12 juillet 2008
Asterix & Obelix: Mission Cléopâtre
De: Alain Chabat
Avec: Christian Clavier, Gerard Depardieu, Jamel Debbouze, Alain Chabat, Monica Bellucci, Claude Rich, Gérard Darmon, Edouard Baer, Dieudonné, Isabelle Nanty, Jean Benguigui, Marina Foïs, Edouard Montoute,...
Pays: France 
Année: 2001
Synopsis
Jules César défie Cléopâtre de construire un palais en trois mois. Conscient du défi, l'architecte Numérobis court chercher ses amis Panoramix, Astérix et Obélix. De son côté, Amonbofis, jaloux de ne pas avoir été choisi, veut absolument faire échouer son concurrent !
Avis
Probablement la meilleure comédie française depuis un bon bout de temps et Le dîner de cons que cet Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre. De plus, il s'agit aussi de l'adaptation la plus réussie du célèbre petit gaulois. Tant mieux pour nous, fans de cinéma et d'Astérix.
Aux commandes, Alain Chabat qui sait s'y prendre pour faire rire le public.
Premièrement, Chabat dispose d'un casting assez démentiel: Clavier, Depardieu, Bellucci, Jamel Debbouze, Gerard Darmon, Edouard Baer, etc. De plus Chabat s'octroie le rôle de César, l'empereur dirige aussi bien les Romains (face caméra) que les comédiens. Au final, tous s'en sortent de manière exemplaire.
Deuxièmement, au niveau des moyens, il n'a manqué de rien. Jugez plutôt: 500 ouvriers pour construire les décors au Maroc, 2000 figurants, plus de 11 kilomètres de tissus pour la confection des costumes, 5000 sandales, une douzaine de perruques pour Bellucci, 1500 autres pour les figurants,... Durant le tournage (au Maroc, à Malte pour les scènes aquatiques et à Epinay pour les scènes en studio), Chabat et les siens subiront deux tempêtes de sable. A l'époque, le film bat le record du plus gros budget pour un film français puisqu'il s'élève à 50,3 millions d'Euros (en effet, le troisième volet des aventures d'Asterix au cinéma coûtera la bagatelle de... 70.000.000 d'Euros !!!). Asterix et Obelix: Mission Cléopâtre fera en France plus de quatorze millions d'entrées.
Niveau humour, ça part de partout. On est quasiment à du gag à la minute et ça part avec des références à la BD et à l'imagination débordante pour trouver des noms de personnages qui n'y figurent pas (par exemple, Itinéris), à la chanson française (Barracuda et Alexandrie), au cinéma en général (Star Wars comme exemple où Dieudonné se prend pour le Dark Vador de la légion romaine), la peinture (le radeau de la méduse de Géricault imité ici par les pirates), les jeux de mots en tout genre,... Bref, on en a pour son argent et ça fait plaisir. Evidemment, il faut bien avouer que quand on sert un peu de gags, il y en a bien un ou deux qui se trouvent être un peu plus légers voire un peu trop longuets. Mais rassurez-vous, ils entâchent à peine la qualité de l'oeuvre de Chabat. Mais là où le cinéaste français a peut -être le mieux réussi son coup, c'est qu'il est parvenu à être fidèle à la BD. On y retrouve l'histoire dans ses grandes lignes mais également dans les plus légères. Evidemment, mettre sur pellicule une oeuvre qui ne fait qu'une quarantaine de pages, il fallait bien inventer des choses sur le côté. Et là aussi, comme vous avez pu le lire précédemment, le cinéaste français l'a très bien fait. Seuls quelques farces sont manquées (à titre personnel, j'ai trouvé certaines de Jamel un peu ennuyantes comparée aux autres. Mais j'ai adoré son combat final contre Darmon).
Comme toujours dans les comédies de toute façon, il faut accrocher à l'humour que le cinéaste propose. Si vous adhérez, vous aimerez, sinon, passez votre chemin.
Quoi qu'il en soit, il est très difficile dans le cas de cette comédie de ne pas adhérer à au moins quelques gags. Chabat y a mis tous les moyens nécessaires pour réussir cette adaptation d'Asterix. Le succès a d'ailleurs été au rendez-vous et il sera très très très compliqué de réussir un meilleur volet du célèbre gaulois que celui mis en scène par Alain Chabat... Pour preuve, le troisième opus n'a pas convaincu grand monde...
Note: 4.5/5
02 juillet 2008
Les autres (The others)
De: Alejandro Amenabar
Avec: Nicole Kidman, Fionnula Flanagan, Christopher Eccleston, Alakina Mahn, James Bentley, Eric Sykes, Leane Cassidy, Renee Asherson,...
Pays: Espagne 
Année: 2001
Synopsis
Dans les années 40, alors que son mari est parti à la guerre, Grace, une jeune femme pieuse, élève seule ses enfants. Ils vivent dans un manoir isolé sur l'île de Jersey. Atteints d'un mal étrange, ceux-ci sont obligés de ne plus être en contact avec la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans cette demeure où sont instituées des règles étranges et impératives.
Grâce fait alors appel à quelques serviteurs pour l'aider dans l'accomplissement de sa tâche. Avec ces nouveaux venus, certaines de ces règles insolites vont être bafouées. Les choses vont alors prendre une tournure pour le moins inattendue.
