08 octobre 2009
As tears go by (Wong gok ka moon)
De: Wong Kar-wai
Avec: Andy Lau, Maggie Cheung, Jacky Cheung, Kau Lam, Alex Man, Ronald Wong,...
Pays: Hong-Kong ![]()
Année: 1988
Synopsis
Dans un quartier pauvre de Hong-Kong, Ah Wah et Fly raquètent pour les gangs locaux. Mais le tempérament de Fly crée des tensions entre les bandes. C'est alors que la cousine de Ah Wah arrive.
Avis
Premier film de Wong Kar-wai et déjà annonciateur de ce qu'il fera par la suite de sa carrière, notamment lorsqu'il signera deux chefs-d'oeuvre avec In the mood for love et 2046'. Néanmoins, et c'est un peu logique, As tears go by possède des défauts que l'on retrouve très souvent chez des jeunes metteurs en scène.
Donc, on retrouve déjà les thèmes en question: une histoire d'amour couplé à la tragédie. Sauf toutefois, que contrairement aux deux autres oeuvres que j'ai eu la chance de voir, on a droit à une très large part sur le monde de la criminalité. Mais bon que les fans se rassurent, le sujet premier reste bien l'histoire d'amour.
Mais avec des défauts comme j'ai dit auparavant. Premièrement, Wong Kar-wai est parfois très très lourd dans son propos. Lorsqu'enfin Ah Wah et la cousine s'avouent leur amour, on a droit à la chanson de Berlin - Take My Breath Away pendant six voire sept bonnes minutes. Ca en devient très saoûlant, à vous dégoûter de l'amour. Comme cette scène du baiser que je ne peux m'empêcher de trouver très exagéré.
Ensuite, dans la partie plus gangster, je trouve quand même la fin un peu trop, comment dire... Bah cliché aussi. Voire peut-être un peu énervante car on s'y attends beaucoup à ce que cela se passe ainsi. Bref, plutôt déçu sur ce coup-là.
Mais rassurez-vous, il y a déjà de très jolies choses. Quelques scènes assez sympas même si rien de transcendant. Les cinquante premières minutes sont toutefois d'un très bon niveau. Et puis, pour rester honnpete, je ne me suis jamais emmerdé, c'est jusque les défauts sont parfois trop visibles.
Bon, côté acteurs, je vais signaler déjà la très bonne performance de Andy Lau mais je vais surtout insister sur Maggie Cheung. Au tout début du film, Ah Wah ouvre la porte et est comme sous le choc de découvrir la jeune femme. Ben, il n'était vraiment pas le seul. Outre un charme vraiment incroyable, cette femme à une présence à l'écran qui est tout simplement phénoménal. Le genre de filles, à vous faire tomber amoureux en un seul regard. Bref, jesuis totalement sous le charme. A chaque fois qu'elle est présente à l'écran, c'est comme un rayon de soleil. Surtout qu'elle est quand même vachement douée. Sûr que le film y aurait gagné à la montrer plus souvent. En tout cas, bon premier film pour Wong Kar-wai.
Note: 3.5/5
02 septembre 2009
Highlander
De: Russel Mulcahy
Avec: Christophe Lambert, Roxanne Hart, Clancy Brown, Sean Connery, Beatie Edney, Alan North, Jon Polito, Sheila Gish, Hugh Quarshie, Christopher Malcolm, Peter Diamond, James Cosmo,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1986
Synopsis
1536, deux clans écossais s'affrontent dans une guerre sanglante. Au cours des combats, Connor MacLeod est mortellement blessé par le cruel Kurgan mais il survit. Effrayés, les membres de son clan chassent le miraculé. Commence alors une errance infinie pendant laquelle il rencontre Juan Sanchez Ramirez, un aristocrate espagnol, âgé de plus de vingt-quatre siècles. C'est ainsi que le guerrier écossais comprend qu'il fait partie lui-aussi de la race des immortels et que seule la décapitation peut le tuer. Il lui faut alors résister et traverser les siècles jusqu'au jour du rassemblement final, où l'un d'eux pourra conquérir le "prix", un pouvoir dont personne ne sait rien. C'est dans le New-York de 1986 que Malcolm prépare le combat ultime qui fera de lui le dernier des immortels.
Avis
Il ne peut en rester qu'un! Si vous avez vu le film Highlander, vous devez alors avoir la signification et l'importance qu'à cette phrase culte. L'oeuvre l'est tout autant. Un univers médiaval, le temps qui passe, des séquences urbaines, voilà le terrain de jeu de ce film d'héroïc-fantasy. Etant donné que c'est un genre que j'apprécie énormément et vu le statut de Highlander, j'en attendais donc beaucoup.
Peut-être un peu trop vu que j'ai été directement déçu. Ou tout du moins, j'ai eu énormément de mal à rentrer dedans. Les séquences urbaines m'ont pas mal ennuyées, surtout sans Kurgan. Une fois que le méchant arrive, je prends nettement plus mon pied.
