez Tarkovski. Son paternel n'est autre qu'un grand poète russe. Il possède ici un rôle même s'il n'apparaît pas une seule fois à l'écran. Les poèmes du film sont lus par Arsène Tarkovski. Ils sont également de sa composition.
L'un des grands atout de cette oeuvre, c'est que le téléspectateur peut s'immerger dans l'histoire. Les personnages, même s'ils possèdent une place importante dans le coeur de Tarkovski peuvent plus facilement être remplacé par des gens de nos propres visions. On peut s'identifier, me semble-t-il, à certains souvenirs. Le miroir nous le regardons. Et c'est nous que nous voyons dans celui-ci. Pas mal de personnages dans le film se regardent d'ailleurs dans un miroir.
Tarkovski signe un chef-d'oeuvre remarquable entre virtuosité technique (variation entre longs plans-séquences et plans fixes) et un voyage complet dans les profondeurs de l'âme. Certes, sa lenteur peut vite se transformer en ennui chez certains voire beaucoup. Mais tout de même, quand on apprécie, on reste muet tant c'est remarquable. Il semble aussi que le metteur en scène russe soit visionnaire puisque cet homme sur ce lit de mort, c'est lui. Il a une voix qui n'est pas celle d'un vieux en fin de vie naturelle. Tarkovski décèdera assez jeune d'un cancer des poumons...
Qu'importe, ses oeuvres ont marqué le cinéma...
Note: 5/5
12 novembre 2008
Apocalypse Now redux
De: Francis Ford Coppola
Avec: Marlon Brando, Robert Duvall, Martin Sheen, Frederic Forrest, Albert Hall, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Christian Marquand, Aurore Clément, Harrison Ford, Dennis Hopper, G.D. Spradlin, Jerry Ziesmer, Scott Glenn, Bo Byers,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1979
Synopsis
Alors que les Etats-Unis s'embourbent au Vietnam, les services secrets confient au lieutenant Willard la mission de traquer et de tuer le colonel Kurtz. Ce dernier, devenu un psychopathe sanguinaire, vit à la frontière cambodgienne, entouré d'une tribut de renégats qui le vénère comme un Dieu. Dans sa quête, Willard va être confronté aux horreurs de la guerre et à la cruauté de l'homme. Un voyage qui va le conduire au bout de lui-même et de la folie.
Avis
Des pales d'hélicoptères avec comme fond sonore la musique de The End du groupe The Doors. Un plan fixe sur une forêt de palmiers. Des fumigènes, un largage de bombe au napalm. Tout s'embrase. Toujours ces hélicoptères, un fondu nous emmène alors droit sur un ventilateur qui tourne. Nous sommes dans une chambre d'hôtel avec le Lieutenant Willard. Bienvenue dans Apocalypse Now...
Rares sont les films comme celui de Francis Ford Coppola à nous immerger d'une telle manière. L'oeuvre retrace à travers Willard la sale guerre qu'était le Vietnam. Le bourbier. La folie. La mort. Dès le début, on entre dans un univers à part, différent.
D'un point de vue plus technique, quels ajouts y-a-t-il entre la version de 1979 et cette version redux? Deux grosses parties sont à sortir du lot. Tout d'abord, il y a ce fameux passage avec les playmates ou les soldats peuvent avoir quelques rapports privilégiés avec ces jolis brins de filles. Ce qui permet de constater, de renforcer cette idée que dans ce film, tout le monde a des problèmes. Tout le monde est fou. Les filles parlent de leurs malheurs, de leurs tics, de leurs obsessions. Les soldats ne songent qu'à baiser, ne les écoute même pas. Il y en a un qui veut même que la fille reprenne la pose qu'il a vu dans le magazine dans lequelle elle apparaissait.