Avis
Alejandro Amenabar fait partie de ces jeunes réalisateurs, qui d'emblée, ont su imposé leur nom dans le monde du septième art. Avec des oeuvres comme Tesis ou Ouvre les yeux (remaké par Cameron Crowe), il a su donner un tout autre souffle au cinéma espagnol dominé depuis quelques temps par le metteur en scène de Volver ou de Tout sur ma mère, Pedro Almodovar.
Les autres se démarque toutefois du reste de la filmographie d'Amenabar. En effet, il a pour la première fois un casting qui n'est pas composé par des interprètes espagnols, ce qui a contribué à le rendre un peu plus connu du grand public. Il faut dire qu'à l'affiche, on retrouve l'actrice Nicole Kidman, dont le seul nom parvient à attirer les personnes au cinéma. De quoi fameusement aider Amenabar et son oeuvre, à connaître un succès qui n'est de toute façon plus que mérité. De plus, l'oeuvre est produite par Cruise (qui a été l'acteur princpal dans le remake d'Ouvre les yeux, a produit ce film et a proposé Kidman comme actrice). Amenabar a accepté et il n'en a jamais regretté son choix puisqu'il ne voit finalement personne d'autre maintenant qui aurait pu interpréter Grace. De plus, l'actrice reste l'une de ses meilleures expériences de tournage, Amenabar étant totalement séduit par son professionnalisme.
Mais il faut bien avouer que c'est, dans ce cas-ci, l'ensemble du casting qui est tout bonnement impressionnant. A commencer par les deux enfants, parfaits dans leur rôle de frères et soeurs malades, ne supportant pas le soleil. Mais au fond, que dire des trois servants, eux aussi excellents et mystérieux dans leur rôles. Grâce à leur personnage, à leur jeu, on ne sait s'ils sont bons ou mauvais et si leurs intentions sont positives ou non. Bref, de ce côté-là, aucune inquiétude à avoir, Amenabar s'est parfaitement entouré donc.
Côté mise en scène, l'espagnol est également très doué. On constate qu'il a d'emblée réussit à instaurer une ambiance très spéciale, un univers où l'on se rend directement compte que les gens de ce manoir vivent reclus sur eux-mêmes. Amenabar, de plus, introduit énormément de moments de silence, sans musique, sans paroles, qui viennent rajouter un côté encore plus inquiétant, anormal à cette famille vivant dans cette grande maison. De plus, et preuve du talent d'Amenabar, il signe lui-même la musique de son film, qu'il faut bien avouer est assez réussie (tout comme Les autres d'ailleurs!).
Enfin, on le retrouve aussi à l'écriture du scénario. Intelligent, prenant, laissant des indices au fur et à mesure de l'avancement du film, Amenabar est également doué pour ce rôle. Cependant, on pourrait dire que le metteur en scène espagnol laisse un peu trop d'indices et de ce fait, gâche un peu le twist final qu'il veu montrer sur la fin. Personnellement, je préfère rester gentil car Amenabar a réellement travaillé son oeuvre sérieusement et propose un film de qualité. De plus, c'est plus des doutes qui nous submergent plutôt que des certitudes, et toujours à titre personnel, j'ai quand même été surpris par la fin.
On peut, à mon sens, réellement parler de grand film avec Les autres. Amenabar maîtrisant son film parfaitement et les acteurs étant également très bons, on peut dire que l'espagnol risque de faire partie des grands metteurs en scène du septième art si l'ensemble de ses oeuvres gardent un niveau comparable...
Note: 5/5
29 juin 2008
Dark Water (Honogurai mizu no soko kara)
De: Hideo Nakata
Avec: Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Mirei Oguchi, Azami Mizukawa,...
Pays: Japon 
Année: 2002
Synopsis
Récemment divorcée, Yoshimi Matsubara décide d'emménager dans un nouvel appartement avec sa fille de 6 ans. Alors que son mari s'acharne à récupérer la garde de leur fille, Yoshimi perd progressivement pied dans un immeuble qui se révèle être insalubre mais qui devient surtout le théâtre d'événements étranges et effrayants.
Avis
Hideo Nakata est tout de même un réalisateur trop souvent oublié. S'il a fait un petit détour par les Etats-Unis pour signer le remake de Ring 2, ce qui lui a permet de se faire connaître par un plus large public, il a évidemment écrit ses lettres de noblesse dans son pays natal, le Japon, en réalisant tout d'abord Ring, véritable phénomène de mode, mais surtout Dark Water, chef-d'oeuvre du film d'horreur que l'on pourrait qualifier d'intelligent...
Tout d'abord, il faut bien avouer que l'histoire est savamment construite. L'ambiance qui se dégage de ce film l'est tout autant. On est un cran au-dessus que pour Ring. Primo, la tension s'accentue au fur et à mesure. Secundo, si l'oeuvre ne fait jamais vraiment peur, elle parvient à introduire un suspens très intéressant, très prenant et au moyen de plusieurs indices comme le sac rouge ou la petite fille aux longs cheveux noirs habillée d'un manteau jaune (encore une fois, il faut rappeler que la fille aux longs cheveux noirs est véritablement synonyme d'horreur au Japon et effraie les plus jeunes au pays du Soleil Levant). Tertio, la fin de Dark Water est tout bonnement incroyable, pas réellement un revirement ou quelque chose dans ce genre-là mais une clôture assez différente de ce que l'on connaît. Expliquons-nous (spoiler): on voit ce qu'on croit être la fille de Yoshimi dans l'ascenceur. Ensuite, au fond du couloir, on voit la fille de Yoshimi qui sort de l'appartement. La mère se rend alors compte que ce qu'elle tient dans ses bras n'est pas sa fille mais bel et bien le fantôme. Yoshimi choisit alors de se sacrifier, ce qui implique deux choses importantes: de cette façon et en acceptant d'accompagner le fantôme dans une mort certaine, elle sauve sa fille. Le fantôme recherchait une mère de substitution. Ensuite, et chose assez rare dans les films d'horreur ou d'épouvante de ce genre: on cherche des explications, on cherches des solutions mais on ne combat pas vraiment le fantôme. On n'essaie ici nullement de l'éliminer par la force ou par d'autres moyens. Puisqu'un spectre est quelque chose de déjà mort, et que dans le cas de celui-ci, il recherche activement à combler un désir de maternité, on est bien obligé de se sacrifier pour sauver ce qui peut l'être, et dans ce cas-ci, la fille de Yoshimi.