Mais dans l'ensemble, c'est bel et bien par les différentes séquences qui se déroulent ailleurs qu'en 1986 qui m'ont semblées les plus réussies. Celles en Ecosse surtout même si Mulcahy a le don de jouer avec l'immortalité de son personnage. Ainsi, il y a ce formidable duel lors de l'époque du 18ème ou 19ème siècle, avec une photographie et un château rappelant Barry Lyndon, où MacLeod ne meurt jamais et où on voit son adversaire s'esquinter et essayer à tout prix à lui porter le coup de grâce. Mais ce n'est certainement pas avec un fleuret que l'on décapite quelqu'un.
Mais comme je dis, le film gagne vraiment en intensité avec l'arrivée de Kurgan. Il est bête, il est impressionnant et il est surtout très méchant. Il n'a aucune pitié et c'est tant mieux. C'est alors une forme de chasse à l'homme par meurtre d'immortels qui est faite entre Kurgan et MacLeod jusqu'à l'affrontement final qui est vraiment bien foutu. D'ailleurs, la mise en scène est vraiment bien foutue, tout comme le montage qui alterne différents enchaînements, différents fondus, etc. Ca donne du souffle et c'est vraiment tant mieux.
Quid de la musique de Queen maintenant? Et bien dans l'ensemble, j'ai assez apprécié sauf peut-être le générique de début. Quant aux acteurs, on regrettera peut-être de ne voir que trop peu Sean Connery. Et si Christophe Lambert n'est pas le meilleur comédien du monde, il assure bien dans son rôle. Highlander est vraiment un bon divertissement.
Note: 3.5/5
25 juillet 2009
Le grand bleu
De: Luc Besson
Avec: Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette, Paul Shenar, Sergio Castellito, Jean Bouise, Marc Duret, Andreas Voustinas, Valentina Vargas, Griffin Dunne,...
Pays: Etats-Unis, France
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Année: 1988
Synopsis
Jacques et Enzo se connaissent depuis l'enfance. Elevés en Grèce, ils vouent tous deux une passion illimitée à la mer. A la suite du décès accidentel de son père lors d'une plongée, Jacques rentre en France. Vingt ans passent, mais la rivalité entre Jacques et Enzo existe toujours. Le championnat du monde d'apnée en Sicile est l'occasion pour les deux hommes de se retrouver et d'explorer un monde insondable.
Avis
Il y a des films dont la réputation les fait traverser tous les âges. Pourtant, lors de leur vision, on en vient à se demander pourquoi. Non pas que ceux-là soient toujours mauvais mais on découvre que leur réputation est justement très surfaite. Le Grand Bleu de Besson fait partie de ces oeuvres correctes mais qui ne méritent pas le bruit qui court sur elles.
Commençons par les reproches pour cette oeuvre. Tout d'abord, c'est quand même très long, voire trop long. Ensuite, il y a des passages très faibles voire même inutiles. Si le film avait été une grosse demi-heure plus court, il n'aurait en rien perdu de sa qualité. Ca l'aurait peut-être même servi.
Mais comme Besson n'est pas un con (si si, je vous promets), il sait que son oeuvre doit être par moments relancée pour ne pas voir le téléspectateur décrocher définitivement. Ainsi, Le Grand Bleu est étoffé par des moments d'humour qui fonctionnent dans la plupart du temps.
Mais le principal intérêt, c'est bien le contenu. Le personnage de Jacques doit choisir entre l'amour qu'il peut porter à une femme, à un être humain et l'amour qu'il a depuis toujours envers l'océan même si celui-ci s'est montré cruel envers lui (il est responsable de la mort de son père). Le film est un véritable ode à la mer, Besson semblant être un grand fan de cet élément de la nature. L'oeuvre est souvent silencieuse, calme, représentative du personnage de Jacques. En contrepartie, il y a le personnage de Enzo, joué avec brio par Jean Reno. C'est une personne plus excentrique, compétitive, qui aime la mer mais qui lui permet surtout de jouir d'une énorme réputation grâce à ses titres de champion du monde d'apnée. Les deux vont alors se confronter pour le titre. Le choix de ces deux personnages n'est pas le fruit du hasard puisqu'ils existent réellement. L'adaptation en film est évidemment très libre, ces hommes ne connaissent pas le même destin dans la vie par rapport à l'oeuvre de Besson. La fin de l'oeuvre est très belle toutefois. Mais en matière de film sur la nature, il y a beaucoup mieux, notamment chez Malick, Herzog ou encore Miyazaki.
A noter que les trois acteurs principaux sont très bons. La musique de Serra est par contre plutôt moyenne. Elle est parfois très réussie mais parfois beaucoup plus ennuyeuse. Au final, Le Grand Bleu est un bon film mais ne mérite tout simplement pas le foin qu'on en fait autour...
Note: 3.5/5
04 juillet 2009
Le sacrifice (Offret)
De: Andreï Tarkovski
Avec: Erland Josephson, Susan Fleetwood, Valérie Mairesse, Allan Edwall, Gudrün S. Gisladottir, Sven Wollter,...