Le second moment est celui de la plantation française. Ce qui permet de nous rappeler que la guerre du Vietnam, ça nous renvoit à l'Indochine. Elle nous rappelle à quelle point cette région du globe a été importante pour les Français. "Ici, c'est chez nous". Voilà ce qu'ils en disent malgré la défaite. Là aussi, ces gens semblent coupés du monde. Willard aura une relation avec l'une des filles de la demeure. Un léger avant-goût de la folie qu'on retrouvera chez Kurtz et sa secte. Mais au final, on ne distingue plus vraiment qui est fou ou qui ne l'est pas. Qui a raison ou qui a tort? Est-ce Kurtz? Est-ce les supérieurs de Willard? Le lieutenant n'est-il pas devenu fou lui-même? Le Vietnam nous apparaît comme étant la folie à l'état pure. Avec cela, Coppola signe l'une des meilleures oeuvres sur la guerre et la perte de conscience, la démence qu'elle peut engendrer.
Il y a évidement de très grands moments dans le film. J'ai personnellement rarement vu des oeuvres aussi bien mises en boîte. Il y a une multitude de scènes magnifiques, essentiellement avec des plans d'ensemble qui nous montrent toute la région, le coucher de soleil, etc. L'ambiance que crée Coppola est également remarquable. Peut-être est-ce dû au fait que le tournage lui-même fut véritablement mouvementé. La folie semble avoir touché tout le monde et pas seulement les personnages. Le tournage prendra seize mois au lieu de... six semaines. Martin Sheen fera une crise cardiaque. Des problèmes de drogue et d'alcool touchent le plateau. Marlon Brando, en arrivant n'a pour ainsi dire pas lu son script et ne connaît pas les dialogues. Un ouragan frappe le lieu de tournage, situé aux Philippines. Francis Ford Coppola menace plusieurs fois de se suicider et perd quarante kilos. On le dit aussi de plus en plus mégalomane et paranoïaque. Le montage fut également fastidieux puisque Coppola mettra presque trois ans. Revenons toutefois à la mise en scène. L'une des plus belles scènes que j'ai vu au cinéma reste cette fameuse attaque d'hélicoptères sur le village vietcong. En arrière-plan résonne cette incroyable musique de Wagner. Les scènes des prises de vue à partir des hélicos sont splendides. Et j'en oublie...
Que serait le film sans ses acteurs? De Sheen à Ford en passant par l'inévitable Brando, Apocalypse Now redux est composé d'interprètes talentueux. C'est aussi une oeuvre un peu familiale puisque Carmine Coppola signe la musique et Sofia Coppola ainsi que Roman apparaissent lors de la séquence de la plantation française. Eleanor Coppola, la femme du metteur en scène, réalisera un documentaire à propos du tournage de ce film.
Courronné d'une palme d'or à Cannes, de deux Oscars secondaires, de trois Golden Globes et du César du meilleur film étranger, l'oeuvre de Coppola est une franche, très franche réussite. Les mots manquent pour la décrire. Ce film il faut le vivre, le ressentir. Coppola lui-même dira que Apocalypse Now n'est pas un film sur le Vietnam mais le Vietnam!
Note: 5/5
PS: ça n'a rien avoir avec le film, mais je tenais à rappeler qu'hier, on fêtait les nonante ans de la fin de la Première Guerre mondiale. Les oeuvres réussies sur ce sujet sont assez rares. Je vous conseillerai donc deux films à ce propos. A l'Ouest rien de nouveau de Lewis Milestone qui est magnifique et qui montre vraiment bien la souffrance et les désillusions que vivent les soldats dans les tranchées. L'autre film, c'est Les sentiers de la gloire de Kubrick, absolument incontournable aussi. Pour ceux qui veulent un peu creuser le sujet, je peux leur conseiller Capitaine Conan de Tavernier. Bon film mais pas aussi bon que les deux cités précédemment. Enfin bref, les combattants de la Première Guerre mondiale ayant presque tous disparus (au moment où j'écris ces lignes, il en reste cinq dans le monde), il n'est jamais trop tard que pour s'intéresser à cette période de l'histoire et à rendre un petit hommage (le terme est peut-etre exagéré à ce niveau) à ceux qui ont perdu la vie dans les tranchées qu'ils soient alliés ou allemands.