On constate aussi que l'eau est un thème récurrent chez Nakata puisque dans Ring, la fille était jetée dans un puits. Et puis contrairement, à ce dernier on assiste tout de même à une oeuvre nettement plus intelligente dans le sens om Nakata, à travers le personnage de Yoshimi, dépeint habilement les problèmes que connaît la société japonaise: divorce, difficultés à trouver de l'emploi, société où les gens sont véritablement reclus sur eux-mêmes (Yoshimi ne possède au fond aucun ami), système scolaire que l'on peut juger trop strict, etc.
On terminera par le jeu des acteurs, qui est tous très juste et on retiendra peut-être plus aisément celui de la petite fille puisqu'elle est bien malgré elle l'élément central de l'histoire. On ajoutera pour terminer que Kenji Kawai a encore signé une B.O. réussie et il prouve une fois encore qu'il est à compter parmi les meilleurs compositeurs dans le monde.
On est donc bien loin du remake raté, signé Salles, et qui prouve que ce Dark Water a lui aussi connu un succès au Japon. Assez logique car on est clairement devant un film qui assume à la fois un côté de divertissement pur (l'histoire d'horreur), et à la fois un statut d'oeuvre intelligente (dénonciation de certaines carences de la société nippone). On peut clairement dire que Dark Water est un chef-d'oeuvre et que s'il y a bien un film à retenir dans la carrière de Nakata, c'est celui-ci...
Note: 5/5
26 juin 2008
Sunshine
De: Danny Boyle
Avec: Rose Byrne, Cliff Curtis, Chris Evans, Cillian Murphy, Troy Garity, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong, Michelle Yeoh,...
Pays: Grande-Bretagne 
Année: 2007
Synopsis
2057, le soleil se meurt. Son agonie menace l'humanité toute entière. Pour sauver la Terre, un équipage de six hommes et deux femmes embarquent sur le vaisseau spatial Icarus II. Leur mission: transporter une bombe stellaire et la faire exploser à l'intérieur de l'étoile afin de la faire revivre. Après avoir perdu tout contact avec la Terre, l'aventure angoissante commence...
Avis
Il faut bien avouer que Danny Boyle est un de ces réalisateurs qui possède une carrière en demi-teinte. Après un succès phénoménal (Trainspotting, véritable chef-d'oeuvre), le metteur en scène britannique a bien du mal à confirmer, signant même des films plutôt ratés (La plage, par exemple).
Cependant, reconnaissons toutefois que si Boyle loupe certains de ses films, c'est parce qu'il affiche une volonté de s'attaquer à plusieurs genre: entre le trip de drogués, l'un ou l'autre thriller, le film de zombies, on ne peut pas tout réussir. Il s'attaque cette fois-ci avec Sunshine au genre de la science-fiction. Comme toute étoile, notre soleil est condamné à mourir. Sauf que cette fois, ça arrive tout de même beaucoup plus tôt que prévu. Ca ne possède en rien quelque chose de réjouissant donc. Cependant, le film ne veut pas se contenter d'être une simple oeuvre de science-fiction. Sur la fin, Sunshine possède des caractéristiques d'un film d'horreur, et d'un thriller à la Alien ou ce dernier est remplacé par un homme se prenant pour Dieu et voulant tuer tous ceux qui veulent réactiver le soleil. En soi, ce n'est pas une si mauvaise idée que cela, mais Boyle ne maîtrise pas totalement son sujet. D'abord, le type survit à de multiples choses tels que des coups de scalpel ou à des bains solaires tellement prolongés que même un cance de la peau n'y survivrait pas... Soit, le scénario possède d'énormes aberrations et de choses non logiques. De plus, c'est assez cousu de fil blanc, on devine aisément la suite des événements. Enfin, soit, ça n'empêche qu'on regarde toutefois l'oeuvre, malgré son scénario assez léger.
Car sur le côté, Boyle a quand même quelques qualités: tout d'abord, il possède un casting international assez étoffé et rendant tout de même un peu plus crédible le voyage dans l'espace, comme ça se passe maintenant d'ailleurs. Ensuite, la plupart des acteurs sont corrects, avantage toutefois non négligeable. Avec une attention plus spéciale pour les comédiens asiatiques et notamment Michelle Yeoh. Ensuite, la photographie du film est assez réussie. On a droit à de très belles images "du soleil", mais également à des plans où il existe une sorte de pièce spéciale où chaque personnage peut créer l'environnement qu'il en a envie. Deux moments très réussis et notamment lors du suicide de l'un des héros de la navette. Enfin, il faut bien avouer que la musique du film, signée John Murphy, est assez réussie et prenante. D'ailleurs, il semble devenir le compositeur fétiche de Boyle puisqu'il a signé les Bandes Originales de Millions et de 28 jours plus tard.