Pays: France, Grande-Bretagne, Suède
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Année: 1986
Synopsis
Aidé par son jeune fils, Alexandre plante un arbre sur une île. Il fait ensuite la connaissance d'un facteur philosophe. Mais il y aussi Maria, la servante aux pouvoirs étranges, et la télévision, qui annonce une catastrophe. Alexandre prie Dieu, puis met le feu à sa maison. On vient le chercher en ambulance. A la fin, son fils se couche au pied de l'arbre.
Avis
Comme vous commencez à le savoir, Tarkovski j'adore. Il n'y a rien de ce que j'ai vu que je n'aime pas. Ce qui m'attire chez lui? C'est que ses oeuvres sont de véritables questionnements métaphysiques, de la poésie, de magnifiques images mais aussi, un peu comme David Lynch, une nécessité de revoir plusieurs fois ses films pour en apprécier toutes les facettes. Et encore ce n'est pas toujours suffisant. Mais pour moi, Tarkovski n'est pas un simple cinéaste mais bien un artiste.
Dans ce film, pas trop compliqué d'accès, à hauteur de Stalker, le metteur en scène nous plonge en pleine introspection spirituelle, sur le sens de la vie et sur la place de la religion chez l'être humain. Ici, nous avons affaire à un homme extrêmement croyant qui va demander à Dieu qu'il accepterait de tout perdre si tout redevenait comme avant. Avant la terrible catastrophe. Mais quelle est l'origine, la cause de ce qui provoque ainsi ce sentiment d'apocalypse. Le bruit d'un avion militaire se fait attendre avant que tous les médias n'annoncent que l'impensable est arrivé. Le message d'un président qui conseille à tous ses citoyens de rester cloîtrés chez eux. Toujours est-il que l'on peut prédire une grande catastrophe nucléaire. L'artiste était-il visionnaire? Un an plus tard, Tchernobyl éclate.
Le plaisir matériel humain est clairement dénoncé. Le personnage central est prêt à y renoncer comme je l'ai dit un peu plus haut. L'incendie de la maison est probablement le moment le plus fort du film. Tarkovski devait être extrêmement croyant puisqu'il croit à une puissance suprême. Ce qui se passe dans l'oeuvre semble aisément le montrer. Ce film est un appel vers la nature. Un appel à aimer les choses simples de la vie et d'aimer ce que la nature nous offre de plus beau. Le personnage déteste le jardin quand il est retouché par l'homme. Cette nature que Dieu a créé est déjà un chef-d'oeuvre, nul homme ne doit la saccager avec ses mains. Cet arbre planté est également un signe de renouveau. Une sorte de passage à témoin. Le père plante l'arbre avec son fils. A la fin, seul le fils est près de l'arbre. Il représente l'avenir. L'arbre est encore jeune. L'espérance pour Tarkovski de voir des jours meilleurs. Son film est d'ailleurs dédié à son fils.
Comme d'habitude chez le cinéaste russe, une mise en scène très lente, composée de très longues séquences ou de plans-séquences. Il bénéficie aussi de l'aide de techniciens qui ont travaillé pour Ingmar Bergman. Ce dernier a d'ailleurs offfert son île pour permettre à Tarkovski de le réaliser. La plupart des comédiens sont également suédois. Il parait aussi que l'oeuvre est un hommage à Bergman. Je ne connais pas encore assez ce cinéaste mais il semble également que Tarkovski et lui aimaient avoir des personnages torturés. Leurs films sont très souvent psychologiques (aucun doute pour le russe à ce niveau-là).
Le sacrifice est malheureusement le dernier film du cinéaste. Il décédera moins d'un an après l'avoir réalisé. Si je me souviens bien, il ne verra même pas sa sortie en salles. Toutjours est-il qu'il réalise comme oeuvre-testament, un véritable chef-d'oeuvre, posant encore une fois des questions sur les rapports qui existent entre l'homme et la nature, sur ce que fait l'homme de son intelligence et des avancées technologiques qu'il opère et appelle celui-ci à ne pas oublier d'où il vient.
Note: 5/5
02 mai 2009
Akira
De: Katsuhiro Ôtomo
Avec les voix de: Mitsuo Iwata, Nozomu Sasaki, Mami Koyama, Tesshô Genda, Hiroshi Ôtake,...
Pays: Japon
Année: 1988
Synopsis
Tetsuo, un adolescent ayant vécu une enfance difficile, est la victime d'expériences visant à développer les capacités psychiques qui dorment en chacun de nous. Ainsi doté d'une puissance que lui-même ne peut imaginer, Tetsuo décide de partir en guerre contre le monde qui l'a opprimé. Dès lors, il se retrouve au coeur d'une légende populaire qui annonce le retour prochain d'Akira, un enfant aux pouvoirs extraordinaires sensé délivrer Tokyo du chaos...
Avis
Je n'ai pas été au fond très logique en découvrant les animés d'Ôtomo puisque j'ai commencé par l'une de ses dernières oeuvres, Steamboy. En fait il s'agit même du dernier mais il semble que deux autres longs animés soient en préparation.