30 octobre 2008
Mean Streets
De: Martin Scorsese
Avec: Harvey Keitel, Robert de Niro, David Proval, Amy Robinson, David Carradine, Cesare Danova, Victor Argo, Richard Romanus, Lenny Scaletta, Jeannie Bell, Robert Carradine,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1973
Synopsis
En 1973, à New-York, dans la petite Italie, Johnny Boy et Charlie, des malfrats à l'affût de combines louches, côtoient les mafiosi qu'ils envient. Pour accéder au haut du pavé, une règle impérative: respecter la loi d'honneur du milieu. Charlie, lui, a ses chances, car il a un oncle mafieux. Mais le problème se pose pour Johnny, un bagarreur inconscient, criblé de dettes. Lorsque celui-ci se procure une arme à feu et commence à faire le malin, ça dérape...
Avis
Quatrième film de Scorsese mais probablement l'un de ceux dans son début de carrière qui est le plus annonciateur de ce que sera la suite de celle-ci. Mean Streets aborde la petite mafia dans le quartier de Little Italy à New-York.
Ce quartier est très cher à Marty. Il y a grandi, a vécu toute son enfance là-bas. Scorsese est un homme qui vient de la rue et qui aurait très bien pu finir voyou. Mais c'est dans l'ensemble New-York qui sera la ville fétiche du metteur en scène à travers tous ses films. Mean Streets possède une grande part d'autobiographie. Scorsese l'explique de la sorte: "C'était une tentative de faire un film sur la manière dont moi et mes amis vivions à Little Italy. Il y a une dimension anthropologique ou sociologique au coeur même du projet. Charlie se sert des autres en pensant les aider. En croyant cela, il ruine tous ses efforts aussi bien envers les autres que lui-même. Quand il se bat avec Johnny dans la rue, il essaie de donner l'impression qu'il le fait pour les autres mais ce n'est qu'une question d'orgueil, le premier peché dans la bible. Ma voix est utilisée en alternance avec celle d'Harvey Keitel pendant tout le film. C'était un moyen pour moi de trouver une paix intérieur. Il est très facile de se discipliner pour aller à la messe tous les dimanches. Ca ne prouve rien. Pour moi, la rédemption ne peut venir que de la façon dont on vit et dont on se comporte avec les autres." Scorsese aborde déjà des mouvements de caméra qui feront sa renommée par la suite. On y voit également la grande place que possède la religion. Il aborde son film comme étant une manière de rendre hommage aux films de gangsters de la Warner des années 30. Scorsese se fera évidemment connaître en utilisant souvent ce thème dans ses oeuvres. Même si sa carrière ne doit pas se résumer qu'à cela, en vue par exemple de ce que sont les films comme Taxi Driver ou Raging Bull. Le cinéaste aux origines italiennes aborde également le rêve américain. Celui d'un petit gars, voyou mais pas forcément méchant qui serait capable de tout pour s'enrichir.
Scorsese use également de cette particularité d'utiliser des acteurs issus également de New-York. De Niro a grandi à Little Italy, comme Marty. Les deux hommes se connaissaient de vue mais c'est grâce à De Palma qu'ils vont pouvoir collaborer ensemble sur Mean Streets. Harvey Keitel est, quant à lui, originaire du Bronx. New-York est réellement la ville de coeur de Martin Scorsese. Le duo composé par De Niro et Keitel fonctionne d'ailleurs très bien. L'un est plus posé, l'autre plus nerveux. L'un réfléchit, l'autre beaucoup moins. Bobby est déjà incroyable. Keitel est très bien aussi. On notera aussi les apparitions de David Carradine et Robert Carradine.
Bien évidemment, l'oeuvre n'est pas parfaite. Mean Streets comporte des longueurs. On a parfois l'impression que le film est un peu trop long ou que certains thèmes ne sont pas entièrement exploités. Mais Scorsese est encore jeune. Il a encore beaucoup de choses à prouver et son talent est déjà bien présent. Il le confirmera avec l'oeuvre suivante, un certain Taxi Driver...
Note: 3.5/5