On peut regretter, c'est aussi le fait que les personnage s'entretuent plutôt que s'entraident comme dans Alien. Il est clair que Boyle a voulu rendre une sorte de petit hommage à ce genre de films et notamment à 2001, l'odyssée de l'espace également puisque l'oeuvre possède un côté plus porté sur la donnée philosophique. Qui sommes-nous, au fond, pour pouvoir tenter de redonner vie à une étoile? Nous ne sommes que des être humains, la création doit reprendre ce qui lui appartient et libre à elle de faire mourir les choses. La mort ne fait-elle donc pas partie de la vie ? C'est également l'un des autres côtés positifs de l'oeuvre même si d'autres films sont nettement plus poussés en la matière.
Bref, à mon sens, Sunshine est une oeuvre qui se laisse regarder, en dépit des défauts que celle-ci possède. Il ne s'agit nullement du film le plus désastreux de Boyle mais on est à des millions d'années-lumières toutefois de ce qu'il a pu réaliser avec Trainspotting...
Note: 3.5/5
21 juin 2008
Ratatouille
De: Brad Bird
Avec les voix V.O. de: Lou Romano, Patton Oswalt, Janeane Garofalo, Brad Garrett, Peter Sohn, Brian Dennehy, Ian Holm, Peter O'Toole,...
Avec les voix V.F. de: Guillaume Lebon, Thierry Ragueneau, Camille, Jean-Pierre Marielle, Pierre François Martin-Laval, Michel Dodane, Julien Kramer,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2007
Synopsis
Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l'opposition de sa famille, ni le fait d'être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine... et le fait d'habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l'occasion! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s'aventurer dans cet univers interdit.
Avis
Un Pixar, c'est comme le vin. Chaque année, on s'attend à un grand cru. De temps en temps, il subsiste des déceptions et on se dit que ce n'est pas une bonne année. La cuvée 2007 présentée par Brad Bird est fort heureusement, l'une des meilleures que la société d'animation nous ait présentée depuis son existence.
Les raisons sont multiples: une fois encore l'inventivité et l'imagination débordante de Pixar font mouche. D'un point de vue visuel, il faut bien avouer que ça en jette un max. Les décors sont très réussis, la fluidité des scènes l'est tout autant. Ensuite, l'histoire ne connaît aucun temps mort. On ne s'ennuie pas une seule seconde. Voilà comment on pourrait résumer Ratatouille en deux ou trois phrases. Cependant, l'oeuvre mérite un avis un peu plus long.
Revenons à l'aspect visuel et les dessins. Le film est réalisé par Brad Bird, qui est loin d'être un inconnu dans le monde des dessins animés et de l'animation: pour Pixar, il a déjà mis en scène Les indestructibles, loin d'être le plus mauvais de la société mais pas pour autant le meilleur. Ensuite, il n'est autre que le créateur du film Le géant de fer. Et si mes souvenirs sont bons, il fait également partie des metteurs en scène de la série Les Simpson. Bref, le monsieur est loin d'être un jeune premier. Et comme-ci ça ne lui suffisait pas, il est en train de réaliser son premier film "live", 1906, qui évoquera le tremblement de terre qui a secoué la Californie cette même année. Revenons toutefois à l'animation qui est ici parfaite pour Ratatouille. On a droit à d'excellentes scènes et à des plans-séquences parfois longs, qui demeurent assez impressionnants. Et puis, les dessins en viennent à émerveiller le plus adulte d'entre nous.
Niveau du choix du personnage, choisir un rat était tout de même un pari si pas risqué, il faut bien dire osé, étant donné la mauvaise réputation qu'on donne à cet animal. Ainsi, les créateurs ont encore fait des recherches et n'ont par exemple pas omis de signaler que les rats demeurent des animaux assez propres, en dépit des endroits sales dans lesquels ils ont l'habitude de pulluler. En effet, ce sont des animaux qui ont l'habitude de faire leur toilette, de la même façon que les chats. Et puis, il faut bien avouer que Rémy est attachant. Tout comme son comparse humain. Ils sont complémentaires et honnêtement, c'est un duo qui fonctionne à merveille entre les gaffes de l'un et le génie culinaire de l'autre.
Ensuite, il faut bien avouer que d'un point de vue du script, et comme mentionné plus haut, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Il arrive toujours quelque chose à un de nos deux héros sans que ça ne fasse pour autant "too much". Et puis, il faut bien avouer que Paris est formidablement mis en image, sans clichés et évidemment, reconnaissons-le, le choix de la cuisine française n'est pas inopportun étant donné l'excellente renommée donc celle-ci fait preuve.
A titre personnel, je dois bien avouer que ça faisait longtemps qu'un film d'animation ne m'avait pas autant émerveillé, fait rire et détendu comme jamais. A mon sens, Brad Bird vient de signer l'un des meilleurs Pixar et reconnaissons-le, il s'agit d'un chef-d'oeuvre de l'animation... Quand je vous disais que 2007 était une excellente cuvée...