Mais Akira, je le connaissais évidemment de réputation. Cela faisait des mois voire des années que je me disais qu'il fallait que je le vois un jour. Cependant, son prix en magasin m'avait toujours freiné. J'ai encore une fois fait une affaire sur Internet.
Venons-en à l'oeuvre. Il n'est pas simple de parler de cet animé tant il est riche et foisonnant de qualités. Je devrais premièrement parler des dessins qui demeurent sublimes. Malgré ses vingt et un ans bien tapés, Akira reste un animé incroyable par la virtuosité des mouvements et par le
nombre de détails qui peuvent surgir à l'écran. De plus quelques
séquences demeurent incroyables comme l'explosion atomique ou encore
les différents passages à la fin lorsque Tetsuo se transforme. Sans
oublier un moment qui n'est pas sans rappeler le génial 2001: l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Si je devais rester sur le point de vue formel, il faut absolument que je touche un mot sur la B.O. qui est un mélange de musiques japonaises traditionnelles et de musique électronique. Le rendement final est formidable et donne probablement l'une des plus belles compositions que j'ai entendu dans le cinéma asiatique. Véritablement l'une des plus incroyables avec ce que j'ai pu entendre de Kenji Kawai.
Sur le fond, on est loin d'être dans un animé accessible à tous. Akira fut considéré comme l'un des premiers mangas adultes à être sorti au cinéma. Et pour cause: il existe une certaine violence qui n'est pas à montrer au plus jeune. Beaucoup de bagarres, de morts, la drogue, les gangs ou encore une tentative de viol sont montrées. Mais il faut aussi avouer que comme on est devant un animé, cela nous permet d'avoir pas mal de recul.
L'oeuvre dépeint aussi une société totalement détruite, qui suite à la guerre tente très difficilement de se reconstruire. Ôtomo y dévoile déjà l'un de ses thèmes de prédilection qui est la science et les dangers que celle-ci peut représenter si elle tombe en de mauvaises mains. Des gens s'en servent alors pour acquérir du pouvoir. Mais au fond qui est Akira? Akira est une forme d'être très intelligent et possédant des pouvoirs. Il n'est pas réellement humain car il s'agit de ses restes qui ont été conservés dans une sorte de bunker. Akira a le pouvoir de libérer Tokyo du chaos qui règne. Tetsuo est un ami de Kaneda qui a été attrapé par des scientfiques et sur qui on réalise des expériences. Ses pouvoirs psychiques vont alors se décupler. Il va devenir un danger pour les autres lorsqu'il va se montrer avide de vengeance face à une société ou a des personnes qui l'ont longtemps sous-estimé ou opprimé. C'est alors que rentre en jeu Kaneda qui va tenter d'empêcher Tetsuo de réaliser un massacre. Sans oublier qu'il y a ses trousses l'armée qui pourrait tuer Tetsuo ou le récupérer pour l'utiliser. Kaneda est aidé dans sa tâche, bien malgré lui ou eux, par des sortes de terroristes qui veulent à tout prix voir les expériences cesser et par trois enfants qui ont eux-mêmes été victimes de manipulations et qui ont développé des pouvoirs. La fin de l'oeuvre s'inscrit alors assez logiquement. Tetsuo, tellement avide de vengeance, ne contrôle plus ses pouvoirs. Lors de ses mutations, les trois enfants combattent à leur manière le jeune garçon. Tetsuo grandit de plus en plus. Il a réussit avant sa transformation à libérer Akira. Une explosion nucléaire survient, Tokyo est dévastée. Est-ce l'explosion de 1989 ou une nouvelle, en 2019? Des effets robostropiques comme pour l'oeuvre de Kubrick apparaisse. On y voit Kaneda entendant des voix. Le jeune homme survit. Le film s'achève par un commentaire final où l'on entend Tetsuo dire: "Je suis Tetsuo". Si le garçon ne possède plus d'enveloppe physique, tout porte à croire qu'il est encore vivant spirituellement. Après tous ces événements, l'humanité peut avoir un nouveau départ.
Akira est donc un film très riche et qui mérite très amplement les éloges et le statut d'oeuvre culte.
Note: 5/5
30 décembre 2008
Retour vers le futur 2 (Back to the Future : Part 2)
De: Robert Zemeckis
Avec: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Elisabeth Sue, James Tolkan, Jeffrey Weissman, Billy Zane, J.J. Cohen, Casey Siemaszko, Charles Fleischer,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1989
Synopsis
Marty et Doc se sont à peine remis de leur première aventure dans le temps qu'ils se retrouvent une fois encore projetés dans le continuum espace/temps. Mais cette fois, lorsqu'ils essaient de régler l'avenir sur l'année 2015, ils atterrissent à Hill Valley en 1985, saugrenu et altéré, où le tyran Biff Tannen est riche, puissant et... le père de Marty! Maintenant, leur seule chance d'arranger le présent est de retourner une fois encore en 1955. Mais Doc et Marty pourront-ils rafistoler le passé sans déclencher un paradoxe temporel qui déchiquetterait l'univers?
Avis
Quatre ans après le premier opus, Spielberg et Zemeckis décident de remettre le couvert et de nous narrer une fois de plus un voyage dans le temps de Marty. Alors bonne ou mauvaise chose ?