Note: 5/5
16 juin 2008
Battle Royale 2 Requiem (Batoru rowaiaru II: rekuiemu)
De: Kinji et Kenta Fukasaku
Avec: Tatsuya Fujiwara, Ai Maeda, Shugo Oshinari, Ayana Sakai, Riki Takeuchi, Aki Maeda, Haruka Suenaga, Matsuki Kato, Sonny Chiba, Takeshi Kitano,...
Pays: Japon 
Année: 2002
Synopsis
Trois ans se sont écoulés depuis Battle Royale, un jeu de la mort organisé par le gouvernement japonais pour mater une jeunesse de plus en plus turbulente. Aujourd'hui, la situation est plus grave encore car un groupe terroriste constitué de mineurs, les Wild Seven, multiplie les attentats. Une seule solution: Battle Royale 2.
Avis
Suite du génialissime Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem avait été commencé par Kinji Fukasaku et achevé majoritairement par son fils Kenta, suite au décès du premier.
Si le premier critiquait clairement la société japonaise, le second s'attaque cette fois-ci à la politique externe des Etats-Unis. Il faut aussi dire que cette suite s'inscrit après les attentats du 11 septembre et l'invasion de l'Afghanistan par les Américains. L'oeuvre veut défendre ces peuples opprimés, attaqués par la toute-puissance occidentale. Cependant, elle le fait trop naïvement et son discours anti-américain est bien trop manichéen. Seule l'idée pouvait être correcte. Cette suite ne parvient pas à faire oublier Battle Royale, et est pas conséquent, bien trop faible.
De plus, on a l'impression que le réalisateur a voulu concrétiser un rêve de gosse, une lubie un peu ridicule qui est de voir les enfants combattre les injustices des adultes. Ca fait un peu niaiseux. Voire même totalement stupide puisque ces enfants sont de toute façon condamnés à devenir des adultes (heureusement, Fukasaku souligne ce point). En bref, au niveau du scénario, certaines choses sont passables mais d'autres sont totalement ridicules. Plutôt moyen voire mauvais de ce côté-là.
D'un point de vue de la mise en scène, ça reste fort heureusement correct. Un gros point négatif toutefois est à signaler. Cette suite reprend tous les moments forts et les moments-clés du premier opus. Inutile de dire que pour cela, on aurait nettement préféré revoir Battle Royale plutôt que de découvrir cette suite assez moyenne. La scène du bus, l'explication du règlement, les colliers et l'élève qui meurt avant les autres (avec cependant une nouveauté assez sympathique),... Bref, tout ce qui a fait la renommée de Battle Royale est quelque peu copié ici. Dommage...
On peut aussi trouver que la scène de débarquement fait un peu trop copie de Il faut sauver le soldat Ryan, et que de temps en temps dans cette séquence, la caméra tremble trop au point même de déranger le spectateur.
Ensuite, les personnages. On retrouve les deux vainqueurs du précédent jeu, ou du moins qui ont réussi à survivre à l'enfer. Si Shuya est encore un des personnages-clés, sa compagne l'est nettement moins puisqu'elle apparaît seulement à la fin du film. Pour le reste, il s'agit de nouveaux acteurs. Et là, on peut regretter que tous ne soient des stéréotypes d'une jeunesse en mal de vivre, décadente ou tout simplement d'être pour la plupart de futurs voyous en puissance. Une seule sort du lot, c'est Ai Maeda, soeur de Aki Maeda et qui joue ici la fille de Kitano. Ce dernier qui apparaît d'ailleurs dans une excellente scène, remontant à lui tout seul quelque peu le film. Car il faut bien avouer que si Riki Takeuchi est un très chouette acteur, complètement déjanté et que ses rôles dans les Dead or Alive de Takashi Miike sont réussis, son personnage de professeur est tellement fou qu'on a l'impression qu'il en fait beaucoup trop. Et puis il contraste tellement par rapport au calme et à la maîtrise de soi de Kitano qu'il ne parvient pas à faire totalement oublier le génie d'acteur du dernier. Sinon, quand on a une vingtaine de personnages dont la moitié passent au moins cinq minutes à l'écran, il est normal de constater que certains se débrouillent beaucoup mieux que d'autres.
Au final, tout dans ce film est moyen. Voire très. Et on possède aussi l'impression que c'est le genre d'oeuvres que plus on regarde, plus on remarque les défauts et ça devient au fil du temps de plus en plus mauvais. Battle Royale 2 Requiem aura quand même réussi une chose: donner envie de revoir le formidable premier opus...
Note: 2.5/5
14 juin 2008
Minority Report
De: Steven Spielberg
Avec: Tom Cruise, Colin Farrell, Samantha Morton, Max von Sydow, Kathryn Morris, Peter Stormare, Blake Bashoff, Spencer Treat Clark, Joel Gretsch, Steve Harris, Patrick Kilpatrick, Daniel London, William Mapother, Lois Smith,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2002
Synopsis
Washington, 2054. La société du futur a éliminé le meurtre en se dotant du système de prévention/ détection/ répression le plus sophistiqué du monde. Mais quand l'ordinateur du département "Précrime" renvoie au chef John Anderton sa propre image, l'impensable se produit: d'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger... Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite...
Avis
S'il y a bien une oeuvre de Spielberg que l'on devrait retenir dans cette première décennie du 21ème siècle, ce serait Minority Report.
Il faut dire qu'on est dans une oeuvre clairement axée sur le grand public mais qui est loin d'être un simple film idiot. Au contraire, Spielberg nous sert du divertissement intelligent.
Basé sur un roman de Philip K. Dick, c'est Tom Cruise qui contacta Spielberg alors qu'il était sur le tournage de Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick pour savoir si le metteur en scène américain serait intéressé pour mettre en scène l'oeuvre de K. Dick. Bien sûr, Spielberg accepta et tant qu'on parle de Kubrick, on a toujours su que les deux hommes entretenaient de bonnes relations et on ne peut s'empêcher de penser que deux ou trois éléments ramènent à l'univers de Kubrick. Le plus marquant reste la scène où John Anderton décide de se faire placr des yeux d'un autre. L'outil qui lui sert à écarter et à maintenir les paupières ouvertes ressemblent étrangement à celui qui était utilisé dans Orange mécanique. Ce dernier film qui était lui-même basé sur un roman de Burgess. Il s'agit justement du nom d'un des personnages de ce Minority Report... Enfin, un gros plan sur une pupille renvoit directement à ce qu'on avait dans 2001, l'odyssée de l'espace.
Cette oeuvre s'inscrit également dans l'après 11 septembre. L'Amérique est sous tension, et des décisions gouvernementales permettent une surveillance plus accrue des citoyens pour déjouer les pièges terroristes. Même si ici, il ne s'agit pas de terrorisme mais bien de meurtre, Spielberg dénonce au fond cette surveillance exagérée qui entraîne au fond une perte de liberté. Et c'est également normal pour lui si le départment Précrime disparaît à la fin de l'oeuvre.
Il faut également avouer que Minority Report est très bien construit et n'a pas peur de prendre à contre-pied les spectateurs. Loin d'être avare en rebondissements, il réserve quelques surprises au public, qui risque cependant parfois de perdre pied et de ne plus trop savoir où il en est. Car il faut bien avouer que le film n'est pas toujours simple et que certains moments peuvent sembler assez flous aux yeux d'une majorité de téléspectateurs.
L'oeuvre est également assez noire à tous les niveaux. Spielberg utilise un ton assez granuleux, et on obtient également de très belles séquences lors des souvenirs du Précog, où nous sommes littéralement transportés dans la pupille de ce dernier. Si le film de Spielberg est extrêmement noir (société surveillée de partout, des publicités omniprésentes qui savent à qui elles s'adressent, Anderton et sa femme ayant perdus un enfant, Anderton poursuivi pour un crime qu'il n'a pas encore commis. Mais où commence la notion de crime. Quand l'acte est réalisé ou lorsque celui-ci est pensé ?), on retrouve toutefois le thème assez cher à Spielberg qui est le rôle de l'enfance dans ses films. Ici, il est loin d'être amusant, comme souvent notez où Elliott, par exemple, est un petit garçon qui vit assez mal le divorce de ses parents, qui est plutôt un enfant solitaire et qui plutôt sans compagnons de jeux. Dans le cas de Minority Report, on constate qu'Anderton a perdu son fils unique, enlevé par une personne à la piscine et plus que probablement assassiné. Et s'il s'est porté volontaire pour rejoindre la société Précrime, c'est pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise à nouveau.
Bref, on avait constaté que Spielberg prenait un nouveau tournant avec La liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan. Il faut bien lui reconnaître que pour ce Minority Report, c'est très réussi. Le metteur en scène allant jusqu'à appeler des spécialistes de toute sorte pour savoir à quoi pourrait ressembler la société du futur et ce de manière cohérente. Nul doute qu'on se trouve ici devant un film réussi...
Note: 4/5
01 juin 2008
Team America Police du monde (Team America: World Police)
De: Trey Parker
Avec les voix de: Trey Parker, Matt Stone, Phil Hendrie, Kristen Miller, Masasa,...
Pays: Etats-Unis 
Année: 2004
Synopsis
Team America est une unité d'élite qui se bat sous toutes les latitudes pour assurer notre sécurité. Apprenant qu'un dictateur mégalo s'apprête à livrer des armes de destruction massive à une organisation terroriste, le groupe se lance une fois de plus dans la bataille...
Avis
Ils sont drôles les Américains. Si si, et cette fois-ci dans le bon sens du terme. Rien de tel que de regarder une fois de temps en temps ce Team America Police du monde, véritable pamphlet contre une politique américaine qui se base bien plus sur l'action démesurée que sur la réflexion mais également une sévère critique à tous les détracteurs de cette même politique car ces derniers agissent bien plus par profit. Un des cas les plus particulièrement visé reste Michael Moore.
Et on peut vous dire que ça attaque pas mal. Il faut dire que derrière cette oeuvre, on retrouve Trey Parker mais aussi Matt Stone, tous deux créateurs de la série... South Park, et qui se faisaient déjà une joie d'attaquer leur bien chère société. Une fois encore, ils mettent le paquet et on peut vous dire qu'ils n'y vont pas avec la petite cuillère. D'un côté, on a les ardents défenseurs de la juste cause américaine, ceux qui se disent qu'il faut absolument intervenir de manière armée, partout, au nom de la liberté. Ainsi, plusieurs fois la Team America vient sauver le monde, et le fait de détruire le Louvre, la Tour Eiffel, les pyramides de Gizeh, etc. n'est pas grave, l'important c'est d'empêcher des attentats dans le monde toujours au nom de cette liberté. Et de l'autre côté, on a les ardent défenseurs à une politique de consensus, de discussion, etc. Ces personnes-là sont représentées par la Guilde des Acteurs avec en tête de ce groupe, le meilleur acteur du monde... Alec Baldwin. Et puis, il n'est pas seul, dans sa tâche, Sarandon, Samuel L. Jackson, Ethan Hawke ou encore Matt Damon (capable que de prononcer péniblement son nom) sont là pour l'aider. Et puis, on revient sur Moore, celui-ci est presque traité de communiste et ses actions sont tout aussi propagandistes que ce que fait le gouvernement américain de Bush.