Honnêtement, des trois opus, c'est celui qui m'a le moins plu. Pourquoi? Parce que j'ai eu un énorme sentiment de redite, de gags qui se sont déjà produits dans le premier et qu'on a gentiment décidé de replacer dans celui-ci en changeant quelques petits éléments. Bref, la vague impression que Zemeckis se foutait un peu de notre gueule.
Ce n'est pas cela, ça reste regardable, ça reste drôle par moments mais tant qu'à faire, revoyons le premier épisode.
Surtout que beaucoup de scènes ont été reconstruites à l'identique. A l'exception faite que deux acteurs du précédent volet sont absent. Crispin Glover qui jouait le père de Marty est remplacé par Jeffrey Weissman. Le premier joue cependant dans l'oeuvre mais à son insu puisqu'on reprend des scènes de Retour vers le futur. L'acteur portera plainte pour utilisation de son image sans sa permission. Des rumeurs ont également circulé sur sa non-participation pour ce second épisode. Cela va d'un simple refus de l'acteur jusqu'à dire qu'il était mentalement instable. L'autre acteur ou du moins actrice remplacée, c'est l'interprète de Jennifer Parker, Claudia Wells. Elizabeth Shue reprend le rôle pour les deux derniers opus. Heureusement, le duo Fox - Lloyd est toujours présent et fonctionne encore comme il se doit. On notera aussi la première apparition de Elijah Wood au cinéma.
Encore une fois des références parsèment le film, comme pour le précédent. A Steven Spielberg encore et plus particulièrement au film Les dents de la mer. On y parle même d'un Jaws 19. Rien que ça. Quelques éléments ramènent aussi à Qui veut la peau de Roger Rabbit? L'acteur jouant la voix du lapin obtient un rôle, on y voit une peluche, le tunnel de Toon Town...
Enfin, on ne m'ôtera pas de l'idée que cette suite reste assez facile, quand on reprend les gags du premier et qu'on innove assez peu. D'autant que les incohérences tant dans certaines scènes que dans l'histoire elle-même ne font qu'augmenter.
Bref, ça n'a pas empêché l'oeuvre de connaître un énorme succès. Mais qui en doutait? Le troisième opus sortira quelques mois plus tard. Avec un changement de décor total qui laisse à penser une conclusion bien meilleure que cette suite...
Note: 3/5
PS: bonne année 2009 à toutes et tous!
27 décembre 2008
Retour vers le futur (Back to the future)
De: Robert Zemeckis
Avec: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover, Thomas F. Wilson, Claudia Wells, Marc McClure, Wendie Jo Sperber, George DiCenzo, Frances Lee McCain, Jason Hervey,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1985
Synopsis
Nous sommes en 1985 mais pas pour longtemps. Car l'adolescent Marty McFly est sur le point d'être catapulté en 1955 à bord de la DeLorean, qui fonctionne au plutonium, créée par le génie excentrique Doc Emmett Brown. Mais lorsque Marty empêche accidentellement ses futurs parents de tomber amoureux, il déclenche une réaction en chaîne qui bouleverse le temps et qui risque de vaporiser son avenir - et de le piéger dans le passé! Maintenant, le dernier espoir de Marty est de changer le cours de l'histoire avant que le temps ne l'empêche lui-même de retourner vers le futur!
Avis
S'il y a bien un classique du divertissement grand public, c'est la trilogie Retour vers le futur. Pourtant, cela faisait un bout de temps que je n'avais pas revu le premier opus. D'ailleurs, je sais pertinemment bien que je n'avais jamais vu la trilogie que jusqu'à ce jour. Le problème est donc réglé à partir de maintenant.
Qu'y-a-t-il d'intéressant dans ce film, qui lui a permis d'atteindre ce statut de culte?
Tout d'abord, il faut bien avouer que le duo de comédiens, Michael J. Fox et Christopher Lloyd marche à merveille. Le premier parce qu'il joue un ado bien sympathique, normal et dont les aventures vont le propulser d'être absolument normal en un affreux veinard. Le second, quant à lui, joue le rôle du professeur totalement déjanté. Bref, le mélange des deux personnages est rempli à merveille car, bien que différents, ils sont complémentaires. Personnellement, quand je vois Fox dans des films, je ne peux oublier ce qu'il est devenu maintenant. L'acteur souffre de la maladie de Parkinson. Je me rappelle l'avoir vu il y a deux ans environ sur CNN et souffrir de cette pathologie, ce n'est vraiment pas de la rigolade...
Dans ce premier opus, l'humour est très présent. Il faut bien avouer qu'on sourit souvent et que quelques fois le rire nous prend. Les quipropos, les situations et les moments drôles sont présents. On retiendra le nom de Marty McFly en 1955 qui passe à celui de Calvin Klein à cause de ses sous-vêtements (à l'époque, la marque n'était pas très connue, dans la version française, il se prénomme Pierre Cardin)... Vous l'avez compris, on a droit à ce genre de situations assez souvent et pour notre plus grand plaisir.
Retour vers le futur multiplie énormément de références. Le début de l'oeuvre est un hommage à La machine à explorer le temps de Georges Pal, film réalisé en 1960 et qui commence de la même manière. Des références à Spielberg sont également présentes. Le metteur en scène de E.T. est le producteur de la saga. Sur le cinéma de la ville, on retrouve le titre de travail de E.T. qui est A boy's life et le titre original de Rencontres du troisième type, Watch the skies... Autre hasard, Marty est le nom d'un film de Delbert Mann réalisé en... 1955. Cette oeuvre remportera quatre Oscars l'année suivante. Le chanteur Huey Lewis interprète le rôle d'un juge lors d'un concours de musique auquel Marty McFly prend part. La chanson jouée par le personnage de Fox est un des tubes de Lewis. Ce dernier trouvera la musique... assourdissante. Encore un petit pour la route? Lorsque Doc se retrouve accroché aux aiguilles de l'horloge de la ville, Zemeckis et sa bande nous renvoient au film muet Monte là-dessus avec Harold Loyd où ce dernier se retrouve dans la même position... Une photo de cette même oeuvre se retrouve dans le générique final de Retour vers le futur. Et il y en a encore tant d'autres comme par exemple les destins qui se retrouvent modifiés après le passage de Marty en 1955...
Ce premier opus de la saga est une franche réussite. Certes, il est composé de quelques défauts et notamment des problèmes dans le script. Mais honnêtement, ce n'est rien en comparaison des grosses incohérences qui se situeront dans le second Retour vers le futur. Mais pour le premier, fous rires et bons moments sont garantis...
Note: 4/5
24 octobre 2008
New-York 1997 (Escape from New York)
De: John Carpenter
Avec: Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hunley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins, Charles Cyphers, Joe Unger,...
Pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Année: 1981
Synopsis
En 1997, Manhattan est devenu la plus grande prison du monde, où vivent, en micro-société, près de trois millions d'individus. Une incessante surveillance électronique interdit à quiconque de s'avader: les ponts reliant Manhattan au reste de la ville ont été minés. A la suite d'un attentat, l'avion du Président des Etats-Unis se crashe dans le pénitencier. Installé dans une capsule indestructible, le Président, porteur d'une cassette importante pour l'avenir du monde, échappe à la catastrophe. Il est pris en otage par les détenus. Snake Plissken, dangereux criminel, dispose de vingt-quatre heures pour ramener le Président, en échange de quoi il sera libre. Dans le cas contraire, les modules qui lui ont été implantés dans le crâne exploseront...
Avis
Autre film culte de Carpenter que ce Escape from New York. Le metteur en scène s'attaque cette fois-ci à une oeuvre de science-fiction, teintée d'anticipation et d'un bout de thriller. Il en a écrit le scénario mais compose également la musique. Cette dernière est, avouons-le, très réussie. Bref, l'homme s'essaie à tout et il ne lui manque plus que le premier rôle pour qu'il occupe chaque poste-clé. Non, pour cela, il laisse un de ses acteurs fétiches s'en charger, à savoir Kurt Russell.
La particularité du rôle de ce dernier réside dans le fait qu'il est un anti-héros parfait. Russell ou du moins son personnage de Snake Plissken (doit-on y voir dans le prénom un précepte de ce que sera Solid Snake du jeu de Metal Gear Solid?) est un brave garçon qui doit finir sa vie dans la prison géante qu'est devenue New-York.
Mais ce serait bien trop simple que de le voir s'évader. Il faut donc ajouter un peu de mordant à tout cela. Et pourquoi ne faudrait-il pas sauver le président des USA d'un petit fêlé qui a profité du crash de son avion pour en faire son otage? C'est alors qu'un marché va être proposé à Snake: sauver le président et gagner sa liberté. Il a pour cela 24H sinon il mourra. Comme on le constate, l'oeuvre est bien ficelée. On a droit à un scénario qui ne laisse pour ainsi dire aucun temps mort. Et puis il faut bien avouer que notre ami Russell est parfait dans son rôle d'anti-héros. Il est pour cela accompagné d'un acteur que j'adore: Lee van Cleef. Dire que ce dernier m'a toujours plu dans les western de Leone est bien faible. Le voir toucher à un autre genre me ravit. Il est en plus efficace tout comme Ernest Borgnine qu'on ne doit plus présenter non plus. C'est dans l'ensembe un casting assez relevé si on prend en compte également la présence de Donald Pleasence. Certains se plaindront d'un univers un peu machiste mais il faut quand même savoir que New-York est essentiellement composé de détenus masculins.
La situation est d'ailleurs cocasse. Qui aurait pu imaginer de voir l'ensemble de Manhattan devenir une prison géante où les détenus y feraient la loi mais où les tentatives d'évasion se terminent toujours par la mort.
Honnêtement, Carpenter signe un film réussi. Excellent divertissement, celui-ci plaira à un large public qui sera séduit par sa noirceur (Chaque personnage possède un côté sombre, ne fut-ce que par leur présence dans la prison géante. De plus, l'oeuvre se déroule essentiellement la nuit). Encore une fois, Carpenter démontre qu'il possède du talent. Il faut bien lui laisser cette qualité au vu de sa filmographie plus qu'honnête...