Bush, et si c'est tout son système qui est critiqué, les auteurs ont décidé de ne pas le mettre à l'écran. Un choix au final assez judicieux car le film en aurait, au final, plus perdu au change à le montrer. De plus, on peut penser que pour Stone et Parker, il ne mérite même pas d'être montré à l'écran. On préfère pour cela se concentrer sur Kim Jong-Il, le président nord-coréen. Personnage très drôle au final.
D'ailleurs ils le sont tous puisque Parker et son comparse ont décidé de mettre à l'écran des... marionnettes. Procédé extrêmement rare dans le cinéma actuel. Ils auraient pu choisir le dessin animé mais ils ne l'ont pas fait. Encore une manière de ressortir du lot. Mais il faut aussi avouer que ca ajoute pas mal à la dérision. De voir toujours les fils qui font bouger les marionnettes reste assez risible. De plus, on a droit à quelques scènes assez détonnantes, notamment une relation sexuelle pas piquée des vers se terminant par une position en poirier. Bref, Stone et Parker osent vraiment tout. Même de critiquer Pearl Harbor, Michael Bay et Ben Affleck dans une chanson que l'on pourrait résumer à ceci: seul l'attaque dans le film est bien faite, Michael Bay a raté son film et Ben Affleck a besoin de cours de comédie. Tandis que Cuba Gooding Jr. mérite un plus grand rôle car il est évidemment meilleur qu'Affleck.
En bref, vous l'aviez compris, ce film est totalement irrévérencieux. Un chouette moment d'humour et de décalage dont le trash ne plaira pas à tout le monde (j'ai personnellement parfois eu du mal à rire à certains gags) tout comme le système des marionnettes. Qu'importe, derrière ses énormes conneries, Team America Police du monde cache un film beaucoup plus intelligent qu'il n'y parait.
Note: 3.5/5
29 mai 2008
Blueberry, l'expérience secrète
De: Jan Kounen
Avec: Vincent Cassel, Juliette Lewis, Michael Madsen, Temuera Morrison, Ernest Borgnine, Djimon Hounsou, Hugh O'Connor, Kestenbetsa, Vahina Giocante, Nichole Hiltz, Kateri Walker, Eddie Izzard, Tchéky Karyo,...
Pays: France 
Année: 2003
Synopsis
Mike Blueberry est un marshall d'une petite ville tranquille à la frontière des terres indiennes. Tout bascule le jour où un mystérieux tueur, Wally Blount, transforme la bourgade en brasier. Il est à la recherche d'un trésor indien situé dans les montagnes sacrées. Blueberry part à sa poursuite, aidé par Runi, un chamane indien avec qui il a grandi. Les deux homme doivent empêcher le tueur de pénétrer dans le sanctuaire. Mais là-bas, au coeur des montagnes sacrées, c'est aussi ses démons intérieurs que Blueberry devra combattre...
Avis
S'il y a bien un réalisateur qui s'est fait un nom d'entrée dans le cinéma européen, c'est Jan Kounen, metteur en scène néerlandais qui a bien vite émigré en France. Avec Dobermann, réunissant le couple Cassel - Bellucci à l'écran, il s'inscrivait d'emblée dans les cinéastes à suivre.
Quelques années plus tard, et après un lon périple en Amérique du Sud, où il s'intéresse énormément aux expériences vaudous, Kounen réalise un nouveau film. Il reprend de nouveau Vincent Cassel, qui interprétera le rôle de Blueberry, personnage issu de la bande dessinée et créé par Jean-Michel Charlier. Cependant, ayant eu l'occasion de feuilleter l'un ou l'autre album, on est quand même assez loin de l'esprit de la série, ou du moins beaucoup trop rarement, Kounen s'intéressant essentiellement aux expériences chamaniques (tiens, tiens!) et à la compréhension et à la révélation de soi qui passe surtout par un passage obligé dans les tréfonds de son âme, au risque de faire ressortir des douloureux souvenirs mais qui sont essentiels pour comprendre le monde et avant tout se comprendre.
Bref, Blueberry est surtout une franchise qu'on utilise plus comme excuse que comme réelle envie de mettre en scène le personnage de la bande dessinée sur grand écran. Toutefois, ils sont rares les noms de héros tels que Blueberry à avoir franchi le pas. Une adaptation très libre donc. On peut citer Astérix et Obélix, Lucky Luke et prochainement Tintin (mis en scène par Spielberg) comme autres grands personnages à avoir franchi le pas de la BD vers le cinéma.
Soit, on s'éloigne du sujet et retournons vers l'oeuvre de Koenen en elle-même. Tout d'abord, il faut signaler la photographie soignée dont Blueberry, l'expérience secrète fait preuve. Ensuite, la mise en scène de Kounen ne souffre d'aucun défaut. Même s'il faut avouer que beaucoup de plans ont dû être agencé et réalisé par ordinateur. Mais on a droit grâce à cela, à de formidables plans-séquences d'extérieur, notamment lorsque nous prenons la place de l'aigle royal. Finalement, Kounen revisite à lui tout seul le genre du western et lui donne un souffle tout autre, novateur et probablement bénéfique pour un genre qui n'attire plus les foules dans les salles de cinéma. Et cela, à au moins le mérite d'exister. Cependant, l'expérience mystique que va vivre Blueberry risque d'en rebutter plus d'un. C'est le problème de ce genre de films, c'est qu'il n'attire pas grand monde non plus. De plus, c'est le genre d'expérience que le grand public ne veut pas forcément vivre. Pas étonnant que cette oeuvre n'ait pas vraiment fonctionné et que le succès fut moins retentissant que pour Dobermann.