Note: 4/5
18 octobre 2008
La chose (The thing)
De: John Carpenter
Avec: Kurt Russell, T.K. Carter, Wilford Brimley, David Clennon, Keith David, Richard Dysart, Charles Hallahan, Richard Masur, Donald Moffat,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 1982
Synopsis
L'action se déroule en hiver dans une station de recherche en Antarctique. Une équipe de douze chercheurs decouvre un être extraordinaire qui, tombé du ciel, est resté 100.000 ans enterré sous la neige. Bientôt décongelé et lâché dans la nature, "Le chose" provoque des catastrophes et sème la panique en changeant de forme et en s'intégrant à l'équipe des chercheurs.
Avis
A moins d'avoir été plongé dans un coma profond pendant plus de trente ans, si vous vous intéressez un minimum au cinéma, vous avez déjà entendu au moins une fois le nom de John Carpenter. Cinéaste sympathique, ayant fait du film d'horreur son genre de prédilection, il y écrira toutes ses lettres de noblesses, signant quelques oeuvres cultes. Hors, The thing fait partie de celles-là.
Pour rappel, c'est l'histoire de douze types qui vont se trouver nez à nez face à une créature venues d'ailleurs, capable de prendre possession de certains corps et qui n'a qu'une envie, c'est de vous faire rejoindre vos aïeuls dans de joyeuses souffrances.
L'avantage avec Carpenter, c'est que même avec un budget peu conséquent, il est capable de vous réaliser des films de très haut niveau. Ici, on se retrouve dans une sorte de film à la Alien, mais sur Terre. On est également dans un endroit assez réduit (une base en Antarctique), le monstre se cache bien, on a un groupe de héros, le monstre vient d'une autre planète, etc. Quelques similitudes donc mais Carpenter y ajoutte sa patte personnelle of course. Ainsi, le personnage principal se voit accusé d'être possédé par la chose et d'être au fond lui-même traqué par ses compagnons. De plus, Carpenter est en mesure de nous offrir des moments cultes. Qui ne se souvient pas de ce passage du type en flammes ? Que dire encore de la scène avec les chiens au début qui est assez prenante. Sans oublier le début de cette oeuvre où deux types qui semblent être devenus fous tendent d'abattre désespérément un chien (pas n'importe lequel bien sûr). Par ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, Carpenter, c'est loin d'être un incompétent. Il est capable de vous foutre la pétoche avec peu de moyens ou de tout simplement faire monter la pression avec des petites choses. C'est quand même une des spécialités du monsieur, le film d'horreur même s'il s'est essayé à des genres comme la science-fiction.
Et puis, il faut quand même bien avouer que Kurt Russell dans ce genre, ça a quand même de la gueule. Si on ne le voit pas du tout jouer dans une comédie romantique, il faut bien avouer que cet acteur assure pour ce type de films. Il a une sacrée gueule, un charisme indéniable et il porte en partie le film sur ses épaules. Car il faut reconnaître qu'il est bien secondé par des acteurs inconnus en majeur partie. On signalera aussi que la musique a été signée par Ennio Morricone. S'il ne s'agit pas de la meilleure composition de l'artiste, il n'en demeure pas moins assez inspiré.
A titre personnel, La chose apparaît pour moi comme étant un bon film. Ce n'est pas le meilleur du genre mais il est assez bon que pour passer à travers les âges sans problèmes. De plus, il possède d'indéniables qualités qui lui ont permis de devenir culte. Et puis un bon petit film d'horreur, ça n'a jamais tué personne...
Note: 3.5/5
29 septembre 2008
Requiem pour un massacre (Idi i smotri)
De: Elem Klimov
Avec: Alexei Kravtchenko, Olga Mironova, Luibomiras Laucevitchuis, Victor Lorentz, Vladas Bagdonas,...
Pays: Ex-URSS ![]()
Année: 1984
Synopsis
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Fliora, jeune garçon d'un village de Biélorussie occupé par les troupes nazies, s'engage, bien que trop jeune, chez les partisans. Il va découvrir l'amour, la souffrance, la guerre...
Avis
Il existe malheureusement des films qui demeurent totalement inconnus du grand public. Pourquoi? Tout simplement parce que ceux-ci ne viennent pas de pays où le cinéma nous atteint plus aisément, que l'oeuvre est destinée à un public plus restreint à cause de cela ou parfois plus incroyable encore pour l'oeuvre de Klimov de figurer parmi les films qui sont... pro-nazis!
A la base, Idi i smotri (Come and See en anglais ou Va et regarde en français), devait s'intituler Tuez Hitler! Mais beaucoup avaient jugé le titre trop osé, trop provocateur. Elem Klimov dira pourtant qu'il ne fallait pas le prendre au premier degré, au sens propre. Mais qu'il fallait aller beaucoup plus loin, que ce titre devait servir à tuer la bête qui se trouve en chacun de nous. Idi i smotri vient quant à lui de la Bible. Une façon parfaite de résumer l'oeuvre du cinéaste russe, qui invite à la fois le spectateur à plonger dans la barbarie de la guerre tout comme il invite son jeune héros à suivre le même périple.