Côté casting, on retiendra Vincent Cassel, évidemment doué mais essentiellement Michael Madsen, dont les apparitions à l'écran, bien que trop rares, restent incroyables. Heureusement aussi pour l'acteur français que les scènes où ils sont ensemble sont rares car il fait, bien malgré lui, pâle figure face au charisme et au talent de l'acteur d'outre-Atlantique. On retiendra aussi les deux rôles assez courts de Djimon Hounsou (révélé réellement dans Gladiator de Ridley Scott) et de Tchéky Karyo. On terminera aussi par la musique composée par deux personnes qui m'étaient, à titre personnel, inconnues: Jean-Jacques Hertz et François Roy dont les mélodies calmes et apaisantes concordent très bien avec l'ensemble de l'oeuvre.
Pas étonnant donc que ce Blueberry, l'expérience secrète ai obtenu une grande divergence d'opinion que ce soit chez les critiques comme chez les téléspectateurs. Assez difficile d'accès et à mille lieux de ce que le western nous offre habituellement, il vous serait tout de même regrettable de ne pas tenter l'expérience vous-même pour vous forger votre propre opinion...
Note: 4/5
25 avril 2008
Natural City
De: Min Byeong-cheon
Avec: Yu Jin-Tae, Lee Jae-eun, Seo Rin, Jeong Eun-pyo, Jung Doo-hong, Ko Ju-hye, Yung Chan,...
Pays: Corée du Sud ![]()
Année: 2003
Synopsis
2080. Deux espèces se partagent désormais le monde: l'homme et des créatures artificielles à son image, les cyborgs. Commando d'une unité d'élite chargée de retirer de la circulation les cyborgs défectueux ou rebelles, R tombe pourtant amoureux de celle qu'il aurait dû éliminer, la belle Ria. Si, sous trois jours, R ne peut greffer la puce mémoire de Ria dans un nouveau corps, celle-ci mourra. Une seule solution pour éviter l'inéluctable: faire appel à Croy, un inquiétant scientifique qui prétend connaître le moyen de prolonger la vie au-delà de ses limites. Mais, dans son ombre, se profile la silhouette de Cyper, un cyborg de combat en quête d'immortalité...
Avis
Ah, ils sont rares quand mêmes les films asiatiques qui s'essaient au genre de la science-fiction. Tout du moins, ils sont peu nombreux à arriver jusqu'en Europe, plutôt habituée à voir venir des oeuvres de type polar ou d'horreur. Alors, réjouissons-nous quelque peu et passons directement à l'autopsie.
Premièrement, on sent très fort diverses influences d'un cinéma venant du même genre. Les références les plus directes restent Blade Runner de Ridley Scott et Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Avouons également qu'il y a pire et que ces deux oeuvres se sont imposées comme étant des incontournables dans leur genre. D'ailleurs l'histoire s'en ressent énormément. C'est à la fois un avantage, preuve que le film possède des ambitions et qu'il n'a pas envie d'être une simple oeuvre déjà vue... Ah mais, voilà le plus gros problème de l'oeuvre de Min Byeong-cheon. A force de vouloir se baser sur des grands classiques, on en oublie d'obtenir une identité propre. Et finalement, nos craintes de déjà vu se confirment, avec tous les inconvénients que cela peut supposer, à savoir un scénario déjà vu et l'ennui que cela peut provoquer. D'autant que sans être méchant, Natural City est un sous-produit comparé aux aînés dont il s'inspire.
Cependant, tout n'est pas mauvais. La réalisation est correcte. On a même droit à quelques scènes de combat assez mouvementées et bien filmées. Niveau des effets spéciaux, il n'y a aucun souci. C'est même probablement le côté le plus positif de l'oeuvre puisqu'on a droit à des plans assez magnifiques qui n'auraient jamais existés sans l'évolution technologique. Pour cela, Natural City se rapproche un peu de Casshern, sans pouvoir non plus atteindre la beauté visuelle de ce dernier. On notera enfin que la musique possède une touche mélancolique en parfait accord avec les thèmes abordés par l'oeuvre. Une composition musicale assez jolie ceci dit en passant.
Je ne vais pas donc aborder de manière approfondie les différents sujets qui sont l'immortalité, les sentiments que peuvent ressentir les différents cyborgs, etc. Tout cela a été mieux fait par d'autres films bien que la tentative de Min Byeong-cheon soit louable car cette fois-ci, c'est un humain qui tombe amoureux d'une cyborg.
Au final, on obtient tout de même une petite oeuvre sympathique bien qu'inégale. Le genre de films qu'on regarde une fois, tout en sachant qu'on peut trouver pire dans le domaine mais qui n'atteint pas non plus les chef-d'oeuvres du genre. Natural City se regarde une fois, on apprécie, nous donne envie de revoir Blade Runner ou Ghost in the Shell. Pas mal, mais pas suffisant pour atteindre la cour des grands...
Note: 3/5