Entièrement tourné à la steadycam, Requiem pour un massacre est une oeuvre formidable par ses prouesses techniques. Il faut tout d'abord évoquer le réalisme que nous offre les rares moments de combats de ce film de guerre, qui s'attarde bien plus sur les dommages moraux et l'horreur qu'il produit qu'à nous montrer de sanguinolantes scènes de batailles. Explosions réalistes, échanges de tirs réalistes, bourdonnement ou sifflement après un bombardement, mort réaliste (une vache se fera réellement abattre pour les soins de Klimov), tirs à balles réelles,... Bref, jamais la guerre n'avait été retranscrite de cette manière au cinéma. On obtient également des plans d'une maîtrise rare. De longs plans-séquences sont ainsi mis en boîte par le metteur en scène. Et puis que dire de l'horreur elle-même. Les villageois massacrés, les filles violées,... Klimov parle d'une chose assez ignorée dans nos contrées. Lorsque les Nazis ont du battre en retraite face à l'Union soviétique, ils n'abandonnèrent pas gentiment les villages qui se trouvaient sur leurs passages. Un peu plus de 650 villages seront pillés. Le sort réservé aux habitants de ceux-ci y était terrible...
Fort heureusement, Klimov se garde bien de nous montrer crûment l'horreur. Il y inscrit une certaine forme de distanciation. Jamais le massacre ou la souffrance n'est vraiment montrée. Quand Fliora retourne dans son village avec Gracha. Le premier ne voit pas ses soeurs décédées. Elles sont transformées par des poupées où les mouches tournent. Pourtant Gracha les voit. Elle en vient à en vomir. Furtivement, on apercevra des dizaines, des centaines de cadavres contre un mur via les yeux déboussolés de la jeune fille. Un massacre encore. Une scène d'anthologie qui nous rappelle Le vieux fusil avec Philippe Noiret et Romy Schneider. Des villageois enfermés dans une église. Un allemand qui hurle que les gens seuls et sans enfants peuvent sortir. Un monstre est scandé par une femme. Fliora sort. Une fille suit avec un gosse. Le gosse est rejeté dans l'église comme on jette une conserve. Ensuite, l'extermination commence. Cocktails molotov, grenade, motos lances-flammes, mitraillettes, mitrailleuses. L'église flambe. On entend des cris. On ne verra rien de la souffrance des gens. On la devine. On en a le souffle coupé. Quinze minutes avant, les villageois étaient emmenés au son d'une musique qui rappelle Kusturica. Une scène surréaliste. L'horreur atteint son paroxysme lorsque la jeune fille revient. Les jambes ensanglantées. Violée. Encore une fois, on n'aura rien vu de l'horreur. On la devine, on la constate. Un Fliora qui va alors cesser de croire en l'espèce humaine, en l'amour.
Il existe pourtant de rares moments d'une poésie et d'une beauté remarquable. Au début, lorsque Fliora et Gracha prennent une douche avec l'eau qui tombe des arbres. Une ambiance qui n'est pas sans rappeler Tarkovski. Mais la beauté est rare dans cette oeuvre. La guerre commence comme étant un jeu d'enfant. Elle va vite se transformer en une réalité atroce pour Fliora. Chaque événement important dans sa perte de l'innocence est accompagnée par un autre: à savoir le passage d'un avion de reconnaissance allemand. Et que dire également de cette fin remarquable? Fliora pointe son fusil vers un cadre du Führer. Il tire. A partir de ce moment-là, via des images d'archives Klimov part des camps d'extermination des Juifs et remonte jusqu'à une photo de famille d'Adolf Hitler, jeune bébé alors. Fliora retrouve alors ses compagnons d'armes, il rejoint le rang. Il n'est plus un enfant mais bel et bien un adulte. Une machine qui tuera probablement aussi.
L'acteur jouant le rôle de Fliora s'appelle Alexei Kravtchenko. Il est tout simplement remarquable et on constate au fur et à mesure les stigmates de la guerre qui s'inscrit sur son visage. D'un visage d'enfant du début, il possèdera un visage marqué, ridé sur la fin. L'acteur sera d'ailleurs suivi psychologiquement sur le tournage. Celui-ci s'avèrera très éprouvant pour le jeune garçon. Un enfant qui découvre l'amour, la joie et qui possède encore toute son innocence au début de l'oeuvre pour tout perdre par après. Pour ne plus croire en l'espèce humaine.
Requiem pour un massacre est un film difficile, dur. Emouvant aussi. La guerre a rarement été montrée de cette manière au cinéma. Et l'oeuvre de Klimov s'inscrit d'emblée comme étant l'une des meilleures du genre. Probablement même du septième art tout court. Rares sont les films comme celui-là. Ce film est un peu l'équivalent de ce que Coppola a fait sur la guerre du Vietnam. Immanquable donc...
Note: 5